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vendredi 29 mai 2009

Un petit pas pour l'homme

« C’est en fouillant dans le tiroir de sous-vêtements des hommes qu’on sait s’ils sont actifs sexuellement. L’individu abstinent néglige trop souvent l’entretien de ses dessous, car il sait qu’il n’aura pas à les exhiber devant une fille curieuse de découvrir ce qui se cache dedans. Je n’ai pas encore eu le temps de faire la mise à jour de ma garde-robe en fonction de mon statut d’homme copulant : ce que j’ai devant les yeux est déplorable. » Extrait du livre


CHANGEMENT DE VIE…


Daniel plaque sa vie de couple après six ans de vie avec Sophie. C’est arrivé comme une évidence en « deux secondes de lucidités. Et ces deux secondes peuvent changer une vie. »


Après un mois et quatre jours de réflexions intenses sur la façon de lui annoncer, il laisse simplement tomber cette phrase, cette toute petite phrase qui résume en trois mots un discours inutile : « je t’aime plus. Murmuré dans un souffle léger ».


Après cette étape qui lui apporte soulagement parce que Sophie n’a pas réagit en hystérique comme il l’avait imaginé, Daniel entre dans la première des cinq phases du célibat : « Phase 1 : Ce soir, je baise. »


Dans cette étape suivant sa fraîche rupture, il ne pense qu’aux filles, aux femmes en se disant : « je n’ai pas envie que cette chose recroquevillée dans mon pantalon sèche et finisse par tomber. » Mais de la pensée aux actes, il y a parfois un énorme fossé. Le temps passe et cet instinct de bestialité qui l’anime s’évapore doucement. Parce qu’il ne suffit pas seulement d’y penser pour que cela arrive, ce serait bien trop facile.


POUR FINALEMENT QUOI FAIRE ?


Lentement sans même s’en apercevoir, les pensées de Daniel changent de cap pour entrer alors dans la « Phase 2 : Je ne veux plus voir personne. » La déprime s’incruste insidieusement.


Gagné par cette déprime qui devient lancinante, grandissant de jour en jour, il se pose de véritables questions existentielles sur ce qu’il a fait de sa vie durant toutes ces années, jusqu’à ne plus savoir vraiment ce qu’il veut, ni attend de l’avenir. Plus rien ne l’intéresse, pas même le sexe dont l’importance s’amenuise considérablement et qu’il a laissé, bon gré, mal gré de côté depuis sa rupture désirée, provoquée.


Il réalise et s’avoue : « Cent quarante jours sans sexe. Voilà où mes conneries m’ont menée. Rompre c’est comme tomber amoureux, on ne s’y prépare jamais assez. »


EN DEFINITIVE, ETAIT-CE LE BON CHOIX CETTE RUPTURE ?


Dans cette descente dans la déprime qui lui laisse un certain traumatisme, Daniel se fond, là aussi, sans s’en rendre compte dans la « Phase 3 : Appelez-moi quelqu’un. » Puis, la Phase 4 : On est bien tout seul. »


Il passe ces différents caps, un à un, traversant plus de bas que hauts, ne sachant plus du tout ce qu’il veut entre être seul ou non, quelles que soient les compagnies. En arrivant même à rester stoïque assis sur le bord de son lit à ne plus penser à rien et « ce ne sont pas des blagues, quand l’homme dit qu’il ne pense à rien il ne pense à rien. »


Le ton est léger et plein d’humour et la narration est loin d’être ennuyeuse. De sourires en rires parfois aussi, on se laisse porter par le plaisir du style parfois tranchant, mais loin d’être narcissique de Stéphane Dompierre.


Pour tous parce que l’humour ne manque pas.


L’auteur nous transporte dans le monde de l’homme célibataire. Sans complaisance, il nous raconte ce périple que traverse l’homme (et peut-être même la femme) après la rupture.


Le style n’est ni recherché, ni hautain, tout juste naturel comme s’il était écrit comme on parle, mais avec beaucoup d’humour en plus.


Marie BARRILLON


Informations sur le livre :
Titre : Un petit pas pour l’homme
Auteur : Stéphane Dompierre
Editions : Michel Lafon
ISBN 13 : 9782749909042
Format broché : 14,50 €
Format Kindle : 7,99€


jeudi 28 mai 2009

Michèle Sébal : Merci

Dessin (et texte) réalisé et offert par Michèle Sébal lors de notre première rencontre pour la dédicace de son ouvrage "Miel des lunes" à la Terrasse de Gutenberg.


lundi 25 mai 2009

Miel des lunes

« N’ai-je pas rêvé, moi aussi ? Mais non, le rire de So résonne encore dans ma tête. Hallucination, c’est ça, une hallucination. Le trop grand intérêt que je porte à cette patiente m’a fait partager ses fantasmes… Télépathie, hallucination… Je connais. Là, c’est autre chose. J’ai réellement vu ces créatures étranges. J’ai entendu ce rire. Même si ma raison refuse de l’admettre, je sais que tout cela a eu un moment de réalité. » Extrait du livre


JANICE


Raoul est psychanalyste. Il reçoit Janice, une patiente pense-t-il ordinaire, qui d’après un confrère, aurai besoin d’aide.


D’entrevues en entrevues, la vie de Janice lui apparaît parsemée d’événements qu’elle parvient si difficilement à extraire, parlant plus « du silence, de son silence et de ses peurs, déshabillant son présent avec une étonnante facilité. »


Janice se trouve dans deux mondes parallèles. Entre rêves et réalité, tout se mélange et se confond. Raoul se découvre, bien malgré lui, témoin d’un de ces rêves. Eberlué, halluciné, il pense avoir été victime d’hallucinations profondes alors que tout lui semble avoir été si réel. Mais il demeure persuadé d’avoir « réellement vu ces créatures étranges. »


Petit à petit, Janice prend involontairement une place énorme dans le cœur et l’esprit de Raoul. Malgré l’éthique, il se laisse emporter par ses sentiments grandissants à vive allure. Emporté dans le rêve de Janice qui prend forme, ils font l’amour comme jamais Raoul n’aurait pu imaginer le faire. Telle une féerie tourbillonnante, il se laisse inonder.


