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jeudi 14 mai 2009

Dévoration

« Tout se défait, croule autour de moi, je tombe par pans entiers et je ne me suis jamais senti aussi libre, insensible, oscillant entre la viduité et la haine, une haine qui croît et refroidit, glace tout, se lèvera n’importe quand ; non pas libre mais vacant, disponible pour la planification de la haine. La vie ne peut être passée qu’à se défaire, à crever les aliénations, à désembobiner les conditionnements, à désentortiller les méandres de tout ce qu’on a subi. »
Extrait du livre

CONSTAT D’UNE VIE…


Voici un récit fort, lacéré et escarpé. Un monologue où l’auteur nous offre un texte consistant. Un amalgame de colère et d’exaspération, dévoilant une société telle qu’elle lui apparaît où l’argent est devenu le gouvernail sur la vie et où le profit et l’intérêt se tiennent en première ligne.

Le verbe y est tranchant. Les mots se cognent et se percutent entre eux avec une certaine violence. Le narrateur se questionne sur le sens de sa vie ainsi que sur celle du monde en général.

De cette société agonisante et corrompue, le narrateur est en proie à une quête profonde d’humanité qui (lui) semble perdue. Dans cette angoisse qui le tiraille, il décrit les lieux ainsi que les êtres qui ont traversé sa vie où il a de plus en plus de difficultés à trouver sa place.

...OU LA BRUTALITE PREND SES AISES


Ce monologue apparaît comme un appel à l’aide dans cette société ignorante encline au barbarisme terroriste. Mais aussi comme un hurlement de désespoir intérieur face à la monstruosité du monde et des ébranlements humanistes de notre société en plein bouleversement et en plein chaos.

Le discours fait état d’une incroyable dissection où tout ce qui a fait la vie du narrateur est passé au crible sans aucune complaisance y compris les sentiments.

Le narrateur nous accoste sans mesure pour mettre en évidence ces hostilités démesurées menées par une partie de la société. Les laissés pour compte augmentent, allongeant la liste des révoltes, tout comme les malversations exécutées contre les plus faibles.

Le rêve n’a plus sa place détrôné par le désespoir. Ce cri ne peut que remuer le lecteur surtout qu’il est écrit dans un langage riche. Il n’en demeure pas moins que le livre est d'un abord complexe dans lequel il faut entrer en douceur pour mieux s’emparer, graduellement de toute la dureté et l'aigreur qui nous apostrophe.


Un ouvrage pour les lecteurs avertis.
L’auteur nous transporte dans les méandres de la vie en la déshabillant de son verbe douloureux mais riche pour nous en montrer un constat sans équivoque.
Texte difficile d’accès au public le plus large mais il est d’une grande qualité.
Le texte bien que riche se trouve avec des phrases fort longues, ce qui le rend par moments la lecture un peu lassante.

Marie BARRILLON

Informations sur le livre :

Titre : Dévoration
Auteur : Louis Mandler
Editions : Sulliver
ISBN 13 : 9782351220504
Prix : 13,00 euros

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