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lundi 15 septembre 2014

Petits arrangements avec nos coeurs

"Peu à peu, nos coups de fil s’estompent, nos mails se font plus rares, on s’habitue à ne plus dire "bonne journée", mais « prenez soin de vous », qui tient pour plus longtemps. Je pense à lui, puis je hoche la tête. Il y a deux ans, je n’imaginais pas vivre sans ses bras pour enserrer ma taille, sans blottir ma tête dans son cou, sans respirer son parfum ou frotter ma joue contre ses cils. Aujourd’hui, je hausse les épaules en soupirant. C’est parti. Je pense à lui de loin. Quand j’ai le courage, je décroche mon téléphone." Extrait du livre
L’adolescence et ses contrariétés
16 ans - L’adolescence, palier incontournable, inévitable et inéluctable de l’existence où mille chemins ne demandent qu’à nous attirer, pour notre bien ou notre perte, c’est selon, et parmi eux celui des premiers émois, des premières amours. Et malgré tout, comme pour beaucoup d’entre nous, c’est celui qui laisse une trace indélébile sur nos vies, marquant le chemin, pour certains, d’une empreinte que rien ni personne ne pourra jamais effacer, remplacer, ou égaler.
Le premier amour perdu demeure souvent inguérissable. Peu d’entre nous ont pu avoir la chance de renouer avec cet être tant aimé. Plus encore pour guérir les blessures passées avec le baume de la maturité.
Ici, Camille de Peretti nous relate l’histoire de ce premier amour, celui où la puissance du charme mène à la séduction mettant à jour du même coup l’intransigeance de la jeune femme, et la faisant ordonnatrice de toutes décisions quant au choix entre prolongement ou désunion. Elle retrouve Stanislas, cette chance lui est donnée.
Mais…
Mais, rien n’est jamais simple, nous le savons et ce serait trop facile ! Et puis, nos souvenirs n’idéaliseraient-ils pas un peu ou bien avons-nous changé à ce point de façon d’être nous amenant à ne plus percevoir les choses de la même manière ? Toujours est-il que Camille retrouve Stanislas quelques années plus tard.
Fini les complexes d’adolescente, l’amour reprenant ses droits, intense, mais néanmoins destructeur. Cupidon doit parfois s’emmêler les menottes avec ses innombrables flèches !
Toutefois, sans jamais manquer de rien matériellement, il n’en est pas de même pour le reste, qui est certainement le plus important. La vie commune à Londres est loin d’être un apaisement à toute épreuve, Stanislas travaille beaucoup, délaissant la jeune femme de sa présence. Trader dans une des plus éminentes banques de Londres, il ne compte pas les heures, ce qui s’avère être quelque peu incompatible avec une vie à deux, ou en tout cas difficilement conciliable.
Les seuls moments de répit se trouvent lors de leurs voyages où l’amour revient de loin, reprend ses droits légitimes et revit avec toute la frénésie dont il est capable. Mais, peut-on vraiment renouer avec la saveur de l’amour passé ? Celui pour qui on aurait tout donné si l’on avait eu plus de maturité au lieu de laisser les jours effriter les sentiments, si forts soient-ils ?
Cette quête, Camille et Stanislas vont la chercher sans vraiment parvenir à la trouver. Ils vont tenter de se donner une nouvelle chance d’y arriver, mais la fadeur des jours, du temps qui passe aura le dernier mot. Chacun compose ses petits arrangements afin de ne pas regarder en face l’évidence pour continuer à s’accrocher malgré tout, jusqu’au moment où l’ultime issue mène à une impasse incontournable.
Ce roman autobiographique demeure agréable à lire tant la plume de Camille de Peretti est fluide, gardant intègre toute sa légèreté.
Marie BARRILLON
 
Informations sur le livre :
Titre : Petits arrangements avec nos cœurs
Auteur : Camille de Peretti
Editions : Stock
ISBN : 9782234070998
Format broché : 21,50€
Format Kindle : 6,99 €
Format poche : 6,90 €

vendredi 25 juillet 2014

Accolade mortelle

"Je me suis réfugié dans cet endroit qui est pour moi un lieu de culte. J’y retrouve les ingrédients d’une nourriture terrestre, qui nous sauve tous de la peur de mourir. Cuisiner et bien manger est comme une thérapie de la fin sans faim : un plaisir épicé par l’illusion de puissance ! C’est pour cela que les gars des pays riches, meurent d’autres choses, plus subtiles et venimeuses, comme l’ennui ou le désespoir, irrémédiablement. De la maladie mentale comme celle de Sarah, ou d’une autre comme un cancer de souffrances qui ne dirait pas son nom. J’ai trouvé en faisant la cuisine les nuances de la vie : trop de sel ou pas assez ! Cet été où j’avais prévu de me trouver seul à la montagne, s’était imposé un piment particulier comme Sarah, qui commençait à me brûler la langue et même plus." Extrait du livre
 
Avant même d’ouvrir cet ouvrage, c’est un grand plaisir de retrouver cet auteur dont je sais d’avance qu’il ne peut y avoir de déception, au moins dans le style d’écriture qui lui est propre. Et rien qu’en parcourant la quatrième de couverture, une petite phrase me le confirme : "L’amour est malade, tout le monde le dit à sa manière." 
Avant même de découvrir cette nouvelle histoire, qui elle, pourrait ne pas me plaire, mais dont la plume déjà explorée fait déjà la moitié du parcours dans le ressenti attendu et à venir.
Francis Baux, c’est aussi cela, des petites phrases appréciables, qui pour certaines donnent à réfléchir quand d’autres viennent confirmer ce que nous savons déjà ou que nous ressentons dans notre for intérieur.
 
