Nouveau roman : "Hors des apparences" à découvrir => ici !
Affichage des articles dont le libellé est Entretiens. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Entretiens. Afficher tous les articles

lundi 8 décembre 2025

Entretien avec Pierre-Yves Bolus

À l’époque où j’ai créée la revue 100 % Auteur, j’organisais des entretiens d’auteur. Puis, après quelques années, j’ai fermé cette petite revue et l’association du même nom. Depuis, je continue à réaliser mes chroniques de lecture, mais dans mon esprit ce n’est pas suffisant, je reprends désormais mes entretiens d’auteurs avec ces derniers, s’ils et quand ils le souhaitent.

Questions à Pierre-Yves Bolus pour l’entretien d’auteurs faisant suite à la chronique sur le recueil de nouvelles « Pas si seul » de l’auteur paru aux éditions Quadrature.

Bonjour Pierre-Yves Bolus. Après avoir lu votre ouvrage, j’aimerais en savoir un peu plus sur l’auteur que vous êtes, tout comme assurément les lecteurs.

Marie B : Qu’est-ce qui vous a inspiré pour écrire « Pas si seul » ?

Pierre-Yves Bolus :

Les nouvelles reprises dans le recueil Pas si seul ont été écrites entre la fin du confinement et 2024, la plupart sont nées lors d’atelier d’écriture, avant de mûrir en réécriture. Ce sont des instants de vie, une plongée dans la vie des autres, elles parlent de la vie de ceux que l’on croise dans le tram ou ailleurs, elles parlent de notre regard sur les autres.

Marie B : Les lecteurs sont souvent curieux de découvrir leurs auteurs autrement qu’à travers leurs ouvrages. D’où vous vient ce goût pour l’écriture ?

Pierre-Yves Bolus :

J’ai toujours aimé écrire, j’ai toujours voulu écrire, malheureusement la vie ne laisse pas toujours le temps. Depuis mes 20 ans, j’ai gardé à l’esprit qu’un auteur que je lisais beaucoup à l’époque, Henri Bauchau, s’était mis à écrire sur le tard, passé 40 ans. Alors un peu avant d’atteindre les 50, je me suis dit qu’il était temps et j’ai décidé d’organiser ma vie pour me donner du temps de qualité pour écrire. On observe le monde, les gens, leur vie et on a envie de partager des sentiments ou des expériences, de dire des choses, de se cacher derrière des personnages pour partager sa vision du monde, ses peurs et ses désirs.

Marie B : Quelle part tient l’écriture dans votre quotidien ?

Pierre-Yves Bolus :

J’essaie d’écrire tous les matins, au moins deux heures à l’aube, mais je dirais surtout qu’écrire c’est réécrire, un premier jet jaillit souvent assez facilement, mais ce n’est qu’après cette irruption que démarre le vrai travail.

Marie B : Est-ce plus un passe-temps, telle une occupation de loisir, ou plus particulièrement une réelle passion ?

Pierre-Yves Bolus :

C’est une réelle passion et je souhaite me donner le temps d’y consacrer encore davantage d’énergie.

Marie B : Pensez-vous qu’une vie sans l’écriture vous serait possible ?

Pierre-Yves Bolus :

Eh bien, pour être tout à fait sincère, je pense que non, écrire est tout aussi vital que de randonner en forêt ou de manger. Dans notre monde de fou, j’envisage l’écriture comme une soupape pour libérer le flot de pensées pollué par l’air du temps. Ce n’est d’ailleurs sans doute pas anodin si tant de gens se mettent à écrire de nos jours.

Marie B : Suivant les uns et les autres, les méthodes de travail sont assez différentes. Établissez-vous un plan de travail ou écrivez-vous plutôt à l’instinct en suivant les pas que votre inspiration vous impose ?

Pierre-Yves Bolus :

Je ne sais plus qui a dit qu’en matière d’écriture il y avait les architectes et les jardiniers, je suis plutôt de ces derniers. Le premier jet est toujours à l’instinct, je ne sais pas où je vais, je plante, je laisse pousser, je laisse les mots s’aligner, les phrases couler. Parfois, ça ne marche pas, ça ne débouche sur rien, parfois après 6 ou 7000 signes les choses se débloquent, le sens se montre à voir. C’est bizarre, car à chaque fois, je suis persuadé que ça ne mènera nulle part et pourtant, il y a toujours quelque chose qui se passe. Ensuite il faut tailler, élaguer, le vrai travail de jardinier commence.

Marie B : Y a-t-il une citation que vous affectionnez particulièrement ? Si oui, laquelle est-ce ?

Pierre-Yves Bolus : « Il faut encore avoir du chaos en soi pour enfanter une étoile qui danse » Friedrich Nietzsche. » 

Marie B : Et pourquoi celle-ci précisément ?

Pierre-Yves Bolus :

Elle résume parfaitement la manière dont j’envisage le travail d’écriture.

Marie B : Pour mieux nous imaginer l’auteur qui est en vous, est-ce que comme nombre d’auteurs, vous avez des « petits trucs » bien à vous, des « petites manies », des rituels, voire des addictions par exemple un café (ou thé) à portée de main, un stylo plutôt qu’un autre… Avez-vous également ce genre d’habitudes ?

Pierre-Yves Bolus :

Quand je dois écrire un premier jet, j’essaie de démarrer ma journée vierge, sans avoir été inquiété par le désordre du monde extérieur, je me lève très tôt, vers 6 h, sans rallumer mon smartphone, je bois mon jus de citron et puis je m’installe à mon bureau, dans l’obscurité de la fin de nuit, avec très peu de lumière. J’allume l’ordi que j’ai débranché du Wifi la veille au soir et je laisse mes doigts tapoter sur le clavier. Si je cale, je vais vers la bibliothèque, je prends un livre au hasard, une page au hasard et je lis un ou deux paragraphes.

