#Roman "Camille, regarde devant toi !" à découvrir, ici !

mardi 26 juin 2012

Entretien avec Christian Chaillet

Entretien avec Christian Chaillet pour la sortie de son ouvrage
"Les feux perdus de GLANUM", éditions Edilivre


100% Auteurs : "Les feux perdus de GLANUM", Comment vous est venue l’idée de ce dernier roman ?

Christian CHAILLET : Lors d’une visite sur le site de Glanum, tout près des Baux de Provence Je me suis assis sur un muret de l’agora et j’ai vu 2 petits gaulois courir dans les ruines de la cité. L’histoire m’est apparue alors dans son intégralité ou presque.

100% Auteurs : Relater une histoire qui se déroule en 125 avant Jésus-Christ lors de l’invasion de la Provence par les Romains ne doit pas être franchement évident. A-t-il été difficile d’en réaliser l’écriture ?

Christian CHAILLET : Oui et non car ce fut une belle aventure. Comme je mets en scène des personnages réels, j’ai passé beaucoup de temps en recherches scientifiques et historiques. Les Gaulois n’ont pas écrit leur histoire, leurs mœurs, leurs habitudes de vie. Il a fallut fouiller dans les revues spécialisées pour retrouver les éléments composant leur vie sociale. Les éléments de l’administration romaine et les alliances entre les peuples d’envahisseurs sont un des autres éléments clés de la guerre en Gaule (Provence ici).

Le contexte commercial et l’état des sciences de l’époque sont également importants car l’un de mes héros est un druide centenaire, de grande culture qui a beaucoup voyagé et se pose beaucoup de question sur le devenir de la société gauloise. Le monde était vaste alors, de Chine à la Finlande, en passant par l’Afrique et l’Inde parcourue par Alexandre 200 ans plus tôt. Et pour permettre au lecteur de comprendre la mentalité des gens de l’époque j’ai ouvert le monde en intégrant un éléphant de combat venu d’Inde et une jeune femme d’une autre tribu en butte aux romains assoiffés de terres et d’argent. Cette guerre n’avait pour but que de voler des terres riches, faire payer des péages au profit des nobles romains, et d’ouvrir une route depuis l’Espagne et Rome pour plus de fluidité des marchandises.

100% Auteurs : Dans votre quotidien, comment s’organisent vos temps d’écriture ?

Christian CHAILLET : Principalement le soir après le travail, les samedis avant le début du top 14 !!! Et pendant toutes mes vacances lors de pauses culturelles ! La famille lit et moi j’écris.

100% Auteurs : Dans cette même idée, lorsque vous écrivez, qu’est-ce que vous vous imposez et ne vous imposez pas ?

Christian CHAILLET : je m’impose d’écrire beau. Je m’impose d’écrire clair. D’écrire vrai. Mes histoires sont des films dont je déroule les images devant l’imagination des lecteurs. C’est le compliment qui revient le plus souvent : « j’y étais, tu y étais, ce n’est pas possible autrement ! Comment décrire des scènes pareilles sans les avoir vécues dans une autre vie ? » Je m’impose un calendrier. Je ne m’impose pas plus de 10 heures de travail par jour, travail alimentaire compris. Je n’écris pas les dimanches. Précision : je suis agnostique.

100% Auteurs : Certains auteurs, pour ne pas dire tous, ont quelques petites habitudes pour les uns, des rituels indispensables pour d’autres lorsqu’ils écrivent. Quels sont les vôtres ? (musique, café ou thé, stylo, crayon ou ordi…)

Christian CHAILLET : J’écris sur ordinateur en écoutant de la musique - du reggae ou du jazz- ou des morceaux téléchargés par mes filles : Trio, Gladiators, Louise attaque, Adel, Billy the kick, etc… Je prends parfois un café coulé de ma Nespresso (en compagnie de la fille qui joue dans la pub avec Clooney) !  Je lis beaucoup et utilise énormément Internet pour trouver des références historiques.

100% Auteurs : Nous imaginons bien que vous n’en resterez pas là. Quels sont vos prochains projets littéraires ?

Christian CHAILLET : dans le même temps d’écriture que « Le dernier cri du chat », « A mort la vie », « Méfie toi de la lune » et « Les feux perdus de Glanum », J’ai écrit 3 autres romans :

1) « Ad Nauseam » : retrace l’histoire d’une vengeance en 215 après JC ; celle d’un géomètre d’Eauze envers un ennemi invisible.
2) « 42 Km et des Bananes » ou l’histoire d’un SDF qui court le marathon de Paris. Le thème en étant la ressemblance avec le père oublié. Et la place du diable dans l’amitié !
3) « Perrine et James Bond 007 » est une histoire d’enfants aventureux rencontrant deux espions : Perrine, (ma fille) et James Bond dont elle et moi sont fanas.