Le début de lecture donne, effectivement, satisfaction. En route, donc, pour la suite…
 
Tout commence par l’arrivée d’une personne, là où on ne l’attend pas, dans un contexte presque improbable. Dans le cas présent Sarah. "Décidément les femmes me surprendront jusqu’à la fin", précise l’auteur.
 
Sarah, une jolie femme brune de trente ans, professeur de lettres "a raté son agrégation et veut mourir puisqu’elle n’est bonne à rien", néanmoins, "cette jeune femme obéit comme une enfant, je me surprends à me sentir vieux pour la première fois à côté d’elle".
 
Toutefois, on comprend que rien de sa présence n’est dû au hasard. Elle est arrivée dans la tanière de Paul de manière préméditée dans cette maison perdue dans la montagne à environ deux mille mètres d’altitude. On ne va pas se perdre aussi loin, aussi haut sans raison(s), et Sarah en a quelques-unes prenant naissance dans sa paranoïa. L’esprit de la jeune femme serait-il donc en danger ?

Ce qui est prémédité pour Sarah ne l’est pas pour son hôte : "Les rencontres importantes sont rares et souvent improbables". Tandis que le narrateur recherchait dans ce cadre retiré une tranquillité pour trouver apaisement et réflexions, il se retrouve face à une femme hors du commun qui ne ménagera rien ni de l’homme ni de l’espace qu’elle est venue envahir de sa présence. 

Il prend cette arrivée avec philosophie, bien avant de réaliser et de comprendre ce qui se trame et ce qui tourne dans la tête de la jeune femme, car "il arrive toujours quelque chose soit un impondérable ou un bonheur, mais que le quotidien possède la plus grande imagination qui existe au monde, pour qui sait le lire".

L'auteur nous présente une histoire inattendue, mais bien relatée, dont l'horizon superbe n'est autre que l'arrière-pays niçois. Un roman étonnant et néanmoins prenant, dont les fils se nouent et se délient dans les méandres tellement particuliers que le sont les sentiments.
 
Marie BARRILLON

Informations sur le livre :

Titre : Accolade mortelle
Auteur : Francis Baux
Editions : Liber Mirabilis – Jean-Marc SAVARY Editeur
format broché : 10,55 €
Format Kindle : 2,99 €


vendredi 16 mai 2014

l'élément 119

"Devant ses yeux, il vit défiler une scène incroyable. La véritable histoire, son histoire, celle de son ancêtre, Alfonso. Il ne s’agissait plus d’une rêve, d’un cauchemar, ni d’un flash, mais le récit véridique du pacte conclut entre Alfonso et Tyf, six siècle auparavant. Alfonso avait conclu un pacte. Philippe était engagé par ce pacte. Il devait obéir, ou..." Extrait du livre
Le voyage

Philippe doit prendre l’hélicoptère malgré sa peur du vide, "un mauvais coup de son métabolisme angoissé. Un homme normalement constitué ne se transforme pas en lombric suintant la peur à la moindre difficulté", dans le cadre d’une affaire sans commune mesure avec toutes celles menées dans sa carrière.
Il doit se rendre en pleine mer du Nord sur une gigantesque plateforme pétrolière. Accueilli par Dominique, directrice du département géologie, une femme d’âge suffisamment jeune pour que Philippe se pose des questions et reste figé sur le poste de cette dernière : "Comment une femme, de surcroit aussi jeune pouvait-elle accéder à ce type de poste ?"
La jeune femme explique à Philippe les tenants et les aboutissants de sa présence sur la plateforme. Loin d’être une mince affaire, il doit étudier un élément naturel non identifié sous la forme d’une sphère parfaitement ronde d’un diamètre d’un kilomètre.
Sur cette plateforme de forage qui se trouve être "le plus éloigné des côtes et à des profondeurs jamais atteintes", il ne s’imagine pas un instant que son existence va basculer. Comment cet élément de un kilomètre de diamètre, totalement inconnu, a-t-il pu se retrouver six mille mètres sous le niveau de la mer et de l’écorce terrestre ?
En étudiant les relevés des sonars, Philippe remarque des sillons que personne n’est en mesure de discerner. Pourquoi cela ? Autre défi de taille pour le scientifique ; vivre sur cette plateforme sans ses somnifères qui lui permettent de dormir et se reposer. Les seuls lui permettant un véritable endormissement et un sommeil profond, mais que le protocole de sécurité n’autorise pas. 
Et justement, l’infirmière est formelle sur ce point : "Nous ne possédons que des somnifères de molécules plus légères qui favorisent l’endormissement, mais qui permettent également de se réveiller en cas de nécessité". Alors que le seul somnifère efficace utilisé par Philippe "plonge les patients dans un état de sommeil profond d’où il est impossible de sortir même avec une sirène de pompier", ce qui se révèle être un vrai problème sur une plateforme, surtout de cette envergure et aussi reculée.
Quand un rationnel découvre l'irrationnel

