Nouveau roman : "Hors des apparences" à découvrir => ici !

jeudi 5 mars 2026

Le reflet du soleil dans un morceau d’enfance, Axel Sénéquier

Le reflet du soleil dans un morceau d’enfance, Axel Sénéquier

Pour ceux qui ne connaissent pas Axel Sénéquier, sachez que lire ce recueil, vous incitera probablement à lire ses autres ouvrages, nombreux soit dit en passant.

En chacun d’entre nous subsiste une part d’enfance plus ou moins importante, plus ou moins agréable. Qu’on le veuille ou non, nous nous construisons avec elle, si ce n’est à partir d’elle. Personne n’y échappe. Et cette part d’enfance se manifeste sans même que l’on s’en rende compte parfois. Il arrive également de temps à autre que cette part d’enfance ne cherche qu’à se montrer, souvent de manière inattendue. À nous d’en reconnaître les signes qu’elle nous « envoie ».

Dans « Le reflet du soleil dans un morceau d’enfance », ces histoires ne se placent pas à hauteur d'enfant, mais à celle de l’adulte que nous sommes devenus. Ainsi, elles s'attachent davantage aux traces que laisse notre enfance dans notre vie d'adulte. 

Ce qui fait que, plus l’enfance a été ardue et/ou incommode, l’impact laissé par le vécu tout comme certains traumatismes seront plus importants selon les personnes. 


Des personnages en tout genre...

Les personnages dans ces nouvelles ont réussi socialement pour les uns, ou au contraire peuvent être tout un chacun, vous, un voisin, un clampin quelconque et anonyme. Tous ont inévitablement traversé par des embûches, des situations malheureuses ou heureuses qui reviennent en surface dans leur vie d’adulte, mais dont l’enfance en est le chef d’orchestre par les divers traumatismes et autres blocages qui émanent de ces expériences passées et qui en définitive feront ce qu’ils sont devenus.

Ces souvenirs enfouis n’offrent pas forcément de solution, mais ils émergent, parfois à bon escient et l’auteur sait faire éclore notre imagination nous amenant à comprendre comment chacun s’en sort ou surmonte la situation qu’il rencontre. Ce recueil met en exergue ce que l’enfance a comme influence sur chacun d’entre nous.

À travers ce recueil de douze nouvelles aux longueurs variables, nous traversons au bras de l’auteur ces histoires où pour certaines le lecteur peut s’y reconnaître, s’y identifier. 

Car, chaque parcours de l’enfance laisse immanquablement des traces une fois que l’on a atteint l’âge adulte. Des empreintes heureuses, d’autres portants des stigmates plus tristes. Mais, elles sont là, tapies en nous, gravées en nous.

Et même un peu d’humour...

Dans « Le reflet du soleil dans un morceau d’enfance », ces histoires nous sont narrées de manière à mettre en exergue l’impact que peut avoir l’enfance et ce que nous en retenons, volontairement ou non, une fois adulte. 

Dans l’ensemble, il nous offre chaque fois une fin positive avec un potentiel message d'espoir, ces histoires s’achèvent sur une morale positive afin de toucher notre sensibilité. Ce que j'ai également apprécié, ce sont les notes d'humour et les bons mots qui parsèment ce recueil. 


Quelle que soit l’enfance de chacun, qu’elle ait été auréolée d'amour, d'aisance, de bons moments, ou au contraire qu'elle ait été marquée par la brutalité, la maltraitance, les épreuves ou l’évaporation de nos rêves, rien n'est totalement égaré au fil des années. 

Même si aujourd'hui nous ne distinguons qu'un éclat de soleil, gardons en mémoire que chaque fragment subsiste en notre for intérieur.
En conclusion :

Cette lecture, aux récits pleins de justesse et de pertinence, est rédigée avec finesse sans sombrer dans le pédantisme et la suffisance, ni même une pseudo complaisance, mais avec un dosage édifiant et représentatif de ce que peuvent être les traces indélébiles engendrées. La force indubitable de l'auteur réside dans cette façon de faire le dessein et de décomposer des tranches de vie.

Avec cet ouvrage, j'ai vécu un excellent moment de lecture dans les pas, les pensées, le vécu des différents personnages. 

Gardons une part de notre enfance, car certains moments doivent être conservés au secret de notre cœur comme des trésors. 

Pour les moments les moins heureux, enfermons-les dans notre malle à souvenirs verrouillée sur les étagères de notre mémoire, dans un coin le plus sombre et inaccessible pour ne plus les ouvrir.

MB

Quelques phrases qui m’ont marquée et/ou interpellée relevées au cours de ma lecture :

- [Elle] leva les yeux au ciel, autant pour chercher ses mots que pour contenir son émotion.

- Elle rassemble sous son aile les colères éparses comme une mère ses petits et les fondit dans une même hargne.

- Les bistrots sont les repères des lâches et le cimetière des illusions.

- Rien ne doit trainer. La vie est un tiroir à couverts, chaque chose doit être à sa place si l'on ne veut pas que l'univers bascule.

- En moi, une plaie suintait de façon ininterrompue, coucher des mots sur le papier était ma façon de changer le pansement gras.

- Mon enfance n'avait pas de route, en dessiner la carte était difficile.

- Avoir des rêves raisonnables et se résigner malgré tout à ne pas les voir se réaliser.

