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samedi 14 février 2009

L'amour est un acte d'héroïsme ordinaire, Danny Scheinmann

« Frank savait ce que Léo traversait, mais il ne lui offrit aucune parole de réconfort. Il ne savait jamais quoi dire, alors en général il se taisait. Très jeune, Léo avait compris qu’il ne servait à rien de s’épancher sur ses sentiments avec son père. Chaque fois que Léo rencontrait des obstacles sur le plan émotionnel, Frank se repliait sur lui-même et jouait les spectateurs impuissants tandis que la mère de Léo essayait d’arranger les choses. »
Extrait du livre

L’ACCIDENT…

Suite à un accident de bus, Léo se réveille dans un hôpital sans aucun autre souvenir que celui de sa bien-aimée, Eléni. Lorsqu’il apprend qu’elle est décédée dans l’accident, Léo perd pieds pour sombrer dans le désespoir.

Il apprend par le médecin qu’il est en Amérique du sud, alors il cherche dans sa mémoire les raisons de leur présence ici. Mais surtout, il cherche à comprendre ce qui a bien pu se passer. Les bribes qu’il parvient à extraire de sa tête sont trop brèves, trop vagues. Il ne se souvient pas. Ne pas se souvenir de ce qui est arrivé les quelques heures précédentes laissant un espace noir à l’esprit est déstabilisant. Lorsqu’on ajoute à cela la perte d’un être cher, il est normal de se sentir mal. Cette douleur est bien plus profonde que celle des blessures physiques.

Léo tente de réfléchir mais seul Eléni s’impose à son esprit, pour les événements il ne reste rien. A ce moment, il a soudain « le sentiment d’être un vieillard sénile qui, dans un fugace moment de lucidité, comprend qu’il a perdu l’esprit. »

Tout tourbillonne autour de lui et ses blessures commencent à lui rappeler leur existence, le faisant atrocement souffrir. Mais plus que tout, blessures ou pas, il refusait catégoriquement de laisser Eléni partir vers la morgue, seule. Il ressentait comme un abandon, pourtant il le fallait. Il n’avait pas le choix.

Durant des mois, chacune des nuits de Léo commencent par un rêve magnifique où Eleni est dans ses bras. « Eleni, vivante, revenait jouer avec lui. La scène était si réelle qu’il croyait qu’elle était vraie. Son corps se détendit et il respira plus facilement. » Mais l’instant suivant, Eleni disparaissait et le beau rêve tournait au cauchemar. A chacun de ses réveils, il avait le sentiment de la perdre de nouveau. C’était insupportable pour lui.

EN D’AUTRES TEMPS, D’AUTRES DOULEURS…


Dans un autre pays, bien des années avant le drame de Léo, Moritz avait vécu un drame lui aussi sans aucune ressemblance certes, d’un tout autre genre. Moritz, âgé à présent, malade et sentant ses dernières heures venues, raconte à son fils, Fischel, ce qu’il a vécu. Les épreuves multiples et douloureuses d’une guerre qu’il n’avait pas souhaitée.
Mais les guerres n’accordent pas le choix aux soldats quelle que soit leur époque.

Moritz se confie sans plus aucun secret. Se sachant condamné, il souhaite que Fischel n’ait aucune ombre sur l’histoire de sa famille.
Moritz, plus que raconter, laisse éclater au grand jour toutes les horreurs de cette guerre, cachée depuis si longtemps dans les méandres de sa mémoire. Fischel ne parle pas mais il écoute avec tant d’attention ce père dont il découvre les secrets qu’il n’aurait jamais imaginés.
Il exécute ses demandes entre deux épisodes « très bien, très bien, pose mon verre ici…un peu plus près, que je puisse l’atteindre…merci. »

Alors Moritz reprend sa narration malgré une profonde fatigue qui le gagne. Il sait qu’il n’a plus beaucoup de temps et Fischel doit tout savoir. Connaître ses origines est nécessaire au regard de Moritz.
Le sentiment d’impuissance est immense face à tous ces hommes qu’il a vu tomber, mourir devant lui et ne l’a jamais quitté. Il poursuivrait tout être.

QUAND L’AMOUR NOUS GUIDE, PLUS RIEN N’EST IMPOSSIBLE...

L’amour porte l’être sur les chemins les plus tortueux mais lorsqu’il est là, vivant au fond du cœur, il nous fait nous surpasser. Il nous donne des forces que l’esprit n’aurait sûrement pas imaginé pouvoir réaliser. Le ciel a la même couleur partout mais ne surplombe pas les mêmes vies et encore moins les mêmes douleurs. Le soleil éclaire tous les regards par les mêmes rayons sans en apporter les mêmes impacts. Certaines existences ne voient que la pénombre mais sont guidées par l’amour qu’elles portent.

Qu’est-ce qui peut bien relier Léo et Fischel ? Eloignée l’une de l’autre, ces deux existences ont pourtant un lien qui ne permet pas de les dissocier faisant d’elles une continuité.


Une belle histoire de famille et d’amour où chacun pourra se retrouver dans les liens du cœur qu’elle contient tout au long de l’ouvrage.
Texte facile à lire laissant ainsi libre court à l’imaginaire.
Deux belles histoires remarquablement racontées, apportant chacune beaucoup d’émotions, un peu d’histoire et beaucoup d’amour. On se laisse porter tant on a envie de découvrir et comprendre le dénouement de l’histoire.

Marie BARRILLON


Informations sur le livre :

Titre : L’amour est un acte d’héroïsme ordinaire
Auteur : Danny Scheinmann
Editions : Editions First
ISBN 13 : 9782754009119
Prix : 19,90 euros