Philippe va aller de découverte en découverte, contredisant même son bon sens. N’importe quel scientifique n’y retrouverait pas ses connaissances, sombrant dans l’irrationnel et l’irréel. Tous ses calculs sont bons, aucune erreur n’y a place, pourtant il ne cesse d’être confronté à des "phénomènes étranges" et des "faits stupéfiants".
Entre malaises, cauchemars, visions ou encore voix, beaucoup d’évènements irrationnels pour un scientifique qui n’est sensé voir que logique et rationalité en toute choses. Alors que le forage reprend, une tempête est sur le point d’éclater, ce qui n’est pas pour arranger le travail de Philippe. Il entend de nouveau cette voix venue de nulle part s’adressant à lui : "L’embryon est en danger. Il ne supporte plus les secousses engendrées par le forage".
Philippe se retrouve dépassé par les évènements dont il est témoin, se sentant "entre les mains d’un être démoniaque".
La tempête épargnera-t-elle la plateforme pétrolière ? Philippe et les autres s’en sortiront-ils ? Qu’est-ce que cette sphère impossible à percer, même avec des têtes diamantées ? Qu’elle est sa matière recensée nulle part ?
On se laisse volontiers emporter dans cette histoire originale. L’auteur adopte un style fluide qui ne provoque aucune lassitude. Cela dit, certains passages gagneraient à être plus développés, agrémentés de plus de détails pour "nourrir" un peu plus le lecteur. La fin est loin de ce que l’on imagine et pourrait attendre et m’a quelque peu laissée sur ma faim. De même que quelques questions subsistent, n’ayant trouvé aucune réponse au cours de ma lecture.
Dans l’ensemble, on passe malgré tout un bon moment avec cet ouvrage qu’on a du mal à lâcher où le suspense n’est pas en reste même si c’aurait pu être meilleur encore.
Un bon point tout de même !
Marie BARRILLON
Informations sur le livre :
Titre : L’élément119
Auteur : Cara VITTO 
Format Kindle : 2,00 €  
Format poche : 9,99 €  

mardi 13 mai 2014

De temps en temps

"Se jeter à corps perdu dans le travail : c’est ainsi qu’il est parvenu jusque là à contenir la révolte de ses sens privés d’elle. Ce toqué des tocantes, ce fou des coucous, cet accro du chrono, ce sonné des carillons est passé maître dans l’art de soigner Monsieur le Temps, de colmater ses fuites, de réparer ses échappements à ancre ou à verge, de lui refaire les dents, d’aiguiller ses trains de mouvements, faute de pouvoir le remonter pour en modifier le cours." Extrait de l’ouvrage
 
"De temps en temps" est un recueil composé de 16 nouvelles issues d’un collectif d’auteurs réunis dans un ouvrage agréable à parcourir, qui a pour thème : le temps, et "À l’heure où le temps disponible devient une denrée rare donc précieuse, seize auteurs ont pris sur leur temps pour vous dessiner un bouquet de textes riches et authentiques".
 
Pour dévorer cet ouvrage, nous commençons donc par la préface de Jean-Louis SERRANO qui s’exprime bien évidemment sur le temps : "Le temps est libre, il n’appartient à personne. […] Parler du temps, écrire sur le temps, c’est recommencer à raconter la genèse, et tutoyer le ciel".
 
Après cette préface qui déjà donne à réfléchir ou méditer, c’est selon, nous débutons donc la lecture des seize nouvelles. Chaque auteur aborde le thème en se l’appropriant suivant les situations, les circonstances, les événements, avec chacun un style différent du précédent ou du suivant.
 
Le temps traverse toutes les causes, mais dans tous les cas la résultante est similaire puisque "le temps est libre, il n’appartient à personne". Il est présent là, tout comme hier ou il y a une heure et le sera demain ou dans dix ans, bien qu’on ne le remarque pas toujours et que souvent on ne le voit pas passer : "Je m’étais engouffré derrière elles en courant d’air, entre les souffles où se croisent deux saisons, juste une traînée de sable sous l’hologramme et j’avais fui".
 
