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jeudi 3 septembre 2015

La vie en mieux

La vie en mieux d’Anna Gavalda, Éditions LeDilettante
« Tous mes sens étaient sollicités, flattés, fêtés. Ce n’était pas le vin qui m’enivrait, c’était eux. Eux deux. Cette escalade, ce jeu entre eux, cette façon qu’ils avaient de se couper sans cesse la parole en me tendant la main pour me hisser à bord, à leur bord, et me faire rire de nouveau. J’adorais ça. J’avais l’impression d’être un morceau de barbaque qu’on aurait mis à décongeler au soleil. Je ne me souvenais plus que j’avais tant de répartie, que j’étais si poreux, si tendre et à ce point digne d’attention. Oui, je l’avais oublié. Ou peut-être ne l’avais-je jamais su… » Extrait de la seconde nouvelle du livre 
Deux vies différentes… Mais, avec des points communs
Cet ouvrage regroupe deux longues nouvelles sur la vie de deux personnages paumés ou écorchés, emplis de désillusions. Elles sont différentes (ces vies) tout en ayant pour point commun le mal-être des personnages principaux de ces histoires.
Ce mal-être que nous pouvons constater autour de nous dans le quotidien de certaines personnes, parfois même dans notre propre entourage. Un emploi non valorisant, sans objectif, une insatisfaction latente, et où la superficialité agrémente les jours. 
Dans la première histoire, c’est Mathilde, 24 ans, que nous suivons. Engoncée dans un travail sans intérêt, monotone et ennuyeux, malgré des études d’art : « J’occupais les mains pour tromper l’esprit ». Elle vit en colocation avec deux sœurs et alors qu’une mission lui est confiée, un incident fâcheux va malmener son quotidien. Elle va donc réaliser à quel point sa vie n’a que peu de sens, auréolée de grisaille : « Maintenant, et même si ça ne se voit pas à l’œil nu, je suis recroquevillée sur le bord de la vie et j’attends qu’elle passe »
Dans la seconde, Yann qui est visiblement en recherche d’un sens à sa vie et qui en prendra conscience en faisant la connaissance de ses voisins est attachant et sympathique. Ses voisins, un couple atypique, fantasque, mais chaleureux, très proche et très amoureux, et leurs deux petites filles. Chez eux, la vie explose, ça respire le bon air, la fantaisie et le bonheur sans pour autant passer à côté de petits coups de gueule pour mieux se réconcilier. Chez eux, on discute de tout, on rit… on vit ! 

Yann comprend que sa vie à lui est bien différente, voire à l’opposée, qu’il passe largement à côté de tout, notamment du bonheur, en l’occurrence en amour : « Je n’aime pas l’idée de faire de la peine. […] Je ne l’aime plus assez pour continuer à jouer la comédie du gentil petit couple, mais j’aime trop les gens pour prendre le risque de blesser l’un d’entre eux ». Il prend conscience que sa petite amie n’est pas celle qu’il lui faut, lui rappelant sans cesse qu’elle est d’une certaine classe sociale, une « classe supérieure », montrant mépris et mésestime pour ceux qui ne seraient pas de « son rang ». 
Ces deux histoires mettent en avant les problèmes liés à la société actuelle, où l’individualisme, voulu ou non, prend le pas sur un quotidien qui ne trouve pas forcément de but. Réaliser et se réaliser devient difficile dans la course de l’existence que chacun doit mener. Un état qui, malheureusement, tend à se généraliser. 
Mon avis 
Bien que ces histoires reflètent une certaine réalité, j’ai noté des maladresses, de l’incohérence dans la première histoire également. J’ai été quelque peu dérangée par une incontestable vulgarité, parfois virulente, en voulant le faire passer pour un « parlé branché » ou « à la mode », même si dans la seconde histoire les réflexions sont plus sensées, clairvoyantes ou judicieuses. Cette vulgarité était-elle vraiment nécessaire ? À mon sens, cela amoindrit l’effet recherché. 
Dans cet ouvrage, nous sommes loin de la plume que nous connaissions de l’auteur au travers de « Je l’aimais » ou « Ensemble, c’est tout », et j’ai trouvé cela fort dommage. Trop de parenthèses jalonnent ces histoires rendant la lecture encore moins agréable. Un peu d’humour tout de même relève ce constat (personnel). Mais, l’attrait Gavalda n’y est pas ! 
Quelques phrases tout de même retenues au cours de ma lecture :

« L’amour, on le reconnaît au souk qu’il fout en débarquant. »
« Il n’y a pas besoin de suivre les cours d’une école de design pour reconnaître l’importance des détails. »
« Si tu tiens vraiment à quelque chose dans la vie, eh bien, fais ce qu’il faut pour ne pas le perdre. »
« Mon seul talent, c’est de reconnaître celui des autres. »
« Il arrive toujours un moment où il faut aller chercher sa chance par la peau du cou et essayer de l’émouvoir en misant le tout sur le tout. »
« Que c’est difficile d’être soi quand soi ne vous inspire pas. »
« À défaut d’être grand, restons décents. »
« J’avançais de plus en plus vite pour essayer de semer mes objections. »
« Certaines fois, certaines larmes servent à amorcer toutes les autres. »


Marie BARRILLON

Informations sur le livre :

Titre : La vie en mieux
Auteur : Anna Gavalda
Éditions : Le Dilettante
ISBN : 9782842637965
Prix : 17,00 €


Poche : J’ai lu
Prix : 7,80 €
ISBN : 9782290115015


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