- Raconter des histoires qui bouleverseraient les gens et ne mourraient jamais était toute sa vie.

- Les idées fuyaient en proie à la panique. Dans leurs valises bouclées à la hâte, elles emportaient l'humour, la répartie, le courage et le panache.

- Je rêvais de grandir sans devenir adulte.

- Le détergent est la gousse d'ail des hôpitaux.

- Un esprit déguisé dans le fourreau d'un corps sec.

 

Informations sur le livre :

Titre : Le reflet du soleil dans un morceau d’enfance

Auteur : Axel Sénéquier

Éditions : Quadrature

ISBN : 9782931080603

Disponible en version papier et Ebook : 9782931080603
D’autres ouvrages de l’auteur : sur Amazon 


mardi 3 février 2026

Passion livres

Passion livres

Si vous aimez lire, ne passez pas à côté de Passionlivres.fr

Avez-vous déjà terminé un livre incroyable sans avoir personne avec qui en parler ? C’est la solitude du lecteur qui se sent « orphelin » après avoir achevé une lecture.

Il vous arrive de ne pas avoir d’idée sur quoi lire ? En cas de difficulté à trouver des recommandations fiables, Passion livres peut vous aider, vous orienter.

Vous lisez beaucoup ? Et vous savez à quel point c’est frustrant de ne pas trouver de vrais lecteurs comme vous ou les auteurs que vous avez appréciés.

Et si vous pouviez discuter de vos lectures avec des passionnés comme vous ?


Ce site est conçu pour les lecteurs comme pour les auteurs !

Lire est une passion solitaire. On dévore des livres, on accumule des coups de cœur, mais ensuite on n’a personne avec qui les partager.

Passion livres est un espace dédié aux amoureux des livres, un compagnon pour les férus de lecture qui réunit une communauté de passionnés de livres, proposant aussi des  défis lectures. Vous pourrez poster vos avis, découvrir de nouveaux livres et vous connecter avec d'autres lecteurs, voire même des auteurs. »


C’est aussi un partenaire pour les auteurs qui peuvent être évalués par la communauté.

Chacun, auteur comme lecteur, peut y créer sa bibliothèque, ajouter sa liste de lectures à venir (sa PAL), ses lectures en cours, être en contact les uns avec les autres, trouver ou créer une tribu, rechercher des affinités, se retrouver entre lecteurs, trouver une lecture dans l’onglet « Quoi lire », etc.


PassionLivres.fr est La plateforme où les lecteurs se retrouvent pour partager leurs avis, découvrir de nouveaux livres et échanger sans pression.

Alors, n’attendez pas rejoignez cette communauté, inscrivez-vous, et venez partager vos lectures avec de vrais passionnés.

Et au plaisir de discuter de nos lectures respectives sur passion livres.


dimanche 25 janvier 2026

J’ai perdu un bédouin dans Paris, Arthur Essebag

J’ai perdu un bédouin dans Paris,  Arthur Essebag

Comme souvent en entamant une lecture dont je vais faire la chronique, je fais quelques recherches sur l’auteur de l’ouvrage. Présentement, je ne connais l’auteur que par l’écran de télévision, depuis longtemps comme tout le monde, et je découvre une chose qui n’a aucun intérêt pour n’importe qui d’autre, mais qui pour moi résonne très fort. Arthur Essebag est né le même jour, même mois que ma chère maman, disparue l’année des attentats de 2015, par ailleurs il est de la même année que mon frère aîné, soit un an avant moi. C’est absurde ou niais ou stupide pour le commun des mortels, mais ça retentit dans mon for intérieur. Et les émotions ne cessent d’amplifier à mesure que j’avance sur ce titre ! Je sais, je suis (trop) sensible.

Alors qu’on se croyait/pensait dans un monde d’une relative tranquillité, moi en tout cas ayant traversé les années 80/90/2 000, celui-ci s’est éclipsé pour laisser place à une barbarie sans commune mesure. Notre quotidien est happé par des luttes, des attaques où des assauts et autres tueries qui déferlent, chez nous comme ailleurs. Des populations se débattent pour vivre, certaines plutôt pour survivre comme le peuple d’Israël, comme le peuple d’Iran, ou encore les peuples d’Afrique, comme s’il fallait pour chacun ; citoyens individuellement ou peuple dans son entièreté, en passer par là pour faire valoir son droit à exister sur la planète. 

On ne retient rien !

Le 7 octobre 2023, c’est un séisme, un tremblement planétaire, comme le furent en France les attentats de 2015, qui se sont abattus sur le monde et plus particulièrement sur Israël. Nous avons tous vu en boucle les images insoutenables de cette tuerie de masse au summum de la barbarie (je ne vois pas comment le nommer autrement) propagé par le Hamas et ses sbires terroristes. Après que mes grands-parents m’aient conté leur vécu en leur temps lors de la Seconde Guerre mondiale, je n’aurais jamais imaginé que l’on puisse encore voir se perpétrer de tels massacres. L’histoire ne nous apprendrait-elle donc rien ?

