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lundi 18 janvier 2010

Hier encore, mon père était mort

"Il ne m’avait pas lâché une seule seconde et m’avait forcé à marcher jusqu’à son taxi. Franchement, bien que sa poigne soit ferme, il n’avait pas l’air capable de faire du mal à une mouche. Il y avait quelque chose dans ses yeux, dans sa voix, qui trahissait une profonde gentillesse. "- Vous seriez pas un peu pédophile, des fois ?" Il a ouvert la portière de sa voiture et m’a regardé en souriant. – T’inquiète pas, t’es pas du tout mon genre…"
Extrait du livre

LA VERITE N’EST PAS TOUJOURS CELLE QUE L’ON CROIT !

Dans ce roman initialement destiné aux jeunes adolescents, nous allons à la rencontre de Mathieu. Ce jeune garçon de treize ans s’était mis en tête, depuis son plus jeune âge, que son père était mort : "Cette absence avait façonné mon caractère, ma personnalité : j’étais Mathieu Gardache, fils de ma mère, frère de ma sœur, petit-fils de mes grands-parents et sans papa."

Pourquoi donc ? Peut-être par facilité afin de ne pas affronter une réalité difficile à assumer pour un tout petit. Peut-être aussi parce que sa sœur Laetitia, plus âgée de quatre ans, lui avait fait cette révélation histoire de se débarrasser d’un petit frère trop pressant et que la parole d’une sœur vaut toutes les paroles du monde lorsque l’enfant ne comprend rien à celui-ci. Toujours est-il que Mathieu découvre, dans une lettre destinée à Laetitia, qu’il a un père.

Cette découverte va le projeter dans une réalité inimaginable pour lui : "Pourtant, si une chose s’était brisée en moi, une autre était apparue, comme une lueur, une chaleur. Apprendre après tant d’année que son père n’est pas mort ne peut pas être uniquement une mauvaise nouvelle !" Comment accepter qu’on lui ait menti durant toute son enfance ? : "Hier encore, mon père était mort. Ça fait deux jours que je me répète cette phrase, si bien qu’elle n’est plus vraie. Maintenant, je devrais dire "avant-hier". Mais on n’est plus à un jour près quand on apprend brutalement qu’on mène depuis treize ans une vie qui n’est pas la sienne." Pas évident d’assumer l’apparition d’un père, presque tombé du ciel, surtout lorsqu’on se sans bien sans s’être même posé des questions

L’AVEU COMME UN COUP DE FOUET

Mathieu interroge sa sœur. Laetitia lui dit enfin la vérité, leur père est en prison mais les raisons elle ne les évoqueras pas. Mathieu est déstabilisé par toutes ses révélations en si peu de temps : "Comment combler en quelques minutes une absence de treize années ? Comment rattraper ma vie, comme ça, du jour au lendemain ? […] C’était trop pour moi. Trop d’un coup. Je ne savais plus du tout où j’en étais." La raison de cette détention lui est cependant encore inconnue. Comment gérer cette intrusion dans son univers ? Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise manière de réagir. Mathieu agira par impulsion.

Beaucoup de questions tournent dans l’esprit de Mathieu. Divers sentiments aussi contradictoires les uns que les autres le perturbent. Ne le serait-on pas à moins ? : "J’ai avalé ma salive, mon cœur tenant difficilement à sa place." 

UNE FUGUE POUR UNE BONNE RAISON…ÇA EXISTE !

En vacances chez ses grands-parents à Bergerac, Mathieu fugue pour venir à Paris tenter de trouver ce père qu’il ne connaît pas. Une grande aventure commence alors pour lui. Cette fugue va inquiéter tout son entourage à commencer par sa mère : "Maman m’a embrassé en s’appliquant à mettre plein de choses dans ce geste : de l’affection, du regret, de l’espoir."

Lors de son périple, Mathieu fera une belle rencontre. Puis, il fera connaissance avec ce père pour qui il ne sait pas quels sentiments ressentir au milieu de toute sa confusion : " Je n’avais même plus de larmes pour pleurer. […] J’étais ému, mais plus pour le spectacle de son émotion que par mes propres sentiments."

Nous découvrons dans ce joli roman les turbulences rencontrées par Mathieu pour qui nous nous prenons de tendresse face à son opiniâtreté au fil des pages.
Le style est simple et à la portée des jeunes adolescents. Mais, les adultes éprouveront également un grand plaisir à se laisser emporter dans les aventures de ce garçon bien courageux.

Quelques phrases plaisantes à lire :

"Nous étions alors, je crois, dans cet état bizarre qui suit l'expression des grands chagrins."
"Ce soir, transformé par ma fatigue et mon désarroi, je trouvai comme un charme à toute cette laideur."
"J’étais en plein soleil et c’était comme si la chaleur essayait de m’écraser contre le sol."

Destiné aux jeunes adolescents. Mais, les plus grands et les adultes ne seront déçus.
Un tout petit prix pour une belle histoire.

Marie BARRILLON

Informations sur le livre :

Titre : Hier encore, mon père était mort
Auteur : Mikaël Ollivier
Editions : Thierry Magnier
ISBN 13 : 9782844204981
Prix : 7,50 euros



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