Marie B : Par ailleurs, que ce soit une passion, un plaisir ou un loisir, que préférez-vous écrire ?

Pierre-Yves Bolus :

J’aime écrire des instants de vie, des tranches de vie de gens ordinaires, je trouve qu’il y a tout un pan de la population qui n’est pas assez représentée dans la littérature. Ils n’ont pas le temps d’écrire, ils sont pris par leur vie, à l’usine, dans le nettoyage, dans les transports en commun, ils méritent qu’on leur donne une voix.

Marie B : J’ai souvent pour habitude de dire que l’on ne donne pas rendez-vous à l’inspiration, qu’elle est seule décisionnaire, qu’elle s’impose comme bon lui semble, ce qui est mon cas par exemple. Vous concernant l’inspiration, est-elle innée ou au contraire avez-vous besoin de réflexion avant d’entamer un projet d’écriture ?

Pierre-Yves Bolus :

L’inspiration me vient surtout en lisant, ou en me promenant. Assis devant l’ordi, j’en ai très peu. Je prends des notes sur mon smartphone tout le temps.

Marie B : La question curieuse, s’il devait y en avoir une, serait la suivante. Y a-t-il des projets littéraires en cours ? Si oui, acceptez-vous de nous en parler en quelques mots ?

Pierre-Yves Bolus :

Je travaille depuis un an sur un roman dans le genre de la littérature du réel. Je préfère ne rien en dire, par superstition, parce qu’il est en relecture.

 

Merci infiniment d’avoir accepté de répondre à ces quelques questions et de nous avoir offert cet échange.


Informations sur le livre :


Titre : Pas si seul

Auteur : Pierre-Yves Bolus

Éditions : Quadrature

ISBN : 9782931080566

Prix format papier : 18 €

Prix format Ebook et Kindle : 9,90 €

vendredi 15 février 2013

Entretiens avec Bernard PELCHAT


Entretien avec Bernard PELCHAT suite à la sortie de son roman "Des nouvelles de ma sœur".

100% Auteurs : Les lecteurs aiment découvrir leurs auteurs autrement qu’à travers leurs livres. D’où vous vient ce goût pour l’écriture ?

Bernard PELCHAT : Déjà dans la jeune vingtaine, j'avais écrit deux courtes pièces de théâtre. J'ai toujours continué sporadiquement d'écrire en dilettante, mais aussi pour mon travail de promotion d'artistes dans le monde du spectacle. Depuis une dizaine d'années par contre, j'en ai fait une activité régulière qui me stimule énormément.

Je me laisse aller plus librement dans la fiction où je peux exprimer mes perceptions, mes expériences, mes fantaisies, mes envies, mes élucubrations, mes émotions, mon approche de la vie en quelque sorte, dans des situations inventées vraisemblables, invraisemblables, folles, inattendues, convenues, etc.

100% Auteurs : Quelle part prend l’écriture dans votre quotidien ? Est-ce un passe-temps, telle une occupation de loisir, ou une réelle passion ?

Bernard PELCHAT : Quand je travaille à un projet précis, normalement, j'écris chaque jour en tentant de conserver en moyenne une page par jour. En dehors de ça, je peux être des semaines sans écrire, mais il y a constamment quelque chose qui mijote. Ce n’est que partie remise…

100% Auteurs : Votre vie sans l’écriture, pensez-vous que ce soit possible pour vous ?

Bernard PELCHAT : Oui, dans le sens où je pourrais vivre sans avoir de projet d'écriture à long terme comme un roman, un récit, un essai ou quoique ce soit d'autre. Mais je pense que j'aurai toujours quelques lignes à jeter sur papier ou à l’écran, sous quelque forme que ce soit.

100% Auteurs : Suivant les uns et les autres, les méthodes de travail sont assez différentes. Avez-vous l’habitude d’établir un plan de travail ou écrivez-vous plutôt à l’instinct en suivant les pas que votre inspiration vous impose ?

Bernard PELCHAT : Habituellement, oui, j’élabore un plan de travail. Un plan de départ qui peut changer par contre au cours du processus de création. Mon ouvrage Merde... alors ! a été écrit à l'origine sous forme de théâtre musical – qui n’a d’ailleurs jamais été joué – et a été mis en ligne par la suite sous la forme d’un roman numérique.

Avec Hôtel Victoire (titre de travail) que je termine actuellement, j'ai écrit d'une traite le tout début et la fin du roman. Ne restait plus qu'à combler l'entre-deux pour en développer un tout cohérent, mais dès le départ, je savais exactement comment il commencerait et comment il se terminerait.

100% Auteurs : Une citation que vous affectionnez particulièrement, ce serait laquelle ? Pourquoi celle-là ?

Bernard PELCHAT : « Tu veux bousculer la nature, mais sois tranquille, elle ne se laissera pas faire. Un jour tu t’en apercevras ! » Citation dans l’air du temps tirée de Roy Lewis, The évolution Man, Hutchinson 1960, traduit en français par Vercors et Rita BARISSE sous le titre Pourquoi j’ai mangé mon père, Acte Sud 1990. La notion actuelle de « progrès » transposée dans les déboires d’une tribu préhistorique à l’époque de la découverte du feu. À lire absolument. Un pur délice ! Totalement hilarant, mais quelle réflexion !

