#Roman "Camille, regarde devant toi !" à découvrir, ici !

lundi 23 novembre 2009

La barbarie occidentale

« A la différence de n’importe qu’elle autre guerre, une guerre civile possède ses propres règles. Elle ne reconnaît pas l’ennemi dans celui qui porte un autre uniforme, appartient à une autre armée aux signes distinctifs, mais l’adversaire devient celui qui ne vous plaît pas, celui qu’on n’aime pas, celui qui ne vous revient pas. Thouille en est parfaitement conscient. Il sait que nombreux seront ceux qui vont régler leur compte. »
Extrait du livre

FREDERIC, RATANA, LAN… ET LES AUTRES


Il y a Frédéric qui vit au Cambodge depuis cinq ans. Il garde avec lui Ratana qu’il rémunère au mois comme chauffeur, ceci afin de ne plus se faire racketter dans sa voiture privée et de ne pas courir après les taxis peu scrupuleux. Ici c’est un peu chacun pour soi.

Il y a aussi Ra, un enfant de dix ans mais un enfant qui n’a pas vraiment d’attaches, il « n’a rien d’un écolier sauf à considérer la rue comme une école. » Et comme bien d’autre, il n’a ni famille, ni parents, « personne pour le protéger. »

Lim est également un enfant de la rue, un peu trouillard. Ra le prend sous sa protection, il sait se débrouiller et apprendra à Lim les ficelles de la rue, même si elles sont invisibles, elles existent. Il ne faut pas se laisser tout prendre, ils n’ont déjà presque rien. La rue, là-bas, c’est la loi de la survie.

Chandy est la femme de Ratana. Elle travaille dans une usine de confection, dans des conditions inacceptables que nous ne tolérerions pas. Dix heures par jour à coudre des vêtements, six jours sur sept, douze mois par an. Pas de congés, peu de repos. Le « droit de cuissage » est très présent pour peu que les femmes soient jolies.

Suite à l’obtention de ce travail, Chandy doit donner de son salaire « dix pour-cent qu’elle verse à chaque paie à celui qui le lui a procuré. »

Frédéric passe la plupart de ses soirées dans un cloaque où les filles « gagnent » leur vie, leur pain quotidien, leur subsistance. Ce n’est pas qu’il aime cet endroit mais il y retrouve Lan dont « il est amoureux […] Lan, qu’il tente désespérément de racheter et faute d’y être parvenu jusqu’alors il se présente tous les soirs dans l’établissement pour s’assurer qu’une fois de plus […] elle passera la soirée avec lui et le suivra chez lui. »

Dans le même temps et pas très loin, un coup d’état se prépare : « Un coup d’état ne peut s’organiser sans un minimum d’intervenants. »

SEXE, CORRUPTION…

Frédéric reste dans ce lieu où les filles n’ont d’autres possibilités que de s’offrir aux hommes. Les clients y passent et repassent, certains habitués puis « d’autres clients arrivent […] essentiellement des touristes sexuels qui ne craignent pas l’opprobre. » Ici, le tourisme sexuel n’est pas chose rare, il fait presque partie du « décor ».

Frédéric parvient à persuader la patronne de laisser Lan partir avec lui ce soir encore. La patronne l’aime bien, cet homme. Depuis le temps qu’ils se connaissent, et la générosité constante de Frédéric l’aide à accepter : « J’aurai préféré que tu restes, que tu dépenses un peu d’argent chez moi, mais bon, on ne peut rien refuser aux amis. C’est bon, tu peux l’emmener. »

Lan et Frédéric s’éclipsent. Ratana les emmène. Il les conduit sur son motodoubs. Mais, trois hommes en voiture semblent s’amuser à vouloir les faire tomber. C’est devenu un jeu de renverser les étrangers dans cette contrée.

Le « couple » retrouve l’associé de Frédéric dans un bar. Un associé sans vraiment de scrupules. Un associé comme il en faut en Asie, car là-bas « toute négociation qui se respecte se doit, à un moment ou à un autre, finir en ripaille, le plus souvent agrémentée d’un dessert charnel. » La corruption n’est pas omniprésente, non, elle est à tous les coins de rue, faisant partie intégrante du monde des affaires et même de la vie en général.

Puis, il y a l’orphelinat où Ny « réside ». Ce qui s’y déroule est inimaginable. Les bébés séropositifs ne sont pas adoptables. Ils sont purement et simplement sacrifiés. Ny en a eu la preuve et des vertiges, de la haine ont pris naissance en elle : Deux bébés dans une grosse poubelle métallique se trouvaient là. […] La faim et la chaleur dans cet environnement clos et métallique, avaient eu raison de leurs forces. » Ces bébés n’ont pas d’importance dans ce milieu. L’orphelinat se doit d’offrir des enfants « sains » à l’adoption. Ny en a le cœur retourné.

