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lundi 3 novembre 2014

Délire très mince

"Tout le monde sait ce qu’est une oreille […] Ces deux pavillons nous permettent d’entendre. Entendre ne veut pas dire écouter bien sûr. Dieu que c’est complexe une oreille. Dans le désordre, et sans que je sache à quoi chaque chose corresponde ou serve, je citerai : pavillon, conduit auditif externe, tympan, marteau, enclume, caisse du tympan, étrier, trompe d’Eustache, vestibule, canal semi-circulaire, nerf vestibulaire, nerf cochléaire, cochlée ou limaçon. Tout cela répartit entre oreille externe, oreille moyenne et oreille interne. En souriant, dans ce pavillon, pour rejoindre le vestibule par le conduit auditif externe, il est possible de marteler, sur l’enclume, le tympan qui résonnera comme une caisse, en se levant sur son étrier pour que la trompe sonne, avant de faire, en ralentissant, le limaçon." Extrait du livre
 
Première partie…
 
À l’ouverture de cet ouvrage, nous entamons un périple en compagnie de trois personnages : le Créateur, "l’Evolutionchronohumaine" et le Petit Homme.
 
Selon le narrateur, le Créateur (Dieu) sans occupation doit probablement s’ennuyer fortement, de ce fait, pour remédier à cet ennui, il s’investit d’une tâche qui lui fournirait une activité de loisirs à temps plein. Il s’investit "en architecte d’un système qui fonctionnerait tout seul, tant en heur qu’en malheur. Il faudrait aussi des pantins qui s’agiteraient tout seuls…" 

Néanmoins, comme cela ne lui suffit pas, le Créateur innove un peu plus en ajoutant que "parmi les pantins, il pourrait y avoir des bipèdes", et bien entendu pour étendre le "jeu", "parmi les bipèdes, il serait bien d’en choisir un, un tout petit, pour voir comment est son évolution."
 
Le jeu peut donc commencer pour le Créateur avec son Petit Homme comme sujet qui comprendra que "la vie est extraordinaire de contradictions".

"L’Evolutionchronohumaine" entre en jeu pour tenter d’instaurer une suite cohérente dans le processus imaginé par le Créateur. 

Le Petit Homme n’a plus qu’à se débattre dans ce magma même si "l’idéal serait de vivre complètement et parfaitement chaque période de la vie avant de franchir l’étape suivante." 

Nous assistons donc à la création d’un petit homme dans un monde, le nôtre, puis à leur évolution. Et si Dieu, s’il existe, avait vraiment fait les choses de cette manière ?
 
Seconde partie…
 
Dans la seconde partie de l’ouvrage, nous découvrons un abécédaire relatif à la profession de notaire et reprenant certains termes utilisés dans ce travail. Dans l’ensemble, et pour la plupart, les mots relevés ne nous sont pas inconnus, cependant les définitions écrites sous cette forme et les explications apportées par l’auteur complètent certaines de nos "lacunes" parfois, quand d’autres nous font sourire.
 
"Délire très mince" est un ouvrage intéressant à lire, explorant quelque peu la profession de notaire, personne fortement utile à certains moments de l’existence. Ce livre n’a rien d’un délire et mérite d’être parcouru entre sérieux, humour et second degré.
 
Quelques phrases relevées au cours de ma lecture :
 
"Le bonheur dépend souvent de la terminologie."

"Quand on réussit à se faire comprendre avec des mots simples ce qui est compliqué, on se remplit l’âme de bonheur."

"Les excuses n’ont jamais fait avancer le monde."

"La seule certitude sur cette terre est de savoir que, lorsqu’un être naît, il est sûr de mourir."

"Tout se transmet du moment qu’une chose, une idée, une parole, un mot, existe."

"La différence avec les anciens temps, c’est que les oubliés sont désormais visibles, avec tous les moyens de communication actuels, alors qu’auparavant personne ne le savait."

"Pour obéir à ses supérieurs ou à la loi, il faut souvent accepter de ne pas obéir à ses instincts, freiner ses envies et céder à la force ou à la nécessité naturelle."

"Ma conviction est faite, il vaut mieux écrire que sous-entendre."

"La sagacité et la sagesse s’allient pour devenir talent."

"La plupart des gens n’écoutent pas. Ils entendent ce qui leur est dit, mais ils restent sur ce qu’ils croient savoir."

"Le souci est que l’actuel ne dure pas […] Le fait de ressentir à un moment donné est déjà fini dans le dixième de second suivant."

"Souvent l’altruisme peut n’être qu’un sourire, fait à la bonne personne, au bon moment. C’est un geste gratuit qui donne beaucoup."

"Ce n’est pas la quantité ou l’importance de la chose donnée qui compte, c’est juste le geste d’amour qui en résulte."

"Dès qu’il y a un souffle de vie, l’amour peut exister, c’est la matérialisation qui change."

"Pour aimer vraiment, il faut tout donner et c’est là, la difficulté que tout le monde ne surmonte pas, il reste souvent un tout petit peu d’égoïsme au fond de soi."

Marie BARRILLON

Informations sur le livre :

Titre : Déliretrès mince
Auteur : Jean-Louis Riguet
Editions : Editions du Masque d’Or
ISBN : 9782365250375
Prix : 24 €

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