100% Auteurs : Nombre d’auteurs ont des "petits trucs", des "petites manies", voire des addictions comme par exemple un café (ou thé) à portée de main, un stylo plutôt qu’un autre... Avez-vous également ce genre d’habitudes ?

Bernard PELCHAT : Non, absolument rien... sauf le silence. Indispensable pour moi à la concentration.

100% Auteurs : J’ai souvent pour habitude de dire qu’on ne donne pas rendez-vous à l’inspiration, qu’elle est seule décisionnaire. Dans votre cas, est-elle innée ou au contraire avez-vous besoin de réflexion avant d’entamer un projet d’écriture ?

Bernard PELCHAT : Dans toute forme de création, à mon avis, l'inspiration ne compte que pour très peu dans l'élaboration d'un projet. Elle est le déclic qui met en œuvre un long et laborieux processus. Avoir une idée est plutôt facile. Le travail pour la réaliser, par contre, est beaucoup plus ardu. La continuité, l'invention, la persévérance sont beaucoup plus exigeantes, plus bénéfiques, plus riches, plus stimulantes que l'inspiration. Une idée d’écrit, ça vient tout seul. J'en ai des dizaines dans mes cartons.

Mais en choisir une, la structurer, l'élaborer chapitre par chapitre, passer des heures, des jours, des mois à son clavier devant son écran, ça c'est du travail. Bien sûr que tout au long du processus, les idées doivent surgir, mais ce qui est magique, la plupart du temps, si on les campe bien, nos personnages nous les dictent eux-mêmes.

100% Auteurs : La question curieuse, s’il devait y en avoir une, serait la suivante. Y a-t-il des projets littéraires en cours ? (si oui) Acceptez-vous de nous en parler ?

Bernard PELCHAT : Comme je l'ai écrit précédemment, ces semaines-ci,  je termine un roman qui s'appellera probablement Hôtel Victoire. L'action débute le jour du déménagement, à la suite de la vente d’un hôtel. À partir du deuxième chapitre, flash-back d'un an – de juin  1949 à 1950 – où l'on découvre pourquoi on a procédé à cette transaction.

On lira ici un ouvrage que je qualifierais de minimaliste comportant quelque 75 courts chapitres sur environ 125 à 130 pages, avec une certaine particularité d'approche dont je ne veux pas dévoiler pour l'instant la teneur, mais qui, je pense, comportera son poids d'originalité. Je commencerai d'ailleurs bientôt la recherche d'un éditeur pour sa publication. Des intéressés?

Aussitôt celui-ci terminé, je m’engage dans quelque chose – on ne peut pas être plus vague – qui adoptera la même structure et les mêmes ondulations qu’une œuvre musicale très connue. Titre de travail : BGVG. À suivre.

 
100% Auteurs : Un mot, une citation qui pourrait qualifier l’être littéraire que vous êtes, ce serait lequel (laquelle) ?

Bernard PELCHAT : Curiosité. Curiosité pour les arts et la culture en général avec un intérêt particulier pour tout ce qui concerne les arts de la scène : théâtre, danse, opéra, concert, chanson, comédie musicale, spectacles multimédias, etc. En écriture, je ne veux pas non plus me confiner dans une seule manière, mais plutôt explorer les multiples avenues possibles. Avec les nouveaux médias maintenant, l’éventail se déploie de plus en plus.

100% Auteurs : Même si ce n’est pas toujours le cas, il n’en demeure pas moins que souvent les auteurs sont de grands adeptes de lecture. Donc, en termes de lecture, vers quel genre se porte votre préférence ?

Bernard PELCHAT : J'aime beaucoup les polars. Le dernier que j'ai lu, L'inaveu de Richard Ste-Marie, auteur québécois publié aux Editions Alire (http://www.alire.com/). Un inspecteur revient sur un meurtre commis trente-cinq ans plus tôt et en résout l'énigme à partir de touffus documents d'archives de son père. Je puise parfois dans les gagnants du Prix du Quai des Orfèvres et j’affectionne aussi les auteurs scandinaves.

100% Auteurs : Les enfants, adolescents et même nombre d’adultes lisent de moins en moins. Que pensez-vous de cet état de fait ?

Bernard PELCHAT : La lecture n'est pas une activité obligatoire. Si je me fie à mes deux petits-fils, l'un lit très peu et l'autre dévore. C'est donc moitié-moitié. Ils n'en sont pas moins épanouis pour autant. La lecture est une question de goût, d'intérêt. À chacun de trouver son attirance pour les formes d'art qui lui conviennent. Je suis autant ravi de rencontrer des jeunes qui ne lisent pas beaucoup, mais qui s’intéressent aux arts visuels, au cinéma, au numérique, au théâtre, à la chanson, etc.

Pour ma part, depuis un certain temps, je me suis mis à la lecture sur tablette et je lis davantage qu'auparavant. J’ai relu Dumas, Gide, Camus et bien d’autres. Les livres sont moins chers. On peut en trouver des centaines gratuitement, libres de droits. Et on peut transporter sa bibliothèque au grand complet partout où l’on va. Avis donc aux détracteurs de l'approche numérique de la lecture...

100% Auteurs : Pour terminer, par rapport à votre vécu, comment ressentez-vous le parcours dans le milieu de l’édition actuel ?

Bernard PELCHAT : J'ai publié à mon propre compte tout ce que j'ai écrit jusqu'à maintenant. Mon récit Des nouvelles de ma sœur a été refusé par une bonne douzaine d'éditeurs au Québec avant que je ne le sorte moi-même en 2010. Mon Petit Éditeur a décidé de l'inclure à son catalogue en 2012. J'en suis ravi, mais si je vais dans un Salon du livre, je dois acheter le nombre d'exemplaires que je pense écouler. Je prends donc encore pas mal de risques.