Pour ceux qui ne sont pas de confession juive, ils en ressentiront de la tristesse, de la colère, du dégoût, mais finalement peu de combats et peu de soutien, ce qui semble surprenant à l’heure des réseaux sociaux. On pourrait se dire que justement, les réseaux sociaux ouvrent chaque jour, d’où que l’on soit, une fenêtre sur le monde. Alors que pour de trop nombreuses personnes, ce sont des haines innommables et totalement incompréhensibles qu’ils laissent évacuer. Désolidarisation, haine, animosités au lieu de fraternité, compassion, empathie ! L’aspect le plus vil de la gent humaine s’étend sans retenue ni complexe.

L’auteur ici raconte ce drame qui s’inscrit dans sa chair sans fard ni artifice, sans tricherie, sans travestissement de la (sa) réalité face ce qui se déroule devant ses yeux (et les nôtres) le 7 octobre : « Mon corps entier refuse de bouger, il y a une colle invisible entre moi et les images ».

La marche au Trocadéro, le 9 octobre, bien qu’elle ait commencé et se déroule, la foule n’y est pas dense « il y a de l’espace, trop d’espace. Un espace qui hurle l’absence ». Il aurait été juste qu’il y ait un monde difficilement calculable, ne serait-ce que par esprit de solidarité pour affronter en « frères » l’innommable barbarie qui s’est déroulée au festival Nova ! Mais non, à croire que c’est, comme c’est le cas de plus en plus, l’individualisme qui règne dans chaque parcelle de notre pays dorénavant, voire dans le monde. Chacun pour soi et Dieu pour tous !

D’aucuns pourraient me dire, mais toi, Marie, tu n’y étais pas ! Effectivement, et pour cause ! Mon père était hospitalisé à ce moment, et nous a quittés une semaine après le 7 octobre. Ceci explique cela, même si ces mêmes « d’aucuns » n’y trouvent pas une raison, ou du moins, pas un motif moral acceptable. L’année 2015 et celle de 2023 sont des dates qui, sous couvert de coïncidences, s’entrechoquent ! Je suis humaine ! Une chose est sûre, si j’avais pu, j’y serais allée parce que j’ai aussi des raisons légitimes, il me semble, même si je ne suis pas personnellement de confession juive, des proches, très proches le sont, ce que je respecte haut plus haut point.

Et comment, pour l’auteur, quelques jours après le 7 octobre, savourer un prix (le C21 International Drama Awards récompense les meilleures créations scénarisées au niveau mondial) qui le récompense pour son excellence au milieu d’un chaos sans nom quand il est à terre ? L’auteur assume et surmonte avec une force inimaginable qui, elle, arrive de nulle part.

Je loue dans ce récit cette unité familiale que nous sommes nombreux, bien malgré nous, à ne pas avoir ou ne plus connaître. C’est véritablement une qualité que j’admire. Je suis submergée d’émotions lorsqu’il dit s’agissant de sa femme, après une très mauvaise nouvelle, impensable dans un cerveau sein et structuré : « elle s’effondre dans mes bras. Sans un mot. Nous pleurons ensemble, longtemps ». Impossible d’être impassible, sauf à avoir perdu toute humanité ! 

Émotions... douloureuses !

Il faut être dénué d’humanité pour ne pas ressentir d’émotions en parcourant un écrit qui hurle de souffrance et d’afflictions. Et il y en a, en l’occurrence sur les réseaux sociaux, qui se pavanent en crachant leur venin, et toute la haine viscérale qui les anime, mais bien évidemment confortablement caché derrière leur écran sous couvert de leur profil à pseudonyme/anonyme ! 

On ne me prendra jamais à ce petit cirque de la méchanceté gratuite et injuste, parce que personnellement au-delà de l’origine, de la couleur de peau, de la religion, je ne vois qu’une chose : l’être humain ! Peu importe d’où il vient, qui il est tant qu’il est honnête, sincère, loyal et juste. Le père de mon fils m’appelle depuis toujours : « la mère juive », je l’ai toujours reçu comme un compliment, comme une expression de valeur qui fait honneur à ce que je suis et à ce que je tiens à rester.

Pour ceux qui ne voient que l’animateur qui fait rire à travers ses émissions, il est bien plus que cela ! C’est comme tout un chacun, un homme qui vibre, qui souffre, qui se bat, qui se relève avec force même quand la chute est rude, mais qui ne cherche pas à se plaindre ou être plaint et ne le montre pas forcément. Il parle dans l’espoir que les œillères tombent, que les yeux s’ouvrent, que les oreilles entendent.

Comme il le dit : « on peut être profondément attaché à Israël et refuser catégoriquement qu’il soit gouverné par ceux qui foulent aux pieds ce qu’il a de précieux » tout comme en France, me permettrais-je de dire. Ce n’est pas parce qu’on aime son pays au plus haut point qu’on adhère obligatoirement à ceux qui le dirigent, le salissent, l’humilient, le condamnent au mépris de son peuple.

Selon le dicton partagé par l’auteur dans ces pages : « Israël, petit pays, immense famille », si tous les peuples pouvaient tenir un tel discours de même que les actes, comme le monde serait en paix ! Je savoure aussi particulièrement le véritable voyage que nous propose Arthur au cœur de ce pays si loin et tellement beau par les descriptions qu’il en fait.

J’ai lu « J’ai perdu un bédouin dans Paris » presque d’une traite, mais il m’a fallu faire une pause indispensable arrivée à mi-chemin tant il est prenant, fort et percutant, émotionnellement puissant, les mots s’accrochent au cœur inévitablement, mais ils sont si lourds qu’il me faut suspendre ma lecture pour prendre le temps de les digérer ! 