LES EMEUTES…

Dans le même temps, les émeutes commencent dans les rues. Frédéric en est témoin. Nous sommes en 1997, le coup d’état éclate. Les balles fusent de partout. Les gens courent, hurlent. Frédéric se retrouve bloqué dans l’ambassade américaine d’où personne ne peut ni entrer, ni sortir. Ratana, sachant « son patron » en sécurité, se sauve pour retrouver sa famille : « Les protéger. La seule chose, le seul bien qui mérite qu’on se batte pour lui. » Ce n’est pas le moment de traîner, le danger se trouve de tous les côtés.

Tout au long de ce roman, les rebondissement ne manquent pas. On ne s’y ennui pas une seconde. On cherche, on fouine au fil des pages pour trouver ou retrouver tel ou tel personnage. Tous ces destins au cœur de cette contrée si lointaine ne cherchent qu’à survivre entre haine et corruption, pauvreté et prostitution. Ces êtres n’aspirent qu’à vivre mais ils ne font que survivre. Ils n’ont malheureusement pas d’autres choix que de se plier à cet état de fait.

Ce livre est fort et parfois brutal en nous ouvrant les yeux sur ce qui fait cette société.
L’auteur a vécu onze années au Cambodge, « comme tous ceux qui connaissent bien ce pays, il est passé par les différentes phases : ébahissement, adoration, consternation, haine puis réconciliation. Il y a commencé comme journaliste sans même connaître la langue, puis a cherché par tous les moyens à devenir comme ses habitants, à pouvoir se mettre à leur place, à les comprendre. » (Quatrième de couverture)

Bon rapport qualité/prix pour ce roman qui le mérite à plus d'un titre.
Ce roman nous emmène en voyage dans ce pays où nombre d’aberrations peuvent nous révolter.

Marie BARRILLON

Informations sur le livre :

Titre : La barbarie occidentale
Auteur : Jean Wysock
Editions : Amalthée
ISBN 13 : 9782310001083
Prix : 18,00 euros

mardi 17 novembre 2009

Kartouch

« Soudain les choses étaient claires en lui : il était parti pour réaliser un fantasme de totale irresponsabilité. D’autres pistes avaient été envisagées, qui répondaient chacune à ce même fantasme : pensionnaire de luxe d’un établissement psychiatrique, malade – accessoirement imaginaire – confié aux soins et aux mains expertes d’infirmières, d’assitantes sociales, de nounous. Tout cela criait le même désir suprême : celui de ne devoir plus rien à personne. Celui d’être - enfin ! – pris en charge. »
Extrait du livre

ROBERT DUBOIS…


Robert Dubois est originaire de Bruxelles dont il aime les battements. Son travail n’est pas des plus enthousiasmants, « il n’avait jamais redressé que des impôts. » Sa jeunesse n’avait été guère passionnante et « son adolescent avait fini par s’essouffler. »

Aujourd’hui, il évoluait dans un grand bureau contenant de beaux meubles. Sa vie sociale n’a rien de sociale, disons qu’elle est même assez pauvre, uniquement dotée de « quelques rituels automatiques de mâchoires et de poignées de mains. » Quant à sa vie affective, elle ne s’en porte pas autrement. Il vit dans un « duplex », entendons par là : rez-de-chaussée et cave.
Cette cave, il l’a aménagée de façon sporadique mais pouvant lui permettre d’y écouter un disque sans être entendu. Ce disque, toujours le même, il l’écoute inlassablement lorsque la nuit ne lui accorde pas le sommeil escompté.

Robert Dubois, en réalité, est dépressif. Sa secrétaire l’a surpris à plusieurs reprises en pleine sieste dans son bureau alors que tout le monde est absorbé dans son travail. Cette sieste ne dure jamais très longtemps, quelque cinquante-cinq minutes chaque après-midi, mais la secrétaire n’a pas pu tenir sa langue et l’information a bien fini par faire le tour de tous les bureaux. C’est ainsi qu’il se retrouve affublé du ridicule surnom de « Mr cinquante-cinq minutes » faisant de ce fait honneur à son rang. Mais, Robert Dubois « était allongé dans son bureau comme il était couché dans sa vie », ce qui en disait long sur l’état d’esprit de cet homme, somme toute plus très jeune mais pas encore vieux.
Sa vie amoureuse désertique n’arrange rien, et surtout pas son état mental.

CHANGEMENT DE VIE…


Il en était ainsi de Robert Dubois jusqu’à un matin d’avril où pour lui tout bascule : « Robert Dubois ne se rendrait pas au travail. Ni ce matin-là, ni les matins suivants. A défaut de se suicider, Robert Dubois prit la résolution, ferme et irrévocable, d’aller s’enterrer là-bas, […] vers le lointain Orient. […] Le voyage pouvait commencer. »

Et voilà notre Robert Dubois parti dans une épopée bien étonnante. Le trajet en train, une immense carcasse, s’avère être long et pour le moins fastidieux. Visiblement, il ne souhaite converser avec personne, faisant même croire qu’il est muet en mimant une « gesticulation faciale tout à fait ridicule », restant ainsi en « huit clos » entre lui et lui. Il était, depuis son départ,  dans la tentative de rédaction de poèmes qu’il avait opté de noter sur un carnet. Par deux fois déjà il en avait changé le titre, toujours rattrapé par l’indécision, passant de « Carnets d’un mort-vivant » en « Petite diversion des larmes. » Rien de bien gai.