On a accès à Merde... alors ! à partir de mon site web (www.bernardpelchat.com) que j’entretiens à mes frais. Je recommencerai bientôt la ronde pour Hôtel Victoire. Il faut dire qu’à 67 ans, je suis nouveau dans ce monde. Je me considère comme un jeune auteur. Ma réputation n'est pas encore établie. J'assume donc de bonne grâce ce processus qui me fera dénicher un jour, j'espère, l’éditeur qui me prendra sous sa houlette et me fera évoluer élégamment dans ce milieu.


Merci Bernard PELCHAT d’avoir accepté de répondre à nos questions. 

Propos recueillis par Marie BARRILLON

mardi 26 juin 2012

Entretien avec Christian Chaillet

Entretien avec Christian Chaillet pour la sortie de son ouvrage
"Les feux perdus de GLANUM", éditions Edilivre


100% Auteurs : "Les feux perdus de GLANUM", Comment vous est venue l’idée de ce dernier roman ?

Christian CHAILLET : Lors d’une visite sur le site de Glanum, tout près des Baux de Provence Je me suis assis sur un muret de l’agora et j’ai vu 2 petits gaulois courir dans les ruines de la cité. L’histoire m’est apparue alors dans son intégralité ou presque.

100% Auteurs : Relater une histoire qui se déroule en 125 avant Jésus-Christ lors de l’invasion de la Provence par les Romains ne doit pas être franchement évident. A-t-il été difficile d’en réaliser l’écriture ?

Christian CHAILLET : Oui et non car ce fut une belle aventure. Comme je mets en scène des personnages réels, j’ai passé beaucoup de temps en recherches scientifiques et historiques. Les Gaulois n’ont pas écrit leur histoire, leurs mœurs, leurs habitudes de vie. Il a fallut fouiller dans les revues spécialisées pour retrouver les éléments composant leur vie sociale. Les éléments de l’administration romaine et les alliances entre les peuples d’envahisseurs sont un des autres éléments clés de la guerre en Gaule (Provence ici).

Le contexte commercial et l’état des sciences de l’époque sont également importants car l’un de mes héros est un druide centenaire, de grande culture qui a beaucoup voyagé et se pose beaucoup de question sur le devenir de la société gauloise. Le monde était vaste alors, de Chine à la Finlande, en passant par l’Afrique et l’Inde parcourue par Alexandre 200 ans plus tôt. Et pour permettre au lecteur de comprendre la mentalité des gens de l’époque j’ai ouvert le monde en intégrant un éléphant de combat venu d’Inde et une jeune femme d’une autre tribu en butte aux romains assoiffés de terres et d’argent. Cette guerre n’avait pour but que de voler des terres riches, faire payer des péages au profit des nobles romains, et d’ouvrir une route depuis l’Espagne et Rome pour plus de fluidité des marchandises.

100% Auteurs : Dans votre quotidien, comment s’organisent vos temps d’écriture ?

Christian CHAILLET : Principalement le soir après le travail, les samedis avant le début du top 14 !!! Et pendant toutes mes vacances lors de pauses culturelles ! La famille lit et moi j’écris.

100% Auteurs : Dans cette même idée, lorsque vous écrivez, qu’est-ce que vous vous imposez et ne vous imposez pas ?

Christian CHAILLET : je m’impose d’écrire beau. Je m’impose d’écrire clair. D’écrire vrai. Mes histoires sont des films dont je déroule les images devant l’imagination des lecteurs. C’est le compliment qui revient le plus souvent : « j’y étais, tu y étais, ce n’est pas possible autrement ! Comment décrire des scènes pareilles sans les avoir vécues dans une autre vie ? » Je m’impose un calendrier. Je ne m’impose pas plus de 10 heures de travail par jour, travail alimentaire compris. Je n’écris pas les dimanches. Précision : je suis agnostique.

100% Auteurs : Certains auteurs, pour ne pas dire tous, ont quelques petites habitudes pour les uns, des rituels indispensables pour d’autres lorsqu’ils écrivent. Quels sont les vôtres ? (musique, café ou thé, stylo, crayon ou ordi…)

Christian CHAILLET : J’écris sur ordinateur en écoutant de la musique - du reggae ou du jazz- ou des morceaux téléchargés par mes filles : Trio, Gladiators, Louise attaque, Adel, Billy the kick, etc… Je prends parfois un café coulé de ma Nespresso (en compagnie de la fille qui joue dans la pub avec Clooney) !  Je lis beaucoup et utilise énormément Internet pour trouver des références historiques.

100% Auteurs : Nous imaginons bien que vous n’en resterez pas là. Quels sont vos prochains projets littéraires ?

Christian CHAILLET : dans le même temps d’écriture que « Le dernier cri du chat », « A mort la vie », « Méfie toi de la lune » et « Les feux perdus de Glanum », J’ai écrit 3 autres romans :

1) « Ad Nauseam » : retrace l’histoire d’une vengeance en 215 après JC ; celle d’un géomètre d’Eauze envers un ennemi invisible.
2) « 42 Km et des Bananes » ou l’histoire d’un SDF qui court le marathon de Paris. Le thème en étant la ressemblance avec le père oublié. Et la place du diable dans l’amitié !
3) « Perrine et James Bond 007 » est une histoire d’enfants aventureux rencontrant deux espions : Perrine, (ma fille) et James Bond dont elle et moi sont fanas.