Pour écrire un tel témoignage, il faut vraiment, à mon humble avis, être en capacité de sortir toutes ses trippes ! Déjà, écrire un livre ce n’est pas simple, mais là il faut puiser loin au plus profond de soi.

Je plussoie l’hommage en toute fin, que ce soit pour sa mère, son épouse, ses enfants, en particulier et le monde en général, et ce qu’il souhaite laisser : « la capacité d’habiter le monde sans s’éteindre [...] C’est le droit de ressentir. C’est le droit d’être tendres dans un monde dur ». Et j’exècre au plus haut point les divers harcèlements, lynchages, insultes, menaces dont il a été victime, ces mêmes méfaits dont d’autres sont aussi la cible.

Lisez ce livre pour comprendre qui il est en dehors du « show », un homme de cœur qui se dévoile comme rarement, voire jamais dans les médias, et qui mérite d’être... aimé, apprécié, estimé avec la plus grande des sincérités, reconnu pour ses valeurs !

Que le ciel ou qui que ce soit qui l'occupe protège chacun, tous, vous, nous, le monde !

 

Quelques phrases relevées au cours de ma lecture :

- « Et moi, je ne suis pas prêt »

- « Un cri qu’on pensait ne plus jamais devoir entendre »

- « Comment fêter quoi que ce soit quand l’innocence elle-même est prise pour cible ? »

- «  1 200 morts, dans un pays si petit... ce n’est pas une abstraction. »

- « Le vrai poison, ce n’est pas l’ignorance, ce n’est pas l’indifférence. C’est le rire. Celui qui vous nie ».

- « Ce n’est pas la violence qui blesse le plus. C’est l’abandon. L’effacement progressif de ceux qu’on croyait proches. »

- « Je suis là, mais dissous. Un pantin bien habillé ».

- « Israël n’est pas une anomalie. C’est une leçon. Un paradoxe vivant. »

- « le 7 octobre, ce ne sont pas seulement des vies que les monstres du  Hamas ont voulu effacer. C’est ce que nous sommes devenus : debout, vivants, fiers. »

- « Aujourd’hui tout est inversé. La décence. La vérité. Quelque chose se défait. La haine se montre nue, sans fard, partout. »

- « Il arrive un moment où tu dois choisir. Choisir d’être complice. Ou choisir d’être libre. »

- « J’ai besoin d’air. Je me lève. Pas par envie. Parce que parfois, il faut juste marcher pour ne pas s’effondrer. »

- « Même au cœur de la souffrance, il y aura toujours une lueur d’espoir. »

Marie BARRILLON

Informations sur le livre :

Titre : J’ai perdu un bédouin dans Paris

Auteur : Arthur Essebag

Éditions : Grasset

ISBN : 9782246844785

Format broché : Amazon 

Format Kindle : 9782246844792

mercredi 21 janvier 2026

Journal d'un prisonnier, Gilles-William Goldnadel

Journald’un prisonnier, Gilles-William GOLDNADEL                 

Cet ouvrage commence par une note d’avertissement : « Ce nouveau journal n’a pas été rédigé par un diariste insouciant, mais par un captif angoissé. Il doit donc être regardé avec distance comme un témoignage imparfait pour exorciser le présent. » À ces mots, je comprends, sans même les valider une toute petite seconde, certains avis négatifs que j’ai pu lire sur Babelio ou Bookreads ! Les auteurs desdits avis n’ont soit pas lu cet avertissement soit n’en ont pas tenu compte. D’où la raison pour laquelle je le précise pour vous lecteurs ou futurs lecteurs de cet ouvrage.

Après avoir lu « Journal de guerre », je ne me voyais pas passer à côté de celui-ci reçu le jour de Noël, comme un cadeau pour l’occasion. Bien heureuse, j’en ai commencé la lecture. Je l’ai un peu laissé de côté ensuite le temps de lire et chroniquer d’autres ouvrages qui m’attendaient depuis quelque temps ou plus longtemps. Cette fois, je suis allée au bout de ces 308 pages réelles si on décompte les pages d’informations d’usage, sources et table des matières. 

Dès les premières pages, je suis plus comblée que surprise, car je ne relève pas de défaut de ponctuations qui règne souvent dans les livres. Et, en l’occurrence, que je suis amenée à corriger lorsque dans mon « travail alimentaire » mes clients (auteurs) font appel à moi. C’est heureux de pouvoir lire sans s’interroger sur le sens des phrases à cause de virgules mal positionnées ou absentes. Pour un lecteur lambda, ça n’a peut-être pas d’importance, mais sous mon regard acéré, c’est une grande qualité d’une part et reposant d’autre part. Par contre, pour certains, cet ouvrage pourrait s’avérer quelque peu malaisé à lire, car le lexical ne sera pas forcément à leur portée si leur vocabulaire courant n’est pas suffisamment développé.

Il ne faut pas pendre le titre au sens littéral, tel un détenu de notre monde. Il pourrait sembler exagéré, car il ne s’agit pas de détention comme on les connait dans nos prisons, mais plutôt dans cette fiction d’une incarcération dans un « Centre du bien » géré par la « Police du bien », il manquerait plus que notre civilisation en arrive là !