Néanmoins, dans certaines occasions, nous avons le sentiment qu’il passe trop vite ou qu’il traine en longueur. Pourtant, entre trop vite et pas assez, il est un fait indéniable ; il est enclin à une régularité qui ne varie pas. Les secondes demeurent des secondes, même si parfois elles ressemblent à des heures. Ce qui nous procure ces impressions ce ne sont que les événements extérieurs, ou non, humeurs variables et états d’âme fluctuant auxquels nous sommes confrontés à chaque instant. Mais là, je ne vous apprends rien !
 
Ce recueil nous montre qu’une minute "ici" est sensiblement différente de celle se trouvant "là", alors qu’elle est en définitive la même, s’égrenant au même tic-tac. C’est donc uniquement l’événement qui la traverse qui l’apparaît différente. Seul l’horloger de Jean GENNARO n’y prête plus attention et pour cause : "Bercé par le concert assourdi des tic-tac provenant de son atelier, il perd la notion du temps. Ce qui est un comble pour un horloger".
 
Nous sommes donc charmés par l’ensemble de l’ouvrage. Petit bémol tout de même ; il est dommage que la plupart des textes tournent autour de la tristesse parce que "le temps" renferme aussi des bonheurs et des joies. Toutefois, on ressent bien qu’un élément immuable réunit ces seize auteurs : la passion de l’écrit, son partage et Marie SOUFFRON l’exprime bien en ces termes : "L’écriture organise mon existence de la même façon que le temps règle mes jours".
 
Alors, à vous d’oublier les aiguilles du temps comme la mélodie du tic-tac, d’ignorer un instant les secondes silencieuses, d’éviter un moment les pendules, montres et autres carillons qui égrènent les minutes, pour vous laisser aller à cette lecture. Une bien belle activité où, là, le temps n’a plus de prise et se fait tout petit !

Marie BARRILLON

Liste des auteurs ayant participé à ce recueil pour l’association "Les mots migrateurs" et leur titre :

Arielle ALBY, Mon rendez-vous
Sylvie AZEMA-PROLONGE, Mauvais quarts d’heure
Marie-Laure BIGAND, Le passe-temps
Annick CHENU, Rester jeune jusqu’à la mort
Florance FOUCART, Les marques du temps
V.GABRALGA, "Temps d’aime"
Jean GENNARO, Yaël ou l’or du temps
Paula GONÇALVES, Hors du temps
Kyra GOMEZ, Hasta siempre !
Luc HAZEBROUCK, Le peintre et le prince
Brigitte LECUYER, Trois mois et plus
Gwenaëlle LEPRAT, Tchacacha
Vincent MATRAT, Souvenir du futur
Marie SOUFFRON, Le temps d’une partie d’échecs
Caroline TAFOIRY, Un jour, ton heure viendra
Olivier CAMPOS, Fast-Pause

Informations sur le livre :

Titre : De temps en temps
Auteur : Collectif d'auteurs
Editions : Mots Migrateurs Editeur
ISBN : 9782953087901
Ce livre n'est plus référencé

mardi 22 avril 2014

Les coucous

"Audrey aurait voulu se réveiller, oublier, ne fut-ce qu’un instant. Mais le mal avait foré son nid ; le chasser, au-delà de ses forces. Elle ne pouvait que le jouter inlassablement comme on avance sur un échiquier, le temps de faire mat un Roi. Remonter à la source des idylles illégitimes, couper à la racine la mauvaise herbe – une mission dévoreuse de son temps – l’objet de ses recherches. Sur son carnet, elle annotait les différentes toxicités." Extrait du livre 

Les coucous "roucoulent", mais…
La vengeance… un plat qui se mange froid ! nous dit le dicton. Ici, "Les coucous" le confirment si tant est qu’il soit vraiment nécessaire de le faire. Et comme tout vient à point à qui sait attendre, la vengeance doit se faire patience pour se réaliser sans faille. 
Celle d’Audrey aura pris tout son temps. La patience n’aime pas les gens pressés ni les situations d’urgence. C’est la raison pour laquelle Audrey et son mari "étaient désormais deux vieux amants, leurs silhouettes comme deux lianes entrelacées" lorsqu’elle mit un point final à sa vengeance, et surtout lorsque "le temps avait fait son œuvre, évinçant les gazelle".
L’infidélité, dont rien que le mot a quelque chose d’irrespectueux, Audrey l’a subi plus qu’à son tour, emmagasinant les mensonges de son mari, ayant même "tenté maintes fois de comprendre ses petits crimes conjugaux, chaque fois se sentant oppressée, laissant le sable enrayer sa raison".
Le sentiment d’amour n’a pas la même valeur pour tout le monde, peut-être même pas la même définition. Certain(e)s ferment les yeux refusant ainsi de voir l’évidence tandis que d’autres fuiront refusant la trahison. D’autres encore s’en moqueront ou s’effondreront dans une douleur inextricable. Et puis, il y a ceux comme Audrey qui optent pour la vengeance, calculée, étudiée, pensée, travaillée, car dans tous les cas en matière d’amour "la première trahison est celle qui déchire et démontre à quel point le cœur est un mécanisme brisé" suite à l’infidélité.
…finissent par se taire !
Avec une discrétion absolue comme une mélodie en sourdine la vengeance d’Audrey se fait de manière invisible, mais bien réelle et pleine d’efficacité. L’amour n’est pas un jeu, ce que Maxence a trop souvent oublié. Audrey est là pour le lui rappeler à sa manière au moment qu’elle a choisi avec quelques plantes vénéneuses qu’elle a "amoureusement" fait pousser. 
Ces dernières ne l’auront pas empoisonnée, elle, comme si elles savaient à quoi elles étaient destinées. Qui plus est question empoisonnement, l’amour et Maxence s’en étaient déjà chargés durant toutes leurs années d’union.
Sa dernière vengeance pour un dernier voyage, mais cette fois, uniquement à deux ! L’amour l’aura empêché de quitter son mari volage, alors elle ne fera pas ce dernier voyage sans lui.
Bien que ce soit une nouvelle, d’où le peu de pages (46), le texte est scindé en chapitres au début desquels l’auteur n’a pas manqué de présenter une description de chaque plante utilisée dans le chapitre qui le suit. La plume de l’auteur est un vrai plaisir, fluide et parfois poétique. Un bon moment garanti en ouvrant "Les coucous".
Quant à la couverture, bien que très agréable et joliment dessinée par Rachel BERGERET, je ne lui trouve pas vraiment de rapport avec la teneur de l’ouvrage, mais cela reste un bémol bien minime, et personnel, sans trop d’importance.
 