Plus tard J’écrirai un roman actuel et économique dont je ne peux dévoiler l’intrigue de base. 

100% Auteurs : A chaque auteur son histoire, parfois particulière. Vous concernant, comment vous est venue cette passion pour l’écriture ? Est-elle indispensable à votre quotidien ?

Christian CHAILLET : j’écris des histoires et des poèmes depuis l’enfance. Au primaire j’échangeais un cahier de liaison avec un ami : il était remplit de dessins, de mots, de rêves… Nous nous le passions lorsqu’il était prêt. A-t-il disparu comme l’ami ? Mystère. Les rédactions étaient ma tasse de thé. Pour moi un vaisseau était spatial,  un cheval ailé.
J’écris comme dans un rêve mais parfois des mois passent sans qu’ils me permettent de m’endormir car écrire n’est pas une thérapie pour aller bien mais un travail difficile : ce n’est pas une manie. Donc j’écris lorsque je vais bien, sans soucis, sans envie de fuir le temps et le monde. J’écris pour exister.

100% Auteurs : Christian CHAILLET, l’homme, quel est le trait le plus marquant de sa personnalité ?

Christian CHAILLET : Le besoin de liberté. Se nourrir de beau. Mais la qualité qui a sauvé la vie à certains de mes proches est mon sang froid devant les pires catastrophes.

Je dis souvent pour faire rire : je n’aime personne et personne ne m’aime. Le plus marquant ? C’est souvent vrai. On ne m’aime pas forcément au premier contact, il faut du temps. Je suis un être complexe et sauvage, extraverti et distant. Comme mes héros.

100% Auteurs : Le milieu de l’édition perd certaines de ses valeurs de nos jours. Quelles sont vos impressions sur ce qu’il est aujourd’hui ?

Christian CHAILLET : Les éditeurs et leurs partenaires sont des usines à fric. Je suppose que l’on ne prête qu’aux riches. Voir le mode de sélection (arbitraire) du Goncourt, et des autres prix. Regardez les rayons de la FNAC et des libraires : les gros éditeurs et les 100 millionnaires de la littérature de gare. Qui sont présents dans les salons ? Les millionnaires de la littérature de gare. Qui leur court après ? Les médias pour les enrichir encore plus. C’est édifiant. Je suis méconnu, ne vend pas de milliers d’ouvrages, donc je n’ai que ce que je mérite : non ? 

100% Auteurs : Vous êtes également le fondateur et le président de l’association vingt mille mots sous les mers. Pour les lecteurs qui ne la connaissent pas et parmi lesquels se trouvent des auteurs, pouvez-vous nous expliquer son concept, son utilité, sa mission… ?

Christian CHAILLET : Aujourd’hui l’association est en sommeil. VMMSLM avait pour but d’aider les auteurs à écrire et vendre leurs ouvrages, de leur permettre de participer à des salons, de corriger leurs textes ; une partie des bénéfices des opérations de financement étaient reversés à une association caritative reconnue d’utilité publique : Malinia. Je négociais aussi avec les maisons d’édition des prix d’achat compétitif qui permettent à l’auteur adhérent (10€ par an) de conserver ses droits lors d’achat de ses ouvrages (souvent perdus dans ce cas là)... Si des humains veulent me donner un coup de main pour relancer le site et être au bureau ils seront les bienvenus !!!

Propos recueillis par Marie BARRILLON

lundi 25 juin 2012

Lucienne

« La vie moderne… c’est comme un train qui roule et qui accélère peu à peu. Les passagers ne s’en aperçoivent pas et pourtant ils avancent de plus en plus vite… Vers où ? Moi aussi Edmond, je me pose la question et je n’ai pas la réponse… Je crois que personne ne l’a et que tout le monde s’en fiche ! Les gens doivent se dire qu’il ne faut pas s’inquiéter de la destination du train puisque de toute façon il faudra en descendre un jour, comme toi. Alors ils vivent, ils ne se posent pas ces questions qui les embêtent et qui leur fait perdre du temps. »
Extrait du livre

LA VIE ET SES ROUAGES…

"Tiens, bouge pas que je t’arrange un peu la dalle ! Tu vois, ces deux vases en étain, c’est cher mais ça fait de l’usage ! Ils ont au moins deux ans et ils sont comme neufs !" C’est ainsi que commence la journée de Lucienne. Une visite à son défunt mari à qui elle raconte les potins du village : "Toujours à sa fenêtre, la mère Mouchis, à croire qu’elle compte les gens qui passent. On la mettrait dans un pré avec une clôture et des trains qui passent de temps en temps, je suis sûre que ça lui ferait une belle vie."

