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jeudi 24 mai 2018

Celle qui s’enfuyait - Philippe Lafitte

Celle qui s’enfuyait, Philippe Lafitte

Par manque de temps, j'ai quelque peu laissé de côté la publication de mes chroniques. Je reviens avec le nouveau roman « Celle qui s'enfuyait » de Philippe Lafitte.

Fuir sans jamais se retourner, mais fuir sans jamais oublier, parce que le danger peut-être tapi, là, dans l’ombre pour surgir à tout instant. Parce que se cacher semble dérisoire lorsqu’on se sait menacé. Et parce que c’est parfois le seul moyen d’échapper au monde pour trouver un semblant de calme et de tranquillité.

En quittant les États-Unis pour s’installer dans une province isolée de France, elle savait qu’elle ne serait jamais à l’abri. On n'est à l’abri nulle part lorsqu’on craint pour sa vie. Et Phyllis le sait mieux que quiconque. Les décennies qui séparent sa jeunesse de l’instant présent n'ont fait que confirmer cet état de fait. La méfiance et la prudence sont devenues ses meilleures alliées en prenant possession de l’espace et du temps. Elles ont accaparé le quotidien, toujours en avant à la manière d’un bouclier.
Phyllis plonge dans l’écriture pour échapper au passé et se sauver de la peur, mais très vite elle atteint le succès. Comment rester cachée et se préserver dans ces conditions ? Le succès et l’isolement feront-ils bon ménage ? Lui permettront-ils de conserver l’apaisement face à ses angoisses ?
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Le passé nous rattrape toujours, même si l’on prend toutes les précautions pour le maintenir à distance. Le passé de cette femme avec toute la violence qu’il contient porte les traces d’une culpabilité qui la ronge. Une culpabilité qu’elle tente d’éloigner dans cette vie qu’elle s’est construite avec des règles strictes. Phyllis retrouve un semblant de paix dans l’écriture de ses polars, certes, mais qu’en est-il de la vraie vie ?

Ce roman de Philippe Lafitte m’a transportée. J’ai eu l’impression d’être partout avec Phyllis, à son bureau lorsqu’elle écrit, sur le bord des routes et des chemins quand elle part courir au petit matin, dans ses pas lorsqu’elle porte son chien abattu par une balle venue de nulle part...
Dans ce roman, l’auteur fait des retours sur le passé permettant de comprendre les raisons qui ont poussé le personnage à s’imposer cet exil et la solitude indispensable à sa survie.
Comme à son habitude, l'auteur nous gratifie de sa plume fluide et tellement agréable. Philippe Lafitte choisit ses mots pour être en adéquation avec chaque situation où rien n'est laissé au hasard !
Après « Vies d'Andy », « Étranger au paradis » ou encore « Belleville Shanghai express », « Celle qui s’enfuyait » est assurément un roman à ne pas manquer !
 MB
Informations sur le livre : 
Editions : Grasset
ISBN : 9782246815563

samedi 19 mai 2018

La douleur - Marguerite Duras

La douleur - Marguerite Duras

Parce que l’attente est parfois insoutenable, elle l’est d’autant plus en période de guerre !
Dans « La douleur », nous rencontrons Marguerite Duras déchirée entre l’insoutenable attente du retour de Robert L, son mari, déporté au camp de concentration de Buchenwald, puis à celui de Dachau, et l’angoisse qu’il ne revienne jamais.

Au début de l’ouvrage, Marguerite Duras précise qu’elle a retrouvé son journal dont elle dit : « Je n’ai aucun souvenir de l’avoir écrit. Je sais que je l’ai fait, que c’est moi qui l’ai écrit, je reconnais mon écriture et le détail de ce que je raconte […] Quand l’aurais-je écrit, en quelle année, à quelles heures du jour, dans quelle maison ? Je ne sais plus rien. »

Dans cette narration, elle met au jour la peur, l’angoisse et les pénibles souffrances qui furent les siennes et qui l’ont accompagnée durant cette traversée tragique que fut la Seconde Guerre mondiale. Soutenue quotidiennement par son grand ami D, pendant et après la guerre, durant l’attente plus pénible et douloureuse chaque jour passant, puis au retour de Robert avec son lot de désillusions, de blessures et d’épreuves non moins douloureuses à venir.