PARFOIS LA REALITE PREND UNE FORME INATTENDUE…


Raoul se trouve obligé de cesser la thérapie de Janice. Trop touché par ce qu’il perçoit. Trop enveloppé de sentiments. Mais, il ne se détache pas d’elle en tant que personne.


Tarita, la nourrice de Janice depuis toujours, est là, bienveillante sur sa petite fée. Elle est la confidente de l’une, et devient celle du « docteur » comme elle l’appelle. Elle lui raconte Janice, son enfance, sa vie. Raoul écoute, il veut tout savoir comme un besoin viscéral.


Raoul perçoit que l’état mental de Janice se dégrade, il en parle à Jasper, son mentor. En accord, ils décident de l’hospitaliser afin de la garder sous surveillance.


Armée d’une équipe de chercheurs, ils vont tenter de comprendre l’impossible. Tous vont se voir atteints par de fulgurantes hallucinations profondes, comme Raoul la première fois.


Janice, enfermée dans une chambre bleue sous vidéo-surveillance, va leur faire apparaître un monde qu’ils n’imagineraient pas, même dans les pires délires. Par l’apparition de créatures surnaturelles, elle va faire vaciller leurs connaissances de chercheurs.


On se laisse emporter avec délectation dans cette histoire sans se poser de questions. Emporté aussi par les descriptions détaillées et réussies des personnages mystiques qui peuvent faire frissonner à les imaginer. On doute dans les premières pages pour mieux comprendre ensuite. Les capacités de l’une déroutent les connaissances l’autre et le lecteur en subit le même résultat.


Pour tout lecteur aimant les histoires un peu mystiques. L’auteur nous transporte dans un monde mi-réel, mi-surnaturel avec des détails parfois très surprenants, voire troublants.


La couverture représente une peinture superbe de l’auteur intitulée  « L’illusion ». Un joli marque-page rappelant la couverture se trouve dans le livre, une sympathique attention.


Les couleurs de la couverture s’effacent assez vite, ce qui fait qu’à le transporter partout les bords et la tranche s’en trouvent blanchis. Mais, c’est vraiment le seul petit bémol.


Marie BARRILLON


Informations sur le livre :

Titre : Miel des lunes
Auteur : Michèle Sébal
Editions : Glyphe
ISBN 13 : 9782352850533
Format broché : 9,90 €


vendredi 22 mai 2009

Ne mâchons pas nos maux

« Le consommateur se trouve donc dans une situation paradoxale. Préoccupé par son pouvoir d’achat, il éprouve de réelles difficultés à boucler son budget. Frappé de plein fouet par la hausse du prix de l’essence, des loyers, des matières premières, il essaie tant que faire se peut d’économiser sur son alimentation. C’est sans doute pourquoi les magasins hard discount ne se sont jamais aussi bien portés et représentent aujourd’hui 13,7% de part de marché en valeur. » Extrait du livre


COMMENT CONSOMMONS-NOUS ?


De nos jours, nous ne mangeons plus par besoin et plaisir mais par besoin uniquement, c’est ce qui semble ressortir de ce livre. Dans notre société active toujours si pressée, nous ne prenons (ou n’avons) plus le temps de faire de nos repas une vraie gastronomie associée à la convivialité. Nous nous contentons de plats rapides, entre conserves et surgelés, sandwichs et fast-food. De ces plats saturés de graisses, de sucre, de sel et de divers produits chimiques et colorants, nous en faisons notre quotidien en optant pour la facilité.


Isabelle Saporta nous dresse ici le bilan de nos assiettes dans un constat peu reluisant, « la génération surgelés-boulot-dodo. »  Et déplore que « En France, 18 % des enfants, 41 % des femmes et 57 % des hommes sont en surpoids. » On ne peut s’en étonner lorsque l’on sait que toutes les préparations industrielles sont trop grasses, trop salées, trop sucrées…


CHANGEONS NOS MAUVAISES HABITUDES !


Plus qu’un constat, ce livre est un cri d’alarme de l’auteur. Comme nous le savons tous, l’obésité entraîne de multiples problèmes de santé. Mais, ne nous y trompons pas, même sans être au stade de l’obésité une mauvaise nutrition en provoque également.


Cependant, l’auteur affirme que : « L’état de lieux est effrayant, mais des solutions existent. Alors, gardez à l’esprit que l’on peut payer moins cher, en mangeant plus sainement, des produits de meilleures qualités. » Est-ce vraiment le cas ?


Ce serait, idéalement, ce que nous souhaiterions tous, mais cela n’est pas forcément vrai. Pour le savoir, il suffit de faire un petit tour attentif dans les rayonnages, que ce soit ceux des supermarchés, des magasins de proximités ou tout simplement au marché.


En revanche, en ce qui concerne la santé aucun doute n’est possible. Rien ne vaut les produits frais, sains et naturels.


Voilà un livre-constat qui nous bouscule pour faire surgir notre bonne conscience afin de mieux nous alimenter.


Un prix élevé pour ce livre dont le sujet a déjà maintes fois été évoqué.


L’auteur nous apporte cependant des chiffres statistiques qu’il est intéressant de connaître. Quelques conseils sont également utiles.


Un peu long et le ton un peu trop agressif envers le lecteur qui peut se sentir pris à partie. On a le sentiment parfois d’être poussé vers la culpabilité.


Marie BARRILLON 


Informations sur le livre :

Auteur : Isabelle Saporta
Editions : Robert Laffont
ISBN 13 : 9782221109861
Prix : 21,50 €

mercredi 20 mai 2009

Le camion électrique

« La journée passa mais pas la douleur. Elle se trouva une place et s’installa, profondément, s’occupant de tout. Pas la peine de lui montrer le chemin, elle était ici comme chez elle. D’ailleurs, elle y était, chez elle. N’est-ce pas la Raison qui lui avait donné les clés de la maison ? » Extrait du livre


LA PANNE…


Quelle idée saugrenue pourrait-on dire au premier abord. Inventer un camion dont les batteries se rechargent à l’énergie solaire par le biais de capteurs ou au pire par l’énergie électrique. Un camion certes écologique, faisant grand bien à la planète. Mais encore faut-il ne pas tomber en panne de batterie sur le bord d’une route déserte au pied d’une côte, où personne ne passe jamais hormis les habitants d’un village venant de l’autre versant.