C’est dans ces conditions de voyage hors du commun que Robert Dubois fait la rencontre de Kartouch. Une rencontre surprenante sans pour autant être des plus agréables au premier abord. Cet homme ressemblait à un fantôme déplaisant et « venait de prendre le contrôle de la vie de Robert Dubois. »

Décidément, rien n’allait plus dans ce voyage, Robert avait été pillé, dépossédé de tout ce qu’il avait. Ne lui restait que son pantalon, sa chemise et ses bottes…et son carnet de poésies, qui visiblement n’intéressait personne. Et ce Kartouch était toujours là !

DES RENCONTRES ETRANGES…


Une panne de train et Robert avait suivi Kartouch, malgré son air hors du commun, dans une « lente pérégrination, au hasard des rivières de fortune, des arbres désolés, parfois même des auberges. Les visages croisés en cette Sibérie orientale étaient aussi rares qu’étrangement divers. »  Au fil des jours, robert Dubois devenait même presque le valet de ce Kartouch. Ce dernier était un drôle d’énergumène qui se vantait de choses qu’il n’avait jamais faites mais se sentait ainsi en position de supériorité. Pour sa part, Robert Dubois restait confiné dans son mutisme afin de ne surtout pas dévoiler qu’il n’était pas muet en réalité.

De surprenantes épopées en étranges rencontres, pour Robert Dubois qui avait souhaité changer de vie pour se perdre, loin, ailleurs, c’était chose tout à fait réussi. Plié aux quatre volontés de Kartouch, il n’osait pas rechigner et encore moins se rebiffer. Encore aurait-il fallut qu’il en ait le courage mais cet état de volonté lui était impossible, voire même inconnu, pleurant parfois comme un enfant devant cet ogre immense et costaud.

Mais alors qu’il fait la connaissance d’Igor, celui-ci lui révèle les élucubrations dont Kartouch se croit originaire, créant ainsi une zizanie supplémentaire dans l’esprit de Robert Dubois, mais le confortant dans l’idée première qu’il avait du colosse comme étant « bel et bien perdu pour la raison […] Kartouch est un météore sauvage qui ne se résume pas à une énigme. »

D’étranges unions en multiples larcins, menus ou non, les trois compères battaient le sol de cette Sibérie orientale. Les choses ne s’en arrêtent pas là. D’autres rencontres, d’autres péripéties rocambolesques emporteront Robert Dubois au fil des pages. Mais, où tout cela va-t-il le mener ?

Quelques jolies phrases, en passant, pour votre plaisir :


« La respiration de sa vie ne tenait plus qu’à un fil. »

« Il y a des moments, dans l’existence, où ce que nous serions à jeun tentés de considérer comme futile et sans enjeu aucun paraît tout à coup essentiel, décisif. »
« Un tigre n’est jamais aussi grand et puissant que quand il est là, face à vous, et qu’il toise votre maigreur. »

« Il ne suffit pas de fuir ses démons pour considérer qu’ils sont définitivement terrassés. »

« Ma poésie, c’est juste d’autres mots pour enjoliver le constat de mon inexistence. En vérité, je suis une toute petite chose. »

« Tu passe ton temps à fuir, à te dissimuler et à trahir mais tu ne trompes jamais que toi-même. »

Marie BARRILLON

Informations sur le livre :

Titre : Kartouch
Auteur : Nicolas Crousse
Editions : Le Somnambule Equivoque
Collection : Fulgurance
ISBN 13 : 9782930377100
Prix : 13,00 €


vendredi 13 novembre 2009

Face à face

« Je suis avec toi sans hier, ni demain. Je suis partout dans une histoire qui se date, de notre première rencontre à nos inquiétudes à poursuivre autrement, de nos certitudes à nous choisir, à la découverte de nos limites posées comme un obstacle à prolonger l’histoire. Bonheur confortable, elle remet en cause sans cesse ce qui pourrait tellement convenir. »
Extrait du livre

COMME UN CONTE DE FEE…


Tout commence par « Il était une fois », comme un conte de fée. Mais…rien n’étant jamais simple, il fallait bien un grain de sable pour enrayer cette douce continuité. Un amour profond où les limites se reculent, où l’envahissement prend forme et inonde, où l’être se reconnaît à l’autre dans une profonde évidence : « Notre histoire est unique, légende, mythe, je ne sais pas ce qui m’attire tant chez toi, je sais simplement que c’est toi. »

