#Roman "Camille, regarde devant toi !" à découvrir, ici !

vendredi 29 mai 2009

Un petit pas pour l'homme

Un petit pas pour l'homme de Stéphane DOMPIERRE, Editions Michel Lafon

 
« C’est en fouillant dans le tiroir de sous-vêtements des hommes qu’on sait s’ils sont actifs sexuellement. L’individu abstinent néglige trop souvent l’entretien de ses dessous, car il sait qu’il n’aura pas à les exhiber devant une fille curieuse de découvrir ce qui se cache dedans. Je n’ai pas encore eu le temps de faire la mise à jour de ma garde-robe en fonction de mon statut d’homme copulant : ce que j’ai devant les yeux est déplorable. »
Extrait du livre

CHANGEMENT DE VIE…


Daniel plaque sa vie de couple après six ans de vie avec Sophie. C’est arrivé comme une évidence en « deux secondes de lucidités. Et ces deux secondes peuvent changer une vie. »
Après un mois et quatre jours de réflexions intenses sur la façon de lui annoncer, il laisse simplement tomber cette phrase, cette toute petite phrase qui résume en trois mots un discours inutile : « je t’aime plus. Murmuré dans un souffle léger »

Après cette étape qui lui apporte soulagement parce que Sophie n’a pas réagit en hystérique comme il l’avait imaginé, Daniel entre dans la première des cinq phases du célibat : « Phase 1 : Ce soir, je baise. »

Dans cette étape suivant sa fraîche rupture, il ne pense qu’aux filles, aux femmes en se disant : « je n’ai pas envie que cette chose recroquevillée dans mon pantalon sèche et finisse par tomber. » Mais de la pensée aux actes, il y a parfois un énorme fossé. Le temps passe et cet instinct de bestialité qui l’anime s’évapore doucement. Parce qu’il ne suffit pas seulement d’y penser pour que cela arrive, ce serait bien trop facile.

POUR FINALEMENT QUOI FAIRE ?


Lentement sans même s’en apercevoir, les pensées de Daniel changent de cap pour entrer alors dans la « Phase 2 : Je ne veux plus voir personne. »
La déprime s’incruste insidieusement.

Gagné par cette déprime qui devient lancinante, grandissant de jour en jour, il se pose de véritables questions existentielles sur ce qu’il a fait de sa vie durant toutes ces années, jusqu’à ne plus savoir vraiment ce qu’il veut, ni attend de l’avenir. Plus rien ne l’intéresse, pas même le sexe dont l’importance s’amenuise considérablement et qu’il a laissé, bon gré, mal gré de côté depuis sa rupture désirée, provoquée.

Il réalise et s’avoue : « Cent quarante jours sans sexe. Voilà où mes conneries m’ont menée. Rompre c’est comme tomber amoureux, on ne s’y prépare jamais assez. »

EN DEFINITIVE, ETAIT-CE LE BON CHOIX CETTE RUPTURE ?

Dans cette descente dans la déprime qui lui laisse un certain traumatisme, Daniel se fond, là aussi, sans s’en rendre compte dans la « Phase 3 : Appelez-moi quelqu’un. » Puis, la Phase 4 : On est bien tout seul. »

Il passe ces différents caps, un à un, traversant plus de bas que hauts, ne sachant plus du tout ce qu’il veut entre être seul ou non, quelles que soient les compagnies. En arrivant même à rester stoïque assis sur le bord de son lit à ne plus penser à rien et « ce ne sont pas des blagues, quand l’homme dit qu’il ne pense à rien il ne pense à rien. »

Le ton est léger et plein d’humour et la narration est loin d’être ennuyeuse. De sourires en rires parfois aussi, on se laisse porter par le plaisir du style parfois tranchant, mais loin d’être narcissique de Stéphane Dompierre.