Plus tard J’écrirai un roman actuel et économique dont je ne peux dévoiler l’intrigue de base. 

100% Auteurs : A chaque auteur son histoire, parfois particulière. Vous concernant, comment vous est venue cette passion pour l’écriture ? Est-elle indispensable à votre quotidien ?

Christian CHAILLET : j’écris des histoires et des poèmes depuis l’enfance. Au primaire j’échangeais un cahier de liaison avec un ami : il était remplit de dessins, de mots, de rêves… Nous nous le passions lorsqu’il était prêt. A-t-il disparu comme l’ami ? Mystère. Les rédactions étaient ma tasse de thé. Pour moi un vaisseau était spatial,  un cheval ailé.
J’écris comme dans un rêve mais parfois des mois passent sans qu’ils me permettent de m’endormir car écrire n’est pas une thérapie pour aller bien mais un travail difficile : ce n’est pas une manie. Donc j’écris lorsque je vais bien, sans soucis, sans envie de fuir le temps et le monde. J’écris pour exister.

100% Auteurs : Christian CHAILLET, l’homme, quel est le trait le plus marquant de sa personnalité ?

Christian CHAILLET : Le besoin de liberté. Se nourrir de beau. Mais la qualité qui a sauvé la vie à certains de mes proches est mon sang froid devant les pires catastrophes.

Je dis souvent pour faire rire : je n’aime personne et personne ne m’aime. Le plus marquant ? C’est souvent vrai. On ne m’aime pas forcément au premier contact, il faut du temps. Je suis un être complexe et sauvage, extraverti et distant. Comme mes héros.

100% Auteurs : Le milieu de l’édition perd certaines de ses valeurs de nos jours. Quelles sont vos impressions sur ce qu’il est aujourd’hui ?

Christian CHAILLET : Les éditeurs et leurs partenaires sont des usines à fric. Je suppose que l’on ne prête qu’aux riches. Voir le mode de sélection (arbitraire) du Goncourt, et des autres prix. Regardez les rayons de la FNAC et des libraires : les gros éditeurs et les 100 millionnaires de la littérature de gare. Qui sont présents dans les salons ? Les millionnaires de la littérature de gare. Qui leur court après ? Les médias pour les enrichir encore plus. C’est édifiant. Je suis méconnu, ne vend pas de milliers d’ouvrages, donc je n’ai que ce que je mérite : non ? 

100% Auteurs : Vous êtes également le fondateur et le président de l’association vingt mille mots sous les mers. Pour les lecteurs qui ne la connaissent pas et parmi lesquels se trouvent des auteurs, pouvez-vous nous expliquer son concept, son utilité, sa mission… ?

Christian CHAILLET : Aujourd’hui l’association est en sommeil. VMMSLM avait pour but d’aider les auteurs à écrire et vendre leurs ouvrages, de leur permettre de participer à des salons, de corriger leurs textes ; une partie des bénéfices des opérations de financement étaient reversés à une association caritative reconnue d’utilité publique : Malinia. Je négociais aussi avec les maisons d’édition des prix d’achat compétitif qui permettent à l’auteur adhérent (10€ par an) de conserver ses droits lors d’achat de ses ouvrages (souvent perdus dans ce cas là)... Si des humains veulent me donner un coup de main pour relancer le site et être au bureau ils seront les bienvenus !!!

Propos recueillis par Marie BARRILLON

lundi 25 juin 2012

Entretien avec Jean-Michel BERARDI

Entretien avec Jean-Michel BERARDI, auteur de "Lucienne",
Editions du Puits de Roulle

100% Auteurs : Lucienne, comment vous est venue cette idée de raconter l’histoire de cette femme septuagénaire, somme toute très sympathique ?

Jean-Michel BERARDI : C’est une très vieille idée. En allant travailler, je passais tous les matins devant le cimetière de mon village et un matin d’octobre, au volant de ma voiture un titre s’est imposé : « Les grilles du cimetière » et derrière ce titre, une vieille dame qui va tous les jours sur la tombe de son défunt mari pour lui tenir compagnie.  J’avais écrit à l’époque, il y a plus de dix ans, les six premiers chapitres sous forme de pensées qui permettaient à Lucienne de philosopher gentiment et d’amoindrir le poids de sa solitude.
Voilà l’idée de départ, après, c’est Lucienne qui a pris les commandes ! 

100% Auteurs : Dans cet ouvrage, on ne peut que s’attacher au personnage principal. Elle pourrait être notre grand-mère pour certains, notre mère pour d’autres. Vous êtes parvenu à attirer les lecteurs dans son histoire avec beaucoup de tendresse. Est-ce que cela fut difficile au niveau rédactionnel de vous glisser dans sa "peau" ?

Jean-Michel BERARDI : Je ne me glisse pas, à proprement parler, dans la peau de Lucienne, je ne fais que la regarder vivre, imaginer ce qu’elle pense. Elle a décidé seule de beaucoup de chose dans cette histoire. J’ai souvent l’impression que mes personnages, une fois inventés, prennent le large et je ne fais que les guider.
Il faut vous dire aussi que j’ai côtoyé pendant toute ma vie des gens comme Lucienne, des gens de la campagne, les pieds bien sur terre avec le bon sens et la sagesse du Périgord. Alors, je n’ai pas eu beaucoup de mal !

100% Auteurs : J’ai adoré de nombreux passages et me suis prise de tendresse et d’affection pour Lucienne, comme beaucoup de lecteurs dont les témoignages vont dans ce même sens. Que ressentez-vous face à tous ces témoignages de sympathie ?

