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jeudi 27 août 2009

Taxi pour un ange

« Puis elle revit le moment où elle s’était retournée, juste avant de pénétrer dans les bureaux… Il était là, ses yeux dans les siens. Elle aimait les regards de Nando. Il avait de beaux yeux bleus avec, dedans, des mots qu’elle comprenait, même s’il se taisait et la regardait avec son léger sourire. Il reviendrait la chercher… Elle en était sûre. Nando l’aimait. Il l’aimait pour de vrai. Tout comme elle. »
Extrait du livre

L’AUTEUR...


Ce roman n’est pas une tasse de thé, ni un roman pour adolescents pubères, mais au contraire c’est une histoire tout ce qu’il y a de plus renversante. Une histoire à faire frémir dans tous les sens du terme.

Antoine Cossu dit « Tony l’anguille » est un gangster. Un vrai de vrai. Pour preuve, après maintes cavales et diverses évasions, qui lui valurent son surnom, il est actuellement en prison à la maison centrale de Saint-Maur dans l’Allier où il purge une peine de dix-huit ans. Il y a fêté ses soixante-neuf ans le onze mai dernier.

Les grands médias parlent de cet homme en des termes élogieux sans pour autant pardonner ses actes passés et ce n’est ni à eux, ni à nous de les juger. Le nouvel observateur écrit en deux mille cinq : « une sorte de Gabin indestructible, un des derniers seigneurs du grand banditisme… » Le point en fait de même : « Quand il sera libéré, il n'y a pas à tortiller, Tony Cossu pourra se réinsérer facilement : son premier roman, « Taxi pour un ange », montre qu'un ex-braqueur, roi de l'évasion et spécialiste de l'attaque à main armée, n'est pas nécessairement maladroit du stylo. C'est même un très bon raconteur, qui a l'aisance d'un vieux pro. Avec quelque chose en plus, qui ne trompe pas : l'authenticité. » Et lorsque Nice Matin lui pose la question : « Assumez-vous votre passé ? » La réponse est claire : « Je ne suis pas du genre à me renier... La vie, tu dois l'assumer, y compris tes erreurs. Si c'était à refaire, il est évident que j'éviterais certains pièges… »

Tony Cossu est né de parents Sardes, ancienne ville d’Asie mineure et capitale de la Lydie, sur la rivière Pactole, dans la vallée de l’Herme. Pour cerner un peu le personnage, il faut savoir que « de 1960 à nos jours, cet homme est devenu un chef de clan à Marseille […] Il est réputé pour s’être évadé à maintes reprises et s’est distingué dans de multiples vols à main armée ou attaque de fourgons blindés… » Tony Cossu dit de lui-même : « Je suis un voleur professionnel. »

« Taxi pour un ange » est son premier livre, peut-être le premier d’une longue lignée. C’est donc du fond de sa cellule que cet ex gangster à rédigé ce roman plein de sensibilité et de passion tout en utilisant ce qu’il connaissait le mieux : le milieu dans lequel il a évolué.

L’HISTOIRE...


L’histoire se déroule à Oaxaca au Mexique. Dolorès n’a pas encore six ans et déjà plein de malheurs sur le dos. Elle est orpheline. Dolorès c’est « un de ces petits oiseaux qu’un chasseur avait blessé alors qu’il n’avait pas encore tenté de s’élancer hors du nid. » Elle garde en permanence sa poupée de chiffon qu’elle a nommé Mona. Elle lui conte tous ses secrets, parfois de trop lourds secrets, « des secrets comme des soupirs où les rêves avaient du mal à prendre leur envol. »

Dolorès est élevée par sa grand-mère, Mamina, sa seule famille. Mamina fait ce qu’elle peut avec peu de moyens, son âge avancé et ses jambes qui la font tant souffrir font qu’elle a beaucoup de mal à marcher. Tous les après-midi, elle s’endort après un petit verre de Tequila. C’est l’heure de la sieste et dehors il fait très chaud. Dolorès attend ce moment de la sieste profonde de Mamina. Elle prend sa poupée, sort par le carré de jardin et s’en va sur le chemin du petit pont. Ce n’est pas la première fois qu’elle le fait et Dolorès est sérieuse, Mamina le sait. La petite se rend au centre commercial de l’autre côté de la route, dépenser quelques sous que sa grand-mère lui avait offert pour son anniversaire.

Pendant ce temps, Nando et ses frères braquent le fourgon blindé pour récupérer la recette du week-end du centre commercial. Leur plan est bien organisé, tout est réfléchit et rien n’est laissé au hasard…quoique !
Mais, le hasard justement lorsqu’il se décide à faire des siennes pour mettre un grain de sable dans l’engrenage, les imprévus surviennent et ceux-là sont parfois de taille. Nando avait laissé son faux taxi près du lieu du braquage pour une fuite facile. Ses frères, eux, devaient partir avec le butin dans un van.