On ne peut que ressentir une impression ou une sensation pour l’auteur d’être enserré dans une époque qu’il estime, à juste titre, hostile où la société se fractionne. On y ressent de toute évidence le sentiment d’étouffement de l’auteur qui se sent en décalage avec l’atmosphère, aussi bien médiatique qu’intellectuelle et sociétale du moment. Au fil des pages, le narrateur partage ce qu’il ressent quant à la situation actuelle, ses réactions face à l’actualité, ses colères en passant par ses inquiétudes (légitimes) et ses convictions (profondes) parfois avec beaucoup d’humour qui, lui, peut être cinglant et/ou virulent, voire les deux à la fois.

J’en arrive rapidement au sept octobre, bien que douloureux pour le peuple d’Israël que j’ai soutenu en pensées, cette peine a été contrecarrée par la disparition de mon père une semaine plus tard. Le cœur a-t-il assez de place pour entasser autant de peine à la fois ? J’en doute, mais j’ai accolé les deux. Peut-être que la première a fait passer plus « tranquillement » la seconde. J’en doute aussi parce qu’elle ne s’est pas effacée, pas plus l’une que l’autre. En tout cas, ces deux peines se sont mêlées, c’est indubitable, mais là n’est pas le sujet.

Les différents protagonistes sont hautement ridiculisés et Dieu que ça fait du bien d’en rire. Les mots ne sont pas égrainés au hasard ayant chacun sa source, son origine, sa destination, c’est selon. Mais, une chose est certaine, on ne peut ôter à l’auteur sa droiture et son honnêteté, sa loyauté et sa franchise.

De l’humour aussi corrosif au sarcasme jouissif, l’écrit est lâché comme un vilain poison, mais le sourire est tout de même là, parfois le rire ne se contrôle pas. L’auteur nous gratifie de sa malice légendaire avec de bons mots et autres termes bien choisis. Connaissant le personnage, on en attend pas moins !

Les arroseurs arrosés ! 

Heureusement que la majorité des citoyens ne sont pas à l’image de cette « rance insoumise », même si cette dernière est bien trop présente dans notre quotidien ! On pourrait y voir quelques règlements de compte, ce ne serait pas un affront.

La police du bien...

Celle-ci nous fait rire avec sa liste d’interdits dans son « Guide lexical du Bien » et autres « Mots conceptuels prohibés », que je vous laisserai découvrir.

Le style rédactionnel est volontaire, même direct et provocateur, disons-le, ce qui ressemble bien à Gilles-William Goldnadel. Qu’on apprécie ou pas l’auteur, il ne peut pas lui être reproché d’être insincère dans ses propos tels qu’on les lui connaît déjà.

On notera un ensemble d'invectives contre la société qui pourrait en déranger certains voyant dans ce fait un acharnement contre ladite société qui est la nôtre. Le monde change, il bouge souvent dans un sens lorsqu'on aimerait le voir apaisé. Tous les délires idéologiques que nous traversons sont disséqués apportant des passages instructifs sans se départir d'une ironie acérée qui oscille  entre subtilité et exagération. L’absurde n'est pas toujours là où on le pense.

Cet ouvrage n’est certes pas un roman, mais plutôt un ouvrage qui mêle le récit au témoignage où l’auteur s’ouvre, refusant de garder le silence, préférant miser sur « sa » liberté d’expression avec courage au risque de déplaire à certains.

En toute sincérité, « Journal d’un prisonnier » est à lire indubitablement !


Quelques phrases relevées au cours de ma lecture :

- Je suis un Juif plus mort que vif.

- L’humiliation d’être redevenu un Juif souffrant alors que je me figurais combattant.

- Mon improbable lecteur a éventuellement lu mon « Journal de guerre ». Celui-ci m’a provisoirement ressuscité.

- Je défendais mes deux pays, mes deux peuples. Mécaniquement.

- Tu vas devoir en rabattre avec ta novice virilité.

- vous avez jeté de l’huile idéologique frelatée sur le feu du conflit passionnel.

- Je retire mon jeu de mots facile sur la pieuvre dont je me garde par ailleurs de manger la substance, ne serait-ce que par respect pour son intelligence.

 Marie BARRILLON

 

Informations sur le livre :

Titre : Journal d’un prisonnier

Auteur : Gilles-William GOLDNADEL

Éditions : Fayard

Format broché : ISBN 978-2213726168

Format Kindle : ISBN 9782213728537

Pas de format audio pour cet ouvrage, ce qui est bien dommage.



samedi 17 janvier 2026

Les gens..., Agnès Martin-Lugand

Les gens heureux lisent et boivent du café, Agnès Martin-Lugand

Pour commencer, je dois avouer et me rendre à l’évidence qu’il me faut absolument cesser de lire les avis lecteurs avant de me pencher et d’entamer une lecture. Certains avis, les négatifs, sont fortement injustes. Pas nécessairement envers l’auteur, et dans le cas présent sur les dénigrements prononcés envers l'histoire qui pour certains ne tiennent pas la route ! Vous l'aurez compris, je ne suis pas d'accord. Plus un ouvrage est dénigré, plus j'ai envie de le lire ! Esprit de contradiction ? Peut-être !

Elle s’appelle Diane... ils s'appelaient Colin et Clara

Quant au détour de la vie tout bascule, on peut être tenté de tout quitter pour chercher à se retrouver, ou du moins pour retrouver des repères. Sauf qu’il n’est pas aisé de retrouver ceux qui ce sont effacés, quoi que l’on fasse, il ne sont plus là.