Une route où la première prise de courant bienfaitrice n’est pas à la porte à côté et que vingt-quatre heures de soleil ne permettent de faire avancer le camion que d’un mètre en tout et pour tout. Un seul petit mètre par jour…une éternité à ce train là !


Mais, Julien ne désespère pas, trouvant ses aises dans l’attente parce qu’on « ne définit pas l’attente lorsqu’elle est prometteuse. »
Le village n’est pourtant pas loin. Un petit kilomètre, donc tout proche s’il n’y avait pas eu cette côte.


Alice prend son mal en patience, elle en a bien besoin. Elle se rend au village. Elle est sûre d’y arriver rapidement à pied. Et puis, ça occupe et permet de rapporter de quoi s’alimenter. Elle trouve le village à son goût, remarquant même, qu’il est grand, et qu’il y a tout ce qu’il faut. Rien n’y manque, pas même l’herboristerie. Elle visite l’église allant jusqu’à allumer un cierge pour son Julien qui attend de l’autre côté de la côte. Après tout, elle a tout son temps. Un mètre par jour ! Une petite joie ce village pour Alice, dans cette situation incongrue.


PEUT-ÊTRE Y AURAIT-IL UNE SOLUTION PAR TEMPS DE PLUIE…


Pendant qu’Alice se rendait de plus en plus souvent et de plus en plus longtemps au village, pomponnée et parfumée, Julien cherchait toujours sa solution au problème insoluble auquel il était confronté. Lorsque les nuages s’amoncelèrent laissant s’échapper leur trop plein d’eau sur le paysage, Julien observait, dépité ce spectacle qui coupait court à tous ses espoirs de pouvoir recharger les batteries pour avancer le camion de son mètre quotidien.


La pluie tombait, tombait et chaque goutte décourageait Julien. Un escargot courageux avançait tranquillement sur le capot. Julien extrapola tout un stratagème impossible à réaliser, à la vu de cette petite créature bien valeureuse.


Et lorsque la fois en son invention l’abandonnait, toutes les idées lui passaient par la tête mais aucune pour son camion. Puis, l’inondaient les questions existentielles sur la vie en général et la sienne en particulier, « quelle réussite ? Arriver au terme d’un projet, était-ce forcément le réussir ? Ne fallait-il pas savoir abandonner, parfois ? »


ET S’IL N’Y AVAIT  PAS DE SOLUTIONS POSSIBLES !


Et si cet échec leur permettait d’accéder à un équilibre de vie. Depuis le début de cette panne, Julien et Alice vivaient à petite vitesse, prenant leur temps, certes par obligation mais ils le prenaient et vivaient d’une tout autre manière.


N’était-ce pas mieux d’apprendre à se poser pour vivre plus sereinement ? Pendant qu’Alice était toute la journée au village pour travailler, Julien découvrait les habitants du village qui venaient le voir. Il faisait ainsi toutes sortes de rencontres. Les unes agréables, les autres surprenantes, puis les amicales ou encore les curieuses.


Mais, pendu à son rêve Julien ne voyait pas plus loin que cela, se sentant même presque comblé. Jusqu’au jour où… De questions en remise en questions Julien se réveille.


ET SI LA VIE ÉTAIT AILLEURS ?


Une belle histoire que l’on pourrait bien prendre pour une leçon par certains côtés. Julien et son rêve, Alice et son besoin de vivre, Camille et son air presque immature. Et dans tout cela beaucoup de tendresse, d’humour aussi, de réflexion parce que parfois il faut savoir se poser les bonnes questions et ici on s’en aperçoit avec évidence. On passe de bons moments à sourire mais aussi à sentir le cœur battre au rythme des personnages. Un vrai plaisir que de se laisser emporter à bord du camion.

L’auteur nous fait rire et sourire. Il nous offre aussi beaucoup d’émotions et de réflexions. Les chapitres sont courts ce qui évite la lassitude.

Marie BARRILLON


 
Informations sur le livre :

Auteur : Alain Galindo
Editions : Editions Volpilière
ISBN 13 : 9782917898062
Format broché : 12,78 €


lundi 18 mai 2009

Masculins Singuliers

« Chacun se construit une voie, certaines sont inacceptables, d’autres anachroniques, d’autres encore remarquablement intégrées malgré les paradoxes qu’elles impliquent. Mais c’est l’homme réconcilié, libre comme l’air et fier de l’être qui définit au mieux notre temps. Il n’a plus honte, il ne veut de mal à personne, il veut juste vivre sa masculinité sans se poser trop de questions existentielles et morales. » Extrait du livre


ENQUETE SUR LA NOUVELLE IDENTITE DES HOMMES


Dans cette enquête, nous avons à faire à un constat sur l’homme d’aujourd’hui qui n’est ni un macho, ni son opposé. « L’homme réconcilié », dans sa majorité, serait donc l’homme de demain, revendiquant la parité homme-femme en passant par la répartition des taches et tout ce qui doit être partagé à part égale, tout en conservant sa virilité.


Nos hommes d’autan, nos chers ancêtres s’en retourneraient peut-être dans leur tombe que cela n’y changerait rien. L’être humain évolue, ce qui est donc normal venant de l’homme puisque rien ne justifie qu’il ne le fasse pas. Ce constat passe au crible l’homme en général.


Dans la description de l’homme biologique, nous découvrons une large, mais formidable comparaison entres les hommes et les femmes en passant par la taille et le poids de chacun mais pas seulement. Des différences entre masses musculaires ou adipeuses de l’un et l’autre à celles de la résistance physique ou le vieillissement de la peau, tout y est recensé. D’autres comparaisons encore, mais le but n’est pas de toutes les citer ici. En revanche, nous y découvrons une des nombreuses parties de cette enquête très intéressante.


Au fil des décennies, l’homme machiste tenterai à disparaître, tout au moins en partie, au profit de « l’homme réconcilié. » Cet homme d’aujourd’hui est en paix avec lui-même mais pas seulement. Il accepte et surtout reconnaît l’importance de la femme pour en arriver à une vraie parité.


L’HOMME ET SES DIFFERENTES FACETTES


Au fil des pages tout y passe : « Mâle dominant », « Masculin efféminé », Masculin préhistorique », « Perdant radical », « Masculin dépassé », « Métrosexuel », « crise identitaire », etc. Paul Ackermann n’a rien laissé au hasard. Il a exploré son sujet de fond en comble et nous le fait partager sans prendre de gants.


