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lundi 3 août 2015

Juste avant le bonheur

Juste avant le bonheur, Agnès Ledig, Editions Pocket

« Ce n’est pas la vie qui est belle, c’est nous qui la voyons belle. Ne cherchez pas à vouloir atteindre un bonheur parfait, mais contentez-vous des petites choses de la vie, qui, mises bout à bout, permettent de tenir la distance.
- Qu’appelez-vous les petites choses de la vie ?
- Les tout petits riens du quotidien, dont on ne se rend même plus compte, mais qui font que, selon la façon dont on les vit, le moment peut être plaisant et donne envie de sourire. Nous avons tous nos petits riens à nous. Il faut juste en prendre conscience. Réfléchissez, je suis sûr que vous en trouverez à la pelle. » Extrait du livre
 
Julie, Lulu... et les autres
Ce roman nous entraîne au cœur de la vie de Julie, de son quotidien difficile avec son fils, Lulu (Ludovic) qu’elle élève seule. Il est sa seule raison d’être et de se battre quotidiennement.
On y rencontre avec elle, Paul, un cinquantenaire fraîchement célibataire après trente ans de vie de couple avec une femme que seuls les finances et le niveau de vie intéressent. Trente années durant lesquelles, il pense finalement avoir perdu son temps. On découvre ensuite Jérôme, le fils de Paul, veuf depuis peu, sa femme s’étant suicidée, et qui a toutes les peines du monde à accepter la situation.

On découvre également Manon, pétillante jeune femme qui vit l’instant présent sans se soucier des « on-dit », menant sa barque comme elle l’entend, et dont l’amitié pour Julie (et réciproquement) n’a pas d’égal commun, toujours présente pour sa jeune amie fille-mère : « Avec cette sorte d'amie, partager les peines les divise, et partager les joies les accroît ».

Tous ces personnages ont en commun des difficultés dans leur vie, écorchés vifs, deuils, divorces, séparations, etc. qui ensemble vont tenter de remonter le chemin pour sortir « la tête de l’eau ».
 
Il y a quelques mois, j’avais tenté la lecture de ce roman sans parvenir à accrocher. Après une trentaine de pages, j’avais fini par le mettre de côté pour une tentative de lecture ultérieure, n’abandonnant jamais vraiment un ouvrage. J’ai pour habitude de penser (et dire) que la lecture ne s’associe pas à n’importe quel état d’esprit. Dans certaines situations, l’esprit n’est pas toujours réceptif pour un livre alors qu’il le sera pour un autre.
 
J’ai donc récemment repris ma lecture de « Juste avant le bonheur » (au début), et curieusement, cette fois, j’ai bien accroché.
Je me suis prise d’affection pour Julie et le petit Lulu, mais ai eu un peu de mal avec les diverses rencontres où tout (tous) se li(en)t un peu trop rapidement et facilement, à mon sens. Toutefois, je suis restée sur le second degré dans le sens où j’ai pris cette histoire comme une fiction, et comme dans toute fiction nous savons que tout peut arriver.

J’ai lu beaucoup de commentaires négatifs sur ce point (Amazon, Babelio, etc.), mais je pense que les lecteurs cherchent trop souvent à identifier « la vie existante » à la fiction d’un livre. Ce qui fait qu’à mon (humble) avis ceci explique cela, et fausse les avis des lecteurs appréhendant l’histoire de manière trop réelle.
La première partie, bien qu’un peu longue à mon goût, m’a toute même bien emportée. Puis, l’accident, la disparition du petit Lulu, m’a profondément touchée dans la mesure où je vis actuellement la perte d’un être cher (ma mère), et m’a noyée dans mes propres douleurs du moment. Je déconseille donc ce roman aux personnes traversant des souffrances pénibles du même genre, car ça ne leur fera absolument aucun bien, et au contraire même, cela risque de les affaiblir un peu plus.

La dernière partie, je l’ai trouvée un peu trop longue, sans surprise, parce qu'en définitive, au cours des pages, on s’attend déjà au dénouement qu'aura la fin de l'histoire, il manquerait donc peut-être d’un peu de pep’s et/ou d’intrigue.
 