Face à l’hécatombe, chacun réagit à sa manière, les uns sont anéantis sans plus aucune force, d’autres seront plutôt dans la bataille pour vaincre le « mal » qui les ont transpercés, d’autres encore pleureront toutes les larmes de leur corps jusqu’à ce que l’œil asséché n’en a plus à verser. 

Ici, Diane après avoir végété et s’être cloisonnée dans la noirceur que lui procure le drame s’écarte de tout : « La pénombre était ma meilleure amie ». Pour surmonter ce qui met à plat sa vie autant que sa personne, elle décide de s’exiler loin, très loin, quoi de mieux qu’une île. Pour ce faire, elle opte pour petit patelin en Irlande. Son meilleur ami, Félix, ne croit pas un instant qu’elle en est capable et est persuadé que ce n’est pas la bonne méthode pour revivre, surtout lorsqu’on a tout perdu : « je ne te donne pas deux jours. Tu vas revenir toute penaude et tu me supplieras de t’emmener au soleil ». Il n’en sera rien !

Comme elle est incapable de choisir où aller, où trouver un point de chute, elle décide de s’en remettre au hasard, les yeux fermés elle pointe la carte devant elle : « Le hasard avait choisi le plus petit village possible, l’écriture était à peine lisible sur la carte. « Mulranny ».

Pour ceux qui ne connaissent pas, je vous épargne une recherche. Mulranny est une ville du comté de Mayo en Irlande. La plage de Mulranny se compose d'une étendue de sable de bonne taille soutenue par des galets et des rochers (source Nature Photographie).

Ce que j’en pense...

Dans les premières pages, j’ai eu un peu de mal à me lover dans l’histoire. Le drame traversé par Diane était trop prenant pour moi. Après plusieurs années en possession de l’ouvrage, il m’a fallu attendre ma troisième tentative pour enfin parvenir à le lire dans son entier. À partir de là, je l’ai lu d’une traite sans aucun arrêt ou coupure longue.

Je le dis souvent, les lectures trouvent écho ou non suivant notre état d’esprit. Quand un livre ne passe pas, ce n’est pas nécessairement qu’il n’est pas bon, souvent c’est dû à notre état d’esprit qui n’est pas en adéquation avec le sujet/l’histoire pour moult raisons. La preuve, j’étais réticente avec celui-ci, et finalement je suis ravie de l’avoir lu, mais surtout de l’avoir apprécié.

L’histoire, les personnages, l’environnement, tout est attachant. Les émotions sont au rendez-vous aussi bien la tristesse que la tendresse, l’amitié et l’amour, les colères et les sentiments, la complicité et parfois l’hostilité. Mon seul bémol (qui n’en est pas vraiment un) est que j’espérais une autre fin quelque peu différente. Mais, n’est-ce pas ce qu’il y a dans le suivant une continuité avec « La vie est facile, ne t'inquiète pas » d’après ce que j’ai compris. Et ça tombe bien, j’ai aussi ce titre dans ma PAL.

Je n’en dirai pas plus pour ne pas révéler le contenu. L’écriture est bien maîtrisée, le déroulé ne fait pas pleurer dans les chaumières, même s’il s’y trouve de forts passages d’émotions intenses.

Mais, sans hésiter, si votre mental est en phase, lisez-le ! Et pour ceux qui n'ont pas la chance de lire l'ouvrage, il existe en version audio.


Quelques phrases relevées au cours de ma lecture :

- Je voulais dormir, le sommeil me ferait oublier.

- L'odeur sucrée me tira quelques larmes d'un réconfort morbide.

- La pénombre était ma meilleure amie.

- Certaines choses ne changaient pas, comme ma technique pour faire mes valises.

- Tout le monde comprend ce que tu endure. Mais, ce n'est pas une raison pour t'éteindre. Ça fait un an qu'ils sont partis, il est temps de vivre.

- Je faisais tout pour réintégrer le monde des vivants et ne plus sombrer dans des délires paranoïaques.


Marie BARRILLON

 

Informations sur le livre :

Titre : Les gens lisent et boivent du café

Auteur : Agnès Martin-Lugrand

Éditions : Michel Lafon (ISBN 978-2749919980)

Format poche : ISBN 9782266300872

Format Kindle : ISBN 9782749919997

Format Audio : ISBN B0C69NP624

vendredi 16 janvier 2026

Ils n'ont rien vu, Andrea Mara

Ils n’ont rien vu, Andrea Mara

J'ai noté ce titre grâce à « au.fil.des.livres » sur Instagram (je la cite avec son accord).

Je n'ai pas été particulièrement emballée par la couverture qui offre peu d’intérêt, mais bien plus attirée par le titre et la quatrième de couverture. Ce qui compte à mon avis, ce n’est pas l’extérieur (parfois trompeur), mais bien ce qui se cache à l’intérieur (comme pour les êtres qui nous entourent).

Qui est Andrea Mara ?

Auteure irlandaise, récompensée par le prix du roman policier irlandais de l’année 2001 et du prix du Gujan Thriller Festival de 2024. Il est dit que ses romans sont traduits en plusieurs langues et sont des best-sellers. Elle tient également un blog, sous le nom de « OfficeMum.ie » dédié à la parentalité et au bien-être. On peut la suivre sur Instagram sous le nom @andreamaraauthor.