Pour tous parce que l’humour ne manque pas.
L’auteur nous transporte dans le monde de l’homme célibataire. Sans complaisance, il nous raconte ce périple que traverse l’homme (et peut-être même la femme) après la rupture.
Le style n’est ni recherché, ni hautain, tout juste naturel comme s’il était écrit comme on parle, mais avec beaucoup d’humour en plus.


Informations sur le livre :

Auteur : Stéphane Dompierre
Editions : Michel Lafon
ISBN 13 : 9782749909042
Prix : 14,95 euros
Format Kindle : 7,99€

jeudi 28 mai 2009

Michèle Sébal : Merci

Dessin (et texte) réalisé et offert par Michèle Sébal lors de notre première rencontre pour la dédicace de son ouvrage "Miel des lunes" à la Terrasse de Gutenberg.


lundi 25 mai 2009

Miel des lunes

« N’ai-je pas rêvé, moi aussi ? Mais non, le rire de So résonne encore dans ma tête. Hallucination, c’est ça, une hallucination. Le trop grand intérêt que je porte à cette patiente m’a fait partager ses fantasmes… Télépathie, hallucination… Je connais. Là, c’est autre chose. J’ai réellement vu ces créatures étranges. J’ai entendu ce rire. Même si ma raison refuse de l’admettre, je sais que tout cela a eu un moment de réalité. »
Extrait du livre

JANICE


Raoul est psychanalyste. Il reçoit Janice, une patiente pense-t-il ordinaire, qui d’après un confrère, aurai besoin d’aide.
D’entrevues en entrevues, la vie de Janice lui apparaît parsemée d’événements qu’elle parvient si difficilement à extraire, parlant plus « du silence, de son silence et de ses peurs, déshabillant son présent avec une étonnante facilité. »

Janice se trouve dans deux mondes parallèles. Entre rêves et réalité, tout se mélange et se confond. Raoul se découvre, bien malgré lui, témoin d’un de ces rêves. Eberlué, halluciné, il pense avoir été victime d’hallucinations profondes alors que tout lui semble avoir été si réel. Mais il demeure persuadé d’avoir « réellement vu ces créatures étranges. »

Petit à petit, Janice prend involontairement une place énorme dans le cœur et l’esprit de Raoul. Malgré l’éthique, il se laisse emporter par ses sentiments grandissants à vive allure. Emporté dans le rêve de Janice qui prend forme, ils font l’amour comme jamais Raoul n’aurait pu imaginer le faire. Telle une féerie tourbillonnante, il se laisse inonder.

PARFOIS LA REALITE PREND UNE FORME INATTENDUE…


Raoul se trouve obligé de cesser la thérapie de Janice. Trop touché par ce qu’il perçoit. Trop enveloppé de sentiments. Mais, il ne se détache pas d’elle en tant que personne.
Tarita, la nourrice de Janice depuis toujours, est là, bienveillante sur sa petite fée. Elle est la confidente de l’une, et devient celle du « docteur » comme elle l’appelle. Elle lui raconte Janice, son enfance, sa vie. Raoul écoute, il veut tout savoir comme un besoin viscéral.

Raoul perçoit que l’état mental de Janice se dégrade, il en parle à Jasper, son mentor. En accord, ils décident de l’hospitaliser afin de la garder sous surveillance.
Armée d’une équipe de chercheurs, ils vont tenter de comprendre l’impossible. Tous vont se voir atteints par de fulgurantes hallucinations profondes, comme Raoul la première fois.

Janice, enfermée dans une chambre bleue sous vidéo-surveillance, va leur faire apparaître un monde qu’ils n’imagineraient pas, même dans les pires délires. Par l’apparition de créatures surnaturelles, elle va faire vaciller leurs connaissances de chercheurs.

On se laisse emporter avec délectation dans cette histoire sans se poser de questions. Emporté aussi par les descriptions détaillées et réussies des personnages mystiques qui peuvent faire frissonner à les imaginer. On doute dans les premières pages pour mieux comprendre ensuite. Les capacités de l’une déroutent les connaissances l’autre et le lecteur en subit le même résultat.


