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lundi 13 décembre 2010

Le douzième évangile

"Chaudement, sournoisement, le désir me reprenait. Dieu était hyperbaisable ! J’avais envie de lui. Avouez que je ne suis pas possible. Ce sont les mâles qui vivent en état de rut perpétuel. , nous les filles, une fois par mois quand tout va bien. Mais rien à faire, je bandais (les filles bandent, évidemment vous n’étiez pas au courant) et ne pensez surtout pas que j’avais envie d’entrer dans un quelconque livre des records. Mélissa, la fille qui a baisé Dieu ? Quelle sottise, j’éprouvais de l’amour pour lui, il était super-mignon et attirant, il avait ce quelque chose qui manque aux hommes de mon temps, c’était peut-être un mec féminin après tout. Le fait qu’IL m’ait abordée sur Denfert après mon altercation avec BMW me restait inexplicable."
Extrait du livre

LA MISSION…

Mélissa, jeune journaliste vedette et talentueuse de "PodSex" se voit confier pour mission de découvrir "ce que les femmes préfèrent", par sa rédactrice en chef, "petite bonne femme qui règne du haut de la pyramide éditoriale". L’échange entre les deux femmes apparaît difficile.

L’une, glaçante et qui "élimine toute concurrence avec une efficacité sans pareil". La seconde, talentueuse, courageuse, téméraire, un brin révoltée. Ce que Mélissa ne supporte pas, entre autre, c’est que cette petite bonne femme utilise son prénom à tout va : "Je détestais qu’elle me balance mon blaze à tout bout de champ. Dans sa petite bouche de mesquine pédégée, ça sonnait comme "Mélasse", "réglisse" ou encore "boue dégueulasse sans avenir" du débité, du pas frais." Nul doute que dans ces conditions là, Mélissa voit sa directrice en chef d’un mauvais œil.

Mélissa n’a de toute façon pas le choix. La voilà donc partie pour un reportage pour le moins insolite. Mais, il en faut plus à la jeune fille pour la décourager. Elle va devoir remonter le temps. Celui d’"avant Evène (avant les événements)". Son papier devra être le meilleur, elle n’en attendait pas moins que ça sa chef. La directrice justement, dont le surnom est BMW, est intransigeante sur la question : "Vous me ferez le meilleur papier là-dessus".

Bien évidemment quant au délai exigé pour rendre son article, la réponse ne se fait pas attendre : "Pour hier, vous partez dans le passé, vous aviez déjà oublié." Rude patronne !
Au sortir du bureau de cette "charmante" directrice, Mélissa rencontre un homme. Mais…pas un homme comme les autres, nous nous en doutons bien, puisqu’il s’agit de Dieu lui-même, "un mec vieux qui a entre deux mille ans et quinze milliards d’années (à la louche), ça ne se trouve pas sous une merde de canasson".

LE VOYAGE VERS L’AVANT EVENE…

Et puis, Dieu n’avait plus cette popularité que nous lui connaissons. Parce que si vous suivez bien, vous aurez compris que nous, nous faisons partie du monde "d’avant Evène". Concernant sa popularité antérieure, Dieu explique à Mélissa ce à quoi il fallait s’attendre : "Je ne dispose plus des pouvoirs qu’on me prêtait dans la bible".

En entamant cette lecture, on se demande dans quel monde (parallèle ?) nous mettons les pieds. De Denfert à Acapulco, il n’y a presque qu’un pas dans le monde de Mélissa, alors que dans le nôtre c'est-à-dire "avant Evène"… Et puis Dieu détrôné de son nuage intergalactique et qui disserte avec Mélissa sur terre, n’est pas dans nos habitudes quotidiennes !

Des mots d’ailleurs, dotés d’une définition nouvelle, si, si, vous pouvez me croire. Mais rassurez-vous, vous ne serez pas perdus bien au contraire. L’auteur a veillé à nous faciliter la tache en nous offrant les définitions nécessaires à notre compréhension. Et ce n’est pas tout ! Sexe and the sexe pourrait être une devise pour notre charmante journaliste bien décidée à ne pas "lâcher la grappe" à Dieu. Pardonner mon expression, mais ici elle a tout son sens, sans être aucunement déplacée.

Le monde de Mellissa étant celui d’après "les Evènements", il est forcément très différent de celui que nous connaissons et dans lequel nous évoluons. Revenons-en à Mélissa et la mission journalistique en question.

Alors, Melissa part pour son voyage dans le temps en "chrono-dégueuleur", direction le vingtième siècle. De quoi faire sourire, surtout lorsqu’on découvre qu’elle quitte Denfert pour…Denfert. A la bonne heure ! Et retrouve en ce même lieu : Dieu, son guide. On n'en espérait pas moins.

QUE PREFERENT DONC LES FEMMES ?

Précisons tout de même que Mélissa est pour le moins obsédée sexuelle et que retrouver son "ami" n’est pas sans intérêt puisque, même si c’est Dieu en personne, cela n’empêche pas à Mélissa d’avoir des idées qui lui traversent la tête et soyons honnêtes, pas que la tête : "Ce type je l’aimais, je le voulais […] C’est pas tous les jours qu’une fille va tenter de sauter son créateur ! […] Dieu était hyper baisable !" Sacrée Mélissa, si attachée à la ficèle de son string sans pour autant oublier l’objectif pour lequel elle a été envoyée là ! Mais si attachante également dans ce rôle que l’auteur lui a confié pour notre plaisir.

