#Roman "Camille, regarde devant toi !" à découvrir, ici !

jeudi 4 juin 2015

Extrait de "Camille, regarde devant toi !"

Extrait de "Camille,regarde devant toi !"

"Bien souvent, elle se demandait si un seul homme au monde pouvait correspondre à l’idée qu’elle se faisait de l’homme idéal. Son idée était bien particulière, complexe et pleine d’exigence. De ce fait, elle était rarement partagée. A cette question chaque femme témoigne de sa propre perception. De ces propres désirs aussi. Invoquant d’innombrables indications et avis plus ou moins logiques, légitimes, mais aussi parfois farfelus.
Elise, elle, avait ses propres convictions sur ce sujet où tant d’avis divergent, tant de points de vue diffèrent, sans pour autant croire que ses convictions soient les meilleures. Ce sont les siennes c’est tout. Tout est très net dans son esprit. Les qualités ne doivent pas être exagérées et les défauts, s’ils ne sont pas trop prononcés, sont des à côtés pas forcément primordiaux. Personne n’étant parfait.
Pour elle, l’homme idéal c’est celui qui, lorsqu’on le quitte le matin nous envahit d’une envie folle et tenace d’être déjà le soir pour le retrouver enfin. C’est celui que nous pourrions appeler trente fois par jour sans jamais nous lasser, juste pour entendre le son de sa voix qui nous étonne chaque fois par sa teneur, sa douceur, son enthousiasme, tout en nous comblant de bonheur et qu’il nous affirme qu’il n’attendait que cet appel pour ensoleiller son ciel, ou bien qu’il allait lui-même appeler parce qu’il ressent un manque quant à la femme qu’il aime et que son cœur transpire d’amour impossible à partager avec n’importe qui d’autre qu’elle.
C’est celui qui chaque fois qu’il nous prend la main, c’est comme un éternel recommencement. Une première fois à chaque fois. Comme la première rencontre qui se reproduit constamment dès qu’on le voit. Le premier baiser qui renaît comme une redécouverte constante. La première chaleur qui envahit encore et encore. Un frisson qui nous parcourt, similaire au tout premier, toujours unique et qui nous surprend à chacun de ses retours. Une multitude de surprises qui s’instaure sans qu’on ait besoin d’y réfléchir vraiment. Sans qu’on ait besoin de chercher. C’est là. C’est présent à chaque instant. Cet homme, c’est celui qui sans nous faire l’amour, nous transporte au nirvana à bout de bras et de tendresse, d’amour et de délicatesse. Il est la porte qui s’ouvre sur une nouvelle naissance sans heurt. Il est le coup de vent inattendu qui balaie toutes les vieilles déceptions, les incertitudes, les colères. Il est la beauté, même dans la laideur. La joie, même dans la peine. Le brin de gaieté au détour des tristesses. Il colle un sourire indélébile sur notre visage dès le premier regard. Il prend nos larmes dans ses mains et les étale sur son cœur pour qu’elles sèchent à l’abris des regards indiscrets. Il murmure à notre oreille les mots de réconfort que lui seul est capable d’apprivoiser au moment opportun et les prononcer pour nous apaiser. Lui seul est en mesure d’inventer, de doser pour nous restituer notre bien-être.
Cet homme, c’est aussi celui qui peint notre univers de toutes les couleurs gaies et chatoyantes dans un savant mélange que seul l’amour peut apporter. Il en abolit le noir parce qu’il rime trop souvent avec désespoir et qu’il ne veut nous voir qu’heureuse. Belle dans le bonheur qu’il donne sans compter. Qu’il réinvente à chaque occasion. Sans même le savoir lui-même.
Il est celui qui même après vingt ans de galère à marées hautes et de repos à marées basses nous avoue encore du fond du cœur qu’il nous aime à en mourir, parce que sans celle qu’il aime il ne peut pas y avoir de continuité dans la vie, pas d’avenir. Pas de devenir. Pas de saveur nouvelle.
Il est là à essuyer notre nez lorsque, après l’éclatement d’une peine indicible nous avons trop pleurée seule et que le total de nos douleurs devient trop pesant. Il est celui qui nous donne son avis quand on en a besoin avec un plaisir évident et qui se tait en observant dans le respect du silence nos actions lorsque nous les souhaitons solitaires sans pour autant être loin de lui. Non au contraire, être tout près. Là, presque collée à sa peau en permanence. Etre scellée à lui invisiblement. Cœur contre cœur. Peau contre peau. Main dans la main. L’amour au pluriel. Les sentiments… Les sentiments plus forts que tout.
Il est jaloux, juste un peu mais pas trop pour ne pas tout empoisonner. Ne surtout pas empoisonner cet amour qu’il partage avec cette femme en le conjuguant à tous les temps si facilement parce qu’il ne peut pas en être autrement. Parce qu’avec lui tout est devenu si facile. Presque transparent. D’une beauté sans maquillage. D’une réalité visible. Puis, il est celui aussi qui se met devant nous pour réceptionner tous les coups bas de la vie. Toutes les déceptions soudaines. Tous les travers dangereux. Tous les fossés qui surgissent de manières inopinées. Il est constamment sur ses gardes pour nous protéger, nous épargner autant que possible de sa force parfois incertaine. Ce n’est pas grave, le geste est là. Il n’est pas non plus superman, n’exagérons pas. Mais il est tout de même notre héros dans notre histoire bordée d’éternité scintillante. Notre héros dans cette réussite tellement désirée.
Face à l’inconnu, il se veut rassurant, il fait tout ce qui est en son pouvoir pour nous en persuader. Que la confiance perdure entre nous est son cheval de bataille. Il prend toute la vie à bras le corps pour notre bonheur commun. Il se soigne et nous soigne de tous les maux, petits ou grands. Il nous caresse en permanence même si ce n’est qu’avec les yeux. Parce que oui, ses yeux voyagent sur notre visage, il en connaît les moindres reflets. Les plus petits traits. Toutes les courbes. Toutes les facettes. Tous les changements tour à tour gais ou tristes. Notre regard est sa lumière. Nos mains, il les tient tendrement ne serait-ce que par l’esprit. Par le cœur. Par la pensée. Par l’amour.
Pour lui, tout ce qui est sa femme est source de voyage enchanteur. Un apaisement constant pour le cœur. Un bonheur permanent. Une passion continuelle. Il est à l’affût de ses voyages, qu’il espère éternels. Il fait en sorte qu’ils le soient. Notre présence simplement suffit à le rendre heureux. Notre absence contribue à le rendre toujours plus amoureux. Il nous aime et sa sincérité est évidente. Ses sentiments sont pleins de pureté, sans noirceur, sans questions qui dérangent ou qui n’auraient pas lieu d’être, sans reproche mal placé.
Finalement, après l’énumération des points concernant l’homme idéal, Elise en arrivait à supposer qu’il n’existait pas ou bien il devait être trop éloigné et inaccessible. Autant chercher une aiguille dans une motte de foin. Et encore ce serait bien plus facile de parvenir à la trouver, elle. Plus évident."
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