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dimanche 26 avril 2009

Ne vous résignez jamais

« Ce récit n’est pas seulement une réponse à la jeune curieuse qui m’interrogeait. Il veut aussi rappeler aux jeunes femmes qu’en défiant le pouvoir (Manifeste des 343) et la loi (Le procès de Bobigny) leurs aînées n’entendaient pas seulement octroyer un droit aux femmes mais les aider à devenir sujet de leur vie. Et de la liberté de la donner. Ce manifeste renouait avec la tradition constante des intellectuels en révolte ou en recherche. Sauf que ce texte, conçu et rédigé exclusivement par des femmes, constituait en soi une originalité. »
Extrait du livre


LA CAUSE FEMININE...

Ce livre est un témoignage fort sur le féminisme tel que l’auteur le vit, le ressent, d’hier à aujourd’hui. Il nous livre une lutte continue dans le temps avec ses évolutions, ses différences, ses avancées, ses progrès, ses nuances. Mais aussi avec la manière qu’ont les femmes ou jeunes femmes de nos jours de le mettre en avant ou de l’utiliser, sans savoir ce qu’il a fallu combattre aux femmes d’autrefois, tout comme celles de nos jours. Ces femmes à qui aujourd’hui nous devrions rendre grâce pour les remercier de la condition que nous avons dans notre société.

Gisèle Halimi, très engagée, s’est portée très tôt à la cause des femmes de tout temps en faisant de cet état son combat. Elle relate son histoire dans ses luttes, notamment aux côtés de Simone de Beauvoir dont elle voue une véritable admiration sans pour autant être complaisante. Elle s’explique à cœur ouvert sans se cacher de ses actes qu’elle assume librement.

C’est dans ses années d’adolescente de jeune fille tunisienne qu’elle a pris conscience de toute la mesure de la condition féminine autour d’elle dans un monde qui ne leur appartenait pas, auquel elles n’avaient aucun droit de se mesurer.

A ce moment, elle découvre qu’une femme devait forcément appartenir à un homme pour être une femme digne, suivant les propos de sa mère : « De toute manière, une femme doit appartenir à un homme, son mari ! » La bulle de l’enfance éclate brutalement en constatant que finalement son « corps devait échoir, en toute propriété, à un autre. » Elle n’est pas d’accord, et se révolte.

A cette époque, l’avortement était illégal, et la contraception n’existait pas. Les femmes, ne serait-ce que pour leur corps, n’étaient pas décisionnaires. Elles n’étaient pas en droit de choisir si elles voulaient ou non procréer, ni à quel moment elles le souhaitaient.

Ce fut là, le second choc lorsque l’auteur se retrouve enceinte à dix-huit ans. Elle décide en son âme et conscience de faire un avortement, certes illégal, mais lui permettant de prendre ses propres responsabilités et en même temps être maîtresse de son corps en se donnant le choix de procréer au moment qu’elle jugerait le mieux pour elle.

POUR LA LIBERTE DES FEMMES...

Ensuite, le combat était lancé engendrant toutes les luttes à la cause des femmes qu’on lui connaît où elle s’investit sans limite. Comme elle le déclare : « par la revendication (fondamentale) du droit à l’avortement, je m’engageai dans le combat féministe. Il occupa ma vie, ces années là, dans toutes ses dimensions, du social au culturel en passant par la loi et la politique. »

Au cœur du « manifeste des 343 », appelé « manifeste des 343 salopes » par un journal satirique, ces femmes combattent et dénoncent : « Un million de femmes se font avorter chaque année en France. Elles le font dans des conditions dangereuses en raison de la clandestinité à laquelle elles sont condamnées alors que cette opération, pratiquée sous contrôle médical, est des plus simples. On fait le silence sur ces millions de femmes. Je déclare que je suis l’une d’elles. Je déclare avoir avorté. De même que nous réclamons le libre accès aux moyens anticonceptionnels, nous réclamons l’avortement libre. » (extrait du manifeste publié en 1971 par le nouvel observateur)
Ce manifeste qui avait fait grand bruit, permis aux femmes de se rallier à cette cause.

UN VRAI COMBAT POUR DE VRAIES VALEURS...

Fondatrice et coprésidente de l’association Choisir La cause des femmes, Gisèle Halimi assure avec un collectif d’avocats, la défense d’une jeune fille de seize ayant avorté après un viol. L’opinion publique se soulève et s’élance dans de grands débats.

Gisèle Halimi met à jour dans ce livre, de grandes vérités. Certaines d’ailleurs apportant de nouvelles réflexions, permettant de prendre conscience de ce que nous vivons, nous les femmes d’aujourd’hui, comme une normalité sans imaginer leur naissance et comme le dit l’auteur : « Il faut refuser les attitudes convenues, se livrer sans autocensure et avec un certain courage au scalpel, souvent douloureux, de la sincérité. » Certains pays sont encore très loin de cet état de liberté des femmes.

Nous nous devons de faire honneur à toutes ces luttes qui nous permettent de vivre plus sereinement, de faire nos propres choix et de prendre nos propres décisions sans avoir à en référer à qui que ce soit. Mais ne gâchons pas cette liberté acquise par des militantes tout en gardant à l’esprit le titre lui-même évocateur « Ne vous résignez jamais. »

Un témoignage important, utile mais aussi poignant. A mettre dans les mains des anti-féministes et de tous ceux qui ignorent ce qu’était le statut des femmes il n’y a pas encore si longtemps de cela.

L’auteur nous emporte dans ses combats. Elle nous éclaire sur la cause des femmes, d’hier à aujourd’hui en nous livrant dans le même temps une part de son histoire sans se cacher.

Marie BARRILLON

Informations sur le livre :

Titre : Ne vous résignez jamais
Auteur : Gisèle Halimi
Editions : Plon
ISBN 13 : 9782259209410
Prix : 20,90 euros



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