L’union se construit, le couple prend forme mais au-delà de cette situation où tout paraît si limpide, il faut parvenir à trouver sa place. C’est la difficulté que rencontre la narratrice.
D’ailleurs, n’est-ce pas la difficulté de bon nombre de femmes ? Prendre part à la vie d’un homme en conjuguant avec l’élément essentiel qui le construit : sa mère. Mais, est-ce possible ? Chercher une place au moins égale à celle-ci. Ne pas tenter de la détrôner, non ce serait une erreur, mais espérer poser les pieds sur la même estrade : « J’observe… et je vois l’enfant en toi, assis entre ta mère et moi tu ne sais qui aimer, faut-il en abandonner une pour choisir l’autre. »

La position est délicate pour la femme, bien moins pour la mère. Cette dernière ne se pose pas la question puisque comme une évidence le cœur de son fils lui est tout acquis. Une simple normalité. Mais la femme, consciente de cette évidence, doit se positionner sans rien dénaturer, même par inadvertance, même involontairement. Et même si « tout s’envisage ensemble comme un même visage pour recouvrir leurs rêves » des doutes persistent.

ETRE PARENTS : UN APPRENTISSAGE…


Puis, dans la continuité de cette vie, faire face à la venue d’un enfant alourdit l’organisation dans ce positionnement. Etre parent, c’est se diviser, se partager, mais aussi se multiplier, l’un envers l’autre, et également envers l’enfant. Mais cette conscience n’est pas toujours présente au premier abord. Il faut trouver d’autres repères pour maintenir cette existence commune, « il cherche une nouvelle place près d’elle, cette mère comme sa propre mère, il voudrait qu’elle le berce […] De la femme à la mère, de qui a-t-il envie ? C’est souvent le cas à la suite d’une naissance, l’homme, le père se sent délaissé, oublié.

L’enfant demande du temps, de l’amour. Y a-t-il assez d’amour dans le cœur pour en distribuer à tout ce petit monde ? Certes oui, mais encore faut-il parvenir à le donner équitablement, ce qui n’est pas toujours facile. Ce qui manque aussi ce n’est pas le sentiment en lui-même, c’est plutôt le temps qui ne permet pas toujours d’être au petit soin de chacun. Il faut se départager et le compte n’est pas forcément équitable : « Je ne t’oublie pas, je construit la mère en moi. Il n’est pas inquiet, juste à côté, sur le banc de touche, en bord de terrain. » 

Dans le même temps, la jeune mère est en apprentissage de son nouveau rôle. Il lui faut l’associer au précédent. Tout est à apprendre. Il n’y a pas de formation, de stage pour être mère. L’apprentissage se fait « sur le tas ». Il faut remplir tous les vides, combler les manques, garnir les cœurs. Chacun aborde ses propres interrogations intérieurement, la mère pas moins que le père : « Je suis mère, tu es père mais sommes-nous encore un couple ? »

La communication ne s’établit pas. Chacun à l’autre bout de l’autre, l’enfant entre les deux. Chacun sa rive au lieu d’être coude à coude, main dans la main, cœur contre cœur. « Ils se scrutent, chacun en attente du premier pas de l’autre, il suffirait de si peu. »
Ce manque de communication les éloigne encore et encore. Lui, travaille de plus en plus, et de plus en plus tard. Il tente de montrer par un autre moyen qu’il est là, qu’il existe et qu’il n’est pas que le père, ce qu’il croit voir dans le regard de sa femme. Elle, elle le voit mais il ne s’en rend pas compte ou elle ne le montre pas, chacun trop occupé à sonder son propre état. Elle est consciente et « elle est fière de ce qu’il fait pour leur fille, leur hutte s’embellit, ils changent de voiture, rassurant salaire qui augmente sans cesse comme augmente ce qui insidieusement les sépare déjà. »

L’un comme l’autre cherche un sens à cette vie qu’ils avaient imaginée autrement, toujours enlacé dans les émois des premiers instants. Il suffirait de peu, de quelques mots dit au moment opportun, de quelques gestes pour retrouver cette unité qui leur échappe. Mais, la femme a besoin de reconnaissance. Elle en a assez de n’être plus que la mère. Elle a besoin de  s’affirmer, se montrer, grandir. Etre et être reconnue : « De la mère à la femme, sacrifice pour y accéder, sentiment d’une perte, ma place chère à payer. […] Pas seulement mère, au-delà de l’épouse la femme se construit. » Lui ne dit rien, laisse faire, accepte, se résigne. Sans mot les distances s’imposent un peu plus, chacun à observer l’autre dans cette vie commune qui n’y ressemble plus vraiment. Vie commune distancée. « Le reproche comme moyen d’expression ».

