Le journal d’un prisonnier, Nicolas Sarkozy chez Fayard
En entamant ma lecture de « Le journal d’un prisonnier », ma première réflexion a été de m’en vouloir d’avis lu divers avis sur le Net. Tant de méchancetés parfois, voire même de dénigrements et de médiocrités dans certains propos, notamment sur le style d’écriture. Certains médisants devraient retenir la citation datant du XVIIIe siècle de Philippe Néricault « la critique est aisée, mais l'art est difficile » !
Parce que, outre les propos, ces mêmes
personnes font preuve de grandes lacunes en termes de grammaire, de conjugaison,
de style et de tournures de phrases biscornues, et même parfois qui n’ont aucun
sens, mais se positionnent en critiqueurs cruels et donneurs de leçons
uniquement parce qu’ils n’aiment pas l’auteur !
Donc, oui, « la critique est aisée, mais l'art est difficile », car Il est plus facile de critiquer que de créer soi-même quelque chose que l’on soit citoyen lambda ou grand Homme !
Ainsi, présentement, je ne parlerai que du livre !
Combien d’hommes sont capables de tant d’amour, d’attention, ainsi que de sollicitude, d’inquiétude, d’ardeur, de gentillesse, de prévenance et surtout de bienveillance à l’égard de son épouse, mais aussi de sa famille et de l’ensemble de ses proches ?
Combien d’hommes sont capables de tant de résilience, d’abnégation, de conscience, de dévotion tout en conservant une profonde humilité, de la mesure et de la sagesse ? Peu gardent discernement et modestie face à leur propre vulnérabilité !
J’ai particulièrement aimé certains passages, à l’exemple de celui-ci « Une petite initiative pouvait avoir un retentissement national. Carla démontra qu’il était possible d’être cinglant sans être violent. Ce fut une leçon utile pour moi ». Ce geste de la « bonnette » qui a fait le tour des chaînes de télévision, des réseaux sociaux, et sûrement même à l’international.
On se souviendra longtemps des défaillances lorsqu’à l’arrivée de Nicolas Sarkozy, comme il l’écrit : « On a dû faire arrêter ma voiture et donc mon cortège car l’administration pénitentiaire qui m’attendait depuis trois semaines n’était pas prête ! [...] Le fugitif potentiel que j’étais patienta à cent mètres de l’entrée le temps que l’on finisse par l’accepter ». N’est-ce pas un comble ? Invraisemblable situation ! Ils ont dû bien rire à l’international !
J’imagine la scène quand il évoque ces entrevues avec Carla, il écrit : « De temps en temps, nous faisions des messes basses pour nous dire des futilités en nous moquant de ce possible espionnage judiciaire tellement inutile. Comme si vingt ans après les faits qui m’étaient reprochés à tort, nous avions quelque chose à cacher, à dissimuler ou à soustraire à la justice et aux enquêteurs » portant à sourire.
Que dire des deux parlementaires ?
Oui, que dire des « deux parlementaires de La France insoumise présents à la Santé avec un journaliste et un photographe. Leur dessein était clair : me voir, me photographier [...] Il y avait donc des gens qui mettaient le combat politique avant la dignité minimale qui aurait dû consister à respecter l’intimité d’un homme en prison ».
Des députés qui outrepassent leurs fonctions, à mon sens, et un journal, plutôt un torchon, qui usent de bassesses : « Le journal Le Monde, autrefois un quotidien qui faisait autorité, avait envoyé un photographe dans les bagages de La France insoumise pour voler une photo de moi emprisonné ».
Leur intervention avait empêché la visite des proches de l’auteur, comme si d’être enfermé, il devait en plus subir une telle filouterie !
Des souvenirs peu glorieux et encore moins agréables m’ont rappelé mon passage en internat quand j’étais préadolescente où j’ai été passablement malheureuse, notamment concernant la douche, l’auteur explique : « Le pire était que ce mince filet d’eau s’interrompait très vite, comme une minuterie. Il fallait sans cesse retrouver le bouton et le presser pour que l’écoulement de l’eau reprenne ».
J’ai connu ça, à la différence que nous étions une vingtaine d’enfants à la file indienne, et j’en garde des traces indélébiles dans ma mémoire de ces douches « communes » avec leur filet d’eau qui s’arrêtait constamment et qu’il fallait trouver à tâtons le bouton poussoir pour l’actionner sous l’œil de la surveillante qui scrutait nos gestes afin de s’assurer que même le lavage à l’arrière des oreilles ne soit pas oublié.