Parce que de Dachau, Robert reviendra, profondément blessé, insoutenablement amaigri, terriblement affaibli, où toute la beauté du corps, et peut-être même celle de l’âme, semble avoir fondue 
avec les muscles et le reste.

Marguerite va s’évertuer à le soigner autant que possible, avec toute la force qu’il lui reste. Mais, la guerre, l’attente et la souffrance de chacun auront eu raison de leur couple. Ils ne sont plus ceux qu’ils étaient l’un pour l’autre. On dit que la guerre change un homme, il n’y a pas plus vrai, néanmoins elle ne change pas que cela, en réalité. Elle change tout ! Cette guerre, comme tant d’autres, aura tué des millions de personnes, anéanties de millions de vies, mais elle aura aussi brisé maintes amours, y compris celui de Marguerite et Robert, avant même de briser leur union engendrant de multiples traumatismes, et pas seulement physiques.

Ce journal est le cri d’une mémoire qu’elle a [peut-être] délibérément tenté d’oublier. Mais, peut-on vraiment oublier ? Non ! Retrouver ce journal quarante ans après avait sûrement une raison d’être. Rappeler, si tant est que ce soit nécessaire, que personne ne sort indemne d’une guerre, ni ceux qui partent, ni ceux qui restent !

« La douleur », vous traverse les entrailles dans un récit poignant qui enserre le cœur en malmenant vos émotions en découvrant l’effrayant et long calvaire relaté avec des mots sans simagrées, qui vont à l’essentiel, dans un condensé brut sans aucune fioriture, mais avec une intensité foudroyante !
J’ai longtemps hésité à lire cet ouvrage, et finalement, je constate que j’aurais dû le lire depuis longtemps !

MB

Informations sur le livre :

Titre : La douleur
Auteur : Marguerite Duras
Editeur : Gallimard
Collection : Folio
ISBN : 9782070387045

mardi 8 mai 2018

Le solitaire - Eugène Ionesco

Le solitaire, Eugène Ionesco

Petite chronique pour un avis très mitigé sur ce roman qui m’a amené à m’interroger sur les raisons qui poussent certaines personnes à se tourmenter à ce point l’esprit en se posant des questions aussi tortueuses, et de sombrer dans l’alcool pour ressentir un quelconque apaisement pour le moins éphémère et combler le néant volontairement provoqué.

« Le solitaire » est un roman où se décline une succession de questionnements existentiels ressentis par le personnage principal. Ce dernier, la trentaine passée, est totalement blasé, ne sait ou ne voit plus comment évoluer dans la vie, voire même s’il a une raison d’être. La monotonie de son existence le mine. Les quelques liaisons sentimentales qu’il est amené à vivre ne sont pas pour lui redonner sourire et joie de vivre. Entre boulot - bistrot - dodo, ce n’est pas la panacée pour le rendre heureux.

Jusqu’au jour où, héritier soudain d’un oncle oublié, il décide d’arrêter de travailler et de déménager, pour profiter de cette fortune inattendue et se laisser vivre au gré des jours. Il se laisse emporter entre la boisson (alcoolisée) et ses interrogations qui le mènent parfois à des réflexions presque désespérées.
Faut-il n’avoir rien à faire pour se demander à quoi il sert de vivre, ou se demander encore si vivre à un sens, sans trouver de réponses au final. Une femme pourtant, la serveuse du restaurant du coin de la rue, tentera de le sortir de cet état quasi végétatif dans lequel il se laisse couler. Mais, c’est peine perdue, malgré toute la patience qu’elle emploie pour y parvenir. Elle finit par le quitter.

Se retrouvant de nouveau seul et suite à une révolution, il s’enferme chez lui avec des réserves alimentaires et d’alcools pour tenir sans avoir à sortir. S’ensuit une solitude encore plus absurde.

J’avais entendu parler de ce livre et lu des commentaires intéressants, mais finalement, je me suis quelque peu ennuyée. Je n’en garderai probablement pas un souvenir impérissable !

MB

Informations sur le livre :

Titre : Le solitaire
Auteur : Eugène Ionesco
Editions : Gallimard
Collection : Folio
ISBN : 9782070368273