LA FAUTE AVOUEE…


Le couple fané dans ses émois et peut-être même dans les sentiments parfois. Se voir sans se regarder ou se regarder sans se voir, mais plus se regarder pour se voir vraiment. Tout juste l’apparence des silhouettes qu’ils reconnaissent en l’autre avec leurs changements et les défauts du temps qui se posent en laissant leur emprunte : « Il la regarde à peine, elle a grossi, il lui en veut, elle l’évite, il la fuit. Etonnante course poursuite où il faut surtout tourner le dos à l’autre, éviter toute confrontation. »

Puis, dans la perdition de leur couple, chercher une résurrection, ailleurs. L’infidélité naissante comme une arme fatale mais infidélité pour revivre. Besoin de se voir exister dans un regard, et si ce n’est plus dans celui de son mari, ce sera dans celui d’un autre homme : « Je m’égare quand je te retrouve, parce que je me sais vivante. […] Tromper pour ne pas mourir. […] Je ne savais plus que j’étais belle. »

C’est une erreur. On n’a jamais réglé les problèmes de couple par l’infidélité. Elle en sera consciente, après. Après cet acte fatal qui va les conduire droit vers l’éclatement du couple. Lui s’en va, il lui faut laisser échapper cette douleur qui le brise, et ce cri, « le cri d’une bête assassinée […] On ne retient pas celui qu’on assassine. » Un retour peut-il être possible quand « chacun porte son chagrin » comme une plaie béante ?

Elle va espérer le retour de son mari blessé. L’attente de ce retour devient presque une occupation indispensable à la survie de l’épouse qu’elle est redevenue : « Si mes attentes sont vaines, alors nos chemins ne se croiseront plus. » Il leur faut se réapprendre, se reconstruire, tout refaire mais autrement : « Ils reprennent contact, ils ont laissé passer un peu de temps, le temps du manque, le temps d’un battement de cœur. » Elle s’est cherché longtemps. Il lui a fallut tout briser pour se retrouver. Elle était pour lui avant d’être pour elle-même.

« Face à face » est un récit où l’on se pose des questions sur soi-même. Est-on pour nous-même avant d’être pour l’autre ? Souvent, nous vivons en couple, heureux de l’être, nous voulons le croire mais nous voyons-nous vraiment sur le fil du quotidien que nous traversons ? Les jours passent mais la vision s’éteint et comme clairement exprimé dans ce livre, souvent nous n’apercevons plus que la mère, le père, et non plus la femme, l’homme. Pourtant, avant d’être les premiers, nous sommes avant tout les seconds.


A certains, ce livre apportera peut-être une remise en question avec de bonnes interrogations.
Quelques petits défauts de typographie sont à noter mais qui ne dénaturent pas l’ouvrage.

Marie BARRILLON

Informations sur le livre :

Titre : Face à face
Auteur : Anne Leuret
Editions : Praelego
ISBN 13 : 9782813100054
Prix : 12,00 euros

lundi 9 novembre 2009

Entretien avec Claire Tournu

Entretien avec Claire Tournu

(Diables d’anges, éditions Yvelinedition)

 

1001 LIVRES : Comment t’est venue l’idée d’écrire ce roman « Diables d’anges », mi-ange mi-démon ?

Claire TOURNU :  « Diables d’anges ! » est l’histoire romancée de mon arrivée sur terre. Ce qui s’est passé, ce qui pourrait expliquer que cela s’est passé comme ça et pas classiquement, ce qui aurait pu arriver, ce que l’explication romancée, avec cette lutte du bien contre le mal et vice versa aurait pu nourrir comme complications, comme cadeaux aussi .
« Diables d’anges ! » est mon premier roman, il était aussi logique que ce petit roman qui allait accoucher de son auteur soit sur le thème de la maternité, de l’arrivée. Ce n’est pas que le roman de ma naissance, c’est aussi le roman de la naissance de l’auteur. C’est un bébé-roman.

1001 LIVRES : Quelle place l’écriture tient-elle dans ton quotidien ?

Claire TOURNU : L’écriture est omniprésente dans ma vie. J’écris, je note, je surligne, je fais des bilans, des plans, des résumés. Je fais des listes, que j’oublie un peu partout. C’est presque mon seul média mnémotechnique. Je pourrais dire que la place de l’écriture dans ma vie, c’est surtout celle d’une très bonne et vieille amie, de ces amis qui vous connaissent sur le bout des doigts, avec lesquels on a autant de fou rires que de peines, de ceux avec lesquels on se fâche aussi vite qu’on se réconcilie. L’écriture est ma plus vieille amie, la plus fidèle aussi mais pas la moins exigeante.

1001 LIVRES : As-tu des moments plus propices que d’autres pour écrire ?

Claire TOURNU : J’ai pendant un moment principalement écrit fort tôt, le matin entre 5h et 7h du matin ou fort tard. Aujourd’hui, j’écris plutôt le matin et l’après midi, sur des périodes un peu trop courtes à mon goût, de deux heures, environ, mais incontournables.

1001 LIVRES : Quelles sont les lectures qui ont ta préférence ?

Claire TOURNU : Côté lectures, je suis extrêmement sélective. J’aime les livres, romans ou essais, forts en émotions mais aussi très forts en concepts, en rêves, en sous-entendus, en thèmes sous-marins, en subtilité. J’admire beaucoup Jean-Christian Petitfils pour son travail d’historien et sa plume qui n’a pas à rougir devant de jolies lignes. J’adore la bonne fantasy (je ne suis pas cliente des trolls et autres gnomes) et j’ai une tendresse pour la littérature gothique (Frankenstein, Dracula, l’étrange cas du docteur Jekyll  et de Mr Hyde...) Dracula de Bram Stoker est mon livre de chevet. C’est celui auquel je reviens toujours.

