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lundi 20 avril 2015

L'instant présent

L'instant présent, Guillaume Musso, XO Editions
« Chaque fois, j’ai du mal à me mettre à sa place. Je sais pourtant que je dois lui laisser le temps d’encaisser le choc, mais nos perceptions sont condamnées à ne jamais être synchrones : alors qu’elle ne m’a plus vu depuis plus d’un an, j’ai l’impression de ne l’avoir quittée que depuis quelques heures… car je suis l’homme qui disparaît. L’homme sans avenir. L’homme en pointillé. Celui qui a faim de vie, mais qui ne peut pas faire de promesses. Celui qui doit vivre vite. Qui doit donner à chaque journée l’intensité d’une montagne russe. Celui qui doit étirer le temps pour multiplier le bouquet de souvenirs qu’il laissera derrière lui en partant. Je suis l’homme qui disparaît, mais qui se souvient de tout. Comme les autres, cette journée est passée en un éclair. Dans la douleur, dans l’urgence, dans l’anticipation du manque qu’elle nous laisse à tous les deux. » Extrait du livre

Notre ennemi le temps

Nous sommes tous, à un moment donné, confrontés au manque de temps, car « Le Temps est un joueur avide qui gagne à tout coup ! C’est la loi (Baudelaire) ». Il court parfois si vite que nous ne parvenons pas à accomplir ce que nous devons dans des délais que nous estimons réalisables. Nous n’y pouvons rien, et il nous est rarement possible de le rattraper, car « On ne peut pas déjouer le destin. On ne peut pas réparer l'irréparable. On ne peut pas revenir en arrière ».

Dans « L’instant présent », Arthur, alors jeune médecin, se retrouve aux prises avec le temps. Dépassé, il doit affronter les pièges que ce dernier lui impose sans aucune possibilité de s’en détourner. Nous nous réveillons chaque fois avec lui au cœur de New York, tout y est, le nom des rues, l’ambiance générale, la description des lieux…

Échoué au cœur d’une malédiction à laquelle fut confronté son grand-père avant lui, il est condamné à ne vivre que vingt-quatre heures par an pendant… vingt-quatre ans. Autant dire, presque rien ! Toutefois, il veut vivre le maximum durant chaque vingt-quatre heures même si « l’existence se résumait à un combat perdu d’avance contre les méandres du temps ». Chaque retour ne se fait pas toujours sans douleur : « J’avais beau m’y attendre, chaque fois le choc était dur à encaisser : ouvrir les yeux et se prendre un an dans la gueule en un claquement de doigts ». Le reste du temps, il est dans le néant dont il ne se souvient de rien.

La malédiction

Il doit vivre vite, mais vivre au mieux avec toutes les difficultés que cela comporte ou engendre. Ses proches n’ont d’autres choix que de « s’adapter » à la situation. Sa femme Lisa, ses enfants sont au diapason de ces retours surprises et inattendus parce que rien ne laisse présager du jour où cela doit arriver. Il revient toujours, mais « l’homme qui disparaît. L’homme sans avenir. L’homme en pointillé ». Entre Lisa et Arthur, c’est une folle histoire d’amour qui se joue comme le destin, en pointillé avec tout ce qu’il y a de tragique, de douloureux, de déchirant aussi. Ils vont tenter de résister à l’obstacle de cette vie pas comme les autres.
Lors de chaque retour, Arthur lit le journal pour découvrir la date, puis les titres. Il découvre les actualités qu’il ne peut vivre : les événements, les films et les tubes musicaux du moment, le passage à Internet et à l’hyper-connexion : « À chacun de mes retours, je continuais d'observer les mutations du monde. L'Internet envahissait tout, cannibalisait tout : la musique, les livres, le cinéma. Les gens vivaient avec un téléphone portable greffé à la main, qu'ils consultaient d'un regard distrait toutes les trois minutes. IPhone, Facebook, Google, Amazon... Tout devenait virtuel, numérique ».
« L’instant présent » est ficelé par une intrigue originale, voire invraisemblable, et en tout cas agréable. Toutefois, la fin est très surprenante loin d’être taillée dans l’évidence, ce qui pourrait en décevoir certains.  Néanmoins, tout au long de l’ouvrage une kyrielle de sensations vont s’animer, les émotions ne manqueront pas entre amour et humour, suspense et surnaturel, rebondissement et oppression.
Un bon moment en perspective pour les adeptes de MUSSO and Co !
Informations sur le livre :
Titre : L’instant présent
Auteur : Guillaume MUSSO
Editions : XO Editions
ISBN : 9782845637795
Prix : 21,90 €