Jean-Michel BERARDI : De la surprise et de la gratitude. De la surprise car je n’imaginais pas que mon histoire puisse intéresser et plaire à tant de lecteurs. De la gratitude envers Stéphanie Lahana, mon éditrice, qui a pris sans hésiter le risque de publier Lucienne et qui, sans elle, n’aurait pas existé.

100% Auteurs : Nous souhaitons évidemment une longue route encore à Lucienne, cependant, y aura-t-il une suite ? Question que se posent certains lecteurs car effectivement la fin laisse entrevoir une possible suite.

Jean-Michel BERARDI : Je suis désolé, Il n’y a pas de suite prévue, mais sait-on jamais ! Avec un personnage comme Lucienne, on peut s’attendre à tout !

100% Auteurs : Sinon, en dehors de Lucienne, y a-t-il d’autres projets littéraires en préparation ?

Jean-Michel BERARDI : Oui, plusieurs autres sont en cours. Je termine actuellement le second tome d’un roman junior fantasy. « Les Colonnes du Mausolée » suivi par « Le Grand Carrefour » qui sont en recherche d’un éditeur. D’ici la rentrée, j’attaque la rédaction d’un nouveau roman adulte plein de rebondissements et de personnages attachants. Le plan est terminé, les idées sont en place, je n’ai plus qu’à écrire !

100% Auteurs : Votre rapport à l’écriture, vous le définiriez comme une passion, un loisir, un passe-temps… ?

Jean-Michel BERARDI : Ah ! Le piège ! Passion serait grandiloquent, loisir ne ferait pas assez sérieux, passe-temps serait je-m’en-foutiste. Réellement, je pense qu’il y a un peu de tout cela. J’adore écrire des histoires et ça me prend beaucoup de temps !

100% Auteurs : Pour mieux nous imaginer vos habitudes d’écriture, avez-vous quelques petites habitudes tenaces, des petites manies indispensables lorsque vous écrivez ?

Jean-Michel BERARDI : Depuis plusieurs années, je me suis convaincu que les mots viennent se poser plus facilement sur des ZAP book format roman et seulement sur les pages de droite... J’écris toujours au stylo Pilot V7 (pardon pour la pub) que je fais venir de France par les amis qui viennent nous voir. Il y a donc un moment où il n’existe qu’un seul exemplaire du manuscrit, ce qui fait trembler mon éditrice. Ensuite, je tape le texte sur mon portable ce qui me sert de réécriture, correction, mise en place des détails, des chapitres, etc. Je n’excelle pas au clavier donc j’y passe beaucoup de temps... et c’est là où je me ronge les ongles.

100% Auteurs : Et pour achever cet agréable entretien avec vous, vous imposez vous un rythme de travail ou au contraire laissez-vous l’imaginaire vous guider pour prendre sa place à sa convenance ?

Jean-Michel BERARDI : Je me laisse beaucoup guider par mon imaginaire, mes personnages font un peu ce qu’ils veulent, parfois trop, mais pas pour les horaires. Je pense très souvent à mon histoire au cours dans la journée, en faisant autre chose, en bricolant, en conduisant, mais je m’installe le stylo à la main tous les soirs (ou presque) de 21h à Minuit. Eh oui ! Je suis du soir !

100% Auteurs : Merci Jean-Michel pour cet échange.

Jean-Michel BERARDI : Merci à vous et aux lecteurs qui ont eu la gentillesse de me lire.

Propos recueillis par Marie BARRILLON pour 100% Auteurs

mercredi 15 février 2012

Entretien avec Marc S.Masse
("Virage dangereux", Editions l'Harmattan)


Biographie :

Né dans la région lyonnaise, Marc Sylvain Masse, est diplômé de l’ICN business school. Il a passé de nombreuses années dans l’ingénierie, comme responsable de la négociation de grands contrats. Son métier l’a amené à voyager dans la plupart des continents. Il a vu ses équipes prises en otages au Nigéria, connu la guerre en Irak, rencontré des espions du KGB, sorti ses collaborateurs de prison. Sa vision de la géographie n’a rien de touristique.

Ayant travaillé dans des grands groupes comme au sein de PME, son parcours l’a fait passer du côté des exécutants à celui des responsables, lui permettant d’acquérir une profonde expérience de l’entreprise dénuée d’a priori comme de tabous.

Ses romans : « Virage Dangereux », « Travail au Noir »  sont des thrillers dont l’intrigue a pour cadre le monde de l’entreprise. Des œuvres de pure fiction… utilisant toutefois des matériaux récoltés au cours de sa carrière professionnelle. 

100% Auteurs : Comment un tel sujet vous est venu à l’esprit ?

Marc Masse : Il y a longtemps que le sujet me trottait dans la tête : le monde du travail est un remarquable terreau pour produire des intrigues.

100% Auteurs : L’écriture pour vous, est-ce un passe-temps, telle une occupation de loisir, ou une réelle passion ?

Marc Masse : Ca toujours été une passion, mais il a fallu des circonstances favorables, plus de temps surtout, pour pouvoir m’y adonner.

100% Auteurs : Les lecteurs aiment aussi découvrir leurs auteurs autrement qu’à travers leurs livres. D’où vous vient ce goût pour l’écriture ?

Marc Masse : A l’adolescence, on a en général dans sa tête établi une hiérarchie des métiers. En ce qui me concerne, question d’environnement familial peut-être, j’avais mis le métier d’écrivain en tête de la liste. Je me suis rapidement aperçu que ça ne fournissait pas d’emblée son pain quotidien. J’ai donc fait autre chose, en me promettant d’y revenir plus tard.

