#Roman "Camille, regarde devant toi !" à découvrir, ici !

vendredi 30 avril 2010

Le problème

"Une année plus tard, un lundi, il était 10h07 ce jour-là, je n’avais plus mes sandales, mais un pain au chocolat, un croissant et un homme dans mes bras. Nous étions assis ensemble, au café de l’arbre à souhaits, quand nous avons revu Léon. Léon avait fait un voyage durant l’année pour s’aérer et rencontrer de nouveaux oiseaux. Il avait trouvé celle qui partagerait ses couinements."
Extrait du livre

LEON…

Se pose-t-on vraiment les bonnes questions lorsque nous avons un problème c’est ce qu’aborde cet ouvrage illustré, mais pas seulement.
Parfois, il y a tant d’intolérance face à la différence ! C’est ce que "Le problème" nous montre également de façon claire.

Ici, nous allons à la rencontre de plusieurs personnages qui ont tous un problème. Tous, à un moment donné, en arrive à la même conclusion : "Le problème n’est peut-être pas là où je le pense ? Je devrais me poser les bonnes questions." Mais voilà, nous posons-nous les bonnes questions lorsqu’un problème se pose à nous ? Pas toujours ! Nul besoin d’être sorcier pour se rendre à cette évidence.

Dans cet ouvrage, nous faisons la connaissance de Léon, l’oiseau, qui s’avère être d’une grande tristesse. Nous découvrons que la raison de sa peine est son chant. Celui-ci n’a rien d’un chant d’oiseau mais plutôt celui d’un cri de canard. Ce qui fait la risée des autres oiseaux. Pauvre Léon !

L’AMOUR A LE REGARD SAIN !

Léon se sent très seul car aucune dame oiseau ne veut de lui. Il pense être condamné à rester seul toute sa vie. Il y a vraiment de quoi être triste ! Se pose-t-il les bonnes questions, Léon ?
Pourtant Léon "descendait d’une grande famille de chanteurs au soleil levant." Alors, où trouver la réponse ? Voilà une question bien problématique !

Dans le même registre, nous rencontrons Clémentine, l’étudiante, avec un mal de pieds terrible. Puis, Jeannot, le fermier, que les enfants prennent pour le diable avec sa bèche. Et encore, Lucien, le poète, confronté au syndrome de la page blanche, l’inspiration lui faisant cruellement défaut. D’autres personnages encore parcourent ce petit livre.
Tous ont un problème et tous aboutissent à la même réflexion : "Le problème n’est peut-être pas là où je le pense ? Je devrais me poser les bonnes questions."

LA SOLUTION EST SOUVENT LA OU ON NE L’ATTEND PAS !

Léon, notre ami oiseau, visite tous ces personnages. Chacun lui soumet une solution mais toutes sont incompatibles avec sa condition. Peut-être, Léon devrait-il se poser les bonnes questions !

Puis, au cours de ses voyages, Léon se retrouve en Mongolie. Il en reviendra heureux. Son chant n’aura pas changé, il sera toujours celui d’un canard, mais il aura trouvé, au travers de l’amour, une solution à son problème. Comme quoi, il ne s’agit pas de se poser des questions mais simplement de se poser les bonnes questions !

Pour un jeune public
Un prix raisonnable pour ce petit album jeunesse
Une histoire sympathique qui montre aux enfants qu’il faut se poser les bonnes questions pour résoudre un problème.
Mais elle leur montre également la tolérance face à la différence.
On aurait peut-être aimé des illustrations plus colorées, mais ce n’est qu’une affaire de goût personnel.

Marie BARRILLON

Informations sur le livre :

Titre : Le problème
Auteur : Texte : Védrana Donic
Illustrations : Alice Richard
Editions : Védrana Editions
Collection : Porte-Manteau
ISBN 13 : 9782952844239
Prix : 7,00 euros



mardi 20 avril 2010

Eclairs de lune

"L’amour, la guerre, le rêve, l’espoir… Dans ce recueil au titre évocateur, Emmanuel Parmentier brasse des thèmes qui lui sont chers. Un regard tendre et lucide sur un monde qu’il voudrait moins désenchanté."
Extrait de la quatrième de couverture

AMOUR, ESPOIR…

Un monde moins désenchanté, on le souhaiterait tous. Emmanuel Parmentier évoque ici des thèmes cruciaux de notre société actuelle avec tous les sentiments qu’ils comportent. De tous temps, l’être humain a montré qu’il était adepte de l’amour. Il en donne mais n’en reçoit pas toujours, ni même de la même valeur. La réciprocité n’est pas toujours de mise.