Quoi faire lorsqu’on n’a plus personne, ni même sa moitié et que la vie n’avance plus qu’au ralenti comme pour nous faire compter les secondes qui s’égrainent sur l’horloge du temps ? Lucienne s’occupe comme elle peut, et puis compter ces fameuses secondes sur l’horloge du temps ça ne lui ressemble pas. Pas gâteuse notre Lucienne !

Dès les premières pages, on a envie de s’accorder à son pas pour une balade dans le temps… dans son temps à elle. Des les premiers mots, on a l’impression d’entendre ses intonations. Elle nous paraitrait presque familière… Lucienne. On ne la connait pas certes, on la découvre et pourtant on pourrait penser qu’elle est là, quelque part, en nous peut-être mais en tout cas pas très loin, à attendre qu’on la suive pour un petit bout de chemin. Et pour cause ! Lorsque l’on observe ces personnes, elles ont un petit quelque chose qui fait qu’on les retrouve les unes dans les autres. Un petit air de "ressemblance". Ce petit quelque chose qui nous donne envie souvent de les protéger, de les servir, de les… aimer, tout simplement.

POUR UN PEU DE TENDRESSE…

Lucienne est attachante dès le début de ce livre malgré son franc-parler, souvent drôle par ailleurs : "Je n’aime pas les vieux ! Ils m’énervent, ils puent… même quand ils sont propres et parfumés […] Je n’aime pas les résignés qui attendent la mort, tremblants sur leur chaise… je n’aime pas non plus les joyeux qui font semblant d’être bien…" Pourtant, elle est consciente et le dit qu’elle est vieille, elle aussi. Elle ne se voile pas la face ! Mais voilà, Lucienne, elle a ses idées. Mignonnes idées en définitive !

On ne trouvera pas une seconde d’ennui à ses côtés. Effectivement, on a plaisir à rester auprès d’elle et désirons que cela dure encore et encore. Elle pourrait être notre grand-mère après tout ! Et puis, le temps avance, elle nous conte sa vie qui n’a pas toujours été très gaie, on s’attendrit encore un peu. Lucienne ! Notre pas s’accorde toujours au sien, n’est-ce pas là l’essentiel. Elle règle ses comptes avec la vie qui ne l’a pas épargnée, tant blessée parfois : "J’en ai assez de subir la volonté des autres ou celle des événements."
Elle les règle aussi avec Edmond qui est au repos dans sa tombe qu’elle entretien jour après jour : "C’est pas parce qu’il y a beaucoup de fleurs sur une tombe que celui qui est dessous est plus aimé !"

Et puis, elle règle son plus gros compte avec le tracteur qui a tué son Edmond. Ce tracteur qui est encore là, dans le chemin à la narguer comme une tache dans son paysage pour lui rappeler que plus rien ne sera comme avant et pour rendre encore plus triste ce qui lui reste de vie : " Je ne veux plus qu’on décide pour moi, je ne veux plus qu’on me traite comme une quantité négligeable, comme une vieillerie dont on n’a rien à faire."

QUAND L'ÂGE NE RIME PAS AVEC FOLIE…

Puis, elle se dévoile un peu plus en nous parlant de son amnésie qui lui a fait perdre de vue ses jeunes années. Des bribes de souvenirs reviennent de loin, très loin. Des bribes, puis des pans entiers : "C’est à croire que mes souvenirs sont restés intacts pendant toutes ces années… Ils n’ont pas servi alors peut-être qu’ils ne se sont pas usés…" Qu’est-ce qu’on aimerait la serrer dans nos bras Lucienne, la chérir un peu, lui donner de la tendresse qu’elle n’a plus parce qu’il n’est pas normal qu’après toute une vie on se retrouve seul à parcourir ce qui en reste, surtout lorsque le temps paraît si long : "C’est bizarre ça !... La pendule est au moins deux fois plus grande ici que dans l’autre bâtiment… c’est peut-être que le temps qui passe est très important pour les vieux et sans importance chez les fous… quand on est fou, on ne vieilli pas !"