Dans ce livre, nous traversons le temps, de décennies en décennies, abordant l’homme et son évolution plutôt positive. Les anecdotes ne manquent pas et nous donnent même à sourire. Les références, les experts, les diverses statistiques viennent valider les propos de l’auteur dont le style est énergique et divertissant. Nous nous instruisons au passage sans avoir à nous torturer l’esprit.


Comme le dit Paul Ackermann : « Décrire l’homme des années 2010, voilà la mission que je m’étais donné. Du point de vue scientifique, sociologique ou tout simplement humain. »
C’est un parfaite réussite.


« Masculins singuliers a un but : Dire la vérité sur les hommes d’aujourd’hui et démontrer que l’identité masculine émergente est un identité réconciliée et apaisée. »


Paul Ackermann est journaliste responsable du participatif à 20minutes.fr et ancien rédacteur société au magazine suisse L’Hebdo. Et, dans ce cadre, a participé au lancement du Bondy Blog lors des violences urbaines qui ont eu lieu en 2005 dans les banlieues françaises.


Tout au long de l’ouvrage, l’auteur nous offre quelques références de lectures très intéressantes.


Marie BARRILLON

 
Informations sur le livre :

Titre : Masculins singuliers
Auteur : Paul Ackermann
Editions : Robert Laffont
ISBN 13 : 9782221111598
Format broché d'occasion : 3,24 €
Format Kindle : 13,99 €

jeudi 14 mai 2009

Dévoration

« Tout se défait, croule autour de moi, je tombe par pans entiers et je ne me suis jamais senti aussi libre, insensible, oscillant entre la viduité et la haine, une haine qui croît et refroidit, glace tout, se lèvera n’importe quand ; non pas libre mais vacant, disponible pour la planification de la haine. La vie ne peut être passée qu’à se défaire, à crever les aliénations, à désembobiner les conditionnements, à désentortiller les méandres de tout ce qu’on a subi. » Extrait du livre


CONSTAT D’UNE VIE…


Voici un récit fort, lacéré et escarpé. Un monologue où l’auteur nous offre un texte consistant. Un amalgame de colère et d’exaspération, dévoilant une société telle qu’elle lui apparaît où l’argent est devenu le gouvernail sur la vie et où le profit et l’intérêt se tiennent en première ligne.


Le verbe y est tranchant. Les mots se cognent et se percutent entre eux avec une certaine violence. Le narrateur se questionne sur le sens de sa vie ainsi que sur celle du monde en général.


De cette société agonisante et corrompue, le narrateur est en proie à une quête profonde d’humanité qui (lui) semble perdue. Dans cette angoisse qui le tiraille, il décrit les lieux ainsi que les êtres qui ont traversé sa vie où il a de plus en plus de difficultés à trouver sa place.


...OU LA BRUTALITE PREND SES AISES


Ce monologue apparaît comme un appel à l’aide dans cette société ignorante encline au barbarisme terroriste. Mais aussi comme un hurlement de désespoir intérieur face à la monstruosité du monde et des ébranlements humanistes de notre société en plein bouleversement et en plein chaos.


Le discours fait état d’une incroyable dissection où tout ce qui a fait la vie du narrateur est passé au crible sans aucune complaisance y compris les sentiments.


Le narrateur nous accoste sans mesure pour mettre en évidence ces hostilités démesurées menées par une partie de la société. Les laissés pour compte augmentent, allongeant la liste des révoltes, tout comme les malversations exécutées contre les plus faibles.


Le rêve n’a plus sa place détrôné par le désespoir. Ce cri ne peut que remuer le lecteur surtout qu’il est écrit dans un langage riche. Il n’en demeure pas moins que le livre est d'un abord complexe dans lequel il faut entrer en douceur pour mieux s’emparer, graduellement de toute la dureté et l'aigreur qui nous apostrophe.


Un ouvrage pour les lecteurs avertis.

L’auteur nous transporte dans les méandres de la vie en la déshabillant de son verbe douloureux mais riche pour nous en montrer un constat sans équivoque.

Texte difficile d’accès au public le plus large, mais il est d’une grande qualité. Le texte bien que riche se trouve avec des phrases fort longues, ce qui rend par moments la lecture un peu lassante.

Marie BARRILLON


Informations sur le livre :

Titre : Dévoration
Auteur : Louis Mandler
Editions : Sulliver
ISBN 13 : 9782351220504
Format broché : 13,00 €
Format Kindle : 6,49 €

mardi 28 avril 2009

Le soir autour des maisons

« Brune-Olive n’avait pas tout dit à propos de Roland. Celui-là était de ces amants qui quelquefois font naître une chanson dans le cœur des femmes. Irrésistiblement, elles se mettaient à chanter, et alors, il dansait. Et quelle danse ! Brune-Olive en avait gardé le souvenir contrit sur son front. Une cicatrice en forme de Y au-dessus du sourcil. Le schéma de sa chute. »
Extrait du livre

BRUNE-OLIVE, SOLANGE ET LES AUTRES…


A La Garde, petite bourgade tranquille, « un quartier, pour se donner une idée par rapport aux mandarines. » La vie y coule simplement, sereinement, sans grande surprise, voir même apaisante, « même citadine, La Garde était restée bucolique car autour des maisons, pour faire joli, on avait laissé de l’herbe. » Dans ce hameau, devenu « un huitième de ville », vivent des habitants si différents mais tellement sympathiques, attachants.


Il y a Solange, femme discrète, soumise et dévouée à son mari Paulet, imbu de lui-même, pédant aussi. Puis, il y a Josefa qui est partie vivre chez Diane, sa voisine d’en face. Diane est une femme un peu loufoque. Elle profite du fait que Josefa a un peu les méninges à l’envers pour la garder chez elle sous prétexte qu’elle est encore fragile après une catastrophe qui a endommagé sa maison. Mais, l’époux de Joséfa aimerait bien que sa femme rejoigne le nid familial. Ce n’est que parce que Joséfa fait tout dans sa maison que Diane refuse de la voir partir. Et puis, il y a Roland et Brune-Olive.