Pour tout lecteur aimant les histoires un peu mystiques.
L’auteur nous transporte dans un monde mi-réel, mi-surnaturel avec des détails parfois très surprenants, voire troublants.
La couverture représente une peinture superbe de l’auteur intitulée  « L’illusion »
Un joli marque-page rappelant la couverture se trouve dans le livre, une sympathique attention.
Les couleurs de la couverture s’effacent assez vite, ce qui fait qu’à le transporter partout les bords et la tranche s’en trouvent blanchis. Mais, c’est vraiment le seul petit bémol.

Marie BARRILLON

Informations sur le livre :

Titre : Miel des lunes
Auteur : Michèle Sébal
Editions : Glyphe
ISBN 13 : 9782352850533
Prix : 17,00 euros

vendredi 22 mai 2009

Ne mâchons pas nos maux

« Le consommateur se trouve donc dans une situation paradoxale. Préoccupé par son pouvoir d’achat, il éprouve de réelles difficultés à boucler son budget. Frappé de plein fouet par la hausse du prix de l’essence, des loyers, des matières premières, il essaie tant que faire se peut d’économiser sur son alimentation. C’est sans doute pourquoi les magasins hard discount ne se sont jamais aussi bien portés et représentent aujourd’hui 13,7% de part de marché en valeur. »
Extrait du livre

COMMENT CONSOMMONS-NOUS ?


De nos jours, nous ne mangeons plus par besoin et plaisir mais par besoin uniquement, c’est ce qui semble ressortir de ce livre. Dans notre société active toujours si pressée, nous ne prenons (ou n’avons) plus le temps de faire de nos repas une vraie gastronomie associée à la convivialité. Nous nous contentons de plats rapides, entre conserves et surgelés, sandwichs et fast-food. De ces plats saturés de graisses, de sucre, de sel et de divers produits chimiques et colorants, nous en faisons notre quotidien en optant pour la facilité.

Isabelle Saporta nous dresse ici le bilan de nos assiettes dans un constat peu reluisant, « la génération surgelés-boulot-dodo. »  Et déplore que « En France, 18% des enfants, 41% des femmes et 57% des hommes sont en surpoids. » On ne peut s’en étonner lorsque l’on sait que toutes les préparations industrielles sont trop grasses, trop salées, trop sucrées…

CHANGEONS NOS MAUVAISES HABITUDES !


Plus qu’un constat, ce livre est un cri d’alarme de l’auteur. Comme nous le savons tous, l’obésité entraîne de multiples problèmes de santé. Mais, ne nous y trompons pas, même sans être au stade de l’obésité une mauvaise nutrition en provoque également.

Cependant, l’auteur affirme que : « L’état de lieux est effrayant, mais des solutions existent. Alors, gardez à l’esprit que l’on peut payer moins cher, en mangeant plus sainement, des produits de meilleures qualités. » Est-ce vraiment le cas ?

Ce serait, idéalement, ce que nous souhaiterions tous, mais cela n’est pas forcément vrai. Pour le savoir, il suffit de faire un petit tour attentif dans les rayonnages, que ce soit ceux des supermarchés, des magasins de proximités ou tout simplement au marché.

En revanche, en ce qui concerne la santé aucun doute n’est possible. Rien ne vaut les produits frais, sains et naturels.

Voilà un livre-constat qui nous bouscule pour faire surgir notre bonne conscience afin de mieux nous alimenter.


Un prix élevé pour ce livre dont le sujet a déjà maintes fois évoqué.
L’auteur nous apporte cependant des chiffres statistiques qu’il est intéressant de connaître.
Quelques conseils sont également utiles.
Un peu long et le ton un peu trop agressif envers le lecteur qui peut se sentir pris à partie.
On a le sentiment parfois d’être poussé vers la culpabilité.