Cependant, Lucienne est loin d’être folle. Sa tête est bien présente avec toute la conscience et la lucidité nécessaires pour ne pas perdre pieds : "C’est ma vie qui est un poème !"
Lucienne comme une perle dans un monde qui en manque. Un roman à lire sans concession, sans modération mais surtout à lire avec la tendresse du cœur pour en savourer chaque moment car soyez sûr qu’ici le regard seul ne suffit pas.

Allez chercher Lucienne, chers amis lecteurs et emmenez-là avec vous quelques instants, vous ne le regretterez pas le quart d’une seconde ! Elle est mon coup de cœur et sera peut-être également le vôtre.

Marie BARRILLON

Informations sur le livre :

Titre : Lucienne
Auteur : Jean-Michel BERARDI
ISBN : 9782919139248
Prix : 15 €

Entretien avec Jean-Michel BERARDI

Entretien avec Jean-Michel BERARDI, auteur de "Lucienne",
Editions du Puits de Roulle

100% Auteurs : Lucienne, comment vous est venue cette idée de raconter l’histoire de cette femme septuagénaire, somme toute très sympathique ?

Jean-Michel BERARDI : C’est une très vieille idée. En allant travailler, je passais tous les matins devant le cimetière de mon village et un matin d’octobre, au volant de ma voiture un titre s’est imposé : « Les grilles du cimetière » et derrière ce titre, une vieille dame qui va tous les jours sur la tombe de son défunt mari pour lui tenir compagnie.  J’avais écrit à l’époque, il y a plus de dix ans, les six premiers chapitres sous forme de pensées qui permettaient à Lucienne de philosopher gentiment et d’amoindrir le poids de sa solitude.
Voilà l’idée de départ, après, c’est Lucienne qui a pris les commandes ! 

100% Auteurs : Dans cet ouvrage, on ne peut que s’attacher au personnage principal. Elle pourrait être notre grand-mère pour certains, notre mère pour d’autres. Vous êtes parvenu à attirer les lecteurs dans son histoire avec beaucoup de tendresse. Est-ce que cela fut difficile au niveau rédactionnel de vous glisser dans sa "peau" ?

Jean-Michel BERARDI : Je ne me glisse pas, à proprement parler, dans la peau de Lucienne, je ne fais que la regarder vivre, imaginer ce qu’elle pense. Elle a décidé seule de beaucoup de chose dans cette histoire. J’ai souvent l’impression que mes personnages, une fois inventés, prennent le large et je ne fais que les guider.
Il faut vous dire aussi que j’ai côtoyé pendant toute ma vie des gens comme Lucienne, des gens de la campagne, les pieds bien sur terre avec le bon sens et la sagesse du Périgord. Alors, je n’ai pas eu beaucoup de mal !

100% Auteurs : J’ai adoré de nombreux passages et me suis prise de tendresse et d’affection pour Lucienne, comme beaucoup de lecteurs dont les témoignages vont dans ce même sens. Que ressentez-vous face à tous ces témoignages de sympathie ?

Jean-Michel BERARDI : De la surprise et de la gratitude. De la surprise car je n’imaginais pas que mon histoire puisse intéresser et plaire à tant de lecteurs. De la gratitude envers Stéphanie Lahana, mon éditrice, qui a pris sans hésiter le risque de publier Lucienne et qui, sans elle, n’aurait pas existé.

100% Auteurs : Nous souhaitons évidemment une longue route encore à Lucienne, cependant, y aura-t-il une suite ? Question que se posent certains lecteurs car effectivement la fin laisse entrevoir une possible suite.

Jean-Michel BERARDI : Je suis désolé, Il n’y a pas de suite prévue, mais sait-on jamais ! Avec un personnage comme Lucienne, on peut s’attendre à tout !

100% Auteurs : Sinon, en dehors de Lucienne, y a-t-il d’autres projets littéraires en préparation ?

Jean-Michel BERARDI : Oui, plusieurs autres sont en cours. Je termine actuellement le second tome d’un roman junior fantasy. « Les Colonnes du Mausolée » suivi par « Le Grand Carrefour » qui sont en recherche d’un éditeur. D’ici la rentrée, j’attaque la rédaction d’un nouveau roman adulte plein de rebondissements et de personnages attachants. Le plan est terminé, les idées sont en place, je n’ai plus qu’à écrire !

100% Auteurs : Votre rapport à l’écriture, vous le définiriez comme une passion, un loisir, un passe-temps… ?