Roland, ancien taulard, trop gentil et qui se laissait emporter par de louches camarades, se retrouvait régulièrement derrière les barreaux, lui qui ne peut s’empêcher d’ouvrir toutes les portes pour voir ce qui se trouve de l’autre côté. Toutes les portes, même celles des coffres-fort, « car c’était cela, surtout, qui le captivait, l’horizon qu’elle scellait, et était-ce le même horizon à chaque fois ? » Un peu niais le Roland, mais tellement gentil.

Brune-Olive est tout son opposé. Une femme volontaire, qui sait ce qu’elle veut. Les choses en ordre, la langue au bord des lèvres plutôt que dans sa poche. Toujours prête à exprimer le fond de sa pensée, à n’importe quel instant.

Brune-Olive et Solange sont les meilleures amies du village, du monde peut-être aussi, du moins le leur en tout cas. Inséparables, bras dessus, bras dessous, chaque fois que cela leur est possible.

QUAND LE DESTIN S'EMMELE !

Ce roman porte une très belle histoire qui ne laisse souffler son lecteur qu’à la dernière ligne. Tendrement azimuté, d’une légèreté qui fait sourire. Ni folledingue, ni excessif, tout simplement drôle. Mais…

Brune-Olive apprend qu’un mal la ronge, incurablement et qu’elle n’en a plus pour longtemps. Alors, elle s’active et emploi son temps à écrire des tas de lettres parce que justement celui-ci lui est compté, « Le temps n’est pas un jouet qu’on offre aux petits garçons qui veulent faire le monde. » Des cartons pleins de ces lettres que Roland devra envoyer après sa mort pour lui rendre un semblant d’existence aux yeux de tous, malgré son absence.
Brune-olive est aimée de tout le monde, et elle le sait.

Tout au long des pages, les sentiments sont là, au bord du cœur et le sourire sur les lèvres. L’auteur, de son style bien personnel, caresse les mots avant de les poser. Les personnages sont pleins de couleurs. Tous deviennent attachants. On se laisse prendre par cette folie douce, par la tendresse, ça fait du bien au cœur et quel plaisir pour l’esprit. Une comédie bien sympathique à lire d’une traite et sans retenue.

L’auteur nous emporte dans un tourbillon de tendresse, de douceur dans Le soir autour des maisonsLe ton est léger et la lecture n’en est que plus agréable.

Marie BARRILLON

Informations sur le livre :

Titre : Le soir autour des maisons
Auteur : Murielle Levraud
Editions : Julliard
ISBN 13 : 9782260017615
Format Kindle : 13,99 €
Format broché d'occasion : 5,60 €


lundi 27 avril 2009

Prenez l'avion

« La vie a pris un goût bizarre depuis la forêt. Je suis de l’autre côté d’un miroir, il me semble, tout est comme avant et pourtant la saveur des choses s’est légèrement altérée, j’ai perdu en lourdeur, en légèreté. Ce que j’ai gagné, je l’ai dans la bouche mais je ne sais pas le formuler. Je le dirai en français quand j’aurai appris à parler. Ou bien je ne le dirai jamais. » Extrait du livre

LA CATASTROPHE...

Lindsay émerge, l’avion dans lequel elle est, s’est écrasé. Il ne reste que des débris, des corps parfois sans tête et même des morceaux de corps épars. La carlingue est éventrée et des bouts de taules froissées sont éparpillés, çà et là. Elle parvient à s’extraire de cette chose qui ne ressemble plus du tout à un avion. Blessée à la hanche et au mollet, elle ne sent même pas la douleur tant la violence de l’accident était extrême. Tout ce qu’elle voit lui paraît si irréel. Pourtant…

Un homme rescapé, lui aussi, lui vient en aide malgré ses propres blessures. C’est Emmanuel. Ils se soutiennent accrochés l’un à l’autre, marchant droit devant eux « sur trois jambes », dans l’espoir de trouver des secours. Après une très longue marche, enfin les secours arrivent. En les apercevant, Emmanuel s’écroule et sombre dans le coma après avoir soutenu, presque porté Lindsay.

Lindsay et Emmanuel sont transportés à l’hôpital. Ils sont dans la même chambre, côte à côte. Puis, chacun est rapatrié dans son pays d’origine. L’Angleterre pour Lindsay, la France pour Emmanuel. Mais, Lindsay ne supporte pas cette séparation. Pas maintenant, pas après ce qu’ils ont vécu et partagé. Alors, elle n’a plus qu’un seul désir, celui de retrouver « l’homme de la forêt » comme elle le nomme. Pourtant, ils n’ont pas échangé un mot, même lorsque Emmanuel lui faisait un garrot à la jambe pour qu’elle ne se vide pas de tout son sang. Ils ne se connaissent pas. Mais, ils ont vécu ce tragique accident en même temps, pas ensemble, mais en même temps, dans le même avion.

Ils en garderont les mêmes images de corps disloqués, décapités, de taules déchirées comme de vulgaires morceaux de papier, cette carlingue en lambeau. Avant même de décoller, l’avion avait déjà son compte de victimes. Trois cent quarante neuf personnes en sursit avait pris possession de leur siège confortable pour leur dernier voyage.

REAPPRENDRE A VIVRE DANS UNE NORMALITE LOGIQUE...


Lindsay sort de l’hôpital et décide de partir. Se rendre à Paris est plus qu’une évidence. Retrouver Emmanuel c’est sa survie, peut-être même leur survie, il est toujours dans le coma.

Il lui faut combattre ses démons mais elle n’y parvient pas. Sa seule idée c’est Emmanuel. Lorsqu’il sort du coma, elle est là. Au début, il ne se souvient pas vraiment. Mais petit à petit, l’accident lui revient à la mémoire. Ils s’acceptent l’un l’autre, un peu comme s’ils étaient chacun devenu la béquille de l’autre.

Au cœur de leur tourmente « tout est bon pour échapper à l’intolérable. »

Dans pareille situation, chacun d’entre nous déploiera ses propres moyens de défense face à la terreur des images enregistrées par notre conscient et même notre inconscient. Personne n’est en mesure de prévoir à l’avance ses réactions lors d’un tel accident et les conséquences qui auront greffé leurs empruntes en nous tant que nous n’y sommes pas confrontés.