Et pourtant, lorsqu’on en reçoit, nous trouvons parfois que ce n’est pas assez. Puis, à trop en vouloir, on peut tout perdre. Mais, on ne s’en rend pas compte au premier abord. On percute après coup. Alors, arrêtons nous sur "effeuiller l’amour" où l’auteur nous ouvre une des portes de la compréhension.

Tous avons rêvé et rêvons encore que les guerres n’existent plus. Ceci étant donc devenu utopique. La preuve en est chaque jour de part le monde.

"La guerre approche
Elle avance à grand pas
Dans peu de temps, elle sera là
Et nous n’aurons plus le choix…
C’est pourquoi mes amis
Je nous ai réunis une dernière fois.
Une dernière fois tant que nous sommes amis…"

Chacun de nous avons notre part de rêve que nous gardons et protégeons jalousement, ou presque. Il est beau de rêver parce que d’une part le rêve apaise et d’autre part il ne fait de mal à personne.

Quant à l’espoir, il est nécessaire. Et comme le dit le dicton, il fait vivre. Il nous permet de croire que ce que nous souhaitons peut encore arriver. Et tant qu’il est là, il nous permet aussi d’avancer d’un pas alerte et volontaire.

TOLERANCE, SOLIDARITE…

Emmanuel Parmentier nous offre une panoplie de tout ce qui fait le monde, la vie avec, comme il sait si bien le faire, des mots bien choisis. Et parfois même de si belles phrases comme des fleurs qu’il nous envoie. Elles viennent du fond de son cœur pour notre plus grand plaisir.

Il nous montre aussi la tolérance :

"Tu es noire
Noire comme le café que j’aime corsé
Noire comme le charbon que l’on a trop exploité
[…]
J’étais blanc
Blanc comme la neige sous nos pas
[…]
Dans tous les cas, c’est sans importance
Car les couleurs, c’est accessoire
Le créateur, dans sa grande déconvenue
A dû les distribuer au hasard…"

En passant, l’auteur nous interpelle, en mettant sous notre nez le manque de solidarité parfois si cruel mais qui trop souvent passe comme si de rien n’était et que nous retrouvons dans "fait d’hiver".

"Il avait bu jusqu’à plus soif
Pour se réchauffer le corps et puis l’esprit
[…]
Mais dehors, il faisait froid
Au moins quinze sous zéro
Dans sa tête, il faisait bon
Mais dans son duvet en carton
Il était quand même mort de froid…"

HOMMAGE AUX MAMANS...

De faits divers en faits de société tout y passe car chaque événement, chaque situation donne à l’auteur de quoi écrire, extérioriser sa pensée. Les mots coulent avec dextérité sans retenue aucune.

Nous saluons également l’hommage à "une mère", comme nombre de poètes l’ont fait et le font encore. Celle qui nous a porté, aimé, choyé sans jamais faillir. Celle qui demeure la première a être adorée :

"Une mère, c’est celle qui vous donne le bien
Le plus précieux et le plus périlleux
La vie
[…]
Une mère, c’est celle qui vous regarde grandir
Avec tendresse, émerveillement
Mais aussi avec un petit pincement
Parce qu’elle sait qu’un jour viendra
Où vous devrez partir…"
Dans ce recueil, Emmanuel Parmentier, se montre tour à tour, doux, tendre, dur, brusque…suivant les thèmes qu’il aborde. Alors, laissons-nous aller à ses chants de colère ou de douceur, tous sont un régal à consommer sans modération !
Pour tous les adeptes de poésies

Marie BARRILLON

Informations sur le livre :

Titre : Eclairs de lune
Auteur : Emmanuel Parmentier
Editions : Edilivre
Collection : Coup de Cœur
ISBN 13 : 9782353353750
Prix : 12,00 euros



lundi 19 avril 2010

Maman chérie

"Ca va être un peu long jusqu’à début Août sans te voir, mais je sais que tu as beaucoup de travail et je sais aussi que tu as besoin d’être un peu seule avec papa, comme tu me l’as dit. J’aimerai bien aussi être un peu seule avec toi de temps en temps mais c’est pas facile pour toi."
Extrait du livre
(Les extraits sont retranscrits tels qu’ils sont présents dans le livre. N’oublions pas que ce sont les mots d’une toute jeune enfant.)