Jean-Michel BERARDI : Ah ! Le piège ! Passion serait grandiloquent, loisir ne ferait pas assez sérieux, passe-temps serait je-m’en-foutiste. Réellement, je pense qu’il y a un peu de tout cela. J’adore écrire des histoires et ça me prend beaucoup de temps !

100% Auteurs : Pour mieux nous imaginer vos habitudes d’écriture, avez-vous quelques petites habitudes tenaces, des petites manies indispensables lorsque vous écrivez ?

Jean-Michel BERARDI : Depuis plusieurs années, je me suis convaincu que les mots viennent se poser plus facilement sur des ZAP book format roman et seulement sur les pages de droite... J’écris toujours au stylo Pilot V7 (pardon pour la pub) que je fais venir de France par les amis qui viennent nous voir. Il y a donc un moment où il n’existe qu’un seul exemplaire du manuscrit, ce qui fait trembler mon éditrice. Ensuite, je tape le texte sur mon portable ce qui me sert de réécriture, correction, mise en place des détails, des chapitres, etc. Je n’excelle pas au clavier donc j’y passe beaucoup de temps... et c’est là où je me ronge les ongles.

100% Auteurs : Et pour achever cet agréable entretien avec vous, vous imposez vous un rythme de travail ou au contraire laissez-vous l’imaginaire vous guider pour prendre sa place à sa convenance ?

Jean-Michel BERARDI : Je me laisse beaucoup guider par mon imaginaire, mes personnages font un peu ce qu’ils veulent, parfois trop, mais pas pour les horaires. Je pense très souvent à mon histoire au cours dans la journée, en faisant autre chose, en bricolant, en conduisant, mais je m’installe le stylo à la main tous les soirs (ou presque) de 21h à Minuit. Eh oui ! Je suis du soir !

100% Auteurs : Merci Jean-Michel pour cet échange.

Jean-Michel BERARDI : Merci à vous et aux lecteurs qui ont eu la gentillesse de me lire.

Propos recueillis par Marie BARRILLON pour 100% Auteurs

vendredi 15 juin 2012

Naissance de Trinôme Editions

Naissance de Trinôme Editions

Les mentalités éditoriales sont quelque peu hétéroclites de nos jours, nul besoin de tourner en rond pour s’en apercevoir.

Quand les uns ne cherchent qu’à faire du chiffre à tout prix alors que d’autres désespèrent de grandir ne serait-ce qu’un tout petit peu, les choix littéraires ne sont pas toujours de bonne facture, ni vraiment judicieux. Qu’en est-il alors de la vraie passion ?

C’est dans ce courant là que Trinôme Editions a décidé de s’engager. Pour son fondateur, il ne peut y avoir de vraie littérature que s’il y a une véritable passion.
S’agit-il de publier pour publier ? Ou au contraire de mettre à jour de véritables pépites ?

Trinôme ne publiera pas tout et n’importe quoi car ce n’est et ne pourra jamais être sa devise. Les choix de cette toute nouvelle maison d’édition seront donc très sélectifs car ce qui compte avant tout pour son fondateur comme pour l’équipe qui l’accompagne c’est de présenter aux lecteurs des ouvrages de qualité.

Son fondateur précise clairement que Trinôme : "ne se veut pas complémentaire, en dessous ou au-dessus. Elle se définit simplement comme étant différente avec les valeurs précitées qui nous animent. Aujourd’hui, nous souhaitons démontrer qu’une belle littérature est possible et donner du plaisir aux lecteurs et auteurs amoureux du livre."

C’est donc avec un grand plaisir que Trinôme Editions vous informe que son inauguration aura lieu le samedi 23 juin 2012 à 20h00 au café O Paris, 1 Rue des Envierges, 75020 Paris (Métro Pyrénées).

A cette occasion, il vous sera présenté "L’Agrément" roman de Laure MEZARIGUE, premier ouvrage publié par Trinôme Editions, en présence de l’auteur qui ne manquera pas de se faire le plus grand plaisir de le dédicacer à tous les visiteurs qui feront le souhait de l’acquérir.

Marie BARRILLON

Site internet de Trinôme Editions :

Les ateliers d’écriture de l’Association 100% auteurs

Les ateliers d’écriture de l’Association 100% auteurs

La passion des mots n’est pas la panacée de quelques-uns. Non, c’est une passion qui réunit beaucoup d’entre nous dans un désir de transmettre, de partager, de découvrir… Il en découle un plaisir inégalable.