Toujours dans l’avant "Evène", la jeune femme nous emmène dans les sexes-parties auxquelles elle participe avec joie, plaisir et sans aucune équivoque possible, nous nous en doutons bien. A mesure qu’avance les choses et à travers ses divertissements sexuels, Mélissa se rend compte que "les femmes préfèrent nettement les femmes".

Mélissa est toujours en phase avec Dieu, qu’elle apprécie de plus en plus. Il l’aide à sa manière. N’est-il pas le numéro un dans son panel. Quant au numéro deux, c’est Des Ombres. Un homme dont elle a lu les livres et dont elle est sortie fascinée. Il est présent, là, quelque part. Nous le croisons au fil des pages, lorsque nous ne nous y attendons pas.

Qui est Des Ombres ? Nous le découvrirons, tout comme le lien qui uni ces deux personnages. Mais, en dehors de Dieu et de Des Ombres, les hommes sont quasi absents, voire inexistants. Diverses raisons sur cet état de fait nous sont proposées. Chacun y fera sa sélection en fonction de sa propre perception. Cependant, cela nous amène à quelques interrogations.

L’EFFET MELISSA !

Au fil de la lecture, nous noterons que Mélissa parle au lecteur (trice), s’adressant à lui (elle) comme si elle contait son histoire, sans artifice, même si parfois les propos sont crus : "Pas nécessaire que je vous raconte comment Safran m’avait (des)habillée, vous avez de l’imagination sinon vous ne seriez pas là en train de prendre votre pied à me lire et à vous pogner comme des malades". On aurait presque le sentiment de partager quelque chose avec elle. Une amitié ? Ce pourrait, pourquoi pas ?

En tout cas, nous avons plaisir à la suivre tout en lui tenant "virtuellement" la main. On se laisse doucement emporter, transporter dans son univers, avec quelques hésitations au début mais des hésitations très vite abandonnées. Car Mélissa nous les fait admirablement bien oublier, "ça, c’est l’effet Mélissa".

L’auteur serait-il féministe ? On peut l’imaginer : "Un homme est-il éternellement coupable devant une femme, c’est élémentaire. Mais de quoi ? Oh ! Pas grand-chose, cinq mille ans de patriarcat ? Une pomme volée chez Eden ? Ou peut-être simplement ces codes naturels qui la rendent supérieure sans qu’il soit besoin de l’expliquer."

LES FEMMES…

De bout en bout, Mélissa n’est en rien épargnée mais rassurez-vous, elle ne vous épargnera pas non plus : "Il me semble que Dieu, ou le joueur masqué qui me manipule, m’accorde au moins une liberté dans cette histoire. Celle de venir vous casser régulièrement les couilles avec mes réflexions de fille agitée."

Dans ce livre, vous n’y trouverez rien d’ordinaire car rien n’y est ordinaire, tant sur le style d’écriture que sur l’ensemble de l’histoire. Vous y ferez des bonds dans le temps entre futur et passé mais toujours en compagnie de la charmante Mélissa qui sait se montrer attachante et de Dieu son ami qui lui procure toutes les envies. Il vous faut juste ne pas perdre le fil. Vous aurez en main, une exception ! Déroutant certes, au premier abord, un peu délirant soit dit en passant mais belle construction irréelle tout en étant bien pensée.

Les femmes y ont la part belle, l’auteur s’en donne à cœur joie pour les "surélever" largement au-dessus des hommes. Alors, à la question, les femmes préfèrent-elles les femmes, il vous faudra vous jeter à corps perdu dans les pages du "Douzième évangile" pour le savoir. Un livre à ranger sur votre étagère sciences fictions car sur celle des romances amoureuses modernes c’est un peu plus risqué, voire même déplacé !

Un petit mot de l’auteur extrait de la préface : "Ce livre n’est pas un cinq cents pages, il dépasse à peine trois cents. J’aurai adoré vous en coller mille ! Un rêve ! Mais c’est au-dessus de mes forces, il doit partir, faire voile vers vous […] Dans mille autres maisons que La Margelle vous ne trouverez une telle fantaisie créatrice (débridée) […] L’intérêt de ce bouquin est – entre autre – que je refile la patate chaude à Mélissa car pour la première fois ce n’est plus moi l’obsédé sexuel de service, c’est elle. Une omnivore…" Après lecture, nous nous rendrons compte que l’auteur nous dit là une vérité.

La qualité de l’ensemble est de bonne facture.
Le prix est celui normalement rencontré.
Je serais tentée de dire que c’est un ouvrage "pour tous", mais, ce livre est plus particulièrement réservé aux lecteurs adeptes de ce type de roman, et si malgré cela vous vous laissez tenter, vous ne le regretterez pas, assurément.
La photo de couverture est une magnifique composition de l’auteur lui-même.
L’auteur signe son quatorzième ouvrage avec "Le douzième évangile".

Marie BARRILLON

Informations sur le livre :

Titre : Le douzième évangile
Sous-titre : Les femmes préfèrent les femmes
Auteur : Jacques Guyonnet
Editions : La Margelle
ISBN 13 : 9782940296095
Prix : 22,00 euros



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