Marie BARRILLON 

Informations sur le livre :

Titre : Ne mâchons pas nos maux
Auteur : Isabelle Saporta
Editions : Robert Laffont
ISBN 13 : 9782221109861
Prix : 21,00 euros

mercredi 20 mai 2009

Le camion électrique

« La journée passa mais pas la douleur. Elle se trouva une place et s’installa, profondément, s’occupant de tout. Pas la peine de lui montrer le chemin, elle était ici comme chez elle. D’ailleurs, elle y était, chez elle. N’est-ce pas la Raison qui lui avait donné les clés de la maison ? »
Extrait du livre

LA PANNE…


Quelle idée saugrenue pourrait-on dire au premier abord. Inventer un camion dont les batteries se rechargent à l’énergie solaire par le biais de capteurs ou au pire par l’énergie électrique. Un camion certes écologique, faisant grand bien à la planète. Mais encore faut-il ne pas tomber en panne de batterie sur le bord d’une route déserte au pied d’une côte, où personne ne passe jamais hormis les habitants d’un village venant de l’autre versant.

Une route où la première prise de courant bienfaitrice n’est pas à la porte à côté et que vingt-quatre heures de soleil ne permettent de faire avancer le camion que d’un mètre en tout et pour tout. Un seul petit mètre par jour…une éternité à ce train là !

Mais Julien ne désespère pas, trouvant ses aises dans l’attente parce qu’on « ne définit pas l’attente lorsqu’elle est prometteuse. »
Le village n’est pourtant pas loin. Un petit kilomètre, donc tout proche s’il n’y avait pas eu cette côte.

Alice prend son mal en patience, elle en a bien besoin. Elle se rend au village. Elle est sûre d’y arriver rapidement à pied. Et puis, ça occupe et permet de rapporter de quoi s’alimenter. Elle trouve le village à son goût, remarquant même, qu’il est grand, et qu’il y a tout ce qu’il faut. Rien n’y manque, pas même l’herboristerie. Elle visite l’église allant jusqu’à allumer un cierge pour son Julien qui attend de l’autre côté de la côte. Après tout, elle a tout son temps. Un mètre par jour ! Une petite joie ce village pour Alice, dans cette situation incongrue.

PEUT-ETRE Y AURAIT-IL UNE SOLUTION PAR TEMPS DE PLUIE…


Pendant qu’Alice se rendait de plus en plus souvent et de plus en plus longtemps au village, pomponnée et parfumée, Julien cherchait toujours sa solution au problème insoluble auquel il était confronté. Lorsque les nuages s’amoncelèrent laissant s’échapper leur trop plein d’eau sur le paysage, Julien observait, dépité ce spectacle qui coupait court à tous ses espoirs de pouvoir recharger les batteries pour avancer le camion de son mètre quotidien.

La pluie tombait, tombait et chaque goutte décourageait Julien. Un escargot courageux avançait tranquillement sur le capot. Julien extrapola tout un stratagème impossible à réaliser, à la vu de cette petite créature bien valeureuse.

Et lorsque la fois en son invention l’abandonnait, toutes les idées lui passaient par la tête mais aucune pour son camion. Puis, l’inondaient les questions existentielles sur la vie en général et la sienne en particulier, « quelle réussite ? Arriver au terme d’un projet, était-ce forcément le réussir ? Ne fallait-il pas savoir abandonner, parfois ? »

ET S’IL N’Y AVAIT  PAS DE SOLUTIONS POSSIBLES !


Et si cet échec leur permettait d’accéder à un équilibre de vie. Depuis le début de cette panne, Julien et Alice vivaient à petite vitesse, prenant leur temps, certes par obligation mais ils le prenaient et vivaient d’une tout autre manière.

N’était-ce pas mieux d’apprendre à se poser pour vivre plus sereinement ? Pendant qu’Alice était toute la journée au village pour travailler, Julien découvrait les habitants du village qui venaient le voir. Il faisait ainsi toutes sortes de rencontres. Les unes agréables, les autres surprenantes, puis les amicales ou encore les curieuses.

