La vie interdite, Didier Van Cauwelaert
Didier Van Cauwelaert n’est plus à présenter dans le milieu littéraire ayant largement fait ses preuves avec un nombre incalculable de romans, récits, essais, nouvelles, en passant par la scénarisation, le théâtre, sans compter sa filmographie, les adaptations de ses ouvrages au cinéma et/ou la télévision et la quinzaine de distinctions (prix divers). J’apprécie de le lire depuis le premier jour où je l’ai découvert. J’ai nombre de ses ouvrages, bien que je ne les ai pas encore tous lus. Je l’apprécie d’autant plus qu’il semble être un personnage discret. Alors aujourd’hui, j’ai pioché au hasard dans ma bibliothèque pour en extirper l’un d’eux qui m’attendaient sagement. Les autres attendront encore un peu leur tour.
Dans ce roman, on notera dans un premier temps, l’aspect surprenant d’aborder un tel sujet, puis finalement on se laisse aisément emporter, voire charmé par la voix du personnage principal. Dès le début, on se sentirait presque pris par la main par Jacques, le personnage central, au fil des pages pour le suivre et... savoir.
Savoir quoi ?
Si le sujet de la vie après la mort est le fil principal de ce roman, il parle également de divers aspects, comme la mémoire liée aux proches disparus et le désert que leur absence a provoqué pour les vivants, les souvenirs sont aussi de la partie.
À trente-quatre ans, Jacques mène une vie peu ordinaire entre une femme, un fils, une maîtresse secrète sans l’être vraiment et la peinture. Il a déserté la maison familiale pour se cloîtrer dans sa caravane, installé dans la cour de la propriété, dans laquelle il partage des moments intimes avec sa maîtresse et un lieu où il trouve la paix pour s’adonner à sa passion (la peinture), laissant les rênes de l’entreprise familiale à Madame.
Puis, à brûle-pourpoint, il décède d’une rupture d’anévrisme en pleine nuit aux côtés de sa maîtresse qui au matin l’embrasse avant de partir précipitamment sans même se rendre compte de l’évidence. Il se voit alors d’en haut, du dessus du frigo plus précisément. Il observe et s’observe. Se lançant dans des analyses de ce qu’il a vécu, de ce qui est, et de ce qui pourrait être maintenant dans ce moment fatidique.
En conclusion :
D’aucuns, dans les avis lecteurs, disent qu’il est sans doute l’un des meilleurs, sinon le meilleur des romans de Didier van Cauwelaert. Pour ma part, je ne m’avancerai pas en ces termes, sachant que je ne les ai pas tous lus, mais en tout cas, une fois de plus, je n’ai absolument pas été déçue.
Je recommande cette lecture sans la moindre hésitation, car c’est un roman fort agréable, et par moment drôle, qui suppute la vie telle qu’elle pourrait l’être dans l’au-delà, telle qu'on pourrait l'imaginer, invitant à l'espoir tout en étant bien écrit !
Quelques phrases parmi d’autres relevées au cours de ma lecture :
- J’ai essayé de me concentrer pour revenir à moi, pour enfiler mon corps comme une chaussure trop petite.
- J’ai barbouillé des tableaux pour faire écran entre le quotidien et moi.
- J’ai nourri jusqu’à l’indigestion des rêves d’enfance auxquels je suis toujours resté fidèles.
- J’ai vécu relativement heureux et je meurs comme on sort de table, en remerciant le chef.
- Je n’étais bon à rien dans ce que les gens appellent « la vie ».
Marie BARRILLON
Informations sur le livre :
Titre : La vie interdite
Auteur : Didier Van Cauwelaert
Éditions initiale : Albin Michel, ISBN : 9782226088792
Format broché : ISBN 9782744109362
Format poche : ISBN 9782253145646
Format Kindle : ISBN 9782226283450
Disponible en livre audio : ASIN B0C2W22ZCG
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