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samedi 1 août 2009

Il y a l'océan

« Soyez heureux et profitez. Ne perdez plus votre temps à lacérer de votre bonne morale ce que vous ne connaissez pas et que vous avez eu la chance de ne pas traverser. Vivez et laissez vivre ceux sur qui aucune fée ne s’est penchée. Je vous souhaite de vivre avec le grand V de vos valeurs et de jamais avoir à partager l’écuelle de merde de ceux que vous jugez. Et ne me parlez pas de souffrir, vous ne pouvez qu’en parler. Il n’y a que ce que l’on connaît que l’on peut comprendre ou envisager […] Dans votre regard, il n’existe pas plus de compréhension que de pitié. Vouloir se croire en train de souffrir pour vivre, n’est pas une nécessité. »
Extrait du livre

UN REVEILLON PAS COMME LES AUTRES...


Le narrateur vient de se faire plaquer par sa « nouvelle ex », décidément ceci n’épargne personne, étant presque devenu monnaie courante ces dernières décennies. Il se retrouve seul la veille du réveillon du nouvel an au profit d’un « Golden Glandeur. »
Rien de très drôle, ni même de surprenant de nos jours. Sauf que le narrateur nous emporte dans son quotidien où il parle à son chat et que de son franc parler, il nous fait bien rire. Et plus encore lorsqu’il nous parle de masturbation : « Ca c’est un truc que tous les mecs ont essayé au moins une fois dans leur vie : l’autofellation. Echec cuisant hormis pour quelques rares exceptions. Un sadisme navrant du Grand Créateur : pour quelques centimètres manquants, c’est le commencement du mensonge […] Alors qu’on a simplement la queue trop courte ! » Puis il nous interpelle. Mais aussi, peut choquer certaines âmes sensibles.

Le soir du réveillon est pour lui une succession de mésaventures à commencer par une panne d’essence sur une route « au milieu de nulle part. » Il appelle le centre des taxis. Pas de taxis disponibles. Alors qu’il est attendu, pour passer le temps, il entame une bouteille de champagne sur le capot de sa voiture, « et en guise de verre, le bouchon de la bombe d’antigel fera l’affaire ! » Le champagne était destiné au repas chez ses amis, tant pis plus de champagne.

Et voilà notre personnage qui parle tout seul au beau milieu de nulle part et au milieu de la route avec sa bouteille dans une main et son verre bouchon dans l’autre, lorsqu’une voiture arrive au loin. C’est un taxi mais pas n’importe lequel. Le narrateur se retrouve malgré lui témoin d’une partie de sexe entre le chauffeur de taxi et la dame du téléphone qui lui avait raccroché au nez quelques minutes plus tôt, en échange d’un jerrican d’essence.

BOURGEOISIE, BOURGEOISIE…


Mais notre narrateur est déjà très en retard et cette soirée de réveillon commence à lui peser sérieusement sur les méninges, cependant il n’est pas au bout de ses peines. C’est à vingt-deux heures passées qu’il arrive enfin chez ses amis tout en sachant que ce sera probablement la dernière fois. Non seulement il est en retard mais qui plus est sans le champagne. La maîtresse de maison l’assaisonne de tous les bons mots bien désagréables à sa disposition. Le voilà donc comme un chien dans un jeu de quilles à se demander ce qu’il fait là, parmi ses personnages de la haute société bourgeoise hypocrite.

Il observe ce petit monde qui l’évite soigneusement, « passe d’un visage à l’autre, croise le regard d’anthony-gueule-d’amour-couilles-croisées, […] prend note des postures, des échanges de regards interdits-complices, et commence à dresser la liste de qui baise qui, ou de qui a sauté qui, et de qui voudrait bien recommencer. » Parce que dans la haute bourgeoisie on fait le silence mais les choses se passent comme ailleurs.

Heureusement, il y a Eva, jolie jeune fille de 18 ans en fin de puberté et qui n’a ni sa langue dans sa poche, ni froid aux yeux. Ils sont différents tous les deux mais trouvent des rapprochements. Sans se déranger plus que cela, ils se moquent ouvertement des gens qui s’habillent de fausse pudeur, fausse politesse, faux sourires… De quoi rire lorsqu’on a le regard bien aiguisé et quelques verres bien digérés.

FINALEMENT, LE MAL EST PARTOUT...


Au court du dîner, notre narrateur descend à la cave avec son ami Bernard, pour aller chercher une bonne bouteille, la jumelle de la première. Bernard se laisse aller aux confidences. Il est malheureux dans son couple. Le narrateur se rend à l’évidence, parfois on est bien mieux seul que mal accompagné, comme le dit le dicton et « entre ce qui déteint et ceux qui déteignent, les couleurs de la vie s’échappent dans l’égout des misères. »

En définitive, la haute société, bourgeoise attitude, décrite par le narrateur ne fait pas vraiment envie. De l’hypocrisie aux faux-semblants, ils ne valent pas mieux que les bof des quartiers déglingués.

Aux douze coups de minuit, ce petit monde s’unit encore plus fort dans l’hypocrisie pour faire comme les autres ou pour faire bien. Et pourtant, ils essaient tous d’être sincères alors que « rien à foutre de lui la veille, et rien à carrer de ta vie le lendemain, juste une minute approchant un peu de sincérité dans l’année. » Mais, est-ce vraiment de la sincérité au court de ce petit laps de temps ?
La sincérité se porte au cœur au jour le jour, voir de minute en minute pour être vraie à mon sens. La sincérité n’est pas un état temporaire qui s’efface après le douzième coup de minuit comme si c’était « le top départ d’un nouveau carnage. »

Notre narrateur bien secoué quitte la soirée dans la plus grande indifférence. Il s’en va au moment où soudain plus rien ne l’amuse. Entre les bulles de champagne et les rires, c’est son moral qui prend la fuite. Il réalise qu’il est seul mais surtout esseulé. Presque trop parmi ces gens heureux ou feignant de l’être.

Puis, durant cette longue nuit, il va se retrouver dans une série de mésaventures, l’amenant à divers raisonnements sur la vie en général et la sienne en particulier, sur les gens, les comportements, les mentalités…et cela d’un but bien précis que nous découvrons à la fin.
On se surprendra à différentes reprises à être en accord avec lui.


Une lecture destinée à tous ceux qui ne craignent pas le langage parfois assez rustique.
Les caractères sont petits, ce qui par moments rend la lecture plus difficile.

Marie BARRILLON

Informations sur le livre :

Titre : Il y a l’océan
Auteur : Stéphane Garnier
Editions : TdB éditions
ISBN 13 : 9782358360364
Prix : 19,50 euros

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