Mais, pendu à son rêve Julien ne voyait pas plus loin que cela, se sentant même presque comblé. Jusqu’au jour où…
De questions en remise en questions Julien se réveille.
Et si la vie était ailleurs ?

Une belle histoire que l’on pourrait bien prendre pour une leçon par certains côtés. Julien et son rêve, Alice et son besoin de vivre, Camille et son air presque immature. Et dans tout cela beaucoup de tendresse, d’humour aussi, de réflexion parce que parfois il faut savoir se poser les bonnes questions et ici on s’en aperçoit avec évidence. On passe de bons moments à sourire mais aussi à sentir le cœur battre au rythme des personnages. Un vrai plaisir que de se laisser emporter à bord du camion.


L’auteur nous fait rire et sourire.
Il nous offre aussi beaucoup d’émotions et de réflexions.
Les chapitres sont court ce qui évite la lassitude.

Marie BARRILLON

 
Informations sur le livre :

Titre : Le camion électrique
Auteur : Alain Galindo
Editions : Editions Volpilière
ISBN 13 : 9782917898062
Prix : 14,00 euros

lundi 18 mai 2009

Masculins Singuliers

« Chacun se construit une voie, certaines sont inacceptables, d’autres anachroniques, d’autres encore remarquablement intégrées malgré les paradoxes qu’elles impliquent. Mais c’est l’homme réconcilié, libre comme l’air et fier de l’être qui définit au mieux notre temps. Il n’a plus honte, il ne veut de mal à personne, il veut juste vivre sa masculinité sans se poser trop de questions existentielles et morales. »
Extrait du livre

ENQUETE SUR LA NOUVELLE IDENTITE DES HOMMES


Dans cette enquête, nous avons à faire à un constat sur l’homme d’aujourd’hui qui n’est ni un macho, ni son opposé. « L’homme réconcilié », dans sa majorité, serait donc l’homme de demain, revendiquant la parité homme-femme en passant par la répartition des taches et tout ce qui doit être partagé à part égale, tout en conservant sa virilité.

Nos hommes d’autan, nos chers ancêtres s’en retourneraient peut-être dans leur tombe que cela n’y changerait rien. L’être humain évolue, ce qui est donc normal venant de l’homme puisque rien ne justifie qu’il ne le fasse pas. Ce constat passe au crible l’homme en général.

Dans la description de l’homme biologique, nous découvrons une large mais formidable comparaison entres les hommes et les femmes en passant par la taille et le poids de chacun mais pas seulement. Des différences entre masses musculaires ou adipeuses de l’un et l’autre à celles de la résistance physique ou le vieillissement de la peau, tout y est recensé. D’autres comparaisons encore, mais le but n’est pas de toutes les citer ici. En revanche, nous y découvrons une des nombreuses parties de cette enquête très intéressante.

Au fil des décennies, l’homme machiste tenterai à disparaître, tout au moins en partie, au profit de « l’homme réconcilié. » Cet homme d’aujourd’hui est en paix avec lui-même mais pas seulement. Il accepte et surtout reconnaît l’importance de la femme pour en arriver à une vraie parité.

L’HOMME ET SES DIFFERENTES FACETTES


Au fil des pages tout y passe : « Mâle dominant », « Masculin efféminé », Masculin préhistorique », « Perdant radical », « Masculin dépassé », « Métrosexuel », « crise identitaire », etc. Paul Ackermann n’a rien laissé au hasard. Il a exploré son sujet de fond en comble et nous le fait partager sans prendre de gants.

Dans ce livre, nous traversons le temps, de décennies en décennies, abordant l’homme et son évolution plutôt positive. Les anecdotes ne manquent pas et nous donnent même à sourire. Les références, les experts, les diverses statistiques viennent valider les propos de l’auteur dont le style est énergique et divertissant. Nous nous instruisons au passage sans avoir à nous torturer l’esprit.

