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vendredi 16 mai 2014

l'élément 119

L’élément 119 de Cara VITTO, Editions

« Devant ses yeux, il vit défiler une scène incroyable. La véritable histoire, son histoire, celle de son ancêtre, Alfonso. Il ne s’agissait plus d’une rêve, d’un cauchemar, ni d’un flash, mais le récit véridique du pacte conclut entre Alfonso et Tyf, six siècle auparavant. Alfonso avait conclu un pacte. Philippe était engagé par ce pacte. Il devait obéir, ou... » Extrait du livre
Le voyage

Philippe doit prendre l’hélicoptère malgré sa peur du vide, « un mauvais coup de son métabolisme angoissé. Un homme normalement constitué ne se transforme pas en lombric suintant la peur à la moindre difficulté », dans le cadre d’une affaire sans commune mesure avec toutes celles menées dans sa carrière.
Il doit se rendre en pleine mer du Nord sur une gigantesque plateforme pétrolière. Accueilli par Dominique, directrice du département géologie, une femme d’âge suffisamment jeune pour que Philippe se pose des questions et reste figé sur le poste de cette dernière : « Comment une femme, de surcroit aussi jeune pouvait-elle accéder à ce type de poste ? »

La jeune femme explique à Philippe les tenants et les aboutissants de sa présence sur la plateforme. Loin d’être une mince affaire, il doit étudier un élément naturel non identifié sous la forme d’une sphère parfaitement ronde d’un diamètre d’un kilomètre.
Sur cette plateforme de forage qui se trouve être « le plus éloigné des côtes et à des profondeurs jamais atteintes », il ne s’imagine pas un instant que son existence va basculer. Comment cet élément de un kilomètre de diamètre, totalement inconnu, a-t-il pu se retrouver six mille mètres sous le niveau de la mer et de l’écorce terrestre ?
En étudiant les relevés des sonars, Philippe remarque des sillons que personne n’est en mesure de discerner. Pourquoi cela ? Autre défi de taille pour le scientifique ; vivre sur cette plateforme sans ses somnifères qui lui permettent de dormir et se reposer. Les seuls lui permettant un véritable endormissement et un sommeil profond, mais que le protocole de sécurité n’autorise pas. Et justement, l’infirmière est formelle sur ce point : « Nous ne possédons que des somnifères de molécules plus légères qui favorisent l’endormissement, mais qui permettent également de se réveiller en cas de nécessité ». Alors que le seul somnifère efficace utilisé par Philippe « plonge les patients dans un état de sommeil profond d’où il est impossible de sortir même avec une sirène de pompier », ce qui se révèle être un vrai problème sur une plateforme, surtout de cette envergure et aussi reculée.
Quand un rationnel découvre l'irrationnel

Philippe va aller de découverte en découverte, contredisant même son bon sens. N’importe quel scientifique n’y retrouverait pas ses connaissances, sombrant dans l’irrationnel et l’irréel. Tous ses calculs sont bons, aucune erreur n’y a place, pourtant il ne cesse d’être confronté à des « phénomènes étranges » et des « faits stupéfiants ».
Entre malaises, cauchemars, visions ou encore voix, beaucoup d’évènements irrationnels pour un scientifique qui n’est sensé voir que logique et rationalité en toute choses. Alors que le forage reprend, une tempête est sur le point d’éclater, ce qui n’est pas pour arranger le travail de Philippe. Il entend de nouveau cette voix venue de nulle part s’adressant à lui : « L’embryon est en danger. Il ne supporte plus les secousses engendrées par le forage ».
Philippe se retrouve dépassé par les évènements dont il est témoin, se sentant « entre les mains d’un être démoniaque ».
La tempête épargnera-t-elle la plateforme pétrolière ? Philippe et les autres s’en sortiront-ils ? Qu’est-ce que cette sphère impossible à percer, même avec des têtes diamantées ? Qu’elle est sa matière recensée nulle part ?
On se laisse volontiers emporter dans cette histoire originale. L’auteur adopte un style fluide qui ne provoque aucune lassitude. Cela dit, certains passages gagneraient à être plus développés, agrémentés de plus de détails pour « nourrir » un peu plus le lecteur. La fin est loin de ce que l’on imagine et pourrait attendre et m’a quelque peu laissée sur ma faim. De même que quelques questions subsistent, n’ayant trouvé aucune réponse au cours de ma lecture.
Dans l’ensemble, on passe malgré tout un bon moment avec cet ouvrage qu’on a du mal à lâcher où le suspense n’est pas en reste même si c’aurait pu être meilleur encore.
Un bon point tout de même !
Informations sur le livre :
Titre : L’élément 119
Auteur : Cara VITTO 
Format : Kindle  
Prix : 2,68€  

mardi 13 mai 2014

De temps en temps

 
« Se jeter à corps perdu dans le travail : c’est ainsi qu’il est parvenu jusque là à contenir la révolte de ses sens privés d’elle. Ce toqué des tocantes, ce fou des coucous, cet accro du chrono, ce sonné des carillons est passé maître dans l’art de soigner Monsieur le Temps, de colmater ses fuites, de réparer ses échappements à ancre ou à verge, de lui refaire les dents, d’aiguiller ses trains de mouvements, faute de pouvoir le remonter pour en modifier le cours. » Extrait de l’ouvrage
 