Généralement, nous sommes surpris après une catastrophe d’une telle ampleur, nous touchant de si près, de constater que nos réactions et nos agissements sont loin de ce que nous aurions pu imaginer. Car en tout état de cause, on ne peut pas s’y préparer car l’instinct de survie de tout être humain se déclenche au moment précis du danger ou du drame. Le mode « préparation » n’existe pas pour l’instinct de survie. C’est un état à déclenchement spontané qui ne laisse aucune place aux hypothèses, ni aux suggestions.

Emmanuel s’en aperçoit lorsque Lindsay lui raconte « son comportement dans la forêt, cette énergie héroïque qui l’a poussé à marcher plus de cinq heures […] avant de se laisser aller à sa propre fatigue, sa propre lassitude. Il ignorait en avoir le potentiel. »

A DEUX, LES PEURS ET LES ANGOISSES SONT MOINS EFFRAYANTES...

Lindsay est auprès d’Emmanuel, et c’est ensemble qu’ils vont devoir apprendre à remonter à la surface de leur vie. C’est ensemble encore qu’ils vont apprendre à vivre avec les morts de l’accident, ces mêmes morts qui viennent visiter leurs nuits et parfois aussi leurs jours. Et c’est ensemble aussi qu’ils vont monter de nouveau dans un avion, comme on remonte sur une bicyclette après une chute, et combattre tous les démons de la peur qui les envahissent, rodant autour d’eux comme des amis abandonnés pour devenir de vrais amis dont ils n’auront plus peur et ainsi apaiser leur avenir parce que « la vie est une aventure, il suffit de la vivre. ».

On n’oublie pas les images d’une catastrophe qui s’est déroulée dans un périmètre si proche, ni la terreur qui s’immisce partout. On apprend juste à apprivoiser l’ensemble pour pouvoir vivre de nouveau sans s’engoncer sous un carcan de culpabilité pour quelque chose dont nous ne sommes pas responsables. La peur, c’est cette ennemie qui paralyse empêchant toute vie pour ne laisser qu’une survie. C’est main dans la main que Lindsay et Emmanuel vont combattre cette peur car « il est inutile de subir ce qu’on peut s’épargner, la peur en premier. »

L’auteur nous emporte dans le cahot d’une histoire tragique où deux êtres finiront par se retrouver plus proche encore dans le cocon de l’amour.

Le texte se trouve être parfois répétitif. Un roman agréable qui se laisse lire sans s’ennuyer.

Marie BARRILLON


Informations sur le livre :

Titre : Prenez l’avion
Auteur : Denis Lachaud
Editions : Actes Sud
ISBN 13 : 9782742781072
Format broché : 18,30 €
Format Kindle : 13,99 €  


dimanche 26 avril 2009

Ne vous résignez jamais

« Ce récit n’est pas seulement une réponse à la jeune curieuse qui m’interrogeait. Il veut aussi rappeler aux jeunes femmes qu’en défiant le pouvoir (Manifeste des 343) et la loi (Le procès de Bobigny) leurs aînées n’entendaient pas seulement octroyer un droit aux femmes mais les aider à devenir sujet de leur vie. Et de la liberté de la donner. Ce manifeste renouait avec la tradition constante des intellectuels en révolte ou en recherche. Sauf que ce texte, conçu et rédigé exclusivement par des femmes, constituait en soi une originalité. » Extrait du livre

LA CAUSE FEMININE...

Ce livre est un témoignage fort sur le féminisme tel que l’auteur le vit, le ressent, d’hier à aujourd’hui. Il nous livre une lutte continue dans le temps avec ses évolutions, ses différences, ses avancées, ses progrès, ses nuances. Mais aussi avec la manière qu’ont les femmes ou jeunes femmes de nos jours de le mettre en avant ou de l’utiliser, sans savoir ce qu’il a fallu combattre aux femmes d’autrefois, tout comme celles de nos jours. Ces femmes à qui aujourd’hui nous devrions rendre grâce pour les remercier de la condition que nous avons dans notre société.

Gisèle Halimi, très engagée, s’est portée très tôt à la cause des femmes de tout temps en faisant de cet état son combat. Elle relate son histoire dans ses luttes, notamment aux côtés de Simone de Beauvoir dont elle voue une véritable admiration sans pour autant être complaisante. Elle s’explique à cœur ouvert sans se cacher de ses actes qu’elle assume librement.

C’est dans ses années d’adolescente de jeune fille tunisienne qu’elle a pris conscience de toute la mesure de la condition féminine autour d’elle dans un monde qui ne leur appartenait pas, auquel elles n’avaient aucun droit de se mesurer.

À ce moment, elle découvre qu’une femme devait forcément appartenir à un homme pour être une femme digne, suivant les propos de sa mère : « De toute manière, une femme doit appartenir à un homme, son mari ! » La bulle de l’enfance éclate brutalement en constatant que finalement son « corps devait échoir, en toute propriété, à un autre. » Elle n’est pas d’accord, et se révolte.

À cette époque, l’avortement était illégal, et la contraception n’existait pas. Les femmes, ne serait-ce que pour leur corps, n’étaient pas décisionnaires. Elles n’étaient pas en droit de choisir si elles voulaient ou non procréer, ni à quel moment elles le souhaitaient.

Ce fut là, le second choc lorsque l’auteur se retrouve enceinte à dix-huit ans. Elle décide en son âme et conscience de faire un avortement, certes illégal, mais lui permettant de prendre ses propres responsabilités et en même temps être maîtresse de son corps en se donnant le choix de procréer au moment qu’elle jugerait le mieux pour elle.

POUR LA LIBERTE DES FEMMES...

Ensuite, le combat était lancé engendrant toutes les luttes à la cause des femmes qu’on lui connaît où elle s’investit sans limite. Comme elle le déclare : « par la revendication (fondamentale) du droit à l’avortement, je m’engageai dans le combat féministe. Il occupa ma vie, ces années là, dans toutes ses dimensions, du social au culturel en passant par la loi et la politique. »

Au cœur du « manifeste des 343 », appelé « manifeste des 343 salopes » par un journal satirique, ces femmes combattent et dénoncent : « Un million de femmes se font avorter chaque année en France. Elles le font dans des conditions dangereuses en raison de la clandestinité à laquelle elles sont condamnées alors que cette opération, pratiquée sous contrôle médical, est des plus simples. On fait le silence sur ces millions de femmes. Je déclare que je suis l’une d’elles. Je déclare avoir avorté. De même que nous réclamons le libre accès aux moyens anticonceptionnels, nous réclamons l’avortement libre. » (extrait du manifeste publié en 1971 par le nouvel observateur)

Ce manifeste qui avait fait grand bruit, permis aux femmes de se rallier à cette cause.