Moult ateliers voient le jour : ateliers cuisine, ateliers lecture, ateliers poterie, ateliers scrapbooking… et j’en passe !

C’est pourquoi l’Association 100% Auteurs a décidé de créer ses propres ateliers avec pour particularité la présence d’un auteur invité. Elle reste ainsi dans la continuité de son but premier à tout point de vue ainsi que dans l’esprit d’aide aux auteurs. Une manière supplémentaire de faire découvrir ces auteurs, mais cette fois de façon réelle.

Ces ateliers recevront 10 participants par session afin de conserver une juste convivialité et garder suffisamment de temps pour écrire ainsi qu’échanger entre tous. Chacun veillera à respecter tolérance, bienveillance, écoute attentive des autres, respect de l’écriture d’autrui.

Bien entendu, nous souhaitons que ces moments demeurent agréables pour tous. Seront donc proscrits toute agressivité, jugement négatif ou péremptoire, tout comportement contraire à la charte établie ainsi que les retards qui provoqueraient des dérangements et de ce fait gêneraient le bon déroulement des ateliers et l’équilibre de chacun.

Comme nous l’avons dit, chaque session accueillera bénévolement un auteur pour co-animer l’atelier. Ce dernier sera différent pour chaque atelier. L’auteur pourra, s’il le souhaite, apporter des exemplaires de son (ses) livre(s) qui seront exposés au regard des participants qui pourront les acquérir s’ils le désirent, dédicacés par l’auteur, en fin de séance.
Les ateliers seront d’une durée de deux heures trente en moyenne, sauf exception.

Les revenus générés par les ateliers, nous permettront par la suite de mettre en place des rencontres-dédicaces avec vos auteurs et de pallier aux coûts des locaux afférents aux activités : ateliers, rencontres-dédicaces, évènements littéraires…

L’adhésion à l’Association 100% Auteurs est obligatoire pour participer aux ateliers et vaut pour l’année en cours. Son tarif unique est de 10 € et donne ainsi la possibilité de participer à tous les ateliers de l’année moyennant leur règlement.

Des ateliers juniors seront également mis en place pour les adolescents ultérieurement et fonction de la demande. Lors de ces ateliers, seront présents des auteurs jeunesses ciblés et choisis.
Ils seront principalement prévus les mercredis et/ou en période de vacances scolaires afin d’apporter à ces jeunes une activité intéressante et d’octroyer aux parents une certaines tranquillité d’esprit quant aux activités de leurs enfants.

Nous avons également établi des "Conditions générales de participation" ainsi qu’une "Charte" qui seront transmises aux participants avec le bulletin d’inscription.

Nous recherchons donc activement des prêts ponctuels de locaux gracieusement ou à moindres coûts. Toute proposition en ce sens est bienvenue.
Dans cette même idée, nous nous adressons également à la Mairie de Paris ainsi qu’aux Mairies des différents arrondissements, sans oublier les centres culturels parisiens.

La revue 100% Auteurs, continuera d’être ce qu’elle est, tout en vous parlant de temps à autres des ateliers et de leur évolution. Nous y présenterons des textes élaborés lors des différentes sessions avec l’accord express de leurs auteurs.

L’entraide et le partage reste donc notre maître mot !

L’association 100% Auteurs ne reçoit actuellement aucune subvention et ne fonctionne pour l’instant qu’avec les dons et inscriptions aux ateliers d’écriture.

La possibilité vous est donnée de faire un don du montant de votre choix si tel est votre désir ici, sur paypal. Ou encore ultérieurement de vous rendre sur les pages du site de la revue qui sera en ligne très prochainement. Sur chaque page se trouve le logo Paypal.

Toute l’équipe vous remercie de votre fidélité.
  
Marie BARRILLON

http://www.100pour100auteurs.com/ateliers.html

Clara des tempêtes

"Elle avait la réponse tout près, elle la sentait à fleur de conscience mais ne parvenait pas à la toucher."
"Il avait pensé que la vraie richesse, il la possédait déjà avec le bonheur que lui donnaient ses enfants."
"Elle répugnait au mensonge, mais est-ce vraiment mentir que d’omettre de dire une partie de la vérité."
"Le poli de chaque boiserie invitait la main pour une caresse."
"Le bateau se balançait doucement au rythme de la respiration du vent."
Extrait du livre

 D’OÙ VIENT-ELLE…

Curiosité quand tu nous prends dans tes filets, il nous est difficile de nous en échapper. Laura ne fait pas exception à la règle. Lors de l’apparition d’une superbe goélette dans la baie où elle a ses habitudes, au moment même où "elle se préparait à plonger, la baie était déserte. Le temps de sauter et de ressortir la tête de l’eau, il était là, comme par enchantement !", elle est pour le moins interloquée.