UN AMOUR PLUS QU’UNE ENFANT

"Maman chérie" est la correspondance d’une petite fille vers sa mère pendant les vacances scolaires d’été. Durant toutes ces périodes estivales, Emma est chez ses grands-parents maternels. Elle écrit beaucoup à sa mère qui lui manque, et parfois terriblement. Elle lui raconte tout ce qu’elle fait, mais aussi combien le temps est long sans se voir, surtout les jours de pluie qui réduisent considérablement les activités : "Maintenant je m’ennuie un peu parce qu’il pleut depuis longtemps et je suis dans la maison alors je m’ennuie." Elle lui dit combien elle l’aime et souhaite lui ressembler lorsqu’elle sera grande.

Son papy l’emmène chercher des grenouilles, Emma aime ça : "Elles sautaient partout et j’étais toute mouillée après. S’est amusant les grenouilles sa glisse dans les mains et c’est tout doux."  Mais, sa maman n’est pas vraiment contente car cela sali les vêtements. Papi en prend bonne note pour ne pas mettre la maman de la petite en colère.

Emma écrit à sa mère en quasi permanence. Cette dernière lui manque terriblement par moment surtout lorsque la pluie ne permet aucune activité extérieure : "Maintenant je m’ennuie un peu parce qu’il pleut depuis longtemps et je suis dans la maison alors je m’ennuie."

ON PARDONNE TOUT QUAND ON AIME !

En définitive, au fil des lettres pleines d’amour écrites à sa mère, on réalise que ce n’est pas seulement l’absence qui manque à la petite Emma. C’est un ensemble d’instants plus ou moins importants pour certains adultes mais d’importance capitale pour les enfants. On le ressent dans les mots écrits avec une immense tendresse et une toute aussi grande candeur : "Tu me manque beaucoup. Aujourdhui je suis triste de ne pas t’entendre et ce matin j’ai pleurer […] J’aime beaucou te parlé mais je veux pas te déranger."

On le ressent également dans les passages emprunt de tristesse comme celui-ci : "Moi j’aimerai bien que tu me racontes ce que tu faisais quand tu avais mon âge. Parce que tu ne dis jamais rien sur quand tu étais petite." Emma est une enfant d’une attention particulière envers sa mère. Une attention que toute mère pourrait envier. Chaque activité doit être en concordance avec ce que sa mère aurait préféré, comme d’éviter les activités salissantes.

Emma est aux petits soins pour cette maman toujours surchargée et accaparée par son travail, n’hésitant pas à effectuer des menues taches afin d’alléger le quotidien de sa mère : « Papi il dit qu’à Paris je ferai mieux d’être avec des copines mais si s’était comme ça je pourrai jamais t’aider."

Au fil des étés chez ses grands-parents, Emma ne cesse d’écrire à sa mère. Des lettres et des lettres pleines d’affection et d’attachement où, sans se faire l’avocat du diable, on ne sent pas vraiment de réciprocité : "Je suis désolée si je t’ai écrit beaucoup et alors ça ne te laisse pas beaucoup de temps pour me répondre entre deux lettres, mais je voulais te faire plaisir. Si tu ne peux pas me répondre ça n’est pas grave."

DE L’ENFANT A LA JEUNE FILLE…

De courriers en courriers, Emma grandit et cela ne passe pas inaperçu. Elle réfléchit de plus en plus comme une grande et commence à gagner en maturité. Elle fait d’ailleurs une constatation à sa mère dans une de ses lettres en parlant de ses grands-parents : "C’est amusant quand j’y pense, souvent quand ils parlent, et qu’on parle de toi, ils se mettent à tousser. Parfois je me demande si c’est comme dans les films, s’ils veulent cacher quelque chose."

On aurait aimé en savoir plus sur le relationnel mère/fille et surtout sur les réponses de la maman mais nous n’avons que les correspondances de la fillette. Emma s’avère être une enfant très attentive, d’une grande douceur et d’un immense amour pour sa maman. Une enfant comme on aimerait qu’ils le soient tous.