Concernant l’ouvrage « Ils n’ont rien vu »...

La disparition d’une des fillettes de Sive ? Ça commence bien !  Il est fin de tirer sur la corde sensible du lecteur. Rien que par ce début, on n’a pas envie de lâcher cette lecture ! Pourquoi, me direz-vous ? Simplement parce que dès que cela touche à des enfants, notre trouillomètre active notre radar de la sensibilité qui se met en marche illico presto. On veut savoir où est passée Faye, six ans, disparue dans un wagon de métro parmi la foule.

Cette histoire n’est ni absurde ni invraisemblable, elle fait plutôt transpirer dans l’attente de démêler tout le nœud jusqu’à la dernière page. On ne peut que noter la subtilité de l’auteur et l’aisance qu’elle a à tenir le lecteur en haleine entre fausses pistes, mensonges, soupçons. Qu’est-ce qui est vrai, qu’est-ce qui ne l’est pas ?

Nous découvrons des personnages qui n’ont pas que des qualités bienséantes et/ou bienfaitrices véritablement. Notons que nos amis, ceux que nous voyons comme tel, le sont-ils vraiment ?

Dans « Ils n’ont rien vu », on peut voir de la haine, des amis ou faux amis, de la jalousie, des mensonges, pour se clore sur une fin à laquelle on ne s’attend pas, mais qui a tout son effet. 

Toutefois, quelques bémols...

Les retours arrière alternés avec le présent sont incessants rendant la lecture de l'ouvrage terriblement longue inutilement, et sont presque pénibles, ce qui risque de ne pas encourager certains à poursuivre.

À mon sens, cela casse le rythme dans une histoire qui tire en longueur. On notera également quelques redondances comme concernant les dires de Sive : « Elle n'avait jamais eu de personnel sous sa responsabilité ». Nombre de lecteurs lambda pourraient abandonner en cours de route et/ou sauter des chapitres pour en arriver au nœud du problème afin de savoir qui et pourquoi la petite Faye a-t-elle été enlevée.

Mais, comme je suis têtue, j'ai pris « mon mal en patience » pour arriver au bout parce que je n'abandonne pas une lecture, ne serait-ce que par respect pour l'auteur, et comme je le suis moi-même, je sais le travail que cela représente.

Il y a aussi beaucoup d'interrogations du style « et si..., et si..., et si... », suivi de questionnements sans nécessairement de réponses. Ça tire en longueur entre verres, pintes, pancakes, déjeuners, dîners, x cafés ingurgités, les tétées du petit dernier et autres scènes assez quotidiennes... et j'en passe. 

S'agissant des personnages de ce groupe d'amis, chacun y va de son ego surdimensionné quant à sa réussite aussi bien professionnelle que personnelle et sociale. Tous se croient meilleurs que les autres à des niveaux différents. Ils sont amis, mais finalement, ils sont des ennemis.

Les scènes semblent longues alors que (par exemple) entre les chapitres indiquant l'heure, le 43 (il est 15h37) et le 44 (il est 15h49), il ne s'est écoulé que 8 minutes. Je n’ai pas été jusqu’à tous les vérifier, mais là précisément, ça m’a sauté aux yeux. Puis, au chapitre 46 sur la suite de la disparition de l'enfant, il est indiqué 16h52, il s'étend sur une longue conversation jusqu'au chapitre 47 qui indique 17h. Je ne peux que constater qu'il y a une forte incohérence dans le déroulé de l'histoire quant au temps écoulé qui ne se correspond pas. C'est dommage, car l'ensemble est bien écrit.

 À la toute fin, des remerciements s’étendent sur sept pages, du jamais vu, il me semble ! Puis, suivi de trois pages annonçant le prochain roman d'un autre auteur.

J'ai également relevé des défauts tels que des mots manquants, je ne saurais dire si c'est dû à une défaillance de la seule traduction, mais je partage quelques-unes des phrases relevées telles qu'elles sont présentes dans le livre :

  - "Je ne sais pas s'ils sont très intéressants, mais c'est le type de nouvelles qui pousse les gens à se dire que c'est qu'il ne se passe rien de plus sérieux dans le monde."

- "Jude avait à environ cinq ans de moins qu'elle..."

- "Il réussit à ôter son sweet à et à le nouer autour de sa taille."

"Je pense que vos collègues du barreau seraient curieux connaître la manière..."

- "Ce sont tous les deux narcissiques égocentriques."

Sur ce dernier point, je dirai que c'est une déformation professionnelle comme on dit. Le genre de choses qui me sautent aux yeux puisque cela fait partie de mon activité quotidienne.

En conclusion :

Bien que je ne sois pas particulièrement adepte de thrillers, de policiers ou autres thèmes du même genre, sauf peut-être les ouvrages de Patricia Mac Donald, j’ai apprécié cette lecture qu’avait recommandée la lectrice chroniqueuse/bloggeuse sur Instagram citée plus avant.

 

Quelques phrases relevées au cours de ma lecture :

- Mentir pour de petites choses sous-entend qu'on est susceptible de mentir pour des choses plus graves.

- ce n’est pas parce que quelqu’un d’autre souffre plus que toi, que tu ne souffres pas pour autant.