Alors que tout s’était bien déroulé et qu’ils allaient prendre la fuite, « c’est ce moment que choisit le ciel pour s’ouvrir en deux et faire tomber une averse démentielle comme c’était souvent le cas en cette saison. »
Au même instant, Dolorès sortait du centre commercial et se faufila à l’abri dans le taxi, n’ayant pas à proximité d’autres lieux pour se protéger, puis espérant ainsi qu’il la déposerait chez Mamina avant qu’elle ne se réveille et s’inquiète.

Lorsque Nando voit Dolorès à l’arrière de son « taxi », il lui intime l’ordre de descendre. Mais contre toute attente, la petite ne réagit pas et Nando ne peut pas se permettre d’attendre le bon vouloir de l’enfant, au risque de se faire prendre bêtement. Et du même coup de faire capoter le braquage si bien réussi. « Tant pis, se dit-il sans plus attendre, il enclencha la première et démarra. » Nando se fit la belle avec la fillette.

Le temps de fignoler les derniers détails de leur braquage, puis décide de la ramener chez elle. Mais, à leur arrivée une effroyable réalité les attend. Mamina s’est éteinte dans son sommeil durant sa sieste. Que faire alors de Dolorès ? Elle est si triste. Nando ne parvient pas à se résoudre à l’abandonner là. Il l’emmène avec lui et durant les jours qui suivent, il lui offre le paradis. Un petit peu de bonheur ne pouvait pas lui faire de mal. Mais il ne pouvait s’empêcher de penser que ce qu’il faisait n’était pas une bonne idée, « sa vie l’avait parfois amené à faire face à des situations hautement critiques, mais là, c’était une autre histoire… » Même si Dolorès était un petit ange aux ailes brûlées et qu’il l’aimait beaucoup. « Elle est comme une vie qui te bouscule, qui se pose dans tes bras, et qui te dit : je suis là, me laisse pas… », pense-t-il.

POUR UN BOUT DE PARADIS...


Finalement, Nando décide de garder la fillette qui ne veut pas non plus le quitter et qui plus est au Mexique, personne ne se souciera d’elle. Tant d’enfants y sont malheureux. Des orphelins, de surcroît, il y en a plein les « Ranchos : bidonvilles situés sur les hauteurs de Caracas, appelés aussi Barrios » et cela ne surprend plus personne.

Nando décide de l’emmener avec lui dans son exile en Espagne. Il sait qu’il a autre chose à lui offrir que le malheur qui l’attend dans son pays. Il a si vite appris à l’aimer, cette enfant. Il a beau être un gangster, voleur, braqueur, cela ne lui enlève pas son cœur et la profondeur des sentiments qui y naissent. Un vrai cœur pour un vrai gangster.
Aimer ne s’apprend pas, c’est un sentiment que l’on porte au fond de soi et qui grandit au moment opportun…ou inopportun.

Mais avant de parvenir en Espagne, toute une série d’événements désagréables vont faire irruption, jusqu’à les séparer. Mais Nando ne lâchera pas. Cette gamine c’était son ange, une bénédiction du ciel à elle toute seule. Elle avait les mots qui le faisait chavirer, et le regard envoûtant. Elle disait des vérités de son cœur « tout doucement, l’air de rien, comme une caresse du ciel sur le cœur. »

Nando va se démener corps et âme. Cette enfant, il ne peut pas l’abandonner. Il va tout risquer, tout mettre en péril pour elle, pour réussir. Et avec ses frères, ils vont faire leur plus beau braquage pour le plus bel ange.

Ce roman donne des frissons et nous met parfois le « trouillomètre » à zéro. C’est une très belle histoire, une très belle leçon d’amour entre l’innocence d’une enfant et la force d’un homme.  Comme quoi, même gangster cela n’empêche pas cet homme d’être un grand homme au cœur immense, quand on voit que tant d’autres n’ont pas le dixième de cette contenance.

Tony Cossu nous offre ici, un excellent roman dans lequel je dirai presque qu’il ne manque que les images. Mais cela notre imaginaire s’en charge parfaitement tant on se laisse emporter par ce livre fort bien écrit, rappelons-nous que c’est un premier roman.


Une belle histoire qui regorge d’amour et d’affection dans un univers de braqueurs que l’on n’imagine pas sous cet angle généralement.
Une tendresse à fleur de pages nous guide et nous envahi jusqu’à la fin.
Malgré le côté gangster de Nando, on se prend d’affection pour cet homme de cœur.
Mon coup de cœur de l’été, à n’en pas douter.

Marie BARRILLON

Informations sur le livre :

Titre : Taxi pour un ange
Auteur : Tony Cossu
Editions : Plon
ISBN 13 : 9782259209328
Prix : 16,90 euros

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