Quelques phrases relevées au cours de ma lecture :
"Son amour était de ceux pour qui l’on construit des palais."
"Elle fermait les yeux comme une suppliciée devant le gibet en devenant la proie des charognards."
"La vieille dame […] égrenait ses souvenirs comme un chapelet de crimes."
"Audrey oubliait la chatière menant à son cœur, il l’avait empruntée comme jadis en se parant de promesses."
"Elle avait pardonné. Pardonner, par peur de mourir d’aimer."
"Il restait ce parfum perfide qui dénature la situation, aussi belle soit-elle."
"Le mal avait foré son nid…"
"…avec un sourire mordant comme une provocation naturelle."  
Marie BARRILLON 
Informations sur le livre : 
Titre : Les coucous (Nouvelle)
Auteurs : Eva LUNABA 
Editions : Volpilière
ISBN : 9782917898321
format broché d'occasion : 1,77 € 

lundi 10 mars 2014

Bille en tête

"Sur le coup de cinq heures, nous décidâmes de sortir avant que le soir n’achevât la journée ; et, alors que nous passions devant un grand horloger, Clara voulut m’offrir une montre. J’en pris deux. Normal, j’ai deux poignets. Avec un seul de ces joujoux j’aurais eu l’air d’un type qui se sert de sa montre pour avoir l’heure ; et, ce jour-là, j’avais l’éternité devant moi. Tandis qu’avec deux montres, j’affichais ma capacité à jouir pleinement de la vie. J’avais d’ailleurs choisi deux modèles très chers, incrustés de diamants, dans le plus pur mauvais goût. […] J’étais satisfait que ce fût elle, ma maîtresse, qui payât. D’abord parce que ma tirelire était vide ; et ensuite, parce que j’avais besoin que la femme que j’aimais me donnât tout : son cœur, son corps et son argent. Il n’y avait là aucune âpreté au gain mais plutôt un besoin d’amour total." Extrait du livre

Il y a quelques années, j’avais commencé la lecture de l’ouvrage "Les coloriés" de ce même auteur, mais n’ayant pas accroché au cours des vingt ou trente premières pages, je l’avais abandonné pour un temps. Pour un temps, parce que je n’abandonne jamais complètement un livre. Dans ce genre de cas, je laisse le livre de côté pour y revenir ultérieurement parce que l’état d’esprit dans lequel nous nous trouvons au moment d’entamer une lecture joue un rôle important, presque vital dans l’action que nous entamons. Nous ne sommes pas toujours réceptifs à toute heure pour tout ouvrage ! Et à ce moment-là, mon état d’esprit ne devait pas être en adéquation avec le livre. Alors, j’y reviendrai plus tard.

Puis finalement, j’ai un peu oublié "Les coloriés" sur mes étagères parmi d’autres livres (nombreux) que je n’ai pas encore lus, car le temps n’est pas toujours mon ami et que je dois ruser avec lui pour parvenir à faire un peu ce que je veux. 

Donc, lorsque j’ai voulu me remettre sur "Les coloriés", il y a peu, j’ai d’abord trouvé « Bille en tête », et c’est celui-ci que j’ai finalement choisi de sortir de l’étagère sur laquelle il somnolait depuis quelque temps.

"Vivre tout haut et ne plus chuchoter sa vie… "

Un petite phrase qui collerait bien à chacun d’entre nous, mais qui dans le cas présent, appartient au personnage principal ! "Vivre tout haut et ne plus chuchoter sa vie…", c’est ce que tout adolescent souhaite lorsque l’heure sonne en lui mettant ses ""seize ans en bandoulière". Virgile ne déroge pas à cette règle. Alexandre Jardin a obtenu le prix du Premier Roman en 1986 avec cet ouvrage et à sa lecture nous comprendrons rapidement cette récompense.

