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jeudi 7 avril 2011

Les sorcières ne pleurent pas

"Les gens ne veulent pas entendre les éventuelles ouvertures. Ils veulent entendre la prédiction de ce qu’ils souhaitent, et non pas savoir qu’il existe autre chose, peut-être même meilleure, que leur propre désir. Du moment où l’on dévie de leur optique, on n’a plus droit au chapitre et on referme le livre, autrement dit le jeu."
Extrait du livre

LA DECOUVERTE…

"Personne n’est réellement ce qu’il prétend être ou ce qu’il essaie de montrer", tel commence ce livre qui nous amène à une première question sur nous-mêmes : sommes-nous vraiment ce que nous laissons paraître ou ce que nous montrons au monde qui nous entoure ?

Dans "Les sorcières ne pleurent pas", nous allons à la rencontre de Natalia qui a vu sa vie se transformer à la survenue de facultés, pas toujours comprises par son entourage : "Aujourd’hui, elle n’a plus de vie sociale ou très peu, à cause du rapport paradoxal qu’elle entretient avec les gens à la fois distant et très impliqué. […] Elle redoute aussi le regard des autres et leurs jugements, si censeurs dans leurs expressions…"

Adolescente, de sa rencontre avec Ildamaria va naître une grande amitié entre les deux jeunes filles. Une grande amitié mais pas seulement…
Les deux jeunes filles ont des attirances peu communes aux autres adolescents. Ildamaria va emmener Natalia sur un terrain inconnu mais où rapidement elle va se sentir à l’aise : la voyance.

VOYANCE ET MALVOYANCE…

Ildamaria commencera par apprendre à Natalia à faire un thème astral : le sien.  La jeune fille s’en passionnera, trouvant là une mine de renseignements. Elle réalisera les thèmes des personnes autour d’elle. Puis, ce seront les cartes, principalement le tarot, qu’elle découvrira, exploitera et utilisera, toujours avec Ildamaria comme "enseignante" : "Chaque jeu est cependant unique et les combinaisons doivent s’effectuer de manière intelligente et réfléchie […] Ensuite, des affinités entre cartomanciens et supports peuvent se créer."

Mais, tout ceci ne suffit pas à Natalia. Rapidement, elle est "embauchée dans une station de radio parisienne". Le dimanche matin s’y déroule une émission sur laquelle elle va travailler, ce qui ne peut que lui plaire puisque le thème de cette émission n’est autre que "le surnaturel et la parapsychologie". Sa soif d’apprendre ne cessera pas.

Mmmm…

Habitant dans un immeuble ancien où nombre d’événements s’y seraient déroulés, Natalia fait la connaissance de son voisinage. Les surprises ne manquent pas de se présenter à elle, tant sur les uns que sur les autres. Mais, également sur le passé de cet immeuble, comme si les murs ne demandaient qu’à dévoiler leurs vieux souvenirs, si ce n’est leurs vieux démons. L’ésotérisme prend alors une place importante dans sa vie quotidienne.

Lors de la perte tragique d’une de ses amies, Natalia voit ses dons médiumniques amplifier instantanément. Ce décès avait "déclenché sinon libéré quelque chose" dans son cerveau. Cette perte chère lui "aura-t-elle donné des capacités dignes d’un "radar" ?"  Toutes les interrogations de la jeune femme seront alors bien légitimes.

Puis un jour, Natalia se met, bien malgré elle, à faire des rêves prémonitoires. Ces rêves révélaient principalement des décès autour d’elle : "Mon inconscient semblait avoir imbriqué ma capacité de voyance à une manière de procéder. Les morts s’annonçaient ainsi et pas autrement […] Madame la faucheuse a beau vaquer, dans son coin, à ses occupations routinières, elle pense régulièrement à m’envoyer des avions en papier avec le nom du prochain voyageur noté dessus."

Comment se situer face à une relation personnelle, privée ou de travail, lorsque la personne en question est voyante ? Chacun ira de son propre raisonnement. Les relations sont très diverses et variées suivant ce que les gens ressentent face à ce "phénomène". La voyante a du mal à y voir une véritable sincérité et pour cause : "Quand je discute avec mon entourage, je suis obligée lors des conversations, de préciser que telle affirmation de ma part ne relève pas de la voyance mais de la simple et logique déduction."

Certains dénigreront, d’autres quémanderont. Les véritables amis sont rares, on en comprend aisément les raisons. Cependant, il est clair que les voyantes ne sont pas plus à l’abri des soucis de l’existence, sous prétexte qu’elles sont voyantes, et ne sont pas auréolées d’une protection divine. L’auteur est on ne peut plus claire à ce sujet : "Les gens dotés de capacités sensorielles extrêmement développées ont, la plupart du temps, vécu des drames dans leur enfance ou leur jeunesse."

La voyante est "à leurs yeux, un être spécial, doté de pouvoirs particuliers, qui doit, puisqu’elle est "protégée par des entités invisibles", être épargnée par les intempéries existentielles".
"Les sorcières ne pleurent pas" n’est pas un titre innocent dans ce contexte. Aux yeux du commun des mortels, elle est un être à part et fort, néanmoins l’auteur ajoute qu’effectivement "les sorcières ne pleurent pas. On ne leur en donne pas le droit. Alors, elles serrent les dents."

QUI SONT-ILS (ELLES) ?

Ces personnes mystérieuses, hommes ou femmes, sont des êtres à part entière et même malgré leurs facultés, elles ont leurs faiblesses et dans tous les cas leurs limites sont tout aussi importantes et légitimes que celles de n’importe qui.
Nous parlons ici des "vraies" voyantes et non pas de celles (ou ceux) qui profitent de la crédulité et de la vulnérabilité des gens.

Alors, voyance ou pas, chacun portera son jugement, chacun fera entendre ses arguments, fondés ou non, ses croyances ou non-croyances. En tout cas, cet ouvrage ne laissera pas indifférent celles et ceux qui souhaiteront le parcourir. Il peut, certes, également provoquer des questionnements chez certains lecteurs ou encore quelques ouvertures chez d’autres ou même encore de la simple curiosité.

En annexe 1, l’auteur nous offre un entretien "avec Franchon Pradalier-Roy, astrologue et conférencière. Ancienne responsable de la collection Astrologie aux éditions Du Rocher. Ancienne directrice des éditions Alphée. Auteur d’une dizaine d’ouvrage…"

En annexe 2, l’auteur nous cite "un extrait de l’introduction de l’édit du roi Louis XIV, donné à Versailles au mois de juillet 1682 et enregistré au Parlement le 31 août de la même année."

Puis, en annexe 3, l’auteur rappelle "les articles R.34.7 et R.36.2 du code Napoléon (ancien code pénal)" relatifs aux peines prévues à l’encontre des personnes exerçant un métier en rapport à la divination sous quelle qu’en soit la forme : "Devin, pronostiqueur ou interprète des songes".

L’auteur a rédigé cet ouvrage de manière simple et claire, sans grands mots inutiles, pouvant ainsi être lu par tous. Sa plume est agréable et fluide, ce qui offre un vrai plaisir à la lecture que l’on croit ou non au sujet.

Marie BARRILLON

Informations sur le livre :

Titre : Les sorcières ne pleurent pas
Auteur : Natalia Fintzel-Romanova
Editions : Kirographaires
ISBN 13 : 9782917680063
Prix : 18,45€

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