UN VRAI COMBAT POUR DE VRAIES VALEURS...

Fondatrice et coprésidente de l’association Choisir La cause des femmes, Gisèle Halimi assure avec un collectif d’avocats, la défense d’une jeune fille de seize ayant avorté après un viol. L’opinion publique se soulève et s’élance dans de grands débats.

Gisèle Halimi met à jour dans ce livre, de grandes vérités. Certaines d’ailleurs apportant de nouvelles réflexions, permettant de prendre conscience de ce que nous vivons, nous les femmes d’aujourd’hui, comme une normalité sans imaginer leur naissance et comme le dit l’auteur : « Il faut refuser les attitudes convenues, se livrer sans autocensure et avec un certain courage au scalpel, souvent douloureux, de la sincérité. » Certains pays sont encore très loin de cet état de liberté des femmes.

Nous nous devons de faire honneur à toutes ces luttes qui nous permettent de vivre plus sereinement, de faire nos propres choix et de prendre nos propres décisions sans avoir à en référer à qui que ce soit. Mais, ne gâchons pas cette liberté acquise par des militantes tout en gardant à l’esprit le titre lui-même évocateur « Ne vous résignez jamais. »

Un témoignage important, utile mais aussi poignant. À mettre dans les mains des anti-féministes et de tous ceux qui ignorent ce qu’était le statut des femmes il n’y a pas encore si longtemps de cela.

L’auteur nous emporte dans ses combats. Elle nous éclaire sur la cause des femmes, d’hier à aujourd’hui en nous livrant dans le même temps une part de son histoire sans se cacher.

Marie BARRILLON

Informations sur le livre :

Titre : Ne vous résignez jamais
Auteur : Gisèle Halimi
Editions : Plon
ISBN 13 : 9782259209410
Format : Kindle
Format d'occasion broché : 6,21 €


samedi 25 avril 2009

Tout est toujours possible

« Dans la cuisine, entre mon jus d’orange où il reste deux pépins et mes toasts insuffisamment grillés, je guette le premier silence pour lancer mon pavé dans la mare. Comme un fait exprès, Agnès, qui laisse toujours la parole à l’Homme, aujourd’hui l’accapare sans vergogne. Telle une amoureuse au début d’une idylle, elle ne peut s’empêcher d’évoquer le nom de l’élu. » Extrait du livre
 

QUAND LES STATISTIQUES VIENNENT METTRE LEUR GRAIN DE SEL !

Après trente-quatre ans de mariage, d’amour, de concessions et de bonheur, Agnès se rend compte qu’il y a autre chose à vivre que cette petite vie bien rangée, certes agréable, mais sans surprise, avec un mari macho.

Trente-quatre de mariage, la cinquantaine passée et c’est la bascule qui se met en marche lorsque, Agnès tombe sur une statistique dans le journal : « Le nombre de couples de cinquante ans et plus qui se séparent a augmenté de 52 % en quatre ans. Et le phénomène est en train de gagner les couples appartenant à des générations plus avancées. »

Une profonde réflexion s’engage dans son esprit provoquant un grand remue ménage l’amenant une fois de plus à démontrer que sa devise est d’une réalité constant : « Tout est toujours possible ».

Face à une telle statistique, on ne hausse pas les épaules pour ensuite faire l’ignorant. Pierre, son mari, l’apprendra à ses dépends. Agnès bouleverse leur vie, leur intimité, leur couple pour laisser derrière elle ces trente-quatre années de sourire, d’efficacité, de disponibilité pour son couple, ses enfants, sa famille. Une irréprochabilité à toute épreuve et un amour sans condition, tel un petit soldat. Elle décide de refaire sa vie.

Pierre ne comprend pas comment Agnès peut passer d’une irréprochabilité hors pair, et un amour sans faille à une vie d’écrivain puis un amant pour finalement le quitter sans difficulté, dans une aisance presque parfaite, en douceur et sans cri comme elle l’a toujours fait en toute occasion.


LA REALITE EST SI EVIDENTE...


Tout aurait pu continuer ainsi s’il n’y avait pas eu cette statistique dans le journal comme une sonnette d’alarme, un signe et si son cher mari n’avait pas fait preuve d’autant d’indifférence. Un manque d’intérêt exaspérant. Lorsque Agnès la lui a lu, il aurait pu montrer une certaine importance à cette lecture, même minime au lieu de cette réponse contredisant systématiquement la statistique et la logique de sa femme. Puis cette réflexion pleine de désinvolture : « oh, tu sais…les statistiques… », comme s’il n’y avait pas lieu d’en discuter.

De sa rencontre avec Domani, un éditeur, Agnès est sous le charme mais qu’importe, il l’envoûte. Elle voyage, trouvant ainsi la possibilité de mettre des distances entre elle et son mari et lui permettant dans le même temps de réfléchir à grandes enjambées. Mais, Domani n’est jamais bien loin.

Les réflexions d’Agnès sont-elles objectives ? Peut-être pas. Eloignée de son mari tout en étant proche de son amant, l’objectivité ne peut être présente. Finalement, elle quitte son mari pour de bon alors que sa meilleure amie, Aline, a déjà quitté le sien quelques temps avant.

D’ailleurs, les deux hommes sont les meilleurs amis du monde au même titre qu’Agnès et Aline. imperceptible

... QUELLE EST PARFOIS IMPERCEPTIBLE !


Tous deux se retrouvent seuls à patauger dans une vie qu’ils n’ont jamais imaginés vivre eux-même un jour tels deux machos se croyant à l’abri au sein du mariage et des conquêtes successives extérieures. Le moindre petit acte de la vie quotidienne se révèle être le parcours du combattant, comme faire fonctionner une machine à expresso à cinq heures du matin. Comment mettre le café ? Sur quel bouton appuyer pour la mettre en marche ? Puis, être heureux comme des enfants à la première goutte passée, tel un exploit.