100% Auteurs : Finalement, que ce soit passion, plaisir ou loisir, que préférez-vous écrire ?

Marc Masse : Des livres que j’aimerai lire et que je prends plaisir à écrire. J’espère que le lecteur s’en rend compte, d’ailleurs c’est pour lui que j’écris en priorité.

100% Auteurs : Nombre d’auteurs ont des "petits trucs", des "petites manies", voire des addictions comme par exemple un café (ou thé) à portée de main, un stylo plutôt qu’un autre... Avez-vous également ce genre d’habitudes ?

Marc Masse : Je crois que j’aime bien avoir une tasse de thé à portée de la main, et souvent une bougie parfumée allumée. Pour le reste pas de préférence en matière de stylo, j’écris directement sur un pc.

 100% Auteurs : Même si ce n’est pas toujours le cas, il n’en reste pas moins que souvent les auteurs sont de grands adeptes de lecture. Donc, en termes de lecture, vers quel genre se porte votre préférence ?

Marc Masse : Je lis beaucoup les auteurs anglo-saxons : thrillers, nouvelles, espionnage mais aussi des ouvrages sur la compréhension de notre monde : essais, science, économie, sociologie…

100% Auteurs : J’ai souvent pour habitude de dire qu’on ne donne pas rendez-vous à l’inspiration, qu’elle est seule décisionnaire. Dans votre cas, est-elle innée ou au contraire avez-vous besoin de réflexion avant d’entamer un projet d’écriture ?

Marc Masse : Je crois qu’il y a un peu des deux : les idées d’intrigue sont là, parfois elles viennent toutes seules, parfois il faut leur consacrer un peu de réflexion pour qu’elles se concrétisent. Mais globalement les thèmes ne me manquent pas, c’est la sélection et la réalisation les plus ardues.

100% Auteurs : Suivant les uns et les autres, les méthodes de travail sont assez différentes. Avez-vous l’habitude d’établir un plan de travail ou écrivez-vous plutôt à l’instinct en suivant les pas que votre inspiration vous impose ?

Marc Masse : Ma façon d’écrire s’apparente, si on peut faire cette comparaison, à la sculpture. J’écris très vite l’histoire, sans  trop me soucier de la forme. Puis partant de cette ébauche : je taille, je découpe, j’affine, je lisse…

100% Auteurs : La question curieuse, s’il devait y en avoir une, serait la suivante. Y a-t-il des projets littéraires en cours ? (si oui) Acceptez-vous de nous en parler ?

Marc Masse : La réponse est facile. Mon deuxième roman « Travail au noir », est sorti en novembre dernier. Comme « Virage dangereux » c’est un thriller ayant pour toile de fond le monde de l’entreprise. Il est un peu plus marqué thriller que le premier. Le personnage principal est très différent. Pourquoi encore le monde de l’entreprise ? Parce que je crois que pour avoir une chance d’intéresser le lecteur il faut que le cadre soit crédible. Je préfère donc écrire sur ce que je connais, il y a des choses qu’on n’invente pas. Je travaille actuellement sur un troisième projet dont l’intrigue se déroule en Afrique.

100% Auteurs : Pour terminer, par rapport à votre vécu, comment ressentez-vous le parcours dans le milieu de l’édition actuel ?

Marc Masse : Comme beaucoup, je pense, j’ai d’abord écrit avant de connaître le milieu de l’édition. Ensuite on découvre que l’on ne vous attendait pas. Les éditeurs ont déjà leur écurie d’auteurs et trouvent moins risqué d’acheter les droits de livres ayant bien marché à l’étranger que d’investir sur un illustre inconnu. Produire un bon ouvrage est une condition nécessaire mais pas du tout suffisante. Après c’est une question de chance et de persévérance.

Propos recueillis par Marie BARRILLON

vendredi 3 juin 2011

Entretien avec Brigitte Jacques.L

Entretien avec Brigitte Jacques.L
(“Dis, est-ce que ça repousse les ailes ?”, Edition Fidélité)

100% Auteurs : D’où te vient cette passion pour l’écriture ? Comment a-elle commencé ?

Brigitte Jacques.L : Ce n’est pas une passion, c’est une envie constante, depuis très jeune une sorte de « présence » calme qui me tient compagnie depuis toujours, l’envie de prendre des notes, d’écrire des lettres, de témoigner d’histoires qui m’arrivent de rédiger des petits carnets-souvenirs que je laisse en partant quand j’ai séjourné ailleurs ou habité chez des amis à l’étranger. J’aime écrire, j’aime les mots, mais ce n’est pas une passion de tous les jours !

100% Auteurs: Comment t’es venue l’idée d’écrire "Dis, est-ce que ça repousse les ailes ?" ?

Brigitte Jacques.L : Ce n’était pas une idée claire, déterminée,  ni un projet précis, j’ai juste eu envie de « traduire » petit à petit, sous forme de conte et en métaphores ce que tout un chacun rencontre sur son chemin, j’écoutais autour de moi et en moi. Je ne pensais pas du tout publier. J’écrivais dans ma bulle, j’y étais bien et  je me disais « en plus » que ce serait une sorte de "message" à mes enfants. J’avais envie de dire l’espérance « malgré tous les malgré ». L’oiseau libre et la petite fille, d’abord triste puis apaisée, ne m’ont pas quittée pendant longtemps ! J’ai baladé mon carnet deux ans. L’oiseau venait de quitter la petite fille. J’ai alors fait une photocopie de mon carnet, c’était en 1986.