Les parents d’Emma se séparent et Emma à l’air de prendre cette situation avec sérénité sans vraiment de tristesse, mais n’accepte pas les reproches de son père envers sa mère, encore une preuve d’un amour fusionnel envers elle : "Je ne voulais pas qu’il se mette à nouveau en colère ou qu’il ait des propos désagréables sur toi. Tout ce que j’ai pu entendre cette année avant votre séparation me suffit. Aussi, je me sens un peu mieux depuis que vous êtes séparés."

Une belle enfant à l’âme sensible qui nous charme avec toutes ces jolies lettres.
On aurait sûrement aimé un retour dans ces correspondances.

Marie BARRILLON

Informations sur le livre :

Titre : Maman chérie
Auteur : Anne-Laure Buffet
Editions : Le manuscrit
ISBN 13 : 9782304032284
Prix : 13,90 euros



vendredi 16 avril 2010

Encéphale express

"Durant toute ma vie, je n’avais jamais eu peur de la mort. Mourir ne m’effrayait pas. Ce qui me terrorisait jusqu’alors, c’était de ne plus vivre. Mais à cet instant, regardant dans le miroir mon faciès livide qui me dévisageait, je n’avais plus qu’une seule peur : celle de continuer à vivre. Soudainement, sans aucune raison logique, une salve ininterrompue de questions improbables vint aussitôt encombrer les ruelles escarpées de mon encéphale."
Extrait du livre

UN JOUR PAS COMME LES AUTRES...

Etre quelqu’un comme tout le monde, "un homme comme les autres", et se retrouver du jour au lendemain dans un hôpital psychiatrique, sans aucun souvenir de sa vie, c’est ce qui arrive à Jean-Louis, un jour pas comme les autres. Ne plus être un homme comme les autres, un jour pas comme les autres !

Comment tout peut basculer sans rien voir venir ? Sans s’en rendre compte ? C’est ce que nous allons découvrir dans ce roman.
Jean-Louis avait tout. Un métier où il gagnait bien sa vie, une femme qu’il aimait, une enfant qu’il adorait, une belle maison, une vie… alors ! Tout paraît lui sourire et pourtant…

Il est dans cet hôpital psychiatrique sans aucun souvenir de ce qu’il était avant, ni de ce qui lui est arrivé pour se retrouver là "assis sur un banc, en pyjama, en peignoir et en pantoufles, dans le jardin d’un hôpital psychiatrique […]en train de fixer, totalement immobile et impassible, le tronc d’un arbre."

Jean-Louis cherche à se souvenir mais les images de son passé ne lui viennent que par lambeaux. Il essaie de les mettre bout à bout dans une suite cohérente mais visiblement rien n’est simple.

LES RAISONS DE LA DERAISON NAISSANTE...

A longueur de journée cet arbre est son "ami". Il observe les fourmis cheminant sur le tronc, leur travail acharné : "Il est étonnant de constater que les fourmis, tout comme les abeilles, n’ont pour seule fonction existentielle que le travail […] Aucun divertissement, aucun loisir. […] Il y a en effet beaucoup plus à apprendre des insectes que des humains."

Jean-Louis est là, les yeux rivés sur cet arbre où rien ne peut lui faire dévier le regard. Pas même l’infirmier à quelques mètres derrière lui en permanence. Tout à son observation, Jean-Louis visite ses souvenirs et tente d’en extraire ce dont il a besoin pour se rappeler les événements qui l’ont amené ici, dans cet hôpital psychiatrique.

Lui reviennent en mémoire, furtivement et par bribes, la rupture d’avec sa femme, puis son divorce, la fin d’un mariage heureux aux yeux de tous, y compris aux siens. Puis, la venue d’un huissier de justice pour lui signifier que plus rien ne lui appartient : "Ce jour-là, par une intervention administrative et juridique, menée par une animalerie déchaînée, Aimé et Mérédith avaient définitivement coupé tous les liens élimés qui me raccrochaient encore à la vie sociale."

Statisticien de métier, Jean-Louis, après avoir tout perdu, allait entrer dans un jeu morbide uniquement conduit par lui-même où les statistiques étaient maîtresses. Gagner était le but final obligatoire de ce jeu. Perdre était une catastrophe qu’il n’acceptait pas, n’envisageait pas non plus, pourtant il avait perdu : "La statistique était plus forte que tout […] La défaite était aussi dure à avaler qu’une arête de sole meunière."