En ce moment, je lis l’auteur Robbin Hobb, non pour son royal assassin mais pour son soldat chamane. Je ne me lasse pas non plus de Molière, que je relis fréquemment. Si on veut me faire plaisir, on peut m’offrir le dernier livre de Christian Ingret-Taillard, aussi !

1001 LIVRES : Lorsque tu écris, élabores-tu un plan auquel tu te tiens, ou au contraire écris-tu à l’instinct ?

Claire TOURNU : C’est plus compliqué que cela. Je sais avant tout quel(s) thème(s) je veux aborder. Ensuite, je commence toujours l’écriture par la lecture. Ma question principale avant d’écrire est de me demander comment le(s) thème(s) a été traité, quelles symboliques ont déjà été exploitées, quels personnages stéréotypés ont déjà été faits. Je lis mais je regarde aussi pas mal de films ou émissions, j’écoute certaines musiques. Je m’imprègne, en fait. Je vais me plonger dans une gamme qui sera étendue dans le temps et dans le choix : quel mauvais livre a été écrit sur ce thème et pourquoi est-il mauvais ? Quel bon livre a été écrit ? Comment ce thème était-il développé  il y a cinq siècles, par exemple ?

Ensuite, je mets au point des personnages. Je prends des notes, j’imagine leur vie, leurs petits tics, leurs défauts. Quels points faudra-t-il que je développe pour que le lecteur sache que mon personnage est comme ceci, avec cette éducation, ces principes là, etc. Quelle sera l’utilité ou non de mon personnage ? Je trouve un prénom qui évoquera déjà tout un tas de concepts même enfouis à mon lecteur.

Appeler son héros Alexandre, ce n’est pas la même chose que de l’appeler Niel, par exemple. Dans Diables d’anges ! Par exemple, les prénoms des personnages sont très évocateurs, de leur rôle, de leur passé et de leur avenir, de leurs qualités et défauts. Ils sont ancrés fortement dans le récit par ces racines-là. Quand je « sens » un peu mieux les thèmes, que je les ai fait miens, que j’ai ciselé mes personnages, j’imagine une situation de départ et passe d’un personnage à un autre, me mettant dans sa peau, dans sa vie, dans sa tête. Mon alcoolique ne va pas réagir comme mon prof policé, ni comme ma copine farfelue.

Une fois la situation de départ mise en place et mes personnages présentés, là, opère la vraie magie de l’écrit. Tout soudain, l’histoire se met en place. Je le sens, le pressens presque et mes personnages vivent presque seuls. Ils réagissent les uns aux autres, surgissent ou disparaissent. L’histoire devient une entité quasi autonome. La structure se met en place quasiment toute seule avec les personnages, leur rôle et là où je veux aboutir. Très souvent, j’écris pour savoir la suite moi-même.
1001 LIVRES : Où trouves-tu ton inspiration ?

Claire TOURNU : Je trouve la question de l’inspiration très difficile. Comment répondre ? Si l’inspiration est un souffle, alors, je la trouve dans mon besoin de respirer. Naturel. Si l’inspiration est la faculté de mettre en scène certains rebondissements par le biais de l’imagination, alors je la trouve dans tout ce qui pourrait me nourrir intellectuellement mais aussi humainement, artistiquement. Je lis, j’écoute, je regarde des films, des documentaires, des plateaux de gens qui se rencontrent, je suis active au sein de ma commune, j’ai des enfants.

Tout cela vit, bouge, agit, interagit parfois. Souvent, je vois des gens, des mimiques, des situations ou j’entends des choses qui me semblent être des éléments de roman. Peut-être les ai-je déjà utilisés, mais je ne l’ai pas fait sciemment. Pour le deuxième roman, un personnage est empreint de vieux souvenirs de lycée mais uniquement pour le physique.

1001 LIVRES : Ta fille écrit également. Elle est l’auteur d’un recueil de poésies "Renaissance" publié sous le nom de Moy, dont j’ai fait la chronique. Est-ce en définitive, une passion familiale ?

Claire TOURNU : Oui, ma fille écrit aussi. Elle écrit de la poésie. Avec un certain talent dans le rythme, le sens de la formule, talent que je n’ai pas. Elle est très différente dans ces goûts littéraires, dans ces utilisations des effets stylistiques de moi. Ses thèmes diffèrent. Est-ce une passion familiale ? Je ne sais pas le dire. Peut-être que non, après tout. Ce qui est sûr, c’est que j’ai voulu leur donner le goût de la lecture, à ses frères et sœurs et à elle-même, avec un succès très variable d’un enfant à l’autre. J’aime beaucoup ce qu’elle fait, elle écrit avec une certaine maturité et une jolie maîtrise de son domaine. C’est un partage familial.