Comme le dit Paul Ackermann : « Décrire l’homme des années 2010, voilà la mission que je m’étais donné. Du point de vue scientifique, sociologique ou tout simplement humain. »
C’est un parfaite réussite.

« Masculins singuliers a un but : Dire la vérité sur les hommes d’aujourd’hui et démontrer que l’identité masculine émergente est un identité réconciliée et apaisée. »

Paul Ackermann est journaliste responsable du participatif à 20minutes.fr et ancien rédacteur société au magazine suisse L’Hebdo. Et, dans ce cadre, a participé au lancement du Bondy Blog lors des violences urbaines qui ont eu lieu en 2005 dans les banlieues françaises.

Tout au long de l’ouvrage, l’auteur nous offre quelques références de lectures très intéressantes.

Marie BARRILLON

 
Informations sur le livre :

Titre : Masculins singuliers
Auteur : Paul Ackermann
Editions : Robert Laffont
ISBN 13 : 9782221111598
Prix : 17,00 euros

jeudi 14 mai 2009

Dévoration

« Tout se défait, croule autour de moi, je tombe par pans entiers et je ne me suis jamais senti aussi libre, insensible, oscillant entre la viduité et la haine, une haine qui croît et refroidit, glace tout, se lèvera n’importe quand ; non pas libre mais vacant, disponible pour la planification de la haine. La vie ne peut être passée qu’à se défaire, à crever les aliénations, à désembobiner les conditionnements, à désentortiller les méandres de tout ce qu’on a subi. »
Extrait du livre

CONSTAT D’UNE VIE…


Voici un récit fort, lacéré et escarpé. Un monologue où l’auteur nous offre un texte consistant. Un amalgame de colère et d’exaspération, dévoilant une société telle qu’elle lui apparaît où l’argent est devenu le gouvernail sur la vie et où le profit et l’intérêt se tiennent en première ligne.

Le verbe y est tranchant. Les mots se cognent et se percutent entre eux avec une certaine violence. Le narrateur se questionne sur le sens de sa vie ainsi que sur celle du monde en général.

De cette société agonisante et corrompue, le narrateur est en proie à une quête profonde d’humanité qui (lui) semble perdue. Dans cette angoisse qui le tiraille, il décrit les lieux ainsi que les êtres qui ont traversé sa vie où il a de plus en plus de difficultés à trouver sa place.

...OU LA BRUTALITE PREND SES AISES


Ce monologue apparaît comme un appel à l’aide dans cette société ignorante encline au barbarisme terroriste. Mais aussi comme un hurlement de désespoir intérieur face à la monstruosité du monde et des ébranlements humanistes de notre société en plein bouleversement et en plein chaos.

Le discours fait état d’une incroyable dissection où tout ce qui a fait la vie du narrateur est passé au crible sans aucune complaisance y compris les sentiments.

Le narrateur nous accoste sans mesure pour mettre en évidence ces hostilités démesurées menées par une partie de la société. Les laissés pour compte augmentent, allongeant la liste des révoltes, tout comme les malversations exécutées contre les plus faibles.

Le rêve n’a plus sa place détrôné par le désespoir. Ce cri ne peut que remuer le lecteur surtout qu’il est écrit dans un langage riche. Il n’en demeure pas moins que le livre est d'un abord complexe dans lequel il faut entrer en douceur pour mieux s’emparer, graduellement de toute la dureté et l'aigreur qui nous apostrophe.


Un ouvrage pour les lecteurs avertis.
L’auteur nous transporte dans les méandres de la vie en la déshabillant de son verbe douloureux mais riche pour nous en montrer un constat sans équivoque.
Texte difficile d’accès au public le plus large mais il est d’une grande qualité.
Le texte bien que riche se trouve avec des phrases fort longues, ce qui le rend par moments la lecture un peu lassante.

Marie BARRILLON

Informations sur le livre :

Titre : Dévoration
Auteur : Louis Mandler
Editions : Sulliver
ISBN 13 : 9782351220504
Prix : 13,00 euros