TOUT A UNE FIN, MEME LES JEUX...

Jean-Louis, à force de chercher, se souvient avoir "joué", et beaucoup, après sa séparation d’avec sa femme. Joué certes, mais pas n’importe comment. Toujours en ayant à l’esprit les statistiques. De la prostitution sous plusieurs formes à la roulette russe avec son 357, il joue à l’extrême, voir même avec sa propre vie : "J’avais joué et j’avais gagné. Une victoire de plus sur les statistiques. J’étais passé entre ses filets pourtant impitoyablement tendus. Je n’étais pas devenu une statistique."

Puis, dans le temps, le jeu semble perdre de sa saveur première pour Jean-Louis. Il lui faut un autre jeu mais toujours dans le même contexte. Pour renforcer les sensations jubilatoires, il va vraiment mettre sa vie en péril mais ne réussira pas ce qu’il entreprendra.
Naviguant entre la raison et la déraison, il semble que la seconde prenne possession de lui. Jusqu’où vont le mener ses jeux, très morbides pour certains ? A l’hôpital psychiatrique certes, mais pas seulement !

La folie gagne du chemin peu à peu, tranquillement au point que Jean-Louis ne s’en soit pas rendu vraiment compte. Mais est-il bien en réalité celui qu’il pense être ? Et si cette vie qui parcourt son esprit n’était pas la sienne !

Une histoire qui fait parfois frissonner. Alors, allons-y, frissonnons !

Marie BARRILLON

Informations sur le livre :

Titre : Encéphale express
Auteur : Anthony Vossovic
Editions : Persée
ISBN 13 : 9782352164258
Prix : 14,00 euros



mardi 13 avril 2010

C'est la vie

"Cela vaut le coup, j’aime bien la plage. Cependant, je l’aurais bien mieux appréciée à une autre saison car elle est effectivement bondée. On crie, on chuchote, on se bouscule. Et on trouble, sans s’en rendre compte, la belle sérénité du lieu. La mer se bat pourtant comme un beau diable, essayant, à chaque vague, de chasser les indésirables qui reculent puis reviennent à la charge. Le soleil vient à l’aide de son amie marine en chauffant la peau des estivants qui s’enduisent de crème. Les enfants entreprennent de changer la physionomie de la surface terrestre en y érigeant des petits pâtés de sable sous les yeux attendris de leurs parents."
Extrait du livre

QUAND LE TEMPS EST COMPTE...

Que ferions-nous si on nous annonçait qu’il ne nous reste plus que quelques mois à vivre ? Je pense en toute objectivité que nous ne le savons pas ! Nous le saurions que si nous étions réellement et personnellement confrontés à cette "situation". Oh ! Bien sûr, nous pouvons extrapoler autant qu’on le souhaite en pensant sincèrement connaître cette réponse. Mais, qu’en est-il en réalité ? Rien !

Si nous connaissions à l’avance nos réactions face à certaines situations, nombreuses seraient les erreurs que nous ne commettrions pas. Ben sait, lui, ce qu’il va faire et il le sait de source sûre car justement il est dans "la situation" précédemment exposée.

Il a dix-neuf ans, Ben, et on pourrait dire qu’il est à l’aurore de sa vie. Mais, malheureusement, il n’a pas toute la vie devant lui. Cette expression si couramment utilisée, voir parfois pour n’importe motif, ne veut absolument rien dire à mon sens et ne devrait avoir aucune place dans nos dialectes. Et pour cause, nous connaissons, chacun, le début de notre vie mais personne ne sait lorsqu’elle s’achèvera. La vie n’est pas égale pour tous.

A-t-on fini de vivre un jour ? Je pense que non. La vie s’arrête certes, mais nous n’avons jamais fini de vivre. Alors à vingt ans encore moins, nous en conviendrons tous unanimement. Xextrait MalikaX.

Ben apprend qu’il a une tumeur au cerveau. Il "refuse tout traitement" et décide de partir "vivre ces derniers mois puisqu’ils sont "à vivre"…"
Il part sur les routes en auto-stop en direction du sud, bien décidé à faire de ces derniers mois les meilleurs de sa vie parce qu’il est "censé vivre."

UNE RENCONTRE QUI CHANGE TOUT...