1001 LIVRES : Quels sont tes projets à venir ? D’autres romans ?

Claire TOURNU : En ce qui concerne mes projets, je travaille en ce moment à la promotion de mon deuxième roman, en le faisant découvrir autour de moi. Je participe à l’écriture du scénario d’un spectacle au sein de la commission culture de la mairie de ma ville. Je travaille également à l’organisation d’un salon du livre à Xaronval, dans les Vosges, salon qui devrait cette année s’enrichir de prix littéraires. Tout ceci est en cours. Côté roman, je suis en phase de gestation. Je couve un petit, dont le titre s’est imposé à moi « Les rois aussi savent dire je t’aime » avec des thèmes ou des sous-thèmes gravitant autour de la femme, de l’enfantement dans ce qu’il a de douloureux pour l’âme et le corps, de l’amour de soi et de l’autre et de la liberté.

Oui, Marie, je sais ce que tu vas me dire : toujours les mêmes thèmes ! Mais je les crois fondamentaux en vérité pour toute société qui accepte de réfléchir encore un peu sur elle-même et sur les hommes qui la portent. Pour le moment, seulement un personnage est sorti de sa coquille. Le roi lui-même ne sera sûrement qu’un second rôle et n’a pas encore pris place dans mon imagination.

Propos recueillis par Marie BARRILLON

Diables d'anges

« Claire se ronge les ongles : en dix jours, une voyante lui a prédit qu’elle aurait un bébé avec un autre homme que le sien, elle a rencontré un gynécologue fou qui a prétendu qu’ « on » la met régulièrement en pause cardiaque, elle a discuté avec le diable via ses pieds, a fait une chute dans l’escalier et a subi une intervention orthopédique et la voilà à moitié nue, dans son jardin en pleine nuit, inquiète d’avoir vexé une grenouille dont elle ne sait rien… »
Extrait du livre

UN BEBE OU PAS !


Ce roman commence avec en fond un air de gospel qui appelle à la lecture. On se sent soudain prisonnier des mots mais on s’y sent vraiment bien. On se laisse couler doucement dans les pages.

Claire est dans la salle d’attente du médecin. En patientant, elle échange quelques mots avec une dame âgée. Rien que de très banal. Sauf que… !
Le médecin ne comprend pas lorsque Claire lui parle de la vieille dame. Il est persuadé de n’avoir vu personne d’autre dans la salle d’attente, Claire étant sa dernière patiente. Pourtant elle n’en démord pas. Il y avait bien une vieille dame et elles avaient même fredonné un air de gospel ensemble.

Claire désespère d’enfanter un jour. Toutes ses tentatives n’aboutissent pas. Pas de bébé en vue. Elle désespère dans son ventre mais pas vraiment dans son cœur. « Non pas que les enfants l’indiffèrent, au contraire, mais elle était si occupée, si comblée, emplie déjà que bien que son ventre reste vide, sa vie, elle, était toujours rondes. […] Les bébés surtout la laissaient de marbre, tandis qu’elle rêvait déjà d’un profond échange avec son enfant à elle. » N’est-ce pas là une certaine contradiction ?

Elle est pourtant normalement constituée, son mari aussi d’ailleurs. Elle est une femme satisfaite également. Qu’est-ce qui pourrait bien clocher ? Est-elle assez adulte elle-même pour procréer ? « Elle avait échafaudé une hypothèse métaphysique selon laquelle elle n’était pas elle-même un être assez abouti pour qu’un enfant aussi inconscient, naïf ou téméraire soit-il, puisse prendre le risque de s’installer dans son ventre à elle. »

Son amie Céleste s’y met aussi à grands renforts d’arguments, lui suggérant une visite chez une voyante qu’elle a trouvée, et paraît-il, qui est géniale : « Je te dis qu’elle voit en toi et c’est super, ça va peut-être te faire avancer pour le bébé ! Ah, nous y voilà ! Elle a lâché le morceau : Le morveux. » 

CHACUN SON GRAIN DE SEL !


Mais pourquoi diable tout le monde souhaite y mettre son grain de sel comme si le monde tournait uniquement autour du ventre de Claire. Grand bien en fasse à Céleste, elle ira chez la voyante. Elle ne souhaite pas la contrarier, son ventre à elle est très rond et porte la vie, lui, ce n’est pas le moment de semer la zizanie.

En se rendant chez la voyante, Sibille, Claire aperçoit la vieille dame au loin. Mais qui est-elle ? Que fait-elle sur ce chemin ?
La visite se passe de manière plutôt étrange. Sibille lui demande si elle a rencontré la vieille dame, lui conseille de s’en méfier, de faire les bons choix lors de ses prochaines rencontres. Nous avons tous des choix à faire mais nous ne savons jamais à l’avance quels sont les bons ou les mauvais. Claire ressort dépitée, elle n’aurait pas épousé le bon père. Quelle idée saugrenue s’est emparée de l’esprit de la voyante !