- Il y a toujours quelqu’un de plus malheureux que nous.

- je pensais connaître tout un tas de choses à ne pas faire en tant que parent.

- Il y a deux façons de procéder : le pousser à mentir ou lui donner l'occasion de dire la vérité.

Marie BARRILLON


Informations sur le livre :

Titre : Ils n’ont rien vu

Auteur : Andrea Mara

Éditions : Mera Éditions (ISBN : 9782487149137)

Éditions : Points (ISBN : 9791041425365)

Format Kindle : xxx

Livre audio : Audible Studios 

mercredi 7 janvier 2026

La vie interdite, Didier Van Cauwelaert

 

La vie interdite, Didier Van Cauwelaert

Didier Van Cauwelaert n’est plus à présenter dans le milieu littéraire ayant largement fait ses preuves avec un nombre incalculable de romans, récits, essais, nouvelles, en passant par la scénarisation, le théâtre, sans compter sa filmographie, les adaptations de ses ouvrages au cinéma et/ou la télévision et la quinzaine de distinctions (prix divers). J’apprécie de le lire depuis le premier jour où je l’ai découvert. J’ai nombre de ses ouvrages, bien que je ne les ai pas encore tous lus. Je l’apprécie d’autant plus qu’il semble être un personnage discret. Alors aujourd’hui, j’ai pioché au hasard dans ma bibliothèque pour en extirper l’un d’eux qui m’attendaient sagement. Les autres attendront encore un peu leur tour.

Dans ce roman, on notera dans un premier temps, l’aspect surprenant d’aborder un tel sujet, puis finalement on se laisse aisément emporter, voire charmé par la voix du personnage principal. Dès le début, on se sentirait presque pris par la main par Jacques, le personnage central, au fil des pages pour le suivre et... savoir. 

Savoir quoi ?

L’impensable, l’inimaginable, le possible ou l’impossible, ce qui peut être ou n’est peut-être pas. La finesse de l’auteur se trouve intacte. Elle pourrait s’étioler au vu du nombre d’ouvrages, mais que nenni, le plaisir est toujours aussi présent que la première fois où je l’ai lu, il y a fort longtemps, et au cours des années suivantes.

Si le sujet de la vie après la mort est le fil principal de ce roman, il parle également de divers aspects, comme la mémoire liée aux proches disparus et le désert que leur absence a provoqué pour les vivants, les souvenirs sont aussi de la partie.

À trente-quatre ans, Jacques mène une vie peu ordinaire entre une femme, un fils, une maîtresse secrète sans l’être vraiment et la peinture. Il a déserté la maison familiale pour se cloîtrer dans sa caravane, installé dans la cour de la propriété, dans laquelle il partage des moments intimes avec sa maîtresse et un lieu où il trouve la paix pour s’adonner à sa passion (la peinture), laissant les rênes de l’entreprise familiale à Madame.

Puis, à brûle-pourpoint, il décède d’une rupture d’anévrisme en pleine nuit aux côtés de sa maîtresse qui au matin l’embrasse avant de partir précipitamment sans même se rendre compte de l’évidence. Il se voit alors d’en haut, du dessus du frigo plus précisément. Il observe et s’observe. Se lançant dans des analyses de ce qu’il a vécu, de ce qui est, et de ce qui pourrait être maintenant dans ce moment fatidique.

En conclusion :

Le style d’écriture magistral reste admirablement plaisant à lire offrant une compréhension sans la moindre difficulté tout en mêlant émotions, humour et légèreté sur un sujet qui pourrait sembler lourd pour certains. Au fil de la lecture, nous retiendrons quelques passages très juste sur la vie et la mort ainsi que sur l’amour. De sorte que lire cet ouvrage pourra amener le lecteur à avoir certaines réflexions pas forcément évidentes au quotidien, néanmoins il en donne une bonne base.

D’aucuns, dans les avis lecteurs, disent qu’il est sans doute l’un des meilleurs, sinon le meilleur des romans de Didier van Cauwelaert. Pour ma part, je ne m’avancerai pas en ces termes, sachant que je ne les ai pas tous lus, mais en tout cas, une fois de plus, je n’ai absolument pas été déçue.

Je recommande cette lecture sans la moindre hésitation, car c’est un roman fort agréable, et par moment drôle, qui suppute la vie telle qu’elle pourrait l’être dans l’au-delà, telle qu'on pourrait l'imaginer, invitant à l'espoir tout en étant bien écrit !

 

Quelques phrases parmi d’autres relevées au cours de ma lecture :

- J’ai essayé de me concentrer pour revenir à moi, pour enfiler mon corps comme une chaussure trop petite.

- J’ai barbouillé des tableaux pour faire écran entre le quotidien et moi.

- J’ai nourri jusqu’à l’indigestion des rêves d’enfance auxquels je suis toujours resté fidèles.

- J’ai vécu relativement heureux et je meurs comme on sort de table, en remerciant le chef.

- Je n’étais bon à rien dans ce que les gens appellent « la vie ».

Marie BARRILLON

  

Informations sur le livre :

Titre : La vie interdite

Auteur : Didier Van Cauwelaert

Éditions initiale : Albin Michel, ISBN : 9782226088792

Format broché : ISBN 9782744109362

Format poche : ISBN 9782253145646

Format Kindle : ISBN 9782226283450

Disponible en livre audio : Livre audio