Alors qu’il fait du stop, il rencontre Ella qui le prend dans sa voiture. Elle n’est pas plus âgée que lui. Tous les deux sympathisent immédiatement. Quelque chose d’insondable les pousse l’un vers l’autre, ils n’y résistent pas. Ben se laisse "porter" et emporter par cette jeune fille à l’aura étonnante, "si vous voulez vous la représenter, regardez la flamme d’une bougie. Vous distinguez très bien le corps même de la flamme et vous devinez autour un cercle lumineux qui la nimbe et lui confère un côté mystique."

Ella va emmener Ben dans une aventure surprenante et remuante comme il n’aurait pas imaginé en vivre une durant les mois qui lui reste à vivre. Mais, Ben a le sentiment d’"observer une personne assez pure pour apprécier les choses simples que nous offre la Nature".

Mais dans cette aventure, il va découvrir le don de soi, en aidant ceux qui ont tant besoin d’aide car "la recherche du bonheur est certes universelle mais sa définition est bien différente selon le lieu où tu te trouve. […] Mais quelque part, ne sommes-nous pas tous des mourants aspirant à vivre le temps qui nous est imparti le mieux possible."

La vie comme nous l’entendons, est-elle vraiment ce que l’on croit ? Savons-nous vraiment en tirer le meilleur ? Tant de question où chacun pense avoir les réponses ! Au fil de son épopée, Ben en découvre une qu’il n’avait pas imaginée auparavant : "S’épanouir, aller jusqu’au bout de soi-même et mourir accompli, sans rien avoir à regretter ; ne serait-ce pas cela la vie ?" Et si Ben avait raison ! Au vu de se qui lui arrive, il est surement mieux placé que quiconque pour en parler.

On apprécie la légèreté de Ben face à ce qui lui arrive.
L’humour, la tendresse, le partage… Une belle âme que celle de Ben.
Une belle leçon d’humilité.

Marie BARRILLON

Informations sur le livre :

Titre : C’est la vie
Auteur : Flo
Editions : Persée
ISBN 13 : 9782352164722
Prix : 10,00 euros



dimanche 4 avril 2010

Céanothes et Potentilles

"A la question de la santé, tant qu’on l’a, tout va, mais elle vous piègerait sur ce terrain glissant : elle est toute relative. Eh bien oui, quand on fait des constats de sa vie, sur un paillasson marqué "Bienvenue", qu’on a la tête orientée vers une porte close, autrement dit qu’on n’a vue sur rien et qu’on persiste à imaginer que dans ce lieu désert, il pourrait se passer des choses, on peut laisser entendre que la santé n’est pas si bonne. La beauté physique est une notion très discutable, surtout quand on fait partie de ceux qui certifient qu’elle est essentiellement intérieure, et saurez-vous trouver des témoignages certifiés par des personnes frappées de laideur ?"
Extrait du livre

BLANCHE…

Il est difficile de voir et de subir le regard des autres lorsqu’on se trouve en dehors de toutes normes. Mais difficile plus encore d’être confronté à l’indifférence jusqu’à paraître presque invisible aux regards d’autrui. Alors, quand l’amour s’en mêle et que de surcroit il est à sens unique, il y a de quoi perdre les pédales et la raison avec.

Blanche est une passionnée des fleurs, "elle les a toutes sous la main : les rosiers, les pétunias, les bégonias nains." Il est donc presque logique de découvrir qu’elle est vendeuse…de fleurs, bien entendu. Mais parmi toutes ces fleurs, "son cœur se tourne spontanément vers les Céanothes et les Potentilles."

Blanche aime utiliser les expressions d’un autre temps, "elle raffole de ces expressions désuètes et les emploie à tour de bras.[…] Elle dit aussi "papier alu et tricot de peau, chandail et paletot". Elle dit "tantôt" tous les jours."

Elle vit seule dans son studio. Sa vie c’est plus souvent la pépinière que son propre intérieur. Elle part tôt et ne rentre jamais de bonne heure donc, "sa vie est réduite au minimum syndical de réjouissance", et embaume le parfum des fleurs.

LA BEAUTE NE SE MANGE PAS EN SALADE !

Blanche n’a pas d’ami et encore moins d’amies, seulement des voisins qui se plaignent lorsqu’elle fait trop de bruit et qu’elle met la musique à fond pour attirer le seul qui l’intéresse. Mais celui-ci ne se plaint jamais, le comble.