Sur les conseils de Sibille, Claire enquête sur les circonstances de sa naissance. Circonstances pour le moins étonnantes. Ce que lui révèle le médecin qui l’a mise au monde est purement ahurissant, à la limite de la folie dont elle le soupçonne atteint : « Le monde est-il donc hanté que de malade ? […] Il a rêvé, un jour, un cauchemar et le lui avait servi aujourd’hui. »  Mais, tout comme la voyante, il lui conseille de faire attention à ses prochaines rencontres.
Dans quelles bizarreries évoluait-elle ? Mystère ! Claire n’en reste pas là, très déterminée, elle poursuit ses investigations.

Arrive Madeleine, la meilleure amie de Claire. Que cache-t-on à une meilleure amie ? Rien, normalement, pourtant Claire ne dit rien de ce qui la taraude. Mais, Madeleine n’est pas dupe.
Les deux femmes ont une personnalité opposée mais une entente parfaite. Quand on se connaît à ce point, on ne peut rien cacher à l’autre qui vous devine préoccupé. Nul besoin de mot. De toute façon, cet ami vous percera à force de vous sonder. Et Madeleine devine qu’il y a anguille sous roche : « Ca y est, elle a sorti griffes et canines acérées, elle dépiaute sa proie lambeau de Claire par lambeau de Claire. »  Celle-ci parle enfin de cette folie passagère dont a fait preuve le médecin. Etait-ce vraiment de la folie ?

LE DIABLE VEILLE !


Claire se surprend à répondre à une voix qui s’adresse à elle alors qu’elle est seule chez elle. Questions, réponses, hallucinations. On se rassure comme on peut. Claire se rassure : « Et voilà ! Les hallucinations la guettaient depuis qu’elle écoute de la techno à trop forte dose mais c’est arrivé, « les hallu » sonores attaquent : ses pieds lui parlent ! » Elle se ressaisit mais décidément rien ne va comme il faut et tout semble se liguer contre elle. Une mauvaise chute dans l’escalier, Belzébuth n’y serait peut-être pas étranger, allons savoir ! C’est à l’hôpital qu’elle se réveille.

De retour chez elle tout se passe bien jusqu’à un soir tranquille où c’est une grenouille, celle qui a élu domicile dans son jardin, qui se met à lui parler, « pestée et solidement campée sur ses deux pattes, devant Claire, elle la dévisage, un sourire de grenouille accroché haut, sur ses pommettes verdâtres. Répondrait-on à une grenouille ? »

Claire en a assez. Qu’a-t-on bien pu lui faire pour accumuler autant d’hallucinations ? Pourtant, elle n’est pas empreinte de folie, de cela elle est certaine et « elle n’a jamais aimé l’inconfort de l’obsession, ça n’apporte rien, ça nuit à la réflexion. » Mais alors quoi ?

Heureusement qu’Erik, son mari, est auprès d’elle à la soutenir envers et contre tout, sans jamais de jugement déplacé. L’amour, c’est cela, une merveille entre deux êtres qui se comprennent sans parfois prononcer le moindre mot et font de leurs vies une complémentarité sans se poser de questions inutiles, que « leurs regards se croisent, comme deux paumes qui se referment l’une sur l’autre, enfermant tendrement les années, les sentiments, l’amour et l’amitié qui les lient. »

Au fil des jours, rien ne s’améliore, bien au contraire, les incohérences assaillent Claire qui se demande sérieusement si elle n’est pas en train de plonger doucement dans la folie. On s’interrogerait pour bien moins que cela. Erik tente de la rassurer tant bien que mal : « Relax ! Ce n’est pas parce que tu as cru entendre qu’on s’adressait à toi à la radio, que tu as vu le chat te sourire et que tu es sûre que Dieu et Diable essaient de te récupérer que tu es folle. Tu es surmenée, c’est tout ! » Comme ils sont mignons nos hommes lorsqu’ils prennent pour un rien une situation rocambolesque. Comme ils sont adorables à tenter de nous rassurer, parfois bien maladroitement. On ne leur en veut pas, l’intention est là, c’est bien le principal.

Surmenée, oui, là aussi, on le serait à moins ! Claire patauge dans tout ce magma. Jusqu’où tout cela va-t-il la mener ? Est-ce que cela va s’arrêter un jour ? Ou bien est-elle condamnée à perpétuité à être partagé entre Dieu et Diable avec une grenouille vaillante pour compagnie, un chat souriant ou encore des pieds bavards ?

Un magnifique roman plein de suspense où les anges jouent à cache-cache, hésitant entre le bien et le mal, mais en tout cas sans violence.

Un roman adorable qui vous emporte sans jamais vous lâcher de la première à la dernière page.
Avec ce roman, c’est une très belle rencontre assurée qui vous hantera tant que vous ne l’aurez pas achevé.
Une jolie plume blanche et douce orne la couverture, apportant une note de douceur supplémentaire à l’ouvrage.
« Diables d’anges », mon coup de cœur de l’automne.

Marie BARRILLON

Informations sur le livre :

Titre : Diables d’anges
Auteur : Claire Tournu
Editions : Yvelinedition
ISBN 13 : 9782846681261
Prix : 14,00 euros