Malgré l’aspect quelque peu immature du personnage, on s’attache à lui. Poursuivant la lecture, il nous entraîne là où il veut et on a envie de savoir où il cherche vraiment à nous emmener. Je me suis sentie entraînée par Virgile. Curieuse, je me suis accrochée à lui pour savoir où il voulait en venir, où il voulait m’emporter. 

L’aurais-je pris en affection ? En tout cas, je me suis laissée guider par les mots de l’auteur. Une écriture franche, entraînante tout en étant facile à lire, mais accompagnée de petites phrases qui ne s’imitent pas ! Des petites phrases comme j’aime en lire, mais aussi en écrire.

Virgile perd sa mère alors qu’il n’a que huit ans, et pour ajouter un peu plus de douleur à l’effroi, cela se produit le jour de son anniversaire, toutefois il ne se laisse pas abattre : "Ne voulant que le départ de maman tue mon enfance. […] il faudrait désormais que je me fasse grandir tout seul, en me tenant par la main"

De cette douleur inattendue, il en fait un moteur qui le maintiendra hors de la noyade pour en dévoiler sa capacité de vivre envers et contre tout : "Mes yeux de petit garçon sont devenus secs et brillants, à cause de tous les pleurs rentrés. J’ai feint la gaieté pour dissimuler ma gravité. J’étais comme une toupie qui tourne pour rester debout".

Dans cet ouvrage, nous ne trouvons pas de grand suspens, peut-être un bémol, néanmoins quelques situations fantasques sont assez drôles. Nous suivons ce garçon sur le chemin de sa vie qui le mène de l’adolescence au monde des adultes avec pour décor une mère disparue, une grand-mère qui le couve et un père quelque peu "démissionnaire" : "Mon père avait trop à faire avec son malheur pour s’occuper de moi".

Le plus profond désir de Virgile est de devenir grand et pour se faire, il n’attend pas que le temps lui accorde cette évolution tranquillement. Il provoque tant les situations que les gens autour de lui. Son destin lui appartient, et il compte bien le dévorer sans modération même si parfois il emprunte les chemins de l’égoïsme en pensant plus à lui-même qu’aux autres.

"Bille en tête" est un roman qui se laisse lire avec plaisir même si j’en espérais plus de cocasseries, de drôleries et de suspens !

Quelques phrases relevées au cours de ma lecture :

"Les véritables aventures se vivent toujours à deux. Pour s'aimer et se trahir il faut aussi être deux."

"Je risquerai le tout pour le tout. S'il y a des sottises qu'on se reproche après coup, il y en a qu'on regrette plus encore de n'avoir pas commises."

"La vie semble traîner quand on attend un baiser."

"J’espérais que les rires d’enfants feraient peur à la mort."

"En amour comme en tout, il faut savoir mêler le corps et l'esprit."

"J'avais, à cette époque, la faiblesse de croire que rien n'était grave pourvu qu'on sache toujours relancer les dés ; en trichant, bien entendu."

"Il y a des lits faits pour dormir. Celui-là paraissait conçu pour l'amour."

"Mon futur cadavre du s'en retourner de joie dans sa tombe."

"On se sacre adulte soi-même, comme un grand, en prenant la couronne sans attendre qu'on vous la pose sur la tête."

"Quand le corps court en avant et que l'esprit reste en arrière, quelle disgrâce. Mais quand l'esprit mûrit avant le corps, quelle souffrance !"

"À seize ans, j’avais déjà un passé. Il m’aurait fallu un avenir, un futur qui commençât tout de suite."

"Elle ne devait pas succomber, surtout pour une raison aussi bête que la vieillesse."

Marie BARRILLON

Informations sur le livre :

Auteur : Alexandre Jardin
Editions : Folio
ISBN : 9782070379194
Format broché : 13,20 €
Format poche : 7,80 €

dimanche 9 février 2014

Hôtel Victoire

"Six heures du matin, lundi, 26 juin 1950. Branle-bas de combat dans mes escaliers, mes corridors, mes chambres. Tout mon être chavire.  [...] Depuis quelques semaines, la fébrilité qui règne ici s'empare de tout le monde.  [...] Je suis triste de voir partir ces personnes qui m'ont si bien traité pendant vingt ans."  Extrait du livre.

 Un auteur à découvrir...

Nous avions découvert Bernard PELCHAT avec son ouvrage "Des nouvelles de ma sœur" en février 2013. Pour votre plaisir, j’en avais réalisé une chronique publiée sur "La revue 100 % Auteurs" du moment. Cette dernière est notamment présente sur ce blog, ici : Des nouvelles de ma sœur. Ainsi que l’entretien avec l’auteur, ici : Bernard PELCHAT.