Elle n’est pas très jolie mais n’est pas laide pour autant. Les rondeurs de la gourmandise ont certes pris possession de son corps car "elle descend sans retenue un pot de pâte au chocolat, celle qui, d’ordinaire, sert à tartiner. […] Tant pis si sa balance accuse un kilo supplémentaire, il sera noyé dans la bouée qui lui sert de taille." Ce qui l’ennui le plus ce n’est pas son poids, c’est plutôt qu’elle a l’impression d’être tout simplement invisible aux yeux de tous, y compris à ceux de son fameux voisin Anthony.

Pourtant, elle aimerait bien attirer son attention mais il est des situations où quoi qu’on fasse, rien ne se fait comme on le voudrait. Malgré son déchainement musical, elle ne s’attire que les foudres de tous les autres voisins. Anthony, lui, reste silencieux, étrangement silencieux, impassible.

Blanche va jusqu’à observer les fenêtres de cet homme sur lequel elle a jeté son dévolu, en faisant des contorsions sur son balcon, juste dans l’espoir de l’apercevoir. Et pourquoi pas ! Même si ce n’est pas très correct, elle passe outre. Ce qu’elle ressent est bien plus important à ses yeux qu’une présumée bonne tenue. Alors, elle observe !

QUAND LA DECEPTION PREND SES AISES, TOUT PEUT BASCULER !

Blanche décide de prendre le taureau par les cornes, se met volontairement devant la porte d’Anthony et sonne. Mais c’est peine perdue, il ne répond pas, n’ouvre pas. Pourtant, il est présent elle le sait. Alors, c’est la déception : "Anthony serait un envoyé du diable […] Une créature, le démon fait homme. Il n’a plus de carrure, il n’est plus le bel homme."

La déception entraîne Blanche dans des idées noires, comme tout le monde. Elle blesse, la déception, sans autre formalité. Elle vous vrille le cœur et dépose dans l’esprit le rebut des idées, parfois mal placées. Elle altère les pensées. Blanche n’y échappe pas.

Cependant, Blanche est comme tout le monde, "elle a besoin de tendresse comme pas deux", parce que le chocolat malgré ses vertus et ses prétentions n’a un effet que limité, voir très limité, n’est-ce pas ? Même si cela n’a pas vraiment d’importance pour elle, elle reconnait que "l’avantage d’être mince, c’est qu’on peut se faufiler dans l’embrasure d’une porte et forcer les barrages."

Mais Blanche est tenace et remet le couvert avec la musique, à fond les manivelles. Et rebelote, les plaintes des voisins affluent encore et encore : "Sept d’un coup, c’est le nombre de post-it qui décore sa porte." Et dans tout cela, toujours pas d’Anthony, "Blanche subodore une consommation systématique de boules Quies." S’il était sourd, cela résoudrait l’énigme, mais Blanche ne l’imagine pas une seconde.

L’AMOUR, TOUJOURS L’AMOUR ! LE MOTEUR D’UNE VIE !

Elle a emprunté la pente du vacarme absolu et n’en changera point. Elle est bien déterminée à se faire remarquer. Il se trame bien des choses dans nos esprits lorsqu’on n’accepte, ni ne comprend l’indifférence de quelqu’un, qu’on apprécie de surcroit.

Mais Blanche va au-delà du raisonnable. Si raisonnable on peut dire, dépassant les bornes du respectable. Où peut bien nous emporter l’amour lorsqu’il est incompris de tous, mais surtout du personnage principal ? Loin, jusque dans la bassesse, l’incorrection, la folie ou la dépression. Nous avons tous connu ces effets à des degrés plus ou moins élevés. Nous nous en sommes remis, d’autres pas.

Blanche s’en remettra-t-elle ? Finira-t-elle par voir son souhait exaucé et être aimée ? Peut-être ni l’un, ni l’autre ! Pour le savoir, il suffit d’ouvrir "Céanothes et Potentilles", de plonger dans l’univers de Blanche et de se laisser happer par ce roman qui vaut bien le détour.

On aurait peut-être souhaité plus de suspense.

Marie BARRILLON

Informations sur le livre :

Titre : Céanothes et Potentilles
Auteur : Martine Pagès
Editions : Volpilière
ISBN 13 : 9782917898192
Prix : 11,00 euros