Ils réalisent que malgré leur position sociale bien assise, ils ont chacun partagé la vie de leur femme respective sans les regarder vraiment. Leur petit équilibre s’ébranle nous faisant découvrir leurs défauts, leur faiblesse, leur colère face à la libération tardive et volontaire de leurs épouses. Mais aussi, leur fragilité au point pour Pierre de l’écrire pour oser l’avouer : « Je t’écris pour te dire mes regrets, ma honte, mon chagrin de t’avoir hier si injustement blessée…une fois de plus.» […] « Je t’écris pour te dire enfin ce mot que tu n’as jamais entendu : Merci » Voilà, une belle leçon pour ceux qui campent sur leurs positions de machos, se reposant sur leurs épouses qui ne sont pas les bobonnes devant leurs fourneaux. Car effectivement, la réalité est telle que : Tout est toujours possible.

L’auteur raconte de manière drôle et émouvante un fait devenant de plus en plus courant mais sans déchirure, ni bataille. Le texte est clair, léger ne torturant pas l’esprit.

Ce n’est pas un roman intellectuel, mais il se laisse lire avec plaisir et sourire. Voir nos hommes dans des postures indélicates par manque d’usage prête à rire parfois. Toutefois, ils parviennent avec réflexion et logique à s’en sortir bon gré, mal gré.

A lire au second degré !
 
Marie BARRILLON


Informations sur le livre :

Titre : Tout est toujours possible
Auteur : Françoise Dorin
Editions : Plon
ISBN 13 : 9782259198929

vendredi 24 avril 2009

Hors de moi

« Liz a pu m’effacer de sa vie conjugale, imposer son complice aux voisins, mais ça s’arrête là ; il ne pourra jamais donner le change à Bourg-la-Reine. Un faux passeport et des souvenirs appris par cœur ne suffisent pas ; on n’improvise pas vingt ans de recherches, d’explorations, de découvertes, on ne peut pas me remplacer professionnellement du jour au lendemain. » Extrait du livre

L’ACCIDENT…

Si un matin on se réveillait après trois jours de coma suite à un accident et que notre existence passée n’existait plus autrement que dans notre mémoire, qu’elle serait notre réaction ? C’est justement ce qui est arrivé à Martin Harris !

Il sort du coma ne se souvenant plus vraiment de ce qui est arrivé. Une femme est penchée au-dessus de lui, priant de tout son être que Martin s’en sorte.
Cette femme c’est Muriel. Elle est chauffeur de taxi depuis cinq ans. Muriel n’a jamais eu d’accident jusqu’à ce jour où elle conduit Martin. Elle lui explique ce qui s’est passé.
Martin écoute attentivement, quelques bribes lui reviennent en mémoire.

À sa sortie de l’hôpital, Martin rentre chez lui. Il n’a qu’une envie : retrouver sa femme qu’il imagine inquiète. Martin avait dû retourner à l’aéroport en urgence pendant que sa femme, Liz, patientait dans un café tout près de leur futur appartement dont ils attendaient les clés.

C’est à ce moment que Martin était monté dans le taxi de Muriel.

COMMENT PEUT-ON AVOIR EXISTE SANS LAISSER DE TRACE ?

Il n’a pas de clés puisque Liz attendait le propriétaire qui allait les lui remettre. Alors, tout naturellement, il sonne à la porte. Un homme ouvre. Martin croit rêver éveillé. Qu’est-ce que cet homme fait chez lui en pyjama ? C’est insensé ! Sa femme le regarde comme s’il était un parfait inconnu. Elle le regarde mais pas « comme le ferait une épouse qu’on prend en flagrant délit d’adultère. Comme une inconnue qu’on aborde, qu’on importune et qui se détourne. »

Martin ne comprend rien. Que se passe-t-il chez lui ? L’homme le jette dehors. Martin se sent perdu : « J’ai tout perdu, sauf la mémoire. Il m’a volé ma femme, mon travail et mon nom. Je suis le seul à savoir qu’il n’est pas moi : j’en suis la preuve vivante. » Il va se rendre au commissariat, mais on le prend presque pour un fou. Il va à son travail. Partout. Mais personne ne semble le reconnaître. Tous connaissent Martin Harris mais pas sous son apparence à lui. Quelqu’un a usurpé son identité et tout son entourage semble lié dans cette machination. Martin est un anti-OGM et lutte dans ce sens pour les faire interdire.

COMMENT REPRENDRE POSSESSION DE SA VIE ?

Après réflexions et maintes déductions il en vient à penser que les multinationales pharmaceutiques veulent se débarrasser de lui. Il ne peut y avoir d’autres possibilités. Il est persuadé d’avoir été manipulé parce qu’on ne perd pas la raison en oubliant sa vie de la sorte. Il engage un détective privé pour l’aider à dénouer le fil de toute cette histoire mais le résultat l’accable encore plus. Le détective lui rend son rapport en disant : « En résumé vous n’êtes pas né, votre famille n’existe pas, aucun de vos collègues n’a reconnu votre photo, et vos découvertes en botanique ont été faites par un autre. » Mais, Martin ne baisse pas les bras pour autant.

Martin fonce tête baissée pour retrouver son identité. Aidé de Muriel, il va tout retourner pour tenter de retrouver sa vie. Il ne croit pas en ce qu’il découvre et va multiplier les actions qui le mèneront sur de dangereux sentiers, au péril de sa vie et de celle de Muriel.

Parviendra-t-il à faire éclater la vérité, si vérité il y a ou est-il simplement tombé dans la folie en croyant être celui qu’il n’est pas ? Un suspense à la hauteur qui l’emporte sur la raison d’un homme dépossédé de son identité, de son passé, de sa vie.

Une aventure pleine de suspense qui maintient le lecteur en haleine jusqu’au bout de l’histoire. Un texte sans complexité et fluide laissant au lecteur pleine possession pour la réflexion.


L’intrigue est présente tout au long des pages dont l’histoire bien montée offre une chute vraiment inattendue. Un roman où on n’a pas le temps de s’ennuyer mais au contraire où on se laisse emporter avec plaisir dans la vie du personnage.


Marie BARRILLON

Informations sur le livre :

Titre : Hors de moi
Auteur : Didier Van Cauwelaert
Editions : Editions Albin Michel
ISBN 13 : 9782253112488
Format : Poche 7,90 €