C’est en 2003 que ma fille a illustré ce texte ("Quand je serai grande, je dessinerai ton livre", m’avait elle dit un jour). Elle me l’a donné comme cadeau d’anniversaire un jour, à Paris, au jardin des Tuileries. J’ai adoré son petit personnage, son univers. L’illustration de ce texte me semblait tellement difficile….

Alors, Mon mari l’a d’abord édité à compte d’auteur, 1000 exemplaires qui sont partis très vite. Puis de 1000…, le bouche à oreille, les coups de cœur de libraires ou de quelques journalistes pour ce petit livre atypique a pris un chemin très surprenant, un envol tout en restant plutôt discret et hors milieu littéraire. Actuellement, plus de 20.000 exemplaires ont pris leur envol. Il est traduit en anglais et sera peut être publié en anglais d’ici à la fin de l’année. C’est une aventure assez extraordinaire, mais ce qui me touche, c’est l’aventure humaine magnifique qui se tisse à travers tous les courriers de témoignages reçus, et des rencontres vraiment très émouvantes et très étonnantes parfois.

 Ce petit livre, au parcours si atypique, dépose un peu ou beaucoup d’espérance sur les ailes fatiguées, prennent des hommes et des femmes par la main et cela me touche infiniment… 

100% Auteurs: Ton ouvrage est d’une très belle présentation, à tous les niveaux, était-ce ton choix de départ ?

Brigitte Jacques L : Non, cela s’est fait par hasard, en partant chez l’imprimeur tout au début, j’ai attrapé un mini carnet que m’avait fait Aurélia, ma fille, l’illustratrice ;  je n’ai pas du tout réfléchi et j’ai dit qu’on fasse comme le petit carnet !!  (Je n’imaginais pas, à ce moment là, ce qui allait arriver à ce livre).

100% Auteurs: Brigitte Jacques.L, la femme plus que l’auteur, est-elle rêveuse ?

Brigitte Jacques.L : Les pieds sur terre et la tête dans les étoiles, c’est compatible.

100% Auteurs: Quel est le genre de lecture qui a ta préférence, celle que tu affectionnes particulièrement ?

Brigitte Jacques.L : Question d’âge : très jeune, j’adorai le Grand Meaulnes. Le journal d’Anne Frank, m’a fort impressionnée, puis j’ai eu une passe pour tous les Troyat, et les livres de passions  comme les hauts de Hurlevent ! Les poètes, Rilke évidemment...
Je lis beaucoup, un peu de tout, mais jamais de policier. J’aime aussi les livres qui ouvrent l’esprit, un peu (mais pas trop !) de psychologie, et ce qui touche aux cultures orientales, les livres de voyages et qui font voyager !

100% Auteurs: Un livre en particulier, un livre fétiche par exemple ?

Brigitte Jacques.L : "Lettres à un jeune poète" (Rilke)

100% Auteurs: Tous les auteurs ne se ressemblent pas. En ce qui te concerne, l’écriture est-elle quotidienne ?

Brigitte Jacques.L : Elle ne l’est plus. Je manque de temps pour lire au quotidien, si même j’adore me plonger dans un livre, alors je ne le lâche plus ! Mais je suis passionnée par la photographie et y consacre pas mal de temps, si même il y a encore un peu d’écriture !

100% Auteurs: Y a-t-il des petites choses qui te sont nécessaires, voire indispensables, lorsque tu écris ?

Brigitte Jacques.L : le calme, (pas si évident avec une maison toujours ouverte...) et  l’envie !
Je ne suis pas écrivain, j’aime écrire, c’est tout, le reste relève de hasards.

100% Auteurs: Au-delà de cela, écris-tu à l’instinct comme certains ou au contraire adoptes-tu une certaine organisation, un plan de travail comme d’autres ?

Brigitte Jacques.L : Zéro organisation, quand j’écris, c’est imprévu, et souvent seulement des notes ou des lettres. (Rien que la correspondance qu’a entraînée la publication du livre, répondre à toutes les lettres, et il y en a des classeurs entiers, cela me prend du temps… surtout que parfois, ces correspondances continuent et aboutissent parfois à des rencontres étonnantes...

100% Auteurs: As-tu des moments particulièrement propices à l’écriture ?

Brigitte Jacques.L : L’envie d’écrire m’arrive plus souvent le soir.

100% Auteurs: Pour la suite, y a-t-il d’autres projets littéraires ?

Brigitte Jacques.L : Je ne sais pas. Je me sens très éloignée du milieu littéraire, des problèmes concrets que représentent une édition,  je n’aime pas beaucoup ce monde là, je sais seulement que j’ai envie de rassembler toutes mes notes concernant ce que j’appelle "des porteurs de lumières qui ne savent pas qu’ils le sont …" J’en ai rencontré beaucoup… des rencontres incroyables, inattendues, très émouvantes, insolites, des gens connus, mais surtout des anonymes.

Il m’est arrivé de très belles histoires avec de très belles personnes un peu partout... le hasard ou autre chose m’a trop souvent fait signe. Parfois, j’en raconte quelques-unes et je (re)mesure l’incroyable de tout ça aux réactions de ceux qui écoutent, je me dis, comme quand j’écrivais ce conte, que  les mots se mettront en place quand ils auront l’espace pour s’imposer à moi... Je me dis aussi que j’écrirai d’abord  pour mes enfants, et  mes petits-enfants, ils en feront ce qu’ils voudront !!! On verra.

Merci Marie de ton intérêt à ce livre.
Et surtout merci pour ceux et celles qui grâce à toi se sentiront peut être libérés d’une cage ou simplement parce que tu leur auras parlé d’un livre.

Propos recueillis par Marie BARRILLON