Dans "Des nouvelles de ma sœur", l’auteur nous avait offert un témoignage poignant mettant à fleur de peau votre sensibilité. Dans cet ouvrage, nous avions découvert une belle leçon de courage où l’intensité des émotions était présente tout au long des pages.


Aujourd’hui, nous retrouvons la plume de Bernard PELCHAT dans "Hôtel Victoire", une histoire ne manquant pas d’originalité. Ainsi, les différents narrateurs ne sont autres que l’Hôtel Victoire lui-même et tout ce qu’il comprend, voire même ce qui se trouve alentour ; de "La grosse radio" : "Sous ma belle robe boisée, avec mes luisants boutons noirs et mon cadran lumineux, je serai la star du jour…" au "Registre des réservations" : "On griffonne à qui mieux mieux dans mes espaces libres des noms, des dates et des heures d’arrivée et de départ…", en passant par "Le chœur des clés" : "Nous reposons suspendues à nos crochets respectifs… […] Quand le registre se remplit, nous travaillons fort…", mais encore "L’eau", "La cuisine", "La salle à manger" ou bien "Le journal" de Fernande, "Les tabliers" et "Le tiroir caisse" : "Quand les clients qui quitteront l’hôtel ce matin viendront payer, je serai prêt […] J’adore sentir l’effleurement des billets et entendre le tintement des pièces dans mes compartiments…"

Tout y est et rien ne manque ! Chacun à son mot à conter, de la petite rumeur à la grosse indiscrétion. Ces regards qui en apprennent tant nous font partager leurs diverses découvertes en nous parlant des "Maîtres des lieux", de leurs enfants adolescents…

Cependant, d’emblée, nous sentons qu’il se passe quelque chose qui perturbe le quotidien de cette famille que tout réussi… du moins, c’est ce que l’on pourrait penser. Chaque chapitre représente un élément de l’hôtel et chaque élément à son mode d’expression propre et personnel qui diffère des autres. Un défi, certes difficile, mais savamment réalisé par l’auteur.

Ainsi, la gravité de certains passages est adoucie par l’humour présent comme les affres profondes qui perturbent les deux adolescents, poussant pour les mêmes raisons les parents à… vendre l’hôtel Victoire !

Une fois encore, nous pouvons saluer l’auteur pour ce livre avec lequel nous passons un très bon moment. Le style, l’écriture y sont fluides tout comme la qualité que l’on connaissait déjà de Bernard PELCHAT pour certains lecteurs, à découvrir pour les autres.

Que demander de plus ? Simplement, qu’il ne cesse d’écrire encore pour notre plus grand plaisir !


 
Informations sur le livre :

Titre : Hôtel Victoire
Auteur : Bernard PELCHAT
Éditions : A à Z Création
ISBN : 9782981167644
Format broché : 17,56 € 
Format Kindle : 7,08 €

mercredi 15 janvier 2014

Le 36ème dessous

"Pour éviter de livrer au monde ma mine sinistre, je mets le masque : j'essaie devant la glace un rictus qui plisse mon faciès cartonné comme si on l'avait plongé dans un bain d'amidon. Avant d'aller dans le beau monde, je vais éprouver mon masque chez le pharmacien. J'entre, la mort dans l'âme, avec mon rictus, et m'efforce de paraître l'homme le plus gai du monde... [...] Dès les premiers pas dans le salon-cocktail, je me sens malheureux, empêtré, incapable de me mettre au diapason. Mais mon rictus tient bon..." Extrait du livre
 
La dépression, loin d'être une coquetterie !
 
"Le 36ème dessous" commence par une dédicace qui devrait donner à réfléchir ainsi que remettre en place les idées reçues de certains bien pensants imaginant tout savoir : "À tout ceux qui n'ont jamais connu la dépression et qui vous disent : "secouez-vous"." Cette dédicace est bien évidemment à lire absolument avant d'entamer la lecture de l'ouvrage. Mais, surtout à ne pas perdre de vue tout au long des pages. 
 
Le personnage, Pierre, est aux prises à un début de dépression dans laquelle, il nage à contre courant pour maintenir une apparence, mais une apparence seulement : "Quand au lit lui-même, il m'est d'autant plus difficile de m'en arracher le matin que je n'ai plus à en tirer un seul homme mais deux..." À savoir : "Petit a, ex-prix d'excellence, tout entier dans ma tête... [...] Grand B, fainéant des morceaux choisis, qui fait l'école buissonnière, tord le bras des élèves modèles et finira à l'hôpital dévoré par le jeu, le vice, l'alcool, occupe en squatter le reste de mon corps..." 
 
Deux êtres en un dans un même espace, un même corps ne peuvent que provoquer des conflits. Entre petit a et grand B c'est une lutte sans merci, engagée sans aucune égalité et la bataille s'annonce des plus ardues.
 
Petit a et grand B en sont conscients, mais celui qui "les porte", Pierre, ne sait plus sur quel pieds danser, car avancer et reculer semblent avoir échangé leur définition respective.
Le corps avance, néanmoins dans ce moment critique n'est-ce pas à reculons ? 
 