vendredi 10 avril 2015

La femme parfaite est une connasse


« Quand elle reçoit, la femme parfaite cuisine toute la journée. Elle met les petits plats dans les grands et son intérieur semble tout droit sorti de Wisteria Lane. À l’inverse, quand on reçoit, on ne cesse de répéter : « Faites pas gaffe au bordel ! » D’ailleurs, on n’a jamais deux verres identiques (il faut choisir entre Goldorak et Boule et Bill), et on n’a rien prévu à manger parce que « Manger, c’est tricher ! » » Extrait du livre

Ce livre se veut être un « guide de survie pour les femmes » ou au moins à leur attention, ou encore comme le stipule la quatrième de couverture, il est « LE guide pour toutes les femmes imparfaites ». J’ai ouvert cet ouvrage avec une attention toute particulière m’attendant à y découvrir plaisir, humour et pourquoi pas du rire. D'ailleurs, à commencer par le titre, celui-ci ne m'a pas fait rire, pas même sourire ! Mais plutôt quelque peu agacée ! Je m'interroge sur le bien fondé de commencer par une vulgarité, et cela même si le livre se destine à l'humour. La vulgarité fait-elle vraiment rire ?

J'insiste sur ma lecture. Ce « guide » se lit vite, très vite par un enchaînement de phrases se voulant être drôles, mais qui, finalement, a quelque peu manqué son but. L’humour n’est que très peu au rendez-vous, et encore rien de transcendant.

On navigue entre a priori et caricatures inappropriés qui là encore passent à côté de son objectif comique. La femme parfaite, l’être parfait en général, n’existe pas, personne n’est naïf au point de croire le contraire. De l’humour initialement recherché, on aboutit plutôt à un ensemble de moqueries, parfois même assez déplacées faisant penser que la femme serait niaise, déjantée, voire dégénérée ou à la limite de la névrose.

Les « théories » présentées sont parfois « tirées par les cheveux », mettant la femme dans une position indigente qui n'aurait pas su évoluer : « Je me suis cassé un ongle... [...] foutu pour foutu, je vais me ronger tous les autres » ou encore « J'ai embrassé ce garçon... [...] foutu pour foutu, je vais coucher avec lui. »

Dans « Test : Alcool. Quelle buveuse êtes-vous ? », nous découvrons entre parenthèses : « Test réservé au gens qui boivent » suivi d’un astérisque qui renvoie en bas de page où l'on peut lire cette petite phrase : « Comme une grande partie du contenu de ce livre. » Personnellement, je ne bois pas, et heureusement pour les auteurs et l’éditeur que la majorité des lecteurs sont dans le même cas, sinon les ventes seraient probablement en berne !

Pour ma part, ce fut une déception, car même au second, voire au troisième degré, je n'y ai rien retrouvé des femmes « imparfaites » que nous sommes ou de la femme « parfaite » que nous ne sommes pas, et encore moins de La femme en général. Cet avis est, bien évidemment personnel, et de ce fait je comprends, accepte et admets sans détournement qu'il soit différent de nombre de lecteurs qui auraient aimé ce livre.

Malgré tout, je suis quelque peu étonnée, voire surprise que ce soient des femmes qui puissent être à l'origine et à l'initiative de cet ouvrage. Je finis par le concevoir, même si c'est à mille lieues de mon état d'esprit, et que comme tous les goûts sont dans la nature, qu'il en faut pour tout le monde, j'ai aussi le droit de ne pas aimer.

Par contre, j’avoue être parfaitement d’accord avec une petite phrase en page 17 : « La femme parfaite est celle que nous ne serons jamais, et c’est tant mieux ! » Nul besoin donc de telles caricatures désolantes.

Si les lecteurs ayant apprécié l’ouvrage ont trouvé amusement et divertissement dans ces pages, alors pour les auteurs, c'est un pari gagné ! 

Marie BARRILLON

Informations sur le livre :

Titre : La femme parfaite est une connasse !
Auteurs : Anne-Sophie et Marie-Aldine Girard
Éditions : Éditions J’ai lu
ISBN : 9782290059487
Prix : 5,00€