La cellule ayant été conçue pour éventuellement recevoir des détenus à mobilité réduite, l’auteur explique que « le seul miroir de la cellule était solidement fixé au mur à une hauteur qui me permettait de bien voir tous les détails de la ceinture de mon pantalon. En revanche, je devais me plier en deux pour me coiffer ou pour tailler ma barbe. Ces exercices quotidiens devenaient acrobatiques. J’étais soulagé qu’il n’y ait aucun témoin de mes ablutions, tant j’avais parfaitement conscience du ridicule de la situation », vu mon imagination débordante, je n’ai pu m’empêcher de sourire malgré la gravité de la situation.
De grandes valeurs...
Il nous parle de ses amitiés et de leur valeur à ses yeux, ouvrant son cœur, et peut-être un peu de son âme, à tout un chacun qui voudra plonger dans ces pages pleines d’humilité sans fard ni artifice. Nous offrant nombre de questions dans une introspection évidente sur plusieurs points que qui que ce soi vivant cette même condition serait amené à avoir.
Et comme le disait très justement Nicolas Sarkozy lors d’une interview : « On n’apprend rien de ses succès, on apprend tout de ses échecs ». Cette phrase m’a profondément marquée et en même temps, elle est tellement vraie !
J’ai également été sensible aux
passages où le prêtre lui rend visite,
les dimanches, dont l’un, où celui-ci lui cite l’Évangile tiré de Saint Matthieu, prénom que j’ai donné moi-même à
mon fils en hommage à ma grand-mère maternelle qui en aimait profondément les
psaumes.
En conclusion...
Ne dit-on pas qu’il faut rendre à César ce qui lui appartient ? Citation présente dans les Évangiles synoptiques : Marc 12,17, Matthieu 22,21 et Luc 20,25« Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ».
Quelques phrases, parmi d’autres, relevées au cours de ma lecture :
- « De droite, je l’ai toujours été, sans regret et surtout sans complexe, ce qui constitue à n’en point douter une circonstance aggravant. » ;
- On ne prête à autrui que les sentiments que l’on éprouve pour soi-même. Ce fut sans doute une erreur de ma part de ne pas l’avoir compris à temps. » ;
- Parlant de ses proches : « La réalité était monstrueuse. Il me fallait mentir le mieux possible pour les apaiser. » ;
- « L’incertitude était sans doute le pire, elle créait un sentiment de vertige. » ;
- « C’est dans l’épreuve que l’on se connaît vraiment, non dans son anticipation. La modestie s’imposait. » ;
- En parlant de son épouse : « C’est elle qui m’a permis de tenir. Je le sentais au bord du gouffre malgré toute sa volonté. » ;
- « J’aurais été à dix mille kilomètres de mon domicile avec un décalage horaire considérable que je n’aurais pas été plus dépaysé. » ;
- « Aucun espace n’exprimait le plus petit espoir ou la moindre humanité. » ;
- « Je paraphai les documents mécaniquement, décidé d’être ailleurs pour ma santé mentale. Je venais de quitter en pensée la prison. Je respirais à pleins poumons le bon air de la liberté... dans ma tête. » ;
- « Je sentais que j’étais en train de devenir vulnérable à la tristesse. » ;
- « L’oisiveté est le pire des travers spécifiquement lorsqu’on se trouve privé de liberté. » ;
- « Quelle nouvelle belle leçon d’humilité étais-je en train de recevoir. » ;
- « Je n’étais finalement peut-être pas plus fort que les autres. Et je n’avais vraiment pas besoin de ce rappel. » ;
- « Cela a toujours été plus facile pour moi, s’agissant des questions intimes et importantes, d’écrire plutôt que de dire. » ;
- « À défaut de vivre libre, je pouvais rêver librement. » ;
- « Si apprendre c'est rester jeune, la prison m'aura rajeuni parce que j'y ai beaucoup appris. » ;
- « Il me semblait qu'il s'agissait d'une éternité. J'étais en train de faire l'expérience utile de la relativité. J'avais conscience qu'elle était la première marche vers la tolérance. Faire des progrès en la matière ne pouvait qu'être salutaire. » ;
- « Au fond, baisser la tête est un mouvement plus naturel pour l'être humain que celui de la tenir droite. » ;
-« "Haïssez-moi, je vis ! Enfermez-moi, je vis ! Vous ne pourrez jamais rien contre cela." Tel était le message subliminal que je voulais adresser à mes contempteurs. » ;
- « Avec ce livre, j'ai dit la vérité de mes sentiments sans les travestir. Je n'ai de compte à rendre à personne, si ce n'est avec le mensonge. Celui-ci, je le pourfendrai sans pitié et avec lui, ses auteurs. » ;
- « La vie qui passe et qui propose tant d'épreuves permet de renaître plus fort, plus mature, plus grave. »
Marie BARRILLON
Informations sur le livre :
Titre : Le journal d’un prisonnier
Auteur : Nicolas Sarkozy
Éditions : Fayard
Format papier : ISBN : 9782213734699
Format Kindle : ISBN : 9782213735528
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