Cela dit, l’écriture est fluide, facile à lire, et c’est tant mieux parce qu’on ne cherche peut-être pas ici une lecture où il faut réfléchir. Toutefois, l’auteur sait employer de très jolies phrases, parfois profondes et en tout cas lucides. Certaines pourraient même amener certains lecteurs à se poser quelques questions.
Finalement, j’ai tout de même apprécié ce roman, que j’ai fini par lire très vite.
À ne pas oublier ; l’état d’esprit joue un rôle prépondérant dans chacune des lectures que nous lui proposons. Et si nous n’accrochons pas, au premier abord, ce n’est pas nécessairement que le livre est mauvais, mais peut-être juste que l’état d’esprit n’est pas en condition à ce moment précis.
 
Quelques phrases relevées au cours de ma lecture : 

« Quand c’est une question de survie, on range au placard les grands idéaux qu’on s’était fabriqués gamine. »
« L’évidence n’a pas besoin de beaucoup de temps pour sauter aux yeux. C’est généralement instantané. »
« La vie est légère comme une plume quand le souffle qui la porte est animé d’amour et de tendresse, alors je veux bien me délester de quelques plumes… »
« Il vaut mieux avoir de bonnes raisons d’être heureux que de bonnes raisons d’être malheureux. »
« La poisse, c’est comme la bêtise humaine, elle est inépuisable. »
« L’empathie, c’est tendre la main à celui qui est dans le trou, ce n’est pas sauter dedans pour l’aider à remonter. » 
« Le désespoir et la tristesse n’ont jamais aidé personne à combattre les épreuves. »
« Certaines broutilles sont malgré tout urgentes. »
« Si le goût sucré rassure les nouveau-nés, il doit aussi faire du bien aux malmenés, quel que soit leur âge... »
Marie BARRILLON

Chronique de Magali sur le même ouvrage : Les chroniques de Magali
Informations sur le livre :
Titre : Juste avant le bonheur
Auteur : Agnès Ledig
Éditions : Pocket
ISBN : 9782266250627
Prix : 6,80 €

6 commentaires:

  1. Comme chaque fois que je reçois une notification de votre blog (oui, oui, j'suis abonné et content de l'être), je viens voir. J'ai lu ce roman et j'ai ressenti à peu près la même chose que vous. Donc sans surprise. Belle chronique comme d'habitude.

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    1. Merci à vous pour vos passages et vos commentaires, néanmoins comme vous écrivez en anonyme, je ne sais pas qui vous êtes, pourriez-vous à l'avenir, au moins, signer vos post par un prénom, ce serait plus sympathique (je suis sûre que vous l'êtes) et je saurais vous répondre personnellement.
      Bonne fin de journée à vous ;-))

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  2. J'ai trouvé ce blog grâce à votre commentaire sur Amazon. J'ai visité quelques pages et bravo pour vos chroniques. Elles sont pertinentes et même intéressantes. J'ai découvert pas mal de livres et d'écrivains que je ne connaissais pas. Vos chroniques donnent envie de lire certains livres.
    Pour celui-ci Juste avant le bonheur, je suis très mitigé. Il est pas mal, un peu longuet dans l'ensemble et de là à lui donner un prix, je tombe de haut. Je trouve aussi que le titre ne colle pas à l'histoire. Mais ce n'est que mon avis.
    Comme je commente aussi en anonyme (ma tranquillité n'a pas de prix) je signe de mon prénom comme vous le dites à la personne qui a écrit avant.
    En tout cas je reviendrais faire un tour chez vous de temps en temps.
    Cédric.

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    1. Bonjour Cédric,

      Merci pour votre passage et votre commentaire.
      Merci également pour vos compliments, ça fait toujours plaisir d'en recevoir.
      Ravie donc de vous faire découvrir des ouvrages et leurs auteurs. J'espère que vous n'en serez pas déçu.

      Vous êtes le bienvenu sur le blog.

      Au plaisir,

      Marie

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  3. Une première partie que j'ai adorée !
    La seconde je l'ai trouvée trop longue et elle m'a mise un peu mal à l'aise... Je pense que ce livre n'est pas facile à lire pour tout le monde...
    Merci Marie pour le lien vers ma chronique !
    Merci à vous et pour cette belle chronique !
    Très belle soirée à vous et à très bientôt !

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    1. Merci Magali pour votre passage et pour le partage de votre avis.

      Très belle soirée à vous également.

      À bientôt.

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