Apparition… disparition… apparition… disparition encore. Il n’en faut pas plus à la jeune fille pour chercher à percer ce mystère, emmenant avec elle Alex, son ami d’enfance.
De mémoire elle reproduit en croquis la goélette, cherche, fouine mais cette dernière n’existe pas… du moins, de nos jours. Cependant aucun détails ne lui  échappe. C’est que la mémoire dans sa sélectivité nous amène parfois à l’étonnement.

Combien de fois se dit-on qu’il est incroyable que l’on se souvienne de tel ou tel événement alors que d’autres, parfois plus importants, nous échappent complètement. Et lorsque la curiosité est à son comble c’est encore plus flagrant.

LES SECRETS…

De recherches en recherches, les deux jeunes gens avancent dans leur enquête tout en se rapprochant mutuellement l’un de l’autre. Le bateau a tant de choses à dévoiler, tant de secrets d’un autre âge que Laura et Alex ne résistent pas à monter à bord. Mais est-ce une bonne idée lorsqu’on sait qu’il apparaît et disparaît aussi mystérieusement qu’un fantôme.

Faisant fi de toute prudence, ils y montent et explorent les lieux dans les moindres recoins. Mais au moment d’en repartir, toutes les issues sont closes. Ce bateau vieux de plus d’un siècle leur réserve de bien étranges surprises !

Les deux jeunes gens vont découvrir qui est Théo, Clara mais également l’histoire de la goélette à ses heures de gloire.
Cependant, toutes ces découvertes seront-elles toutes agréables ? La curiosité ne les aura-t-elle pas entraînés sur un terrain dangereux ?

Un superbe roman pour les adolescents mais pas seulement. Les adultes sauront y trouver une bonne part de plaisir ! On notera des explications de mots données au bas des pages afin de permettre toute la compréhension du texte.

Marie BARRILLON

Informations sur le livre :

Titre : Clara des tempêtes
Auteur : Daniel PAGES
Editions : L’Ametlier
ISBN : 9782953586008
Prix : 16,00€



Autant en emporte l'esprit

« Ainsi la haine un jour mourra
A l’ombre verte, verte de joie
Abritée par tous mes pourquoi
[…]
Ainsi le monde, les hommes, les rois
Parleront tous d’une même voix
Scandant très fort la vie est foi. »
Extrait du livre

LA POESIE…


La poésie est parfois un regard sur soi-même comme un besoin d’introspection. Elle libère se qui se dispute intérieurement. Comme un remède pour les uns, un exutoire pour d’autres ou encore un besoin de se dire :

"Je suis l’âme solitaire
Ignorée, totalitaire
Je suis l’être volontaire
Rompue à tout bien faire
[…]
Je suis l’artiste née
De la beauté innée
De la douleur bornée
De la colère tournée…"

La poésie peut aussi être un cri envers ou contre le monde qui nous entoure, celui qui nous torture, nous égaie ou nous effraie :

"Il en faut du courage
Pour contenir toute sa rage
Et sans faire de ravages
Dur poétranger
[…]
Il en faut de l’endurance
Pour encaisser en silence
Les coups bas, médisances
Sage poétranger."

ET SES RAISONS…


Et puis, il y a les SOS, les appels au secours que l’on n’entend pas, qu’on découvre sur les mots comme autant de fractures, de coupures, de blessures, adressés à quelqu’un :

"De Brel à La Fontaine
J’ai puisé dans ma veine
Une verve si soudaine
Que mes filles combien saines
Ont qualifiées de vaines.
[…]
Elles ont osé me dire
Maman tu fais sourire
Quand tu veux devenir
Un livre que l’on doit lire."

En définitive, ces poésies sont autant une recherche de partage avec les autres.
Mais la poésie c’est aussi, souvent, un appel du cœur pour transmettre des messages qui parfois nous brûlent les lèvres quand se n’est les veines :

"Oyez gens d’esprit de bon sens
Dotés de cœur d’intelligence
Vivant au siècle de la science
De la splendeur, magnificence
[…]
Soyons simplement égaux
En combattant tous ces maux
Qui donnent leurs sens à ces mots
Ecrits à l’encre de l’eau."

Et même si les mots ne sont que des mots, ils peuvent dans certains cœurs réceptifs apporter réflexion et méditation. Alors prenons plaisir à lire ce que d’autres ont voulu dire !