« De temps en temps » est un recueil composé de 16 nouvelles issues d’un collectif d’auteurs réunis dans un ouvrage agréable à parcourir, qui a pour thème : le temps, et « À l’heure où le temps disponible devient une denrée rare donc précieuse, seize auteurs ont pris sur leur temps pour vous dessiner un bouquet de textes riches et authentiques ».
 
Pour dévorer cet ouvrage, nous commençons donc par la préface de Jean-Louis SERRANO qui s’exprime bien évidemment sur le temps : « Le temps est libre, il n’appartient à personne. […] Parler du temps, écrire sur le temps, c’est recommencer à raconter la genèse, et tutoyer le ciel ».
 
Après cette préface qui déjà donne à réfléchir ou méditer, c’est selon, nous débutons donc la lecture des seize nouvelles. Chaque auteur aborde le thème en se l’appropriant suivant les situations, les circonstances, les événements, avec chacun un style différent du précédent ou du suivant.
 
Le temps traverse toutes les causes, mais dans tous les cas la résultante est similaire puisque « le temps est libre, il n’appartient à personne ». Il est présent là, tout comme hier ou il y a une heure et le sera demain ou dans dix ans, bien qu’on ne le remarque pas toujours et que souvent on ne le voit pas passer : « Je m’étais engouffré derrière elles en courant d’air, entre les souffles où se croisent deux saisons, juste une traînée de sable sous l’hologramme et j’avais fui ».
 
Néanmoins, dans certaines occasions, nous avons le sentiment qu’il passe trop vite ou qu’il traine en longueur. Pourtant, entre trop vite et pas assez, il est un fait indéniable ; il est enclin à une régularité qui ne varie pas. Les secondes demeurent des secondes, même si parfois elles ressemblent à des heures. Ce qui nous procure ces impressions ce ne sont que les événements extérieurs, ou non, humeurs variables et états d’âme fluctuant auxquels nous sommes confrontés à chaque instant. Mais là, je ne vous apprends rien !
 
Ce recueil nous montre qu’une minute « ici » est sensiblement différente de celle se trouvant « là », alors qu’elle est en définitive la même, s’égrenant au même tic-tac. C’est donc uniquement l’événement qui la traverse qui l’apparaît différente. Seul l’horloger de Jean GENNARO n’y prête plus attention et pour cause : « Bercé par le concert assourdi des tic-tac provenant de son atelier, il perd la notion du temps. Ce qui est un comble pour un horloger ».
 
Nous sommes donc charmés par l’ensemble de l’ouvrage. Petit bémol tout de même ; il est dommage que la plupart des textes tournent autour de la tristesse parce que « le temps » renferme aussi des bonheurs et des joies. Toutefois, on ressent bien qu’un élément immuable réunit ces seize auteurs : la passion de l’écrit, son partage et Marie SOUFFRON l’exprime bien en ces termes : « L’écriture organise mon existence de la même façon que le temps règle mes jours ».
 
Alors, à vous d’oublier les aiguilles du temps comme la mélodie du tic-tac, d’ignorer un instant les secondes silencieuses, d’éviter un moment les pendules, montres et autres carillons qui égrènent les minutes, pour vous laisser aller à cette lecture. Une bien belle activité où, là, le temps n’a plus de prise et se fait tout petit !

Marie BARRILLON

Liste des auteurs ayant participé à ce recueil pour l’association « Les mots migrateurs » et leur titre :

Arielle ALBY, Mon rendez-vous
Sylvie AZEMA-PROLONGE, Mauvais quarts d’heure
Marie-Laure BIGAND, Le passe-temps
Annick CHENU, Rester jeune jusqu’à la mort
Florance FOUCART, Les marques du temps
V.GABRALGA, "Temps d’aime"
Jean GENNARO, Yaël ou l’or du temps
Paula GONÇALVES, Hors du temps
Kyra GOMEZ, Hasta siempre !
Luc HAZEBROUCK, Le peintre et le prince
Brigitte LECUYER, Trois mois et plus
Gwenaëlle LEPRAT, Tchacacha
Vincent MATRAT, Souvenir du futur
Marie SOUFFRON, Le temps d’une partie d’échecs
Caroline TAFOIRY, Un jour, ton heure viendra
Olivier CAMPOS, Fast-Pause

Informations sur le livre :

ISBN : 9782953087901
Prix : 10€