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mardi 5 avril 2016

L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes

L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes de Karine Lambert, Éditions Le Livre de Poche
 « Il a fait froid toute la semaine. Les rues sont désertes. Même Jean-Pierre a renoncé à sa virée quotidienne. Dans l’immeuble des femmes, aucun bruit, chacune est calfeutrée dans son appartement. Au deuxième étage, Juliette se demande si elles rêvent d’un homme, si elles pensent à l’avenir, si elles envisagent de finir leur vie sans caresses. Et si elle est à la bonne place avec une Reine qui parle aux bambous et une accro de yoga qui se met sur la tête à tout bout de champ. Depuis qu’elle vit ici, elle visualise ses vieux jours. Le scénario est toujours le même. » Extrait du livre
« La casa Célestina »
Elles sont cinq femmes, d’âges et de statut différents, groupées dans un petit nid où les hommes n’ont pas droit de légion, et encore moins celui d’y avancer un pied. Seul Jean-Pierre, le chat, règne en maître en tant que mâle parmi ces femmes. Autant dire qu’il est choyé !
Ce petit nid, « L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes », appelé « La casa Célestina », elles l’ont investi chacune à leur tour, et chacune avec ses raisons personnelles, légitimes ou non.
Elles ne sont pas foncièrement féministes, mais les souffrances d’un passé, pas toujours si lointain, les ont amenées à fermer les yeux sur la gent masculine, plus par souci de préservation de soi. Ceci étant la première des motivations
Tout se déroule bien dans le petit immeuble, jusqu’à l’arrivée de Juliette, une jeunette de trente et un ans, qui ne comprend pas l’état d’esprit de ces femmes qu’elle prend cependant en affection. Toutefois, elle n’hésitera pas à les affronter pour dire tout haut ce qu’elle pense, quitte à mettre aux pieds de chacune d’entre elles les mauvaises raisons, à son sens, qu’elles ont utilisé pour, soit déculpabiliser, soit se dédouaner, soit encore se créer des prétextes pour ne pas voir l’évidence ou la réalité, parfois si flagrante, qu’elles refusent sciemment ou non d’affronter. Simone avancera : « Je n’ai pas renoncé aux hommes. J’ai renoncé à en prendre plein la gueule. […] Chacun chez soi et les vaches seront bien gardées. »
Où est le bonheur dans tout cela ?
Sont-elles vraiment heureuses sans présence masculine ? Pourquoi pas ! Simone ajoutera encore : « Nous sommes libres. Des locataires volontaires. Et ce n’est pas un gratte-ciel, juste un petit immeuble. Cinq femmes, dont une qui n’a pas du tout renoncé. À l’échelle planétaire, c’est une minorité, pas une épidémie. […] Le couple n’est pas le seul modèle. Il y a plein de façons d’être heureux. »
Après tout, n’est-il pas important de ne pas être malheureux, même si au final nous ne sommes pas heureux ? Ne pas être heureux sans être malheureux, c’est déjà mieux que d’être malheureux et ne rien faire pour changer cet état de fait.
Ces cinq femmes se retrouvent régulièrement pour des repas amicaux, des sorties et autres activités. Elles semblent être sereines, mais c’est sans compter sur l’installation de Juliette, venue avec son grain de sel gros comme la tête d’un bonhomme de neige pour chambouler toute la maisonnée. Parce qu’il est, pour elle, inconcevable de vivre sans homme, irréel de fermer la porte à tout besoin de tendresse. Et Juliette, elle est tout le contraire de cela. En constante recherche d’amour, de romantisme, d’attention, de douceur, et tout ce qu’offre le grand amour. Elle a tant besoin de tout cela, elle, justement.
Néanmoins, avant de tout retourner dans le cœur de chacune, elle va chercher à comprendre les motivations de ses nouvelles amies. Parce que vivre pour soi c’est bien, mais ça ne suffit pas pour Juliette qui estime que la vie c’est autre chose de plus attrayant.
Parviendra-t-elle à leur faire entendre [sa] raison ?
« L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes » est une histoire sympathique où l’on retrouve toutes sortes d’émotions. L’entraide et le respect entre chacune sont pure évidence. Doutes et remise en question seront aussi au programme.
Ce roman est rédigé d’une plume légère et limpide. Les personnages sont attachants, mais pas apitoyés, drôles sans jamais être colériques.
On notera également que ce n’est pas, ici, un règlement de compte contre, ou envers, les hommes ni une quelconque vengeance. Il n’y a rien dans cet ouvrage qui va dans ce sens. C’est bon, c’est léger avec des pointes d’humour parsemées, en prime.
À lire avec le cœur !
Petites phrases relevées en cours de lecture :
« Il n’y a que sur scène qu’on peut danser tous les jours la même chorégraphie avec son partenaire sans tomber. Dans la vie c’est plus périlleux. »
« L’amour […] c’est un voyage obstiné. Le véritable amour, il est sauvage, ce n’est pas un jardin qu’on cultive. »
« Quand on est en colère ou triste, les pensées se transforment en marsupilamis bondissants. »
« Quand on se met au régime, on ne va pas s’installer dans un magasin de pralines. »
« On ne peut pas se protéger en amour. La seule protection c’est l’abstinence. »
« Je ne fais pas la grève de la faim. […] Je choisis un autre menu. »
« Les pensées, c’est comme les insectes. Quand tu les entends voler, reviens à ta respiration. Il y a une oasis à l’intérieur de toi, elle attend que tu viennes t’y reposer, te défroisser… »
« Si tu n’es pas heureux aujourd’hui, cache ta douleur derrière ton sourire. »
« La vie c’est une succession de déséquilibres. »
« Les hommes ont besoin d’être emmenés là où ils ne s’y attendent pas. Insaisissable, telle une libellule, ils te pensent là et tu es ailleurs. Attention ! C’est une recette pour un soir, pas un pot-au-feu pour la vie. »
Informations sur le livre :
Auteur : Karine Lambert
Éditions : Le Livre de Poche
ISBN : 9782253182719

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