Marie BARRILLON

Informations sur le livre :

Titre : Autant en emporte l’esprit
Auteur : Yano Las
Editions : Aile de May
ISBN : 9781447818977
Prix : NC

(Pas de lien Amazon)

lundi 11 juin 2012

L’énarque

« PPB continue : Hérissey est énarque, donc politicien quelque part. Il "sent" l’air du temps. Il se débrouille pour faire accuser Adrien du crime "à la mode" du moment. Celui qui a le plus de chances d’aveugler journalistes et autres faiseurs d’opinions. Et derrière eux, les juges, le parquet, la police et tutti quanti. Il y a quatre ans, Adrien viole une mineure – et aujourd’hui, il tue des femmes à coups de poing… Un peu tordu, certes, mais l’argument tient la route. »
Extrait du livre

QUAND RIEN NE VA PLUS…

Nous avions découvert Daniel GAUTHIER avec son précédent roman, qui ne manquait pas d’intérêt, "Retour à Auschwitz" il y a environ un an et demi (voir la chronique : Retour à Auschwitz).

Nous le retrouvons cette fois avec un thriller excellent qui nous emmène dans l’univers judiciaire puis carcéral. Des méandres bien sombres pour qui y est confronté.

Adrien ZIROTTI, suite à un complot, se retrouve accusé de viol. Garde à vue, détention préventive, procès, puis appel, non lieu… Ses associés en profitent pour tenter de lui prendre son entreprise de conception de jeux vidéo qu’il finira malgré tout par conserver, puis par vendre pour en monter une autre. Toujours dans les jeux vidéo.

Cependant, des malfrats cherchent à lui soutirer les codes source de son projet en cours : Xenglish. Parfois sans même nous en rendre compte, ni même l’imaginer, certaines situations ou réussites attirent toutes les convoitises. Adrien est persuadé qu’il s’agit de ses anciens associés. Les menaces ne tardent pas à arriver.
Il dépose une main courante au commissariat. Bonne idée ou non,  la partie ne fait que commencer, et le cauchemar d’Adrien n’en est qu’à son début.

Son système informatique est "hacké", ses enfants le prennent pour un tueur aidé en ce sens par la mère de son ex femme. Son ex femme justement est assassinée, tout comme sa nouvelle petite amie. Les flics veulent lui faire avouer ces deux crimes qu’il n’a pas commis… Après quarante-huit heures de garde à vue, les choses ne font qu’amplifier.

Il y a des moments dans la vie d’un être où tout va de travers, voire bascule, et dans le cas d’Adrien c’est immanquablement l’apothéose. Qui peut bien en vouloir à ce point à cet homme pour chercher à le détruire par tous les moyens ? Cette question chacun pourrait se la poser dans pareille situation et ce ne serait que réaction bien légitime.

Cependant, dans le même temps, tout semble l’accabler même s’il est relâché à l’issue de la garde à vue. Relâché mais "sous contrôle judiciaire ultra-strict : interdiction de quitter la Région Parisienne, de nous absenter de notre domicile sans autorisation, de nous rendre à E4B, […] obligation d’informer la justice de tout déplacement, de répondre aux convocations…" sans oublier bien entendu d’assortir tout cela d’une caution de quarante mille euros.

RELACHE MAIS… PAS LIBRE !

Rien ne va plus pour Adrien qui heureusement a de précieux amis, et un avocat du tonnerre, qui vont former un "groupe de combat". Et alors qu’il se retrouve à nouveau en prison mais également en danger, son groupe de combat va tout tenter pour le sortir du pétrin, à leurs risques et périls. Y arriveront-ils ?

Nous avons là une superbe histoire excellemment contée. La plume de l’auteur est bien dosée et nous ne rechignons pas à la suivre. Bien au contraire, je dirais !

Daniel Gauthier nous tient en haleine page après page en provoquant non seulement le désir de continuer mais l’envie indomptable de connaître tous les événements tout en attisant le plaisir d’aller jusqu’au bout de notre lecture.

Nous n’aurons donc pas envie de lâcher ce livre avant la fin, sauf obligation, et lorsque nous sommes enfin au bout, nous regretterons presque d’avoir déjà englouti les 359 pages de ce superbe thriller.

Marie BARRILLON

Informations sur le livre :

Titre : L’énarque
Auteur : Daniel Gauthier
Editions : Amalthée
ISBN 13 : 9782310007672
Prix : 21€