À tel point que même lorsque le téléphone sonne, la peur affirme sa place autant que sa présence : "J'ai peur en saisissant le récepteur d'être automatiquement happé par la vie que je fuis". 
 
  La dépression, déjà une longue existence !
 
L'ouvrage révèle qu'à cette époque déjà (1975) : "L'angoisse étreignant [...] sept individus sur dix, C'EST LE MAL DE NOTRE TEMPS, un corollaire de la vie moderne, saturée de contraintes, d'interdits, d'obligations". Ce n’est donc pas un mal nouveau. 
 
Nous constatons donc qu'à notre époque actuelle le mal est encore plus profond et qu'au fil des décennies ce fameux mal s'est amplifié. La dépression n'a à aucun moment cessé de gagner du terrain dans toutes les couches sociales et la course continuelle contre le temps ne fait que l'alimenter plus encore. 
 
De mal en pis et de pis en mal, en route vers le meilleur, Daninos décrit avec un brin d'humour et une bonne dose d'autodérision ce mal qui prend subitement toute la place et contre lequel il ne parvient pas à lutter, au point d'en arriver à l'entretenir presque volontairement : "La lecture des journaux me permet, comme je l'espère secrètement, de broyer du noir à loisir en me livrant sans cesse du combustible [...] Je trouve dans la presse tout ce qu'il faut pour m'inquiéter davantage".
 
L'auteur retrace sa descente aux enfers, lente, mais insidieuse et prenante. Cette torpeur qui entraîne des difficultés même dans les gestes les plus simples. Cette brume qui le sépare du reste du monde, l'inertie devenant si imposante rendant la moindre action incertaine : "Il y a des moments où il faut beaucoup plus de courage pour quitter le troupeau que pour le suivre.  [...] Chaque jour qui vient est le triste frère de ceux qui ont fui".
 
Cet ouvrage confirme que la dépression est loin d'être une banalité, plus encore près de quarante ans plus tard. Au point que l'on se sent souvent, dans une telle traversée, déshabillé au moindre regard : "J'ai l'impression de me déplacer avec un écriteau sur le front". Comme si tout ce chamboulement intérieur rayonnait à l'extérieur. Et puis, après un parcours parfois du combattant, accompagné de quelques doses de prescriptions médicales le bleu du ciel réapparaît, mais pas celui de l'âme, pour avoir enfin "la tête comme un point sur un i, et non prise dans l'o [...] J'ai l'impression d'avoir retourné ma conscience comme un gant".
 
"Nous avons tous, dans le crâne une espèce de violon qui s'accorde et se désaccorde" et dont les périodes peuvent durer plus ou moins longtemps suivant les individus.
 
Daninos le dit : "N'empêchez pas le monde de tourner, vous risqueriez de vous arrêter avant lui !"
 
À bon entendeur ! 
 
Marie BARRILLON
 
Quelques phrases relevées au cours de ma lecture :

- "Me voilà donc prêt à vivre normalement et à mourir comme tout le monde." 
- "Si Dieu me prête vie, sans du moins se montrer trop pressé que je la lui rende, j'ai du travail sur la planche."
- "Si le succès ne m'a pas tourné la tête, c'est précisément parce que je garde vivace le souvenir de mes apprentissages." 
- "Je me demande s'il faut crever pour vivre ou vivre pour crever."
- "C'est fou, j'y pense maintenant, ce qu'il peut y avoir de moment dans la vie où l'on veut en avoir "le cœur net"."
- "On n'a pas le droit de tromper le lecteur sur la marchandise, et, si j'ose dire, à plus d'un titre."
- "Les gens paraissent bizarres pour peu qu'ils soient seulement aussi curieux de nous."
- "Parfois mon impatience a bousculé les délais prescrits."
- "Notre tort, toujours, pour tout, c'est de croire que nous sommes une exception, un cas."
- "TON OEUVRE, si l'on réussit, TES PETITS GRIBOUILLAGES si l'on rate..."
- "Il y a peut-être des maux qu'il vaut mieux ne pas prononcer."
- "Je suis dans le paradoxe comme d'autres dans le textile."
- "On prétend que de nos jours on n'écrit plus. C'est peut-être vrai dans le sens Sévigné du terme, mais pour le reste, quel déluge !"
- "L'erreur est de croire que nous sommes "un cas". Lorsqu'il nous arrive quelque chose d'exceptionnel,  y a gros à parier qu'au même instant des milliers de nos semblables connaissent le même sort." 
- "Jouer le jeu, à notre époque, ce n'est pas seulement, hélas ! laisser voguer son livre une fois qu'il est terminé. Non. Il faut lui faire un petit bout d'escorte, l'accompagner vers la haute mer du public sous peine de le voir noyé dans l'océan des publications."
 

Informations sur le livre :  

Auteur : Daninos
Editions : Le livre de